dimanche 5 avril 2020

[LECTURE] Des e-books pour soigner son moral pendant le confinement



Depuis 3 semaines, il me semble que tout le monde a du mal à lire - et ce n'est sûrement pas faute de vouloir échapper à la réalité l'espace de quelques heures. Voici donc une petite sélection de romans disponibles en français et en version numérique que j'ai trouvés particulièrement feel good.

mercredi 1 avril 2020

Stratégies du réenchantement #4: Les petites bénédictions




Depuis quelques jours, j'ai le moral au fond des chaussettes malgré mon demi-Xanax du soir; les mauvaises nuits sont de plus en plus fréquentes et je commence à être totalement démotivée pour bosser - d'autant que je n'ai reçu qu'un seul des trois paiements promis pour mars, et que je n'ose imaginer combien de temps il faudra pour qu'on me règle la grosse traduction  remise hier. Dans ces conditions, à quoi bon m'échiner à travailler? Tout me paraît vide de sens; je voudrais juste m'endormir et me réveiller une fois le confinement levé (et sans Chouchou, jamais me conviendrait tout aussi bien). Les troubles anxieux qui me pourrissent déjà la vie en temps normal ont flambé avec le nombre des hospitalisations dues au coronavirus, et je perds pied un peu plus chaque jour. Pourtant, ma situation est loin d'être dramatique et comparée à beaucoup d'autres gens, j'ai conscience que je reste hyper privilégiée. Aussi, je me suis dit que j'allais coucher par écrit toutes mes raisons de voir le verre à moitié plein.

lundi 30 mars 2020

La semaine en bref #116




Lundi:
Chouchou s'installe dans notre lit pour me déranger le moins possible pendant sa tripotée de vidéo-conférences quotidiennes. Je savais bien que même s'il ne me procurait aucune joie, ce support de laptop réglable servirait un jour! Team Marie Kondo: -10 points.
 A période exceptionnelle, mesures exceptionnelles: je tente un "la maréchale-ferrante".

dimanche 29 mars 2020

L'apocalypse en pyjama




Il y a seulement quelques mois, même mes rêves les plus délirants, jamais je n'aurais imaginé que la moitié de l'humanité passerait le printemps 2020 recluse sous la menace d'un virus. Oh, j'ai lu des romans d'anticipation qui décrivaient une pandémie, et dûment frissonné en pensant que ça pourrait bien arriver un jour. Mais après plus de deux semaines de confinement, la situation garde un côté tout à fait irréel. Sans doute parce que je suis une introvertie et que je bossais déjà à la maison, de sorte que mon quotidien est assez peu chamboulé.

mardi 24 mars 2020

Stratégies du réenchantement #3: Les tactiques pour endurer




Depuis que la Belgique a décrété la fermeture des bars et des restaurants, je ne suis sortie de chez nous qu'une seule fois, pour faire des courses alimentaires. En soi, l'enfermement ne me pèse pas outre mesure: j'y suis habituée, bien qu'avec des fenêtres de liberté qui n'existent actuellement pas. Mais la situation reste épouvantablement anxiogène pour quelqu'un qui imagine douze catastrophes par jour en temps normal. Le décompte des morts augmente chaque soir, et on est toujours incapable d'estimer quand le confinement prendra fin. En onze jours, néanmoins, quelques habitudes se sont mises en place d'elles-mêmes pour préserver ma santé mentale.

dimanche 22 mars 2020

La semaine en bref #115




Lundi:
 Ah, tiens! La semaine dernière, je déplorais la mort des blogs intimes; aujourd'hui, Caro reposte pour la première fois depuis presque un an. Du coup, je tente ma chance, sait-on jamais: JE DEPLORE FORTEMENT CETTE PANDEMIE QUI FAIT CHIER LE MONDE ENTIER, merci, bisous (de loin).

jeudi 19 mars 2020

Stratégies du réenchantement #2: La perte des repères




Quand on a compris que le Covid-19 arrivait en Europe et qu'on n'y couperait pas, mais qu'on ne se doutait pas encore trop de l'ampleur que ça prendrait, la première chose que j'ai pensée, c'est "Pourvu que ça ne nous empêche pas de partir en Ecosse pour les 50 ans de Chouchou!". Sur le coup, c'était réellement mon unique préoccupation. J'étais encore si jeune et si naïve fin février.

mardi 17 mars 2020

Stratégies du réenchantement #1: Les résolutions d'avant




Fin décembre dernier, tout le monde avait hâte de clôturer 2019 au prétexte que 2020 ne pourrait pas être pire. 
- Challenge accepté, a dit l'univers avec la voix de Neal Patrick Harris.

lundi 16 mars 2020

Les conversations absurdes #87


Avec Chouchou, on s’écrit des “lettres magiques” sur la tête pour se réconforter mutuellement. Ce soir, après son délicieux crispy chili tofu...
MOI: Je t’ai fait un G. Comme G bien mangé. 
CHOUCHOU: Et moi, je te fais un V. Comme Vroom Vroom. 
MOI: ...Pour aller très vite nulle part, vu qu’on est confinés jusqu’à nouvel ordre?

dimanche 15 mars 2020

La semaine en bref #114




Lundi:
Je craque et, à titre d'auto-cadeau d'anniversaire un poil en avance, je m'offre une deuxième toile de Jurij Frey. Si je plisse un peu les yeux, cette fille assise face à la mer, ça pourrait être moi...
 Chouchou a fait nuit blanche pour réparer le site d'un de ses clients. Je ne sais pas comment il tient; moi, je ne pense pas que j'arriverais à être efficace dans ces conditions.
 Une copine qui en a pas mal bavé est enceinte de 5 mois. Je suis ravie pour elle - et très envieuse de l'optimisme de tous les gens qui continuent à faire des enfants alors que l'humanité me semble promise à sa perte dans le demi-siècle à venir.

mardi 10 mars 2020

"Le voyage d'Abel" (Isabelle Sivan/Bruno Duhamel)


Dernier-né d'une famille de paysans, Abel a vu tous ses frères quitter Reclesme l'un après l'autre, et malgré son désir d'entrer dans la marine, il n'a pas eu d'autre choix que de reprendre la ferme de ses parents. Aujourd'hui, c'est un vieux garçon bougon qui vit avec son chien et ses brebis pour seule compagnie, et qui radote chaque fois qu'il achète du saucisson à la fille de son béguin de jeunesse. Mais peut-être n'est-il pas trop tard pour réaliser ses rêves d'évasion...

"Le voyage d'Abel" est un album quasi-monochrome, dont les variations de gris-bleu donnent parfaitement le ton de cette tranche de vie immobile. Abel est un héros attachant, sempiternel râleur qui a courbé l'échine devant les exigences de la vie mais s'obstine à entretenir une flamme d'espoir vivace tout au fond de lui. Même les moqueries des habitués du bistrot local, qui ne voient pas plus loin que les limites de leur village, échouent à l'atteindre: contrairement à eux, il a de l'imagination et une irrépressible envie d'ailleurs.

Parce qu'il serait dommage de déflorer la suite, je vous invite à la découvrir vous-mêmes un jour où vous serez prêt(e)s à vous laisser prendre le coeur par cette histoire terriblement émouvante.

lundi 9 mars 2020

Safe spaces



Autrefois, lorsque j'ouvrais mon agrégateur de fils RSS le matin, j'y trouvais au moins une douzaine de nouveaux articles de blogs, presque tous dans la catégorie intime. Aujourd'hui, plusieurs jours s'écoulent parfois avant qu'il en apparaisse un seul dans mon Feedly. Presque toutes les blogueuses, archi-populaires ou un peu moins, que je prenais plaisir à suivre au début des années 2010 ont disparu d'internet, ne publient plus que trois fois par an ou se concentrent désormais sur Instagram. Même Pensées by Caro, le seul blog intime de ma connaissance qui avait démarré à la même époque que moi et qui conservait un rythme de publication aussi soutenu, a fini par s'arrêter au printemps dernier. Et je n'ai pas trouvé de nouveaux blogs pour remplacer ceux dont les autrices avaient tourné la page. Les femmes de ma génération ont sans doute autre chose à faire de leur (rare) temps libre; les plus jeunes tendent à préférer d'autres canaux d'expression tels que chaînes YouTube ou podcasts. 

dimanche 8 mars 2020

La semaine en bref #113




Lundi:
 Soulagement: la copine aspirante écrivaine dont j'ai relu le manuscrit ce week-end n'a pas du tout mal pris mes critiques. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne me livre jamais à ce genre d'exercice, en principe: je ne sais pas mentir - je n'en vois pas l'intérêt -, mais je déteste froisser les sentiments de gens dont je sais très bien qu'ils ont investi beaucoup de temps et de coeur dans leur projet. Là, heureusement, il y avait aussi plein de bonnes choses à souligner. 

mercredi 4 mars 2020

[LECTURE] Les sorties de mars que j'attends avec impatience


ROMANS:

"The Glass Hotel(en anglais seulement, mais sans doute pas pour bien longtemps), le nouveau roman d'Emily St. John Mandel dont le "Station Eleven" m'avait fait une si forte impression il y a quelques années. Vincent is the beautiful bartender at the Hotel Caiette, a five-star glass-and-cedar palace on the northernmost tip of Vancouver Island. New York financier Jonathan Alkaitis owns the hotel. When he passes Vincent his card with a tip, it's the beginning of their life together. That same day, a hooded figure scrawls a note on the windowed wall of the hotel: 'Why don't you swallow broken glass.' Leon Prevant, a shipping executive for a company called Neptune-Avramidis, sees the note from the hotel bar and is shaken to his core. Thirteen years later, Vincent mysteriously disappears from the deck of a Neptune-Avramidis ship. Weaving together the lives of these characters, Emily St John Mandel's The Glass Hotel moves between the ship, the skyscrapers of Manhattan, and the wilderness of remote British Columbia, painting a breathtaking picture of greed and guilt, fantasy and delusion, art and the ghosts of our pasts. Sortie le 24

mardi 3 mars 2020

Bienvenue dans mon vide-dressing!




Au cas où l'info vous aurait échappé sur mon Instagram et sur la page Facebook du blog, j'ai créé hier un Instagram spécial vide-dressing pour y revendre mes chaussures (pointure 36), vêtements (taille 38, 40 ou 42) et sacs à main pas ou peu portés. Vous trouverez un permalien dans la colonne de droite. 

Sur les 12 pièces mises en ligne hier, 3 étaient déjà vendues dans la soirée, merci aux acheteuses! J'ai supprimé les annonces qui n'avaient plus lieu d'être au fur et à mesure, et je devrais mettre en ligne quelques articles supplémentaires aujourd'hui. Ils resteront à Monpatelin, que je quitterai en fin de semaine; donc, si l'un d'eux vous intéresse, manifestez-vous rapidement pour ne pas devoir attendre mon retour de Bruxelles!

La semaine prochaine, ce sera au tour de mes placards fritelandiens de subir une opération amincissante, d'où une nouvelle vague d'annonces. Pour celles-ci, une remise en mains propres sera envisageable si vous habitez Bruxelles ou les environs. Et si tout se passe bien, d'ici le printemps, vous pourrez admirer mes trois plus grosses erreurs d'achat de tous les temps - dont deux sacs à main de marques de luxe. Mon sens de la dignité s'étant fait la malle en même temps que mes sous gaspillés, vous aurez même le droit de vous moquer de moi quand je vous raconterai le pourquoi du comment!

lundi 2 mars 2020

La semaine en bref #112




Lundi:
 La récap hebdomadaire publiée ce matin est mon 6000ème billet disponible sur le blog. Ahouiquandmême.
Tiens, les Knees to Chin ont élargi leur carte et proposent désormais des baos honorables, ainsi que des salades de nouilles de riz franchement délicieuses. Surtout celle à l'aubergine teriyaki.
 "Quand tu angoisses, tu accélères; quand j'angoisse, je freine". Chouchou vient de résumer en une phrase la différence fondamentale entre nos anxiétés respectives.

vendredi 28 février 2020

Les côtés positifs de l'anxiété chronique




Ca va bientôt faire douze ans que mon anxiété chronique me pourrit la vie dans les grandes largeurs. Tous mes efforts pour la contrer n'ont réussi qu'à procurer des répits occasionnels et me doter d'une panoplie d'outils qui, sans être miraculeux, me permettent de la gérer au quotidien - plus ou moins bien selon les périodes et la gravité des déclencheurs, mais ceci est une autre histoire. Aujourd'hui, je voulais vous parler des effets positifs de cette anxiété chronique. Car même s'ils sont loin de contrebalancer ses effets négatifs, ils existent.

jeudi 27 février 2020

"Miss Charity T1: L'enfance de l'art" (Loïc Clément/Anne Montel)


A l'origine, il y a un formidable roman jeunesse de Marie-Aude Murail paru à l'Ecole des Loisirs. Inspiré de la biographie de Beatrix Potter, la créatrice anglaise de Pierre Lapin, "Miss Charity" est l'un rares livres m'ayant suffisamment enchantée pour que je le conserve et le relise quelques années plus tard. J'étais donc obligée de me jeter dès le jour de sa sortie sur cette adaptation en bédé réalisée par mon duo fétiche.

Dans le premier tome de ce qui devrait être une trilogie, nous faisons la connaissance de Charity Tiddler, une fillette de la bonne société victorienne qui ne reçoit guère d'attention de ses parents. Sa mère se soucie uniquement qu'elle se montre pieuse et docile; son père ne lui adresse pratiquement jamais la parole. Afin de tromper son ennui, Charity collectionne toute sorte d'animaux éclopés ou promis à la casserole, dont elle aime observer et décortiquer le comportement. Sa vive curiosité fait d'elle une naturaliste dans l'âme, capable de considérer les réalités de la vie sans dégoût ni excès de sentimentalisme. Le jour où sa gouvernante Blanche l'initie à l'aquarelle, un monde nouveau s'ouvre à elle...

mercredi 26 février 2020

Comment je m'y prends pour traduire un roman (2/2)




PREMIET JET / RELECTURE

Certains de mes collègues font un premier jet kilométrique et passent ensuite beaucoup de temps à le mettre en forme. Moi, c'est l'inverse: je soigne énormément mon premier jet, et en relecture, je me contente de supprimer les coquilles et les répétitions, de corriger quelques tournures maladroites, d'améliorer un jeu de mots ou de remplacer un terme du lexique si j'ai eu une meilleure idée entre-temps. Pour un roman dont la traduction m'a pris deux mois, je consacre deux ou trois jours à la relecture avant envoi à l'éditeur, pas davantage.

DICTIONNAIRE(S)

Lorsque j'ai commencé à exercer, en 1994, mon unique outil était un gigantesque Harrap's papier en deux volumes. Il prenait une place dingue; il était horriblement lourd à manier, et la plupart du temps, je n'y trouvais pas les termes trop spécifiques que je cherchais. Quant aux références culturelles, si je ne les comprenais pas, c'était une énorme galère pour réussir à les clarifier. De ce point de vue, l'apparition d'Internet a révolutionné ma vie professionnelle.

Aujourd'hui, si j'ai un doute sur un nom appartenant à un champ lexical que je maîtrise mal ou une expression peu usitée en langage courant, je commence par chercher dans le dictionnaire en ligne Lexilogos, ou tout simplement sur Google. Internet regorge de sites dédiés à tous les sujets possibles et imaginables; si je bute sur le nom français des figures de cheerleading, comme ça m'est arrivé récemment, je trouverai toujours une liste de vocabulaire anglais/français mise en ligne par une pratiquante passionnée. Il faut juste chercher un peu. 

Je n'hésite pas non plus à faire appel aux connaissances de mes collègues - sur Facebook, nous avons un groupe d'entraide réservé aux traducteurs de l'imaginaire - ou même de mon entourage: "Dis, toi qui pratique le XXX, comment tu appelles le bidule qui sert à YYY?". Enfin, le français supportant beaucoup plus mal les répétitions que l'anglais, le dictionnaire des synonymes du Crisco m'est souvent d'une aide précieuse. 

LEXIQUE

Lorsque je traduis une série, particulièrement si elle se déroule dans un monde imaginaire avec énormément de termes inventés, j'établis un lexique dans un fichier distinct, afin de ne pas risquer d'incohérences de traduction d'un tome sur l'autre (et aussi par charité envers le traducteur qui prendrait éventuellement ma relève si je devais abandonner cette série pour une raison de santé ou de planning). J'y consigne le vocabulaire spécifique et les noms de lieux, ainsi que certaines expressions qui reviennent fréquemment. Par ailleurs, je tiens à jour une liste de tutoiement et de vouvoiement entre les personnages - une distinction qui n'existe pas en anglais et qui est donc laissée à l'appréciation du traducteur.

CORRECTIONS

Quelle que soit l'attention apportée à mon travail, il reste TOUJOURS une erreur quelque part, et plein de petites choses qui pourraient être améliorées - soit objectivement, soit selon les critères spécifiques de l'éditeur. Chacun de mes clients a une liste personnelle de bêtes noires, verbes qu'il refuse d'employer ou tournures qu'il déteste, et j'ai du mal à me souvenir de toutes. Une fois que j'ai remis ma traduction, quelqu'un (parfois une éditrice junior, parfois une correctrice free lance) la relit donc pour proposer des changements.

La quantité de corrections suggérées varie énormément d'un éditeur à l'autre, et même d'un ouvrage à l'autre selon la personne qui m'a relue. Il arrive qu'il n'y ait pratiquement rien, et il arrive aussi que je peine à reconnaître mon texte. Il arrive que je trouve le travail de la correctrice ultra-pertinent, et il arrive aussi que je m'arrache les cheveux en découvrant mon texte truffé d'erreurs qui ne s'y trouvaient pas à la base. Je suis libre de refuser toute correction relevant uniquement d'une appréciation subjective. Mais il n'est guère judicieux de se battre pour des peccadilles, d'autant que je m'efforce toujours de justifier ma réaction par écrit et que ça prend un temps délirant.

Lorsqu'il a reçu mon retour, l'éditeur valide les corrections que j'ai acceptées, et le texte part en composition. Au bout d'un délai variable, je récupère un nouveau fichier appelé épreuves corrigées, et c'est là l'ultime possibilité de signaler un problème avant que le texte soit envoyé chez l'imprimeur. A ce stade, normalement, il ne doit rester que très peu d'erreurs, et elles ont le plus souvent trait à la mise en page. Mais je ne crois pas avoir jamais tenu entre mes mains un livre publié dans lequel il ne subsistait pas au moins une coquille. 

mardi 25 février 2020

Comment je m'y prends pour traduire un roman (1/2)




POSTE DE TRAVAIL

Depuis que je mène une vie semi-nomade, je n'ai plus de poste fixe: juste un ordinateur portable 13" que je trimballe partout avec moi - et dont le clavier souffre beaucoup des cadences infernales que je lui impose. Du temps où les éditeurs mettaient en traduction des textes déjà parus dans leur pays d'origine, ils m'envoyaient un exemplaire VO que je posais à gauche de mon écran sur un lutrin; aujourd'hui, je travaille 80% du temps à partir de PDF d'ouvrages pas encore publiés. J'ouvre donc deux fichiers sur mon écran: la VO à gauche et ma VF à droite. Encombrement minimum, d'autant que je n'utilise même pas de souris - juste le touchpad, que je manie avec une précision olympique. Mais il faut bien admettre que ça n'est sans doute pas très bon pour mes yeux. La plupart de mes collègues, surtout à partir d'un certain âge, travaillent le plus souvent possible sur poste fixe avec un grand écran, et je devrai sûrement y revenir un jour.

lundi 24 février 2020

La semaine en bref #111




Lundi:
 Parce que "Mon voisin Totoro" m'emmerde, un collègue habitué à ma grinchitude déclare sur Facebook que je suis "romantique comme un radiateur". Je dois bien admettre que ça n'est pas faux. 
Je reçois un mail de boulot: "Bonjour Aurélie, je viens de déclencher ton paiement et de te renvoyer le contrat signé. Amitiés, Ton Editeur". Auquel je réponds: "Moi c'est Armalite, mais l'essentiel, c'est que je sois payée! Merci et bonne semaine, Not Aurélie".

dimanche 23 février 2020

Mon mec est nul en super-héroïnes




Hier, à l'expo "Superheroes never die" au musée juif de Belgique:
MOI: Allez, combien de super-héroïnes tu reconnais sur cette couv?
CHOUCHOU: Euuuuuh...
MOI: Y'en a de très célèbres.
CHOUCHOU: La verte c'est... She-Hulk?
MOI: Tu vois, c'est pas si dur. Et puis?
CHOUCHOU: Elle, euh, c'est Jean Grey?
MOI: Chouchou...  la femme que tu me montres est noire. 
CHOUCHOU: Ah oui pardon. C'est, c'est, euh, Storm!
CHOUCHOU: Et là, on dirait... la copine de Daredevil!
MOI: Elektra. Elle sera contente d'apprendre que malgré tous ses accomplissements personnels, elle n'est toujours que "la copine de".
CHOUCHOU: Là, Iron Man!
MOI: Chouchou, il n'y a que des femmes sur cette illustration.
CHOUCHOU: ...Iron Woman?
MOI: Hé ben, c'est laborieux.
CHOUCHOU: Les deux avec des ailes sur les côtés, c'est, euh... Libellule et Colibri?
MOI: Woputain. Libellule et Colibri. Je. 
CHOUCHOU: ...
CHOUCHOU: Mais bon, elles se ressemblent toutes plus ou moins.
MOI: Pardon?
CHOUCHOU: Ben oui, elles ont toutes beaucoup de boobs, et euh...
MOI: Y'a d'autres trucs autour, quand même!
CHOUCHOU: Oui, mais elles ont été dessinées par plein de gens différents, du coup on ne sait jamais trop quelle tête elles sont censées avoir.
MOI: Certes, mais y'a des éléments qui reviennent dans toutes les versions et qui permettent de les identifier. Jean Grey, par exemple, elle est toujours rousse avec un phénix quelque part sur son uniforme.
CHOUCHOU: Jean Grey n'est pas rousse.
MOI: PARDON?
CHOUCHOU: Jean Grey, pour moi, c'est Famke Janssen dans les films avec ses beaux cheveux noirs et ses yeux bleus. 
MOI: Famke Janssen a les yeux marrons.
CHOUCHOU: Non, ils sont bleus.
MOI: Marrons. 
Il vérifie sur son smartphone.
CHOUCHOU: Oui bon d'accord. 
MOI: Et sinon, là c'est Dazzler; là c'est Rogue; là c'est Firestar; là c'est The Scarlet Witch; là OK c'est difficile: c'est Jubilee.
CHOUCHOU: ...Un instant, j'ai cru qu'elle s'appelait Difficile.
MOI: Sortons d'ici avant que je demande le divorce.

samedi 22 février 2020

"Les toits du paradis" (Mathangi Subramanian)


Elles sont cinq amies d'une quinzaine d'années qui habitent le Paradis, un bidonville de Bangalore. Banu vit seule avec sa grand-mère très malade des poumons; cancre à l'école, elle manifeste des dons surprenants pour le dessin et l'ingénierie. Bien qu'aveugle, Deepa est la meilleure danseuse, la meilleure cuisinière et la plus fine psychologue de la bande.

Cadette de trois garçons, Joy s'appelait autrefois Amand, et sa vie de fille trans a pu commencer le jour où elle s'est convertie au christianisme. Musulmane et lesbienne, Rukshana s'obstine à porter des pantalons et à grimper aux arbres. Enfin, Padma la campagnarde si douée pour les langues pourrait briguer des études universitaires, mais doit veiller en permanence sur sa mère complètement déboussolée par son arrivée en ville.

Jusqu'au jour où la municipalité décide de construire un centre commercial à l'emplacement du Paradis. Un matin, les bulldozers débarquent pour raser les bicoques qui abritent tant d'Intouchables dont nul ne se soucie. Ce sont les femmes qui, courageusement, vont faire un rempart de leur corps pour protéger leur famille et leurs voisins...

vendredi 21 février 2020

Les conversations absurdes #86


CHOUCHOU, fouillant dans le placard à épicerie: Il me faut des lentilles. Ah, les voilà! 
Il allonge le bras et attrape, tout au fond, la boîte contenant les pois cassés qu'il brandit triomphalement. 
MOI, résignée: Non, Chouchou. Les lentilles, c'est le bocal sur le devant, à 20 cm de ton nez, avec une étiquette soigneusement tournée vers toi et marquée "LENTILLES" en majuscules. Je sais, ça prête à confusion.

jeudi 20 février 2020

"C'est comme ça que je disparais" (Mirion Malle)


Bien que j'aie souvent vu circuler le nom de Mirion Malle dans des publications féministes, je n'avais encore jamais rien lu d'elle. C'est intriguée par le titre et la couverture de son dernier album que j'ai fini par me lancer. 

"C'est comme ca que je disparais" raconte la dépression de Clara, une jeune femme de 27 ans qui vit à Montréal et tente de concilier un job d'attachée de presse à temps partiel avec l'écriture de ses propres oeuvres. D'abord brisée par une récente rupture, elle en vient assez vite à ne plus ressentir qu'un immense vide et, sans avoir de véritables pulsions suicidaires, commence à penser de plus en plus souvent à la mort. Ses amies s'inquiètent beaucoup pour elle mais ont du mal à la comprendre, et Clara, qui n'a plus vraiment l'énergie de maintenir une vie sociale, se met à refuser les sorties et ignorer leurs appels...

mercredi 19 février 2020

Ma journée de traductrice littéraire




Je me lève généralement vers 9h. A mon grand regret, je ne suis pas du matin, et un des principaux avantages du statut d'indépendant, c'est bien de pouvoir décider de ses propres horaires de travail! Je passe la première heure à siroter un thé en faisant le tour des popotes sur internet, puis à 10 h tapantes (oui: je suis maniaque), j'entame mon quota de pages de la journée. 

mardi 18 février 2020

Les conversations absurdes #85


CHOUCHOU, sur fond de "Heart of glass": J'ai fait une play-list de vieux machins, ça ne te dérange pas? 
MOI: Debbie Harry à la fin des années 70. La gueule du vieux machin. 
CHOUCHOU, sur l'intro de "Kids in America": C'est la musique qui m'intéresse.
MOI: Et pas du tout le concept de bombasse blonde anglaise, donc. Ce que je peux avoir mauvais esprit. 
CHOUCHOU: Tout à fait. La chanson suivante, c'est un morceau des Runaways. 

lundi 17 février 2020

La semaine en bref #110




Lundi:
16 ans après le magistral "Jonathan Strange & Mr Norrell", Susanna Clarke publiera en septembre un nouveau roman au pitch prometteur intitulé "Piranesi". Entre ça, le deuxième Stuart Turton et la prochaine urban fantasy de Garth Nix, je me prédis déjà une rentrée chargée.
 Une heure du matin au bout de 13 ans de relation me semble un moment idéal pour découvrir que petits, nous raffolions tous les deux du Galak au riz soufflé - et aussi, que je confonds les génériques de "Daktari" et "Yakari".

samedi 15 février 2020

"L'été à Kingdom Fields" (Jon McNaught)


Si comme moi, vous raffolez du graphisme très personnel de Jon McNaught, vous vous êtes probablement déjà précipité sur son nouvel album. Si en revanche vous y êtes hermétique, peu vous importe de savoir de quoi parle "L'été à Kingdom Fields": vous ne le lirez pas. Si vous ne connaissez pas encore Jon McNaught, je suis justement là pour vous le faire découvrir, et pour tenter de vous convaincre que chacune de ses publications est une petite merveille dont la présence enrichira votre bibliothèque.

Comme toujours chez cet auteur, l'histoire se résume à très peu de choses: une femme débarque avec ses deux enfants dans la station balnéaire où elle passait ses vacances d'été autrefois. Tandis qu'elle s'efforce de retrouver ce qui faisait le charme de l'endroit à ses yeux, son fils Andrew, adolescent maussade et apathique, joue à des jeux vidéo ou explore les environs en ne s'intéressant qu'à leurs côtés les moins reluisants.

vendredi 14 février 2020

"Karmen" (Guillem March)


C'est rarissime que j'achète une bédé sans jamais en avoir entendu parler, et de surcroît sans qu'une quatrième de couverture m'indique vaguement à quoi m'attendre de la part de l'histoire. Quand j'ai emporté "Karmen" à la caisse de ma librairie, tout ce que je savais, c'est que j'étais intriguée par la couverture, et très attirée par le graphisme de l'auteur. 

Après avoir découvert que son ami d'enfance Xisco, dont elle est secrètement amoureuse, trompe sa copine officielle avec sa coloc, Catalina se taillade les veines dans la salle de bain de son appartement d'étudiante. Une étrange jeune femme aux cheveux roses et à la combinaison de squelette lui apparaît alors. Elle s'appelle Karmen, et avec une compassion à laquelle on ne s'attend guère de la part d'une faucheuse, elle entraîne Catalina dans une drôle d'exploration - déjà en marge de la vie, pas encore tout à fait dans la mort.

dimanche 9 février 2020

La semaine en bref #109




Lundi:
Pour la première fois de ma vie, j'ai une idée de roman tellement excitante qu'un instant, j'envisage de l'exploiter - ou au moins d'essayer. Puis je me souviens que j'ai des dizaines de copains auteurs, que c'est un boulot de dingue qui aboutit rarement et qui paye très mal, que je suis fainéante, n'ai aucun besoin de reconnaissance et trouve l'argent assez commode pour payer les factures. Je vais donc continuer à m'en tenir à la traduction.
 (Mais putain, c'est quand même une chouette idée d'uchronie personnelle légèrement mâtinée de SF, qui serait hyper thérapeutique à rédiger.)

samedi 8 février 2020

"Chifan! Manger en Chine" (Nicolas Jolivot)


Nicolas Jolivot est l'auteur de plusieurs carnets de voyage illustrés, dont un sur le Japon et un autre sur les pays baltes. Je l'ai découvert grâce à son dernier ouvrage paru: "Chifan ! Manger en Chine". 

Je garde un souvenir excessivement ému de la vraie cuisine chinoise (une des seules choses qui m'a enthousiasmée sans réserve durant notre séjour à Hong Kong il y a un an et demi), et surtout, je suis immédiatement tombée amoureuse des dessins réalisés au pinceau et à l'encre: des croquis sur le vif, peu élaborés mais extrêmement vivants. 

Collectés sur une période de 12 ans, ils sont classés par grands thèmes: "manger dans la rue", "au restaurant et en cuisine", "les serveuses", "manger en tête-à-tête avec son bol", "manger à deux c'est mieux!", "à plusieurs on se régale". Un petit commentaire parfois personnel et parfois culturel accompagne chacun d'eux. 

L'ensemble s'achève par une surprenante postface consacrée aux toilettes communes, ainsi qu'une carte du pays répertoriant les villes où se sont déroulé les scènes représentées. Non seulement j'ai salivé de bout en bout, mais "Chifan! Manger en Chine" m'a donné envie de recommencer à dessiner à l'extérieur. Compliment suprême: j'ai l'intention de le garder au lieu de m'en débarrasser comme je le fais désormais pour 95% de mes livres après les avoir lus.  

vendredi 7 février 2020

Comment les traducteurs littéraires sont-ils rémunérés? 2/2




Dans mon billet précédent, je vous expliquais que, comme les auteurs, les traducteurs littéraires sont payés sous la forme d'un pourcentage sur les ventes, mais reçoivent au moment où ils effectuent leur travail une avance appelée l'à-valoir qui leur reste acquise quoi qu'il advienne. En ces temps de surproduction éditoriale, peu d'ouvrages se vendent assez bien pour que les droits générés dépassent un jour l'avance en question, qui reste donc souvent l'unique rémunération du traducteur. 

Un à-valoir est calculé en fonction du volume de texte à traduire, exprimé en nombre de feuillets. Qu'est-ce qu'un feuillet? Excellente question. Au début de ma carrière, le standard universel était le feuillet d'imprimerie français, c'est-à-dire, le nombre de pages de 1500 signes théoriques qu'atteignait la traduction. Par 1500 signes théoriques, j'entends: une page qui contiendrait 1500 signes espaces comprises si elle était totalement pleine, sans début ni fin de chapitre, sans alinéas ni retours à la ligne. Hormis peut-être dans l'"Ulysse" de James Joyce (le pudding littéraire le plus compact qui ait jamais été publié), le nombre de signes réels ne va jamais monter à 1500; sur un texte moyennement aéré, il tourne plutôt autour de 1250. 

jeudi 6 février 2020

Comment les traducteurs littéraires sont-ils rémunérés? 1/2




En France, les traducteurs littéraires sont considérés comme faisant partie du corps de métier des auteurs. Nous avons un statut d'indépendants, et pour chaque ouvrage sur lequel nous travaillons, nous signons un contrat avec la maison d'édition qui en a acquis les droits français. Ce contrat prévoit une rémunération en droits d'auteur (DA), c'est-à-dire, un pourcentage sur les ventes - le chiffre d'affaires, pas le bénéfice -, qui peut varier d'un éditeur à l'autre. Le plus bas que j'aie touché était de 0,3%, pour de la bédé; le plus haut, de 2%. D'après mon expérience, la plupart des maisons d'édition proposent 1%. Cela signifie que sur un livre vendu 20€ en librairie, le traducteur recevra 0,20€. 

mardi 4 février 2020

Celle qui détestait poser




Je n'ai jamais été très photogénique, et malheureusement, ça ne s'arrange pas avec l'âge. 

A aucun moment de ma vie je n'ai fait partie de ces gens amoureux de leur apparence qui adoraient être pris en photo et se montrer sur les réseaux sociaux. Je n'ai pas franchement un physique de déesse. Je déteste sourire sur commande. Au naturel, je gesticule et je grimace beaucoup, ce qui donne rarement des arrêts sur image très flatteurs. Poser plus de trois secondes m'ennuie à mourir, et bien que je ne rechigne jamais à faire l'andouille, je ne supporte pas de gêner les gens qui m'entourent en monopolisant un endroit trop longtemps. 

dimanche 2 février 2020

La semaine en bref #108




Lundi:
En sortant faire une course, je tombe sur la grand-mère de mon voisin du rez-de-chaussée en train de gérer un dégât des eaux. Nous discutons de divers problèmes au sein de la résidence, notamment la porte d'entrée qui ne ferme plus. "C'est d'autant plus embêtant que nous sommes plusieurs à avoir repéré des cambrioleurs potentiels qui rôdent sur le parking dans la soirée. Et je pense qu'ils ont déjà dû venir en reconnaissance dans le bâtiment, car j'ai senti planer des odeurs africaines". Je. Hein. Quoi? Les mecs se sont douchés au ras-el-hanout avant de venir faire leur éventuel mauvais coup, c'est ça?
 Outre le fait que le racisme décomplexé des gens de la région ne cessera jamais de m'abasourdir, me voici avec une nouvelle source d'angoisse - comme si j'en manquais en ce moment. Au bord de l'attaque de panique, je demande à Chouchou si on peut skyper; tout lui expliquer me permet de prendre assez de recul pour revenir à une appréhension plus rationnelle de la situation. 

samedi 1 février 2020

[LECTURE] Les sorties de février que j'attends avec impatience


Coincé entre la rentrée de janvier et l'avalanche de mars, février s'annonce beaucoup plus pauvre en sorties. J'ai quand même repéré quelques titres...

ROMANS:

"Tout le bleu du ciel": Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple. Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile. Sortie le 12


vendredi 31 janvier 2020

Les conversations absurdes #84


MOI: Etant donné qu'il va falloir économiser beaucoup de sous pour le Grand Changement de l'an prochain, je te propose qu'on reporte à plus tard le voyage à St-Petersbourg qu'on voulait faire cet automne. 
CHOUCHOU: Pas de souci. Mais tu sais, le plus dur, ça ne sera pas de le payer. Ca sera de gratter la Russie sur la carte en rentrant.



Janvier 2020



dimanche 26 janvier 2020

La semaine en bref #107




Lundi:
 ...Comment ça, 9h45 et j'ouvre à peine un oeil? Bon, ben c'est toujours pas cette année que j'arrive à me lever tôt.
Arrivée d'un énorme colis d'exemplaires de traductrice - dix tomes de deux bouquins différents. Vite, organisons des concours!

samedi 25 janvier 2020

[CONCOURS] Les gagnantes de "Shadowscent" et "The rule of one"


La gagnante de l'exemplaire de SHADOWSCENT est Boomerang.

La gagnante de l'exemplaire de THE RULE OF ONE est Chouvelle.

Envoyez-moi votre adresse postale rapidement pour que je puisse expédier vos livres mardi.

Merci à toutes pour votre participation.

Si tout va bien, le prochain concours aura lieu début mars et portera sur ce titre...

A très vite!


jeudi 23 janvier 2020

"Je suis ton soleil" (Marie Pavlenko)


Je vais être honnête. Alors que "Je suis ton soleil" a apparemment fait le buzz chez toutes les amatrices de littérature jeunesse lors de sa parution en grand format, courant 2017; alors qu'il a récolté une dizaine de prix et qu'il est en cours d'adaptation pour le cinéma, je n'en avais même pas entendu parler jusqu'à ce qu'un commentaire d'une de mes copines éditrices, laissé sur un statut de l'autrice à l'occasion de la sortie en poche, excite ma curiosité. Et puis pour être honnête jusqu'au bout: la couverture est craquante, voilà.

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n'est pas le pire, non. Le pire, c'est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d'embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l'aide, des amis, du courage et beaucoup d'humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

mercredi 22 janvier 2020

[CONCOURS] "The Rule of One"


Dans un futur proche, les États-Unis sont cernés par un mur et appliquent la loi de l'enfant unique avec la plus grande sévérité. Ava Goodwin, fille du directeur du Planning familial au Texas, mène une vie paisible et sans histoires. En apparence, du moins, car depuis sa naissance elle cache un lourd secret... Elle a une soeur jumelle, Mira. Aux yeux de tous, seule Ava existe. Depuis 18 ans, les deux soeurs partagent cette identité et sont interchangeables. Mais quand ce dangereux jeu de rôle est découvert, leur père est emprisonné et les jumelles doivent fuir. Considérées comme des traîtresses, traquées par les gardes et les drones du gouvernement, Ava et Mira plongent dans l'inconnu. Parviendront-elles à trouver les alliés qui pourraient les aider à libérer leur père et bouleverser l'ordre établi? Désormais elles ne sont plus une, mais deux, et pour survivre, elles devront d'abord apprendre à être différentes... Un palpitant thriller dans la veine de "Hunger Games" et "Divergente".

Et oui: un second concours immédiatement après celui d'hier! Pour gagner peut-être un exemplaire de "The Rule of One" (premier tome d'une probable trilogie dont j'ai déjà rendu ma traduction du deuxième...), laissez-moi un commentaire en me citant une autre oeuvre que vous avez appréciée (livre, film, série télé...) et qui a également des jumeaux ou des jumelles pour personnages principaux. Participation limitée à l'Europe. Clôture vendredi 24 à minuit et annonce du résultat dans le courant du week-end. Bonne chance à tou(te)s!

mardi 21 janvier 2020

[CONCOURS] Shadowscent: Le parfum de l'ombre


Dans l'empire d'Aramtesh, les parfums, sacrés, sont l'objet de toutes les convoitises. Avec son nez affûté et sa grande connaissance des senteurs, Rakel espérait devenir parfumeuse et gagner de quoi soigner son père malade. Mais le prince Nisaï est empoisonné et elle est accusée à tort... Obligée de fuir, Rakel doit absolument découvrir l'antidote au poison qui a plongé le prince dans le coma. Ainsi, seulement, elle pourra laver son nom. Pour cela, elle devra s'allier avec Ash, le soldat envoyé sur ses traces. Ensemble, ils découvriront d'anciens secrets enfouis aux confins de l'empire – et au plus profond d'eux-mêmes. Mais parviendront-ils à déjouer la machination qui menace la paix fragile d'Aramtesh ?

J'ai beaucoup aimé traduire "Shadowscent: Le parfum de l'ombre", premier tome d'une trilogie de fantasy située dans un univers assez original. Et comme je suis partageuse, je vous propose d'en gagner un de mes exemplaires fraîchement reçus. Pour cela, laissez-moi un commentaire en me disant quel parfum vous portez - ou si, au contraire, vous n'en mettez jamais! Participation limitée à l'Europe. Clôture vendredi 24 à minuit et annonce du résultat dans le courant du week-end. Bonne chance à tou(te)s!

dimanche 19 janvier 2020

La semaine en bref #106




Lundi:
J'appelle l'URSSAF Limousin dès l'ouverture, à 9h pile. La première fois, je fais un mauvais choix sur le menu numérique et le bouzin me raccroche au nez après m'avoir renvoyée vers leur site internet. La seconde fois, je tombe sur une dame très aimable qui effectue mon changement de nom tout de suite et me fournit l'adresse mail à laquelle écrire pour moduler à zéro les acomptes qui me sont réclamés. Vu je suis parano (et Dieu sait que les circonstances le justifient...), je vais quand même doubler ma démarche d'un courrier recommandé.
 Comme les petits commerçants de Monpatelin sont fermés le lundi, je traîne mon caddie rose jusqu'au supermarché le plus proche. L'avantage, c'est qu'il y a dix fois plus de choix qu'à la supérette de l'église. L'inconvénient, c'est qu'il y a aussi dix fois plus de saloperies industrielles et d'aliments interdits pour moi, ce qui met ma volonté à rude épreuve. (Mais OK, ces quatre mousses au chocolat ne contiennent ni fromage ni charcuterie.)
 Miracle: j'ai reçu un très gros virement, non seulement sans avoir à le réclamer, mais quinze jours plus tôt que je ne l'attendais dans le meilleur des cas. Deux miracles du Nouvel An dans la même journée, c'est limite chelou, non?

vendredi 17 janvier 2020

[THE] Cassis-groseille d'Instants Botaniques




Lors de mon dernier passage au Renard Doré, fin novembre, je me suis laissée tenter par un des thés bios de la marque Instants Botaniques. La plupart des mélanges de leur assortiment contenaient au moins un ingrédient que je n'aime pas (oui, rose et cannelle, c'est vous que je regarde); en revanche, je suis une très grand fan de noir au cassis et je n'en avais plus depuis des mois.

jeudi 16 janvier 2020

Pour en finir avec la culpabilité écologique




A cause des grèves actuelles (que je soutiens de tout mon coeur, l'ai-je déjà dit?), j'ai été amenée à prendre deux fois l'avion entre Toulon et Bruxelles en moins d'un mois. Et j'ai été abasourdie de constater que non seulement les trajets me revenaient bien moins cher ainsi, mais qu'ils me laissaient la liberté d'organiser mes déplacements à la dernière minute plutôt que 3 à 6 mois à l'avance. Alors que le réchauffement climatique accélère de façon visible et que tous les scientifiques revoient leurs prévisions à la hausse d'une manière très très flippante, comment est-il possible que les voyageurs soient de facto encouragés à privilégier les moyens de transport les plus polluants? 

lundi 13 janvier 2020

Les conversations absurdes #83


MOI: Si je passe la commande maintenant alors que je ne suis pas à Bruxelles, tu te chargeras de la réception? 
CHOUCHOU: Non, je laisserai les livreurs devant la porte et je ferai des petits avions avec les avis de passage. 
MOI: Tu vis avec moi depuis beaucoup trop longtemps; mon sarcasme commence à faire vases communicants...

dimanche 12 janvier 2020

La semaine en bref #105




Lundi:
★ La première migraine de l'année ne se sera pas fait attendre. Je mobilise toute mon énergie pour bosser comme prévu - et après ça, j'avoue qu'il ne m'en reste ni pour aller marcher, ni même pour faire ma séance de yoga.
★ Histoire de contrebalancer, je reçois une bonne nouvelle de boulot: l'essai envoyé vendredi dernier est "très concluant"; je récupère donc une trad jeunesse courte et sympa qui vient s'insérer dans mon premier trimestre désormais bourré à craquer.
★ De joie, je commande un grand tapis bleu clair pour notre salon. Il a juste les bonnes dimensions, l'air bien moelleux, et il est soldé à -70%. Ce serait bête de ne pas en profiter.
★ Si comme moi, vous flippez à mort devant l'actualité internationale du moment, conseil d'amie: n'essayez surtout pas de regarder "Years and years". Le premier épisode n'est pas encore fini que me voilà recroquevillée en PLS autour d'une plaquette de Xanax.

Mardi:
★ Sans surprise, j'ai passé une mauvaise nuit. Mais Chouchou, lui, va passer une mauvaise journée, car il se fait un tour de reins en allant à la salle de bain.
★ Histoire de sortir un peu de la maison, je vais relire une des deux trads que je dois rendre avant la fin du mois au Léopold Café Presse le plus proche. C'est drôle: tous les gens qui papotent par deux sont dans la salle de devant, alors que dans la salle du fond, nous sommes trois nanas seules, chacune en train de bosser sur son Mac avec un air hyper concentré. Encore plus drôle: nos mecs respectifs nous rejoignent à quelques minutes d'écart.

Mercredi:
★ En allant à la Poste pour expédier un colis Momox, je remarque les sapins alignés devant les maisons de la rue derrière chez nous, et je me dis: "Zut, ça aurait fait un bon plan pour ma seconde vidéo du jour". Je me décide à redescendre en fin d'après-midi, après avoir terminé mon quota de pages: le camion du ramassage est passé entre-temps. Damned. Il va me falloir un peu de temps pour intégrer ce nouveau rituel à mon quotidien et développer les réflexes qui vont avec. 
★ "Bonjour Armalite, et meilleurs voeux pour 2020! Merci pour la relecture d'épreuves que tu as effectuée pendant les fêtes; tu trouveras ci-joint des corrections à valider pour lundi." Je, je.
★ Patreon refusant de me laisser accéder à mon ancien compte inactif depuis deux ou trois ans, je me décide à en créer un autre pour soutenir la charmante Rebecca de A clothes horse, une des Instagrameuses qui m'inspire le plus. Elle me donnerait presque des envies de nature...

Jeudi:
★ J'ai du boulot par-dessus la tête, mais je me lève tard et après m'être colletée avec les sites de la SNCF et de TUI pour tenter de planifier mes prochaines allées et venues entre Toulon et Bruxelles, je suis totalement vidée.  Du coup, je ne fous rien le matin et je dois mettre les bouchées doubles l'après-midi. Pas bravo.

Vendredi:
★ Après des semaines d'empêchements divers et variés, j'arrive enfin à me traîner jusque Chez ta mère pour le banh mi du vendredi midi. Aujourd'hui, ils n'ont que des penne aux champignons. Le frigo est vide, et je n'ai pas le temps de déjeuner dans un "vrai" resto. Je rebrousse chemin dépitée. Finalement, Chouchou rapporte des plats du Iyagi, un Coréen qu'on voulait tester depuis plusieurs mois. 
★ Pour la... 37ème fois à vue de nez, je transpire à grosses gouttes afin de remettre d'aplomb une timeline de thriller complètement foireuse, et je m'interroge: bordel, mais que foutent les éditeurs américains? Je ne parle même pas des autres incohérences du texte, aussi nombreuses que souvent flagrantes. Je pense néanmoins avoir fait du bon boulot, et j'envoie ma traduction finie à l'éditrice avec autant de satisfaction que de soulagement. 

Samedi:
★ C'est officiel: j'ai réussi à tuer une piléa. Oui, la plante qui pousse si facilement et si vite qu'on s'étonne qu'elle n'ait pas encore colonisé la lune. Il m'aura fallu presque deux ans, mais le résultat est bien là. Au fond du salon, la nouvelle monstera tremble en contemplant son avenir.
★ J'ai tellement l'habitude des meubles Ikea que je ne m'attendais pas à recevoir une table basse en kit sans trous pour les vis. Une fois de plus, c'est la seconde épouse de Chouchou qui va nous dépanner en nous prêtant sa perceuse.
★ Au Comptoir Rodin, le propriétaire nous reconnaît et nous informe qu'il a tellement aimé les photos prises par Chouchou qu'il les joint désormais à toutes ses communications officielles - par exemple, l'article sur les meilleurs brunchs de Bruxelles qui sortira bientôt dans Femme Actuelle. Crédit photo? C'est quoi ça?
★ Nous sommes très contentes de papoter avec nos amies G et D pendant que leur adorable petit garçon explore la salle, examine les couverts et tente d'escalader les sièges sans embêter personne. Si contentes que lorsque nous rentrons à la maison, il est... 16h30, quand même.
★ Non seulement l'amie suisse qui porte le même prénom que moi a déjà reçu le tablier brodé, mais elle a tenu sa promesse de se photographier nue avec. Oboï. Je ne pensais pas que ce cadeau pourri me procurerait tant d'authentique joie. 

Dimanche:
★ Une navette Bruxelles-Charleroi + un vol Charleroi-Hyères réservé il y a une semaine + un taxi Hyères-Monpatelin m'auront coûté 80€, soit le même prix qu'un billet de train Bruxelles-Toulon pris des mois à l'avance. J'ai gagné sur le temps de trajet, et au lieu de m'émerveiller en voyant la mer apparaître sur la droite à Cassis, je me suis émerveillée en voyant les marais salants et la côte se découper en contrebas à l'atterrissage. L'un dans l'autre, pas une mauvaise opération.
★ Non seulement l'URSSAF m'a envoyé un appel de cotisations comme si j'étais encore en BNC alors que je ne le suis plus depuis 3 ans, mais elle l'a envoyé au nom de... mon ex-mari, dont je suis divorcée depuis 22 ans (et dont je n'avais de toute façon jamais pris le nom). Je ne sais même pas par quel miracle ce courrier a atterri dans ma boîte à lettres. Mon facteur doit être devin.
★ En échange du tablier brodé, mon amie suisse m'a envoyé douze plaques de chocolat protégées par une couche anti-incontinence. Propre, a-t-elle néanmoins eu la bonté de préciser dans le petit mot d'accompagnement. J'attends avec impatience Noël 2020 pour échanger mon prochain cadeau pourri contre une meule d'Etivaz que je n'aurai pas le droit de manger.

vendredi 10 janvier 2020

Les conversations absurdes #82


MOI: Tu pètes vraiment beaucoup depuis ce matin.
CHOUCHOU: Je crois que ce sont les oignons rouges d'hier soir. 
MOI: Ah bon? Parce que moi, ils me filent des brûlures d'estomac, et je kiffe pas trop de me réveiller avec leur arrière-goût dans la bouche. On les supprime de nos recettes? 
CHOUCHOU: Si tu veux. 
MOI, solennelle: Oignons rouges, les aventuriers de la tribu ont décidé de vous éliminer, et leur sentence est irrévocable.

jeudi 9 janvier 2020

"Imaqa: Une aventure au Groenland" (Flemming Jensen)


Dans les années 1970, Martin Willumsen, un instituteur danois de 38 ans qui s'ennuie dans la vie, réclame sa mutation au Groenland - non pas dans un comptoir qui se rapprocherait des grandes villes qu'il connaît, mais dans un hameau de quelques centaines d'habitants. Le fonctionnaire du ministère en charge de son dossier le prévient: Martin ne doit surtout pas apprendre un mot de la langue locale. Il va là-bas pour imposer le danois et le mode de vie moderne de son peuple. 

Mais une fois à Nunaqarfik, Martin oublie tous les conseils reçus. Il est fasciné par la joie inouïe dont les Groenlandais font preuve dans les circonstances les plus terribles, le fatalisme qui leur fait accepter les épreuves comme elles viennent, les traditions de chasse, de pêche et d'élevage de chiens de traîneau qui leur permettent depuis toujours de survivre dans des conditions extrêmes. 

Petit à petit, il découvre aussi le revers de la médaille, la raison pour laquelle les Danois considèrent les Groenlandais comme des sauvages qu'ils ont le devoir de sauver d'eux-mêmes. Que peut faire un étranger contre l'alcoolisme omniprésent au village et les violences domestiques qu'il entraîne? Doit-il seulement faire quelque chose? Malgré toute sa bienveillance et sa bonne volonté, Martin ne trouve aucune réponse à ces questions...

mercredi 8 janvier 2020

Les conversations absurdes #81


Chouchou possède le super pouvoir pourri "Dispersion de nourriture". Régulièrement, je retrouve des miettes dans sa poche, un petit pois derrière son oreille, un bout de jambon collé sur son omoplate... Mais cette semaine, nous avons atteint un nouveau level.

Echange de messages privés:

MOI: Il y avait ceci sous ta chaise.
La zone de contamination s'étend.
CHOUCHOU: J'en suis fort marri.
MOI: Je suis assez intriguée par la présence d'un morceau de courgette parfaitement cuit mais n'ayant de toute évidence jamais touché la passata. Qui, que, comment?
CHOUCHOU: Il y a peut-être un portail dimensionnel entre la poêle et le dessous de ma chaise?
MOI: L'espace-temps a fini par warper dans l'appartement. Je suppose que ça devait arriver un jour. 
CHOUCHOU: Il y a un objet gravitationnel très dense quelque part qui plie l'espace et crée un wormhole.
MOI: ...LE CHAT EN CERAMIQUE!
CHOUCHOU: C'est lui! Jetons-le vite avant qu'il n'ouvre un trou noir qui avalera tout l'univers depuis Ixelles.
MOI: Nous n'avons plus le choix. Si ta mère se vexe, nous lui dirons qu'il en allait de la survie de l'univers.

mardi 7 janvier 2020

Mon projet 365




Si vous avez lu ma liste d'intentions pour 2020, vous vous êtes peut-être demandé en quoi consistait le fameux projet 365 que j'y évoquais. 

La première fois que j'ai entendu parler de self-compassion (il y a quelques années, alors que je lisais tout ce que des scientifiques sérieux avaient pu écrire sur le sujet du bonheur), j'avoue avoir ricané intérieurement. Encore un prétexte pour se montrer complaisant avec ses propres défauts et ne surtout rien y changer! J'ai toujours été une grande adepte de la responsabilité personnelle, ce qui à mes yeux implique d'être lucide sur ses propres failles et de travailler en priorité à les combler. Mais je présente aussi un manque d'empathie assez sévère doublé d'un manichéisme rampant. Et il y a quelques mois, j'ai fini par admettre que si je pouvais effectivement oeuvrer à améliorer mon attitude, il existait néanmoins - chez moi comme chez autrui - un câblage de base qu'il était impossible de changer.

lundi 6 janvier 2020

"The map of us" (Jules Preston)


C'est l'histoire de Tilly,  analyste de données en plein divorce qui crée un dossier à base de graphiques et d'index pour comprendre comment elle en est arrivée là.
C'est l'histoire de Violet aux jambes détruites par la polio, qu'une famille maltraitante a abandonnée dans une grande maison dont elle parvient à s'évader grâce à l'écriture. 
C'est l'histoire d'Abby qui ne peut pas avoir de frange parce que les cheveux ras, c'est plus pratique pour sa maman. 
C'est l'histoire de John, autorité mondiale sur la couleur bleue que tout le monde prend toujours pour un skater. 
C'est l'histoire de Katherine qui achète des centaines de sacs à main parfaits sans réussir à combler le vide de son existence.
C'est l'histoire d'un sculpteur de sable abonné aux deuxièmes places parce que c'est toujours un dauphin qui remporte la première.
C'est l'histoire d'Owen qui n'a pas de nom de famille mais qui parle aux jardins. 
C'est l'histoire de Daniel, businessman aux sept costumes gris-chemises blanches-paires de chaussures Oxford identiques, qui ne sait rien faire d'autre que travailler. 
C'est l'histoire de Rose qui envoie des lettres à sa fille trop souvent absente pour la tenir au courant de l'espérance de vie de sa 76ème machine à laver. 
C'est l'histoire de Matt qui tient beaucoup trop à ce vieux canapé rose défoncé dont il n'a jamais payé sa moitié. 
C'est l'histoire d'un chien appelé Le Chien, qui aime se faire transporter en brouette comme un roi. 
C'est l'histoire d'Arthur, aventurier peu coopératif qui refuse parfois de bouger de son rocher pendant des jours. 
C'est l'histoire de Sidney, l'homme qui n'enlevait jamais ses gants parce que...