jeudi 15 août 2019

Evolution de la flamboyance


Galway, octobre 2017

Physiquement, s'il y a une chose que j'aime chez moi, ce sont mes cheveux. Epais, ondulés et faciles à vivre, ils sont l'un des rares attributs qui m'a toujours valu des compliments. Et je me suis pas mal amusée avec tout au long de ma vie. A 15 ans, la coupe de Catherine Ringer me valait le surnom de Rita pendant toute mon année de terminale. A 18 ans, une teinture noir bleuté me donnait l'air de Cléopâtre quand j'étais maquillée, et d'une morte-vivante dans le cas contraire. A 20 ans, la première et dernière permanente de ma vie me transformait en caniche (et ne me permettait bizarrement pas de reconquérir mon ex). A 26, un carré rouge et violet accompagnait mon divorce et mon installation aux USA. A 34, un blond malencontreux gâchait les photos de mon premier voyage au Japon. A 41, un splendide ombré hair rose puis violet me coûtait les yeux de la tête juste après la mort de mon père.

J'ai testé beaucoup de styles et surtout de couleurs, mais par défaut, je revenais toujours au roux foncé avec lequel je me sentais le plus "moi", et au dégradé long avec frange qui seyait le mieux à la forme de mon visage. Il y a bientôt deux ans, j'en ai eu assez de passer ma vie à les démêler, à les attacher et à attendre une demi-journée qu'ils sèchent en hiver. (Je suis beaucoup trop feignasse pour manier le sèche-cheveux au-delà des deux minutes nécessaires pour lisser ma frange après le shampoing.) Je les ai fait couper en carré plongeant facile à entretenir, et je me suis sentie libérée. Mais je trouvais que ça m'allait quand même moins bien, alors au bout d'un moment, j'ai décidé de les faire repousser au moins jusqu'aux épaules. Et une fois qu'ils sont arrivés à cette longueur, j'ai filé chez le coiffeur pour qu'il me les coupe de nouveau. 

Parce que les cheveux longs, ça faisait partie de mon look de jeune femme, et que je ne suis plus une jeune femme. Visuellement, mon visage de quasi-quinqua sous la coupe que j'avais déjà à 12 ans me donne l'impression d'être une vieille petite fille, incapable de renoncer à sa jeunesse et aux vanités qui vont avec. Mon style vestimentaire a évolué au fil du temps pour tenir compte des kilos qui s'accumulent et d'un besoin de confort qui a peu à peu supplanté mon désir de sexytude. Mes cheveux longs, c'était la dernière poche de résistance. Quand je les ai coupés il y a deux ans, j'étais quasi certaine que je finirais par les laisser repousser une fois l'effet de nouveauté passé. Maintenant, je pense que ça n'arrivera plus. Et depuis que j'ai lu le très chouette livre de Sophie Fontanel, j'attends avec impatience d'en avoir assez de blancs pour arrêter de les teindre et arborer un superbe nuage aux reflets argentés. Ce sera ma manière de m'approprier un âge difficile chez la femme, mais dont je compte bien profiter au maximum. Moi qui ai toujours beaucoup de mal à accepter le changement, j'ai l'intention d'accompagner celui-ci de mon mieux. Autre période de la vie, autre manière de flamboyer.


Bruxelles, février 2019

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