dimanche 19 avril 2020

La semaine en bref #119




Lundi:
 Sur la recommandation de Ness, je teste ce moelleux au citron tout simple et très bon, qui s'ajoute directement au court répertoire de mes recettes pâtissières de feignasse (contenant également les tartes, les crumbles, les clafoutis et le banana bread).
 Première réaction aux annonces de Micron: "Ouaiiiiiiis, je vais pouvoir rentrer chez moi mi-mai et gérer tous mes trucs en souffrance!". Deuxième réaction: "Mais comment ça, ils veulent rouvrir les écoles dans un mois? Alors que les gamins sont les plus gros porteurs asymptomatiques et la population la moins capable de respecter les gestes barrière? Au secouuuurs!". Devinez qui ne parvient pas du tout à trouver le sommeil après ça?

Mardi:
 Après une nuit presque blanche, je ne me sens pas en état de travailler. Et je suis tellement dans les choux que le midi, en voulant égoutter des pâtes, je me renverse une marmite d'eau bouillante sur la main gauche. Je passe l'après-midi à faire du puzzle d'une seule main, l'autre plongée dans mon essoreuse à salade remplie d'eau froide. Vers 18h, n'y tenant plus, je descends m'acheter une crème apaisante et cicatrisante. "De la cold cream Avène, ça ira?" propose mollement le pharmacien. Il se fout de moi le monsieur?
 Pour l'anniversaire de ma soeur, on se fait un appel vidéo sur Messenger (qui marche mieux que Skype depuis quelques mois). Une heure à papoter avec toute la famille me fait beaucoup de bien. Il n'y a que 8 cas de Covid-19 dans la clinique où travaille mon beau-frère; passée la joie des retrouvailles, mes neveux ont recommencé à se chamailler allègrement; quant à ma soeur, pour masquer le fait qu'elle est toujours en pyjama lors de sa première vidéo-conférence du matin, elle dit à ses collègues qu'elle entend moins bien si elle allume la caméra. Tous ont l'air 100% zen. L'angoisse existentielle est très mal répartie dans cette famille. 

Mercredi:
 Une merveilleuse nuit de 7 heures de sommeil ininterrompues, ça vous change une femme. D'autant que la douleur de ma main a déjà bien diminué. 
Non seulement le (petit) virement en retard du mois de mars a fini par tomber, mais j'ai aussi été réglée pour le solde de la grosse trad remise à un autre éditeur il y a 15 jours. Alors qu'en temps normal, c'est la galère absolue et des délais souvent faramineux pour me faire payer. A mon indéniable gratitude se mêle une large rasade d'incompréhension. Je me demande: dans l'intérêt du reste de l'humanité, serait-il possible que les comptables restent confinés à vie?

Jeudi:
 On ne peut pas gagner à tous les coups: cette nuit j'ai (mal) dormi de 1h à 4h, puis de 6h30 à 8h30. Entre les deux, mon cerveau ce connard a essayé de me tuer, comme d'hab.
 Je peine comme une malade sur ma nouvelle traduction. Un peu parce que, pour la première fois de ma vie, j'ai énormément de difficulté à me concentrer sur mon travail, mais aussi  parce que la VO est ultra-laborieuse, avec un style pesant et une narration qui progresse à la vitesse d'un escargot neurasthénique. Presque un million de caractères; je sens que je vais en baver (pour rester dans la métaphore gastéropodienne).
 Comme je m'inquiète pour Solange - la vieille dame de 93 ans qui occupe l'appartement voisin du mien à Monpatelin -, je lui passe un coup de fil malgré ma haine du téléphone et sa surdité qui m'oblige à hurler dans l'appareil. Elle va bien, ou disons pas plus mal que d'habitude; son infirmier et son aide ménagère continuent à passer tous les jours et elle ne manque de rien. Me voilà rassurée.
 J'ai passé mon écharpe préférée en machine et récupéré un long paillasson tout raide. Un jour, je retiendrai que la pure laine se lave uniquement à la main.
 La fin de la saison 4 de "Rita" était tellement parfaite que je ne vois pas trop ce qu'ils vont raconter dans la 5ème. Mais je regarderai quand même.

Vendredi:
 Pour ne pas perdre trop de temps en bloquant sur ma trad actuelle, j'attaque la suivante en parallèle, pensant que ce sera plus facile. Que nenni: en fin de journée, je n'ai toujours pas atteint mon quota de signes, et mon cerveau me coule par les oreilles. J'espère au moins que du coup, il arrêtera de m'emmerder la nuit.
 A 20h dans notre rue, tout un choeur entonne "Alléluiah" accompagné par une boîte à rythme chelou. On ignore ce que Leonard Cohen en aurait pensé.
 Pour changer un peu, l'histoire la plus émouvante de la semaine est chez Humans of New York (et elle n'a rien à voir avec le Covid-19).

Samedi:
 Après le chocolat suisse et le thé à la fleur de pamplemousse, voilà que j'arrive au bout de mes réserves de piment d'Espelette. La vie vaut-elle encore la peine d'être vécue? (Non, ne répondez pas.)
 Je devrais bosser pour rattraper le retard pris cette semaine, mais franchement, je n'en ai pas le courage. A la place, je suis un atelier de gouache en ligne donné par Emma Block, une illustratrice que j'aime beaucoup. Puis Chouchou et moi enfilons nos masques en tissu et allons nous promener  dans le parc Léopold quasi désert dès qu'on s'éloigne de l'étang. Après un mois à ne sortir que pour les courses, ça nous fait beaucoup de bien à tous les deux.
 Le soir, on regarde un film du studio Ghibli qu'on n'avait pas encore vu, "Je peux entendre l'océan". C'est une bouse innommable, avec l'héroïne la plus tête-à-claques de l'histoire du cinéma. Sérieusement, ne vous infligez pas ça.

Dimanche:
 Aujourd'hui, nous aurions dû nous envoler pour Edimbourg. Depuis presque un mois que nous avons été contraints d'annuler notre road trip, j'ai eu le temps de me faire à cette idée. Si on ressort de tout ça indemnes, on fera un voyage en Ecosse encore plus long et plus beau, na!

3 commentaires:

Astrid a dit…

Courage! Perso, je suis "bloquée" en Espagne et mon cerveau me joue des tours également pendant la nuit... dur dur d'être loin de chez soi à cette époque. Pour les brûlures, c'est un peu tard, mais l'huile essentielle de lavande vraie fait des miracles. ça marche aussi pour les coups de soleil. Prends bien soin de toi. Astrid

ARMALITE a dit…

@Astrid: Oh mince, j'espère au moins que tu es dans un endroit confortable et en sécurité, et que tu pourras également rentrer chez toi mi-mai (on croise les doigts!). Tu es la seconde à me parler de l'HE de lavande vraie, j'y penserai pour une prochaine fois.

Allie a dit…

Je compatis pour ta trad, j'ai moi aussi beaucoup de mal à terminer celle sur laquelle je travaille en ce moment. Pourtant c'est un roman que j'aime beaucoup mais il me donne vraiment du fil à retordre (comme quoi, ce n'est pas parce qu'on a adoré un bouquin qu'on va aimer le traduire... ça m'apprendra) et la situation actuelle n'est effectivement pas propice à la concentration. J'ai hâte de passer à la suivante (enfin, encore faudrait-il en avoir une ^^')