lundi 28 octobre 2019

[VIENNE] Une malédiction d'invisibilité, des chauve-souris comme s'il en pleuvait et un salon de thé very british




L'automne est arrivé dans la nuit; le soleil s'est fait la malle et la température a chuté de dix degrés. Nous abandonnons donc nos blousons légers pour remettre les manteaux avec lesquels nous sommes arrivés de Bruxelles. Par chance, malgré un ciel qui restera très couvert toute la journée, nous ne recevrons pas une seule goutte de pluie. 




Après avoir racheté une carte de transports en commun illimités pendant 72h, nous filons bruncher chez Oben, au dernier étage de la bibliothèque municipale de Vienne (à ne pas confondre avec la splendeur visitée hier, où nul ne peut emprunter le moindre ouvrage). Pas de chance: le serveur ne retrouve aucune trace de ma réservation. Il m'explique que l'app que j'ai utilisée ne fonctionne pas et se répand en excuses. Du coup, j'imagine qu'il n'a plus une seule table de libre. Mais si. Deuxième hic, avec tout ce patakès, il est désormais 11h32, et le brunch n'était servi que jusqu'à 11h30. Le serveur se répand derechef en excuses. Nous piochons dans la carte des burgers: pour Chouchou, un cheeseburger classique, pour moi, un Kim-Jong Shroom végétarien avec Portobello, kimchi de betterave, pousses d'épinards, mayonnaise au miso et coriandre fraîche. 40 mn plus tard, nous attendons toujours notre commande. A court d'excuses, le serveur nous apporte une part de carrot cake offerte par la maison et promet que nos burgers seront là dans 5 minutes. Ce fut laborieux, mais nous nous régalons tous les deux. 





Arrêt suivant: une boutique de comics et de toys près de la gare de l'Ouest. Nous longeons une toute petite partie de Mariahilfer Strasse, grande avenue de shopping où j'avais fait un carnage il y a quinze ans et qui ne m'intéresse désormais plus du tout. Runch est une petite caverne d'Ali Baba où les goodies s'entassent si haut et si densément qu'on se croirait presque à Nakano Broadway. J'hésite devant une combinaison en peluche intégrale Totoro et fais l'andouille face à un miroir Cthulhu tandis que Chouchou s'extasie sur les figurines des Muppets. Je finis par acheter un mini-Funko Pop Picsou pour le faire poser sur des photos, et ce n'est qu'en le déballant dans la rue que je me rends compte que c'est un porte-clés. Oui, c'était marqué sur la boîte, mais ma vue n'est plus ce qu'elle était. 






La grosse attraction du jour, ce sera la Haus des Meeres, un zoo terre-mer installé dans une ancienne tour de DCA haute de dix étages. Nous faisons une assez longue queue pour acheter nos billets d'entrée (l'option internet aurait exigé de disposer d'une imprimante...) et devons débourser près de 19€ par personne. Mais une fois à l'intérieur, je ne le regrette pas une seconde. Même les hordes de gamins hurlants et de parents qui me cognent dans les mollets avec leur putain de poussette* ne parviennent pas à entamer mon émerveillement face aux méduses boulet de canon devant lesquelles je reste en admiration plusieurs minutes, ou le poulpe solitaire que tout le monde se bouscule pour photographier. Quand nous pénétrons dans le Kroki Park, un milieu naturel reconstituée sur trois étages où des singes, des chauves-souris, des oiseaux et des tortues se promènent en liberté parmi les visiteurs, je ne me tiens plus de joie. Le nez en l'air, je manque me donner un torticolis à suivre le vol des roussettes pas du tout farouches qui frôlent le bonnet de Chouchou et mes cheveux. Je pousse des couinements ravis chaque fois qu'un petit gibbon (je crois) s'arrête sur la rambarde à vingt centimètres de mon bras. S'il ne faisait pas si chaud avec nos manteaux et nos pulls, je serais fichue d'y passer le reste de la journée. 









Les étages supérieurs, vers lesquels nous continuons à grimper à pied, abritent de moins en moins de choses. Je remarque tout de même quelques araignées magnifiques qui feraient hurler bien des gens de ma connaissance. Au fond d'un grand aquarium, dans la trouée entre deux récifs, on aperçoit l'avenue à travers la paroi vitrée de la tour. C'est assez surréaliste de voir des requins passer tranquillement devant des rangées d'immeubles néo-classiques... La beauté d'une énorme tortue de mer me coupe le souffle. Elle s'appelle Puppi; elle est ici depuis 40 ans, et je ne sais pas si je dois m'en attrister ou me dire qu'au moins, elle n'a pas fini étouffée par du plastique dans l'océan où elle aurait dû vivre libre. Nous montons jusqu'en haut du bâtiment, où se trouve une plateforme d'observation actuellement en travaux. La moitié de terrasse à laquelle nous pouvons accéder nous offre une vue magnifique sur les toits de la ville. Redescente en ascenseur et achat à la boutique d'un petite poulpe en peluche aussitôt baptisé Albrecht. 




Nous allons finir la journée dans un salon de thé non loin de là. Il est planqué dans une adorable ruelle couverte où se côtoient des commerces hétéroclites: plusieurs boutiques véganes et/ou healthy, un artisan maroquinier dont la vitrine me fait baver, un vendeur de beaux souliers rétro, un magasin de brols ésotériques dont s'échappe une atroce odeur de patchouli... Le Sir Harly's a l'atmosphère cosy d'une tea room anglaise, et sert d'ailleurs des scones pas mauvais du tout avec une clotted cream et une confiture rouge à se damner. Assis dans un coin entre une horloge de grand-père et une fenêtre, nous goûtons une pause hors du temps au son d'une douce musique d'ambiance. Nous partons à regret dix minutes avant la fermeture. J'ignore si c'est une adresse très connue à Vienne, mais elle mériterait de l'être!







*oui, je connais le strip de Boulet sur le sujet

2 commentaires:

Laurence a dit…

Elle n'a pas l'air contente, la dame en orange sur la deuxième photo! Merci pour les beaux récits de voyage, on profite par procuration...

FraiseDesBois a dit…

Dis moi que tu as pris la combi en pilou totoro <3