vendredi 31 juillet 2020

Depuis la fin du confinement




J'ai entamé une TCC. Deux séances pour l'instant, une troisième prévue la semaine prochaine. J'ai eu la chance d'accrocher tout de suite avec la thérapeute suggérée par une amie qui l'avait consultée avant moi; elle m'a déjà fourni des pistes de réflexion intéressantes qui, sans m'apporter de solutions à ce stade, m'ont permis de recadrer la problématique de mon anxiété. Par ailleurs, je me tâte pour consulter une psychiatre histoire de déterminer une bonne fois pour toutes si je suis autiste Asperger ou pas, bipolaire ou pas en plus de mon TAG. Je suis vraiment partagée. Quoi que je décide au final, la santé mentale et ses troubles sont devenus un de mes centres d'intérêt principaux. Il y a vraiment beaucoup à en dire, et puisque je possède à la fois une connaissance intime du sujet et un certain talent pour expliquer les choses, j'ai décidé de contribuer au minimum à l'éducation de mon entourage et de mon lectorat. Je réfléchis à un moyen de faire davantage, mais ça prendra sans doute du temps.

dimanche 26 juillet 2020

La semaine en bref #133




Lundi:
Cette année, le point "Bosser en slip" aura donc été atteint seulement le 20 juillet. Vive les petites bénédictions.
 Pour la deuxième fois en 3 jours, Chouchou doit chasser une guêpe de notre chambre. Visiblement, ces satanées bestioles n'ont pas entendu parler de distanciation sociale: cette année, elles sont partout.

vendredi 24 juillet 2020

[GAND] 1898 The Post, chambre The Carriage with Terrace




Nous n'avons pas pu partir depuis octobre dernier, et nos boulots respectifs ne nous permettaient pas de prendre des vacances cet été. Comme je commençais à tirer sérieusement la langue, j'ai cherché quel genre d'escapade ou pourrait faire sans quitter la Belgique ni dépasser deux jours et une nuit, et j'en ai casé une en juillet, une en août et une en septembre. Pour la première, j'ai choisi de répéter une formule connue et adorée: ma ville belge chouchou et mon hôtel chouchou. Ironiquement, la dernière fois que nous avons passé une nuit hors de notre domicile fin 2019, c'était déjà au 1898 The Post, et ce n'était même pas notre premier séjour chez eux... mais honnêtement, je ne me lasse pas de cet hôtel magnifique, installé dans l'ancienne poste centrale de la ville. Cette fois, j'avais décidé de me faire vraiment plaisir en prenant la chambre dotée de l'unique terrasse de l'établissement, avec vue sur le Korenmarkt et l'église Saint-Nicolas. Et comme Chouchou était gravement frustré de sujets photo depuis le début de l'année, j'ai emporté plusieurs jolies robes afin de poser pour lui.

mercredi 22 juillet 2020

Les conversations absurdes #90


MOI, avec un gros soupir: Je rêve de passer une nuit dans un phare, mais il n'y en a même pas en Belgique. C'est nul. 
CHOUCHOU, ironique: Excuse-nous d'être au bord de la mer du Nord et de ses grands bancs de sable sans le moindre récif à l'horizon. En cherchant bien, tu dois en trouver, mais ce sera des petits phares moches. 
MOI, boudeuse: Ouais, des pharekes. Ca n'ira pas. Je veux un phare platonicien, rayé rouge et blanc. Idéalement dressé sur un rocher solitaire à l'entrée d'une baie. 
CHOUCHOU, pragmatique: Tu as le mal de mer; ça va être commode pour l'atteindre. 
MOI, exaltée et gesticulante: Et puis, il faudrait qu'il y ait une grosse tempête le soir où on y dormira. 
CHOUCHOU: ...Tu as peur des orages; tu fais toujours tout un flan quand il y en a un en ville. 
MOI: Hé ben, je me cacherai sous la couette et tu me serreras contre toi pour me rassurer. 
CHOUCHOU: On va payer genre 300 balles la nuit pour se terrer sous un duvet Ikea comme à la maison. Quelle idée brillante.
MOI: Non, non, on prendra des photos aussi!
CHOUCHOU: A travers des rideaux de pluie qui changeront juste le paysage en masse grise informe?
MOI: Non, car ce sera une tempête avec des gouttes suffisamment écartées pour qu'on puisse admirer la vue. Et de beaux éclairs dans le lointain pour tout éclairer.
CHOUCHOU: ...
MOI, dédaigneuse: Tu ne comprends rien à mon genre de romantisme. Je m'en fous, moi, des bouquets de roses pour la Saint-Valentin et des demandes en mariage au deuxième étage de la tour Eiffel. Je veux du gothique, tu comprends?
CHOUCHOU, pas dupe: Tu veux du gothique sécurisé, nuance.

mardi 21 juillet 2020

"L'odeur de la colle en pot" (Adèle Bréau)


En 1990, Caroline a 13 ans, et elle entre en 4ème dans un nouveau collège parisien. Le récent déménagement de sa famille n'a pas ramené l'harmonie entre ses parents, qui se déchirent un peu plus chaque semaine. Pas facile de supporter les absences fréquentes de son père, les crises de larmes de sa mère et la petite soeur qui s'accroche désespérément à elle en plus des tourments ordinaires de l'adolescence. Caroline désespère de rougir dès qu'on s'intéresse à elle, de ne pas encore avoir ses règles ni de quoi remplir un soutien-gorge - et elle se sent absolument incapable d'aborder David, le garçon qui lui plaît tant...

Malgré l'âge de l'héroïne, "L'odeur de la colle en pot" n'est pas un roman jeunesse. Non qu'il contienne des choses choquantes ou hors de portée d'un(e) ado, mais il est clairement écrit avec un recul d'adulte, une capacité d'analyse et un vocabulaire qui ne sont pas ceux d'une gamine de 13 ans. Adèle Bréau est rédactrice en chef du site Elle.fr, ce qui m'a fait quelque peu hésiter à acheter un de ses bouquins: je ne me reconnais plus du tout dans les valeurs de ce magazine, et ce depuis très longtemps. Mais j'avoue que la nostalgie des années 80 et 90, ça marche toujours très bien sur moi - et l'évocation que l'autrice en fait est très très réussie. Bien qu'un peu plus âgée de Caroline, j'ai instantanément replongé dans l'atmosphère de l'époque pré-internet... et aussi dans la tête d'une ado embarrassée d'elle-même, qui ne sait pas comment gérer ses relations avec les autres et les émotions nouvelles dont elle est la proie. Un livre juste, touchant et doux-amer que j'ai dévoré en 24 heures. 

dimanche 19 juillet 2020

La semaine en bref #132




Lundi:
 Pourquoi, quand il y a une jeune Française dans les romans américains ou australiens que je traduis, elle porte toujours un prénom de grand-mère genre Monique ou Micheline?
Je nous réserve des places pour le passage de Marina Rollman à Bruxelles fin mai 2021, et la tête me tourne de tant d'optimisme délirant. (D’habitude, même hors pandémie, mon mode opératoire c’est plutôt «m’attendre à la fin du monde chaque semaine et être agréablement surprise le dimanche soir».)

mercredi 15 juillet 2020

L'effet rebond




Après plusieurs mois très difficiles, je suis actuellement dans ce que j'appelle une de mes phases de rebond.

Chaque fois que des circonstances extérieures appuient sur mes mauvais boutons, je pars dans une spirale descendante, un cercle vicieux que chaque nouvelle supplémentaire vient alimenter. Une fois que j'ai touché le fond, je n'ai plus d'autre choix que me supprimer ou remonter. Et jusqu'ici, après avoir envisagé plus ou moins longuement la première solution, j'ai toujours fini par opter pour la seconde. C'est le début d'une spirale ascendante, l'amorce d'un cercle vertueux où chaque chose que j'arrive à voir sous un angle positif renforce ma conviction temporaire que ça va aller, que je peux triompher des obstacles et des difficultés, que le monde n'est pas si moche et l'avenir pas si noir. C'est comme si la lumière se rallumait dans ma tête et que je pouvais de nouveau respirer librement. Succédant à des semaines voire des mois de désespoir violent, ce sentiment a quelque chose de vertigineux. Au point que je me suis parfois demandé si je n'y étais pas accro inconsciemment, si je ne perpétuais pas ce cycle infernal pour le flot d'endorphines qu'il déclenche dans les phases de rebond. Comme une droguée à l'envers, qui passerait à la caisse de la descente avant d'être autorisée à planer.

mardi 14 juillet 2020

Les conversations absurdes #89


GASPARDE: Sinon, comment se porte le gros cactus? 
MOI: Le gros cactus est un salopard qui m'a fait une séance d'acunpucture en traître.
GASPARDE: S'il est beau, on lui pardonne. 
MOI: Ouais enfin je suis partie de ce principe avec mon ex et ça ne m'a pas vraiment réussi. 
GASPARDE: J'ai bon espoir que ça marche mieux avec le cactus!
MOI: Ben déjà, il aura du mal à me tromper avec une de ses élèves. 

lundi 13 juillet 2020

La semaine en bref #131




Lundi:
J'arrive chez la psy avec 35 mn d'avance. Comme il n'y a pas de salle d'attente, je dois poireauter debout dans le hall de l'immeuble. Puis la dame me reçoit avec un quart d'heure de retard. Heureusement qu'il y a du wifi public. 
 J'appréhendais ce premier rendez-vous, mais le contact passe hyper bien. Non seulement je suis soulagée de ne pas devoir tester cinquante praticiennes avant de trouver la bonne, mais celle-ci a pointe déjà du doigt deux-trois trucs très intéressants, dont j'avais conscience sans toutefois les avoir identifiés comme source potentielle de mes crises d'anxiété. Elle n'a pas volé ses 75 balles. Et elle consulte aussi par FaceTime, ce qui m'arrange car je ne devrai pas mettre ma thérapie en pause chaque fois que je serai en France. 
 Je suis rentrée chez moi depuis dix minutes à peine quand le facteur sonne à l'interphone avec un paquet plein de mignonneries envoyé par une lectrice hyper douée de ses mains. Je suis particulièrement fan de la délicate broche oiseau en perles miyuki.
 Roseline Bachelot à la Culture? Sérieusement? Le monde de demain ressemble furieusement à celui d'avant-hier. Cela dit, pour être honnête, s'ils avaient mis Aya Nakamura je râlerais aussi. (Oui, les nominations de Darmanin à l'Intérieur et de Dupond-Moretti à la Justice sont autrement problématiques. Si problématiques, en fait, que je n'ai pas du tout le coeur à en plaisanter.)

dimanche 12 juillet 2020

Qui suis-je si je ne voyage plus?




Parmi toutes les choses qui m'ont chamboulée pendant le confinement et qui ont continué à peser ensuite sur mon moral, la crainte de ne plus pouvoir voyager a occupé une place prépondérante. Et, oui, j'ai bien conscience qu'il s'agit d'une préoccupation de privilégiée (ou "problème de riche"). Mon amoureux et moi étions en bonne santé; nous avions toujours du travail et pas de problèmes financiers - difficile de demander plus en cette période si critique pour beaucoup d'autres gens. Aussi, même si l'annulation de notre road trip en Ecosse m'a beaucoup attristée, sur le coup je l'ai prise avec philosophie: ce n'était la faute de personne, tout le monde était dans la même galère, les Highlands seraient toujours là à la fin de la crise et nous serions encore plus contents d'y retourner.

mercredi 8 juillet 2020

"La ville sans vent" (Eléonore Devillepoix)


Dans la métropole sous dôme d'Hyperborée, Lastyanax, jeune mage aux origines modestes, décroche son diplôme le jour où son maître est assassiné et se retrouve propulsé ministre à sa place. Au même moment, Arka, guerrière de 13 ans au passé tragique, débarque en ville pour y chercher son père. Les circonstances vont les pousser à une improbable alliance pour déjouer les complots politiques dans lesquels ils seront pris bien malgré eux...

Si comme moi vous avez adoré les deux premiers tomes de "La passe-miroir" et que vous cherchez désespérément quelque chose d'approchant à lire, "La ville sans vent" a toutes les chances de vous séduire. D'abord, il est très bien écrit, d'un style élégant mais pas prétentieux qui fait agréablement couler les phrases. Ensuite, il propose un monde de fantasy original, que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir - même si maintenant, j'ai envie de me déplacer en tortue le long de paisibles aqueducs plutôt qu'en bagnole sur des routes polluées. Les deux héros très mal assortis de prime abord développent une relation aussi amusante que touchante, et l'intrigue pleine de rebondissements grâce auxquels on ne s'ennuie jamais aborde au passage la question des droits des femmes et celle des inégalités sociales. Seul bémol: le manque criant de diversité des personnages. L'histoire entamée dans ce premier tome se poursuivra et s'achèvera dans le second, à paraître dès le mois d'octobre. 

dimanche 5 juillet 2020

La semaine en bref #130




Lundi:
Pas un seul commerce ouvert à l’aéroport de Blagnac, alors que je suis partie de chez ma sœur sans petit-déjeuner et que je ne serai pas chez moi avant 14h30. Heureusement, un distributeur consent à me vendre une compote de pommes et un mini-paquet de Prince - l'occasion de me rendre compte que le temps où j'adorais ça est révolu. 
 Je croyais que c'était la canicule à Bruxelles, mais il fait à peine 21° quand je descends de la navette à Luxembourg. Limite si je n'ai pas froid avec ma robe sans manches et mes sandales. Franchement, je préfère ça plutôt que crever de chaud.
  Le pad thai de Chouchou m'avait manqué. Pas autant que le cuisinier, bien entendu. 

jeudi 2 juillet 2020

Les conversations absurdes #88


Nous discutons du problème de cristaux dans l'oreille interne qui me fait perdre l'équilibre. 
CHOUCHOU: Tu n'as jamais réalisé l'expérience avec les crevettes en cours de biologie?
MOI, soupçonneuse: ...Non.
CHOUCHOU: En fait, les crevettes s'orientent grâce à leurs poils: le sens dans lequel ils tombent leur indique où est le bas. Sauf que ces poils ne sont pas assez longs pour que la gravité exerce une traction suffisante dans l'eau. Donc, elles les alourdissent en se roulant dans le sable. 
MOI, confuse: Si elles savent où est le sable, elles savent où est le bas. 
CHOUCHOU: Elles savent où est le sable parce qu'elles se sont déjà roulées dedans avant. En fait, elles passent leur temps à le renouveler pour pouvoir toujours s'orienter. 
MOI: Ce serait quand même plus simple de se laisser pousser les poils comme de bonnes féministes radicales.