samedi 26 octobre 2019

[VIENNE] Une terrasse végane en automne, des citrouilles chez Sissi et un double survol de la ville




Ce matin en me connectant à internet, je remarque que Google affiche un splendide drapeau autrichien et je me dis: "Tiens, c'est rigolo, on pourrait croire que c'est la fête nationale". Lorsque nous débarquons au marché de Naschmarkt vers 11h et trouvons tous les étals fermés, force m'est d'admettre que, en effet, c'est bien la fête nationale. Du coup, mon programme de la journée n'est absolument pas réalisable, et je dois basculer en catastrophe sur celui de demain. Alors que je ne porte pas la bonne robe pour ça, scrogneugneu. Heureusement, les végans ne sont pas des feignasses, et le chouette petit resto que j'avais repéré à proximité du château de Schonbrunn est ouvert pour nous servir un brunch non-dominical. En plus, la brume qui recouvrait les berges du Danube à notre réveil s'est dissipée, et un beau soleil nous permet de nous attabler sur la ravissante terrasse aux couleurs automnales. Chouchou commande un petit-déjeuner viennois et moi un assortiment baked beans, oeuf frit, saucisse végane et tofu fumé. Nous nous régalons dans un calme aussi délicieux que le contenu de nos assiettes, et partons à regret lorsque la table voisine de la nôtre est prise d'assaut par quatre mâles blancs bruyants.





A l'entrée de Schonbrunn, on annonce deux heures d'attente pour visiter le palais. Nous nous en foutons: nous sommes venus pour les jardins, qui sont en accès libre pour les trois quarts. C'est tout juste si nous déboursons quelques euros pour la visite de la (très belle) palmeraie, dont la déco colorée m'enchante. Nous sommes déjà en train de mitrailler les natures mortes depuis dix minutes quand Chouchou s'écrie: Ah, mais c'est pour Halloween!". Je le dévisage, ahurie: "Ben oui, tu pensais que c'était quoi d'autre?". "Euh... la saison de la citrouille?". Jamais un jour d'ennui avec mon moyen Belge chauve.












Nous profitons que les larges allées extérieures sont très peu fréquentées pour faire plein d'autres photos. J'avais l'intention de visiter le labyrinthe de verdure, mais renonce en voyant que ça a essentiellement l'air d'une attraction pour les enfants (que j'entends brailler à gorge déployée depuis l'entrée). Au lieu de ça, nous montons vers la Gloriette de notre pas lent et laborieux de quasi-quinquas sédentaires. Arrivés en haut, nous nous posons dans l'herbe face au palais en contrebas histoire de récupérer un peu. Il y a largement de quoi s'occuper toute une journée à Schonbrunn, mais nos cartes-mémoire sont déjà fort pleines et nos jambes fort lasses. Et je ne peux me résoudre à retourner voir le zoo qui, dans mon souvenir, n'a d'autre mérite que d'être le plus ancien d'Europe. Nous redescendons donc vers le métro sans passer par la case boutique de souvenirs ni emporter de canard en caoutchouc déguisé en Sissi.






Second et dernier arrêt de la journée dans un autre lieu hautement emblématique de Vienne: le parc d'attractions du Prater. Nous filons droit vers la célèbre grande roue (immortalisée dans le film "Before sunrise"). Nous gagnons bien vingt minutes d'attente aux guichets en achetant nos tickets sur internet. L'arnaque, c'est qu'une fois passé portillon, nous n'embarquons pas immédiatement: nous faisons la queue à l'intérieur d'une rotonde pendant... trois bons quarts d'heure. Et lorsqu'enfin nous émergeons à l'air libre et que je prends mon souffle pour entonner un "Alléluiah" bien senti, je me rends compte qu'il faut encore remonter une longue file en Z le long de la plateforme. Je vitupère contre les gérants qui ne daignent pas mettre un panneau "A partir d'ici, X minutes d'attente" comme  à Disneyland, parce que si j'avais su qu'il faudrait piétiner pendant si longtemps, j'aurais renoncé d'entrée de jeu. Bref. Lorsque nous montons enfin dans une cabine, nous avons le plaisir de constater qu'elle ne contient qu'une vingtaine de personnes, ce qui permet à tout le monde de bien profiter du panorama pendant l'unique tour d'une durée d'environ 20 minutes. Détail rigolo: la cabine qui suit la nôtre a été privatisée pour un dîner en amoureux avec seau à glaçons, nappe blanche et rose rouge dans un soliflore. Les yeux de Chouchou brillent; je sens qu'il s'est trouvé un nouvel objectif dans la vie.








A la descente de la grande roue, nous allons boire un coup dans le café attenant. Un type goguenard, qui a dû faire ses classes dans une brasserie parisienne et postule sans doute au titre de Serveur Le Plus Désagréable du Monde 2019, m'apporte une tisane aux herbes de montagne à la place du thé vert que j'ai demandé. Quand je réclame qu'il me la change, je vois sur son visage qu'il pense très fort: "Connasse de touriste". Ca m'agace d'autant plus que depuis notre arrivée, nous n'avons eu affaire qu'à des gens absolument charmants. On va dire que c'est l'exception proverbiale. Lorsque nous ressortons, la nuit est tombée et les manèges brillent de mille feux. Nous nous dirigeons vers les chaises volantes dont le pilier culmine à 117 mètres de hauteur. Chouchou étant sujet au vertige, je lui dis qu'il n'est pas obligé de m'accompagner, mais comme quand il avait fait un saut en parachute avec moi, il préfère passer outre son angoisse de la chute pour vivre une expérience intéressante parce que, je cite, "il refuse d'être esclave de son système nerveux". Ici, zéro attente pour acheter les jetons et accéder à l'attraction. Nous déposons nos sacs sur une étagère au pied du pilier central et prenons rapidement place dans le dernier tandem de chaises. Et puis nous montons - haut, trèèès haut. Et même si nous avons un peu froid, nous poussons des cris de joie en volant au-dessus de la ville plongée dans le noir mais piquetée de lumières.





Après avoir regagné le plancher des vaches, nous ne résistons exceptionnellement pas à l'envie d'acheter la photo de nous prise durant le tour (même si elle ne nous montre pas sous notre jour le plus avantageux!). Nous nous laissons encore tenter par un tour dans Skull Rock, un château hanté à thème pirates dans lequel Chouchou, bon public, sursaute chaque fois qu'un squelette armé d'un sabre jaillit d'un mur pour se jeter sur nous tandis que je hurle d'un rire ravi. Pour finir, après avoir vainement cherché quelque chose qui ressemblerait à des croustillons des beignets, nous nous laissons tenter par un käsekrainer landos, saucisse crapuleuse enveloppée d'un tortillon de pâte frite et hautement parfumée à l'ail. C'est chaud, c'est gras, c'est salé, ça croustille et chaque bouchée nous chuchote: "AVC... AVC... AVC...". Du coup, une fois rentrés à l'appartement, nous dînons modestement d'une soupe thaï et d'un oeuf à la coque. 

4 commentaires:

Anneso a dit…

C'est marrant, j'ai déjeuné à Florence, piazza Santa Maria Novella ce soir à côté de 2 mâles arabes et 1 mâle noir très bruyants.

Karine a dit…

Aaaah tu m'en as rappelé des souvenirs avec la mention au film "Before sunrise" que j'avais regardé trois fois avec mes copines il ya bien 10 ans... hyper jalouses que cela ne nous arrive pas ! J'avais même tenté de reproduire le scénario avec un vancouverien de passage à Genève - qui, n'ayant pas vu le film - avait bien cassé le truc en lançant des conversations nulles et en refusant de passer la nuit dehors à marcher... hahahahah. Maintenant il faut que je le regarde à nouveau!

Giselda a dit…

Moi aussi, j'ai dîné à Dubai ce soir à côté de 2 mâles européens et 1 mâle blond très bruyants.

Chauncey a dit…

Commentaire un peu hors sujet mais : la photographie de toi marchant au milieu des arbres est vraiment super jolie, l'effet du soleil sur tes cheveux est totalement wahou !