mardi 8 septembre 2020

Ce que la Covid-19 a changé dans ma vie

 

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Ne pouvant plus - à mon grand désespoir - voyager à l'étranger, je multiplie les excursions aux abords de mon domicile. D'ici à ce qu'on trouve enfin un vaccin efficace, je connaîtrai très très bien la Provence-Côte d'Azur et l'ensemble de la Belgique, ainsi que leurs hébergements les plus insolites ou instagrammables. 

Pour mes aller-retour entre Monpatelin et Friteland, je prends systématiquement l'avion plutôt que le train. Un nombre non négligeable d'autres passagers ayant tendance à baisser leur masque une fois à bord et hors de vue des contrôleurs ou des hôtesses, je préfère flipper pendant une heure et demie que pendant 7 ou 8. Et ironiquement, ça me revient moins cher. Par ailleurs, au lieu de réserver mes billets trois, quatre ou six mois à l'avance (selon que c'était des TGV, des Thalys ou des Ouigo, sachant que mon trajet combinait toujours au moins deux sortes de train), je les prends presque au dernier moment, ce qui m'offre davantage de souplesse dans mon planning. 

J'ai réinvesti mes lieux de vie. Jusqu'ici, je ne leur accordais pas énormément d'importance. Certes, j'y passais toutes mes journées pour bosser, mais du moment que j'avais un siège confortable et du wifi, je me fichais un peu du reste. De toute façon, je me précipitais dehors le week-end et je partais toujours pendant mes vacances. Aussi préférais-je dépenser mon argent en sorties et en billets d'avion qu'en aménagements intérieurs. Maintenant que je suis plus ou moins assignée à résidence, je me suis décidée à entreprendre quelques menus travaux dans l'appartement de Monpatelin et à résoudre des problèmes matériels que je laissais traîner par flemme, parfois depuis des années.

Depuis notre dernier voyage en Asie à l'automne 2018, j'achetais surtout des bouquins numériques parce que je lisais beaucoup hors de chez moi et que je trouvais ça hyper pratique de ne pas m'encombrer. Maintenant que mes sorties et mes déplacements sont limités, je suis repassée presque exclusivement aux livres papier: pour la beauté de l'objet, pour la sensation du papier et l'odeur de l'encre, pour le plaisir de feuilleter pendant ma lecture, et aussi parce que je retiens moins bien les histoires lues sur écran. 

Nous mangions à l'extérieur deux ou trois fois par semaine; désormais, les soirs de flemme ou de frigo vide, notre premier réflexe est de commander des trucs à livrer sur Uber Eats ou Deliveroo. Et, oui, je culpabilise d'utiliser ces plateformes à l'éthique douteuse, mais je n'ai pas toujours envie de prendre le risque d'aller manger dans un restaurant où les directives sanitaires sont peut-être respectées et peut-être pas. Surtout maintenant qu'on entre en automne et qu'il n'est plus guère possible de manger en terrasse à Bruxelles. 

Dans le même ordre d'idée, je me suis remise à utiliser BEAUCOUP Amazon. Je dépense des sous en librairie à chacune de mes sorties, mais les décontractés du port du masque me stressent tellement que les sorties en question sont limitées au strict minimum. Je m'aventure dans le Grand Dehors quand je n'ai vraiment pas le choix, que j'ai trop besoin de m'aérer ou de voir mes amies. Le reste du temps, je commande tout en ligne - et pas juste les livres, même si ça reste mon poste de dépense numéro un. 

Car oui: ma consommation de biens matériels, que j'avais ramenée à des niveaux très raisonnables ces dernières années, est remontée en flèche. Pendant le confinement, entre le budget du road trip en Ecosse qui a réintégré mes finances, le fait que j'ai travaillé au lieu de prendre des vacances et qu'on ne dépensait quasiment pas un centime hormis pour nos courses de bouffe, j'ai mis pas mal sous de côté - et je m'en félicite, car ça m'aidera à affronter sereinement ma prochaine période de chômage technique. Mais au bout d'un moment, j'ai commencé à acheter des tonnes de trucs pour lutter contre ma déprime et ma frustration. Des plantes. Des puzzles et des Lego. Du matériel de peinture. Des fringues et des chaussures (7 paires depuis le début de l'année contre zéro en 2019!). Des brols pour la maison. Des choses plutôt bien choisies et que j'utilise dans l'ensemble. Mais je considère quand même ça comme un retour en arrière. 


1 commentaire:

Emilie a dit…

Je me retrouve beaucoup dans ce que tu écris. Surtout que depuis que j'ai repris le boulot, avec tout ce que je vois en terme de gestion Covid, je ne peux que confirmer ton angoisse (je préfère ne pas trop t'en dire pour ne pas te faire peur ;) ). Je me suis mise à commander beaucoup plus en ligne. J'ai commencé à racheter beaucoup de livres papier, parce que pendant le confinement ça m'a manqué. Je passe plus de commandes, pour me consoler de ces voyages que je ne ferai pas.
Je pense déjà à me prendre un bon plaid, mais vu qu'on annonce 29 degrés pour lundi je vais attendre ^^
Par contre, je vais encore au resto. Mais je fais attention où je vais, et si ça ne me plaît pas je n'y retourne pas.
Juste Amazon, plus jamais jamais. J'ai commandé chez eux une bande dessinée, et un moustiquaire. Le livre est arrivé avec des taches de gras sur la couverture, ainsi qu'une page déchirée. Et le moustiquaire avec des accros.