mardi 7 janvier 2020

Mon projet 365




Si vous avez lu ma liste d'intentions pour 2020, vous vous êtes peut-être demandé en quoi consistait le fameux projet 365 que j'y évoquais. 

La première fois que j'ai entendu parler de self-compassion (il y a quelques années, alors que je lisais tout ce que des scientifiques sérieux avaient pu écrire sur le sujet du bonheur), j'avoue avoir ricané intérieurement. Encore un prétexte pour se montrer complaisant avec ses propres défauts et ne surtout rien y changer! J'ai toujours été une grande adepte de la responsabilité personnelle, ce qui à mes yeux implique d'être lucide sur ses propres failles et de travailler en priorité à les combler. Mais je présente aussi un manque d'empathie assez sévère doublé d'un manichéisme rampant. Et il y a quelques mois, j'ai fini par admettre que si je pouvais effectivement oeuvrer à améliorer mon attitude, il existait néanmoins - chez moi comme chez autrui - un câblage de base qu'il était impossible de changer.

Alors, plutôt que de ressasser un demi-siècle toutes les fois où je n'ai pas assuré, où je n'ai pas été aussi productive que j'aurais pu ni aussi aimable que j'aurais dû, toutes les fois où j'ai cédé à une faiblesse illogique donc coupable, toutes celles où je n'ai pas su allier la froide efficacité d'un robot à la chaleur humaine d'Elizabeth Gilbert, la puissance de travail de Barack Obama et la sagesse du Dalaï Lama, j'ai décidé de me lâcher un peu la grappe. Pas sur les grands principes et les valeurs de base, juste sur les mille petits trucs dont la rumination me pourrit le quotidien.

En parallèle, l'année 2019 touchait à sa fin, et avec elle mon projet de faire un petit dessin par jour dans mon agenda hongkongais. J'étais arrivée au bout du concept et commençais à manquer d'inspiration; pourtant, l'envie de dessiner (pas de dessiner super-bien: juste d'y prendre du plaisir et de m'améliorer un peu au fur et à mesure) était toujours présente. Et pendant les fêtes, les deux choses se sont combinées dans ma tête pour créer le fameux projet 365.

Pendant toute l'année 2020, chaque soir, je vais donc pointer une culpabilité minuscule que j'ai éprouvée ce jour-là et m'auto-envoyer le message que je n'ai rien fait de bien grave, que je peux ne pas me torturer à ce propos sans que ça fasse de moi l'équivalent moral d'un cafard. Et je le ferai sous la forme d'une affirmation illustrée que je publierai en story sur Instagram. D'une pierre deux coups: renforcement positif et entraînement à dessiner le quotidien. Et puis au cas où ça parlerait à d'autres gens, j'emploierai le "vous" plutôt que le "je", et le texte sera bilingue anglais/français.

Si vous avez raté les premiers jours, l'ensemble du projet est regroupé ici. Pour l'instant, ça m'amuse beaucoup, et je déborde malheureusement d'inspiration!

3 commentaires:

nelly poipoi a dit…

Le lien est-il bon ?

ARMALITE a dit…

@NellyPoipoi: Ca fonctionne chez moi!

Alice a dit…

Je te souhaite une belle et douce année, pleine de sérénité.
J'aime beaucoup ton projet 365. J'ai plaisir à découvrir chaque soir ton dessin et le message qui l'accompagne.