jeudi 23 janvier 2020

"Je suis ton soleil" (Marie Pavlenko)


Je vais être honnête. Alors que "Je suis ton soleil" a apparemment fait le buzz chez toutes les amatrices de littérature jeunesse lors de sa parution en grand format, courant 2017; alors qu'il a récolté une dizaine de prix et qu'il est en cours d'adaptation pour le cinéma, je n'en avais même pas entendu parler jusqu'à ce qu'un commentaire d'une de mes copines éditrices, laissé sur un statut de l'autrice à l'occasion de la sortie en poche, excite ma curiosité. Et puis pour être honnête jusqu'au bout: la couverture est craquante, voilà.

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n'est pas le pire, non. Le pire, c'est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d'embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l'aide, des amis, du courage et beaucoup d'humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

Donc, c'est l'histoire d'une lycéenne qui a des soucis familiaux, scolaires, amicaux et amoureux. Rien de terriblement original au premier abord, même si l'histoire réserve son petit lot de moments plus drôles ou touchants que la moyenne. Ce qui m'a séduite dans "Je suis ton soleil", c'est la voix de Déborah, et à travers elle, le style de Marie Pavlenko. Parce que bon, j'ai beau adorer la littérature jeunesse, je ne compte plus le nombre de romans qui m'ont déçue par la niaiserie absolue de leur héroïne, une enfilade record de clichés, des rebondissements dignes d'un soap opera, une écriture d'une pauvreté affligeante ou au contraire bien trop adulte pour retranscrire crédiblement les pensées d'un(e) ado. Alors que Déborah, petite nana normale mais jamais banale grâce à sa verve savoureuse, a fait souffler un irrésistible vent de fraîcheur sur mon mois de janvier. Du coup, "Je suis ton soleil" entre d'emblée dans la courte liste des romans "tranche de vie adolescente" que je recommanderais les yeux fermés à n'importe quel amateur du genre.

4 commentaires:

Cyrielle a dit…

Tu viens de finir de me convaincre ! Il me fait de l’œil depuis longtemps mais je n'avais pas encore osé m'y risquer...

Anne-Sophie a dit…

Merci pour l'idée cadeau, ma nièce va avoir 16 ans et je cherchais notamment un livre à lui offrir !
Je n'en doute pas vraiment mais juste au cas où, l'approche est bien féministe ? Elle m'en voudra si elle trouve des choses problématiques...
J'en profite pour te remercier de tes idées de lecture, j'ai commencé changer l'eau des fleurs, j'ai eu du mal les 30 premières pages mais maintenant j'ai surtout du mal à me coucher :)

ARMALITE a dit…

@Anne-Sophie: Non, rien de problématique du côté du féminisme (même si j'ai personnellement été dérangée par l'idée, exprimée par un des personnages, qu'une IVG est forcément un truc qui marque à vie).

Anne-Sophie a dit…

Merci pour ta réponse. C'est dérangeant pour moi aussi, si je lui offre on pourra parler de cela au moins.