samedi 27 juillet 2019

[TALLINN] Où mon obstination finit par payer




Je me réveille sur le canapé (au demeurant très confortable) où j'ai fini la nuit pour échapper aux ronflements de Chouchou, contre lesquels même mes bouchons d'oreille sont devenus insuffisants. Après un petit-déjeuner de thé vert et de tartines grillées à la confiture de fraise, nous partons à pied vers le nord de la Vieille Ville. Il fait plus chaud que les jours précédents et malheureusement, notre parcours d'aujourd'hui est assez pauvre en ombres... En traversant la gare ferroviaire, nous croisons des personnes âgées qui vendent des chaussettes en laine et autre bricoles sur des nappes posées à même le sol au bord des rails. Cette curieuse ambiance de marché aux puces clairsemé et un peu miteux nous accompagne sur toute la première partie de notre promenade à travers un quartier industriel délabré, où le soleil cogne très fort et où les voitures comme les passants sont quasi inexistants, mais où fleurissent les street arts plus ou moins réussis. A un moment, nous passons près d'un snack en préfabriqué désert, dont les haut-parleurs claironnent un morceau de country qui recouvre le peu d'autres sons alentour...  Nous finissons par atteindre la civilisation le Telleskivi Creative City, une usine reconvertie où se massent des pop-up stores de marques plutôt obscures, et où des cafés-restos healthy qui se ressemblent tous côtoient un musée de la photographie suédois assez réputé. Ici aussi, nous faisons une belle moisson de street art, mais l'insolation menace et nous ne nous attardons guère. 












Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous posons pour déjeuner au Boheem, où nous faisons un repas simple mais bon et copieux, arrosé de jus de fruit (cranberry pour Chouchou, grenade pour moi) coupé à l'eau pétillante et additionné de menthe fraîche. Puis nous nous engageons dans les rues de Kalamaja, un ancien village de pêcheurs devenu quartier résidentiel, pour y photographier les maisons en bois plus ou moins colorées et plus ou moins bien entretenues. Ici non plus, il n'y a pas un chat, ce qui donne une atmosphère  assez spéciale. De toute notre balade, nous ne croiserons pas plus d'une demi-douzaine d'autres être humains. Mais où sont donc passés tous les gens? Nous poussons jusqu'au Seaplane Harbour Lennusadam, un musée réputé situé au bord du port industriel. Je pense que Chouchou aimerait la visite, mais moi, ça ne me dit rien du tout - et puis l'essentiel se passe en extérieur et nous n'avons pas envie de traîner par cette chaleur. Pendant qu'il photographie les bateaux à quai, je vais m'asseoir sur une simili-jetée face à la mer Baltique. L'eau n'est pas très propre dans le coin, et je résiste facilement à l'envie de me tremper les pieds. Nous rebroussons chemin à travers d'autres rues bordées de maisons en bois. 










Nous repassons à l'appartement pour nous mettre à l'abri du soleil entre 14h30 et 16h30. Nous en profitons pour faire une lessive et commencer à traiter nos nombreuses photos du matin. Pour la fin d'après-midi, mon plan était de retenter le Parrot Mini-Bar et d'enchaîner sur un dîner au Tai Boh, le restaurant "frère" du Manna la Roosa que nous avons tant aimé avant-hier. Mais il est déjà complet. Alors, je réserve pour demain, et je me dis qu'on va retenter notre chance au resto vegan d'hier. Lui aussi est déjà complet à partir de 18h30. Nous nous y rendons donc à 17h00 - je n'aurai jamais mangé aussi tôt de ma vie. Je veux absolument une des trois tables de la terrasse, ce qui nous oblige à attendre que l'une d'elles se libère. Mais une fois que nous sommes servis, je ne peux que me féliciter de mon obstination. Tout est fin, recherché et absolument délicieux. Je suis certaine qu'une cuisine pareille pourrait convaincre bien des carnistes qu'il est possible de se régaler sans manger de viande... Mention spéciale à la crème de noix de cajou, au samossa de chanterelles et de tomates séchées, ainsi qu'au cupcake citron-pavot, moelleux comme un rêve, délicatement parfumé et surmonté d'une divine chantilly d'avoine. Je comprends que ce resto soit toujours plein. Et quel bonheur de dîner à la fraîche sur sa petite terrasse, dans une jolie rue pavée où il ne doit pas passer plus de trois voitures par jour!







Pour digérer, nous remontons Pikk Jalg afin d'aller voir le bastion oublié dans notre tour de colline d'avant-hier. Nous arrivons malheureusement après sa fermeture. Mais l'esplanade de la gloriette voisine me fait de l'oeil, avec ses bancs ombragés et sa vue sur la Vieille Ville en contrebas. Nous nous installons sur un banc où je bouquine pendant une bonne heure. C'est un moment paisible et très agréable jusqu'à ce que Chouchou s'exclame: "Oh, regarde!" et me désigne un gros rat qui traverse la place pour disparaître dans les buissons juste derrière nous. Je hurle: "Mais t'es ignoble, pourquoi tu me le montres?". "Euh, je, j'ai cru que c'était un écureuil", bafouille Chouchou. Inutile de dire que ça refroidit pas mal l'ambiance. Sur le chemin du retour, histoire de me consoler, je fais l'emplette du joli phare en céramique repéré dès notre arrivée mercredi. Un jour, j'irai dormir dans un vrai, sans rats et sans ronflements!



2 commentaires:

Pause a dit…

Ce restaurant a l'air dingue, je ne sais pas si j'aurais l'occasion d'y aller mais dans le doute, je le note !!

Karine a dit…

Mais c'est trop mignon les petits ratons, voyons ! ;)