lundi 6 janvier 2020

"The map of us" (Jules Preston)


C'est l'histoire de Tilly,  analyste de données en plein divorce qui crée un dossier à base de graphiques et d'index pour comprendre comment elle en est arrivée là.
C'est l'histoire de Violet aux jambes détruites par la polio, qu'une famille maltraitante a abandonnée dans une grande maison dont elle parvient à s'évader grâce à l'écriture. 
C'est l'histoire d'Abby qui ne peut pas avoir de frange parce que les cheveux ras, c'est plus pratique pour sa maman. 
C'est l'histoire de John, autorité mondiale sur la couleur bleue que tout le monde prend toujours pour un skater. 
C'est l'histoire de Katherine qui achète des centaines de sacs à main parfaits sans réussir à combler le vide de son existence.
C'est l'histoire d'un sculpteur de sable abonné aux deuxièmes places parce que c'est toujours un dauphin qui remporte la première.
C'est l'histoire d'Owen qui n'a pas de nom de famille mais qui parle aux jardins. 
C'est l'histoire de Daniel, businessman aux sept costumes gris-chemises blanches-paires de chaussures Oxford identiques, qui ne sait rien faire d'autre que travailler. 
C'est l'histoire de Rose qui envoie des lettres à sa fille trop souvent absente pour la tenir au courant de l'espérance de vie de sa 76ème machine à laver. 
C'est l'histoire de Matt qui tient beaucoup trop à ce vieux canapé rose défoncé dont il n'a jamais payé sa moitié. 
C'est l'histoire d'un chien appelé Le Chien, qui aime se faire transporter en brouette comme un roi. 
C'est l'histoire d'Arthur, aventurier peu coopératif qui refuse parfois de bouger de son rocher pendant des jours. 
C'est l'histoire de Sidney, l'homme qui n'enlevait jamais ses gants parce que...

"The map of us" est un petit roman à nul autre pareil, découvert grâce aux suggestions de GoodReads - désormais mon premier fournisseur de coups de coeur littéraires. Sa structure hyper fragmentée avec des chapitres très courts, une écriture minimaliste (bien que non dénuée d'humour) et de multiples changements de perspective rebutera sûrement beaucoup de lecteurs. Pour ma part, je suis immédiatement tombée sous le charme de son style, dont la fantaisie décalée m'a fait penser à la voix off du narrateur de "Pushing daisies". S'il passe avec désinvolture d'une cruauté de conte de fées à des vicissitudes tristement réalistes, c'est pour mieux relier tous ses personnages et délivrer au final un tendre message d'espoir. Cette petite gemme a clôturé en beauté mon année de lecture 2019.

1 commentaire:

sophie-Grosquick a dit…

J'ai adoré!