dimanche 18 octobre 2020

La semaine en bref #145

 


Lundi:

Début de semaine triomphant avec ce mail reçu dans ma messagerie Urssaf: "Nous avons enregistré vos certificats de précompte; vous n'avez rien à nous régler." Comme quoi, il faut toujours croire en ses rêves. Si on se démène suffisamment, ils finiront par se réaliser. (Sauf s'ils concernent l'éradication de fourmis charpentières.)

 Mon primeur, à qui j'achète une quantité extravagante de patate douce jaune pour en envoyer à ma mère et à ma soeur, m'informe que les agriculteurs du coin sont en train d'en abandonner progressivement la culture pour basculer sur la patate douce orange qu'on trouve partout ailleurs dans le monde. D'avance, je suis en deuil.

 Je reçois enfin des explications pour le très gros virement jamais arrivé sur mon compte. Il y avait bien une erreur dans mon relevé de droits, et elle se trouvait bien là où je le soupçonnais. Suite à la parution d'une intégrale d'une de mes séries, la compta avait créé une nouvelle fiche d'ouvrage avec un à-valoir à zéro, alors que les droits qui me revenaient sur ces ventes auraient dû être imputés sur les fiches individuelles de chaque tome. Résultat: mon éditeur ne me doit pas 8300€ mais seulement 870. Heureusement que je n'avais pas commencé à les dépenser, hein. 

Mardi:

 Séance de psy sur FaceTime. "Vous devez accepter qu'il existe un écart irréductible entre votre conception des choses et la réalité." Oui, madame, je sais bien. Si je vous consulte, ce n'est pas pour que vous me disiez ce que je dois faire, mais pour que vous m'expliquiez comment le faire. 

 Je découvre avec stupeur et tristesse que mon bouquiniste est un authentique complotiste: "Ce virus n'existe pas, ce sont les labos qui nous font croire ça pour s'en foutre plein les poches de mèche avec les gouvernements." Mais les urgences engorgées, les services hospitaliers débordés, les cadavres qui s'entassaient dans les morgues au printemps? "C'est du pipeau, j'ai un neveu qui est infirmier en Guyane, il fait de la PlayStation toute la journée. Renseignez-vous sur internet, il ne faut pas tout gober sans réfléchir, des gens très intelligents alertent sur la manipulation: le professeur Raoult par exemple." Je bredouille un: "Ecoutez, on ne peut pas toujours être d'accord sur tout" et m'enfuis lâchement.

 Le nouveau Margaux Motin que j'attendais avec impatience me déçoit tellement que sitôt lu au Chantilly, je retourne l'échanger à la librairie voisine. 

Mercredi:

 Je comprends la colère des restaurateurs et des gens sociables, mais moi, ma soirée idéale, c'est au lit à 21h avec une tisane et un bouquin, donc le couvre-feu ne bouleverserait pas ma vie même s'il concernait la métropole de Toulon. En revanche, je suis soulagée que les déplacements inter-régionaux ne soient pas interdits, car j'aimerais beaucoup passer un week-end avec ma famille courant novembre. Mais si ça se trouve, le gouvernement serrera la vis dès la fin des vacances de la Toussaint...

Jeudi:

 Je reçois simultanément le nouveau Morrigan Crow sur ma Kindle et le puzzle Eeboo illustré par August Wren dans ma boîte aux lettres. Enorme dilemme: par quoi je commence? (Oui, j'ai de vrais problèmes.)

 Et donc, "Hollowpox" dont la sortie était initialement prévue pour février parle... d'une mystérieuse épidémie qui fait ressortir les pires instincts des gens. Le gouvernement privilégie l'économie plutôt que la santé de ses administrés tandis que les scientifiques se démènent pour trouver un vaccin. Jessica Townsend serait-elle biclassée écrivaine/médium?

Vendredi:

 Couvre-feu + fermeture des restos et des bars + réduction de la bulle privée à une seule personne: la Belgique frappe beaucoup plus fort que la France avec ses mesures anti-deuxième vague. Pourtant, à l'heure actuelle, les principaux foyers de contamination sont le travail et l'école... mais aucun gouvernement ne veut remettre son pays à l'arrêt. Je le comprends car cela a aussi un coût, y compris en matière de santé. Mais difficile de ne pas avoir l'impression d'être traités comme des rouages de la machine capitaliste quand la seule chose qu'on nous laisse le droit de faire, c'est produire. 

Samedi:

 Déjà huit ans depuis la mort de mon père. Pour ne pas ressasser mon blues chez moi, je m'emmène tester l'autre restaurant de Monpatelin, dont la voisine qui siège avec moi au conseil syndical m'a dit le plus grand bien. Résultat: la terrasse est agréable grâce à un bel été indien dans la région; le crumble de morue est correct mais manque d'assaisonnement; le baba au rhum date clairement d'hier et retourne aussitôt en cuisine accompagné d'un "Il est dégueulasse, on dirait du carton". Je ne suis pas séduite.

 En rentrant, j'ai une bonne conversation avec ma soeur sur Messenger. Je suis contente qu'il existe en ce monde quelqu'un d'autre qui partage l'expérience d'avoir été la fille de mon père. 

 Je passe la soirée à m'ennuyer devant "The haunting of Bly manor" pendant que l'alcoolique du rez-de-chaussée hurle à la mort en frappant les murs. Charmant.

Dimanche:

 J'avais prévu de bosser aujourd'hui, mais... j'ai vraiment pas envie, et j'ai de la marge pour rendre ma trad en cours. Du coup, je me contente de faire une séance de yoga, d'avancer mon puzzle, de préparer un crumble aux pommes et une quiche courgette-chèvre-citron, d'avancer dans ma lecture d'un bouquin de non-fiction assez génial et de regarder la moitié d'une mini-série dont je vous reparlerai plus tard. Toujours s'écouter quand on en a la possibilité. 


4 commentaires:

Boomerang a dit…

J'ai commencé The Haunting of Bly Manor hier. J'ai regardé 3 épisodes, et... je ne sais pas si je vais continuer. C'est très mou je trouve, ça manque d'action, bref je m'ennuie

Unknown a dit…

Je ne connais pas la patate douce jaune ! Le goût est-il très différent de l'orange ?
Merci
Sophie

Alice a dit…

Je suis ravie de voir que tu partages mon avis sur le dernier Motin...naze naze naze.
Et j'ai l'impression que nous sommes cernés par les complotistes...ce virus est vraiment révélateur de personnalité. Mais je n'essaie même pas de me battre (il est trop difficile de débattre avec des gens qui ont un avis tranché, tu as beau amener des arguments...et même si tu es une profession médicale !)

ARMALITE a dit…

@Sophie: C'est normal, elle n'est cultivée que dans ma région natale. Elle est un peu moins sucrée que l'orange, que je n'aime pas trop.
@Alice: Je ne dirais pas qu'il est naze dans l'absolu, parce qu'elle parle de sa vie et que j'aurais l'impression de juger sa vie. Mais disons qu'elle les dépeint, son mec et elle, sous un jour assez agaçant, elle hyper-chiante, lui en mode adulescent qui ne gère pas grand-chose. J'ai trouvé leur relation hyper cliché, à un point qui m'a fait grincer des dents.