samedi 30 mars 2019

[PORTO] Où il y a un dieu pour les martyrs de l'art contemporain




Entre les mecs bourrés qui ont hurlé dans la rue jusqu'à 2h du matin et les soucis de boulot que j'ai sans douté ruminés jusque dans mon sommeil, je me lève pas reposée du tout et d'assez mauvais poil. Du coup, je décide de sortir l'artillerie lourde: direction les plages de Foz où nous avions passé un 31 décembre idéal fin 2014. Je remercie bien fort le DAB qui alors que j'avais besoin de monnaie pour prendre le tram 1 n'a daigné me filer que des billets de 50.  La météo est exceptionnelle, et des tas de gens très peu habillés bronzent déjà sur le sable. Nous, on se contente d'y patauger péniblement avec nos chaussures pas faites pour, et de tenter de prendre les vagues en photo au moment où elles explosent contre les rochers.  Des coquilles de moules, on peut en ramasser par millions, mais pas moyen de trouver un pauvre oursin entier.  Parce que nous avons réservé par téléphone, le Praia da Luz nous a collés à la terrasse du restaurant de l'étage, et non à celle du rez-de-chaussée où nous avions grignoté des tartines la dernière fois. La carte n'est pas la même; l'addition non plus. Mais on se régale de filets de cabillaud légèrement croustillants, servis avec une cassolette de riz à la tomate et à la menthe que j'arrose d'un bon verre de blanc du Douro (un Flor de Sao José).  A la table de derrière, deux mecs avec des montres à 50 plaques ont commandé le vin et les plats les plus chers, mais... entre le T-shirt jaune et le bas de jogging noir de celui qui me tourne le dos, la moitié d'un cul poilu est parfaitement encadrée par la découpe de son dossier de chaise. Grande classe.  Nous traversons l'avenue pour nous mettre en route vers notre destination suivante, mais je ne parviens pas à m'arracher à la contemplation de la mer. "Ca te dérange si on descend s'asseoir sur la plage genre 20 mn, le temps de cuver digérer un peu?  Le monde à l'envers, c'est Chouchou qui lit un livre en papier de bois d'arbre tandis que je comate allongée en patonnant le sable et en me remplissant la tête du bruit du ressac.  En fait, ma vie idéale, ce serait le Portugal d'octobre à mars et l'Ecosse le reste de l'année. 




En regardant la carte, je m'étais dit: "2 km, c'est rien du tout; l'avenue est sans doute bordée de commerces, il y aura de l'animation et ça fera une chouette promenade". En fait, ça monte un chouïa, il n'y a pas un brin d'ombre et nous ne longeons que des baraques qui ont dû coûter le PIB d'un pays de taille modeste.  Mais l'excellente surprise, c'est que la Fundaçao Serralves, dont j'avais prévu la visite uniquement pour faire plaisir à Chouchou, accueille en ce moment l'artiste portugaise Joana Vasconselos que j'avais découverte l'an dernier lors de son expo à l'Hôtel des Arts de Toulon. Il y a donc un dieu pour les martyrs de l'art contemporain.  Première pièce dans le hall d'entrée: un gigantesque lustre à pendeloques entièrement composé de tampons O.B. Et la suite de "I'm the mirror" confirme mon excellente première impression.  Je suis tellement crevée que je ressors du parc sans penser à jeter un coup d'oeil dans la boutique, qui semblait pourtant très prometteuse.  Le bus nous laisse à 30 mn de marche de l'appart'. Certes, ça nous permet d'acheter quelques gourmandises salées dans une boulangerie, mais le chemin ne traverse que des quartiers totalement déserts et très peu engageants. Lorsque nous poussons enfin la porte de notre chez nous temporaire, je suis au bout de ma vie, et Chouchou a le crâne rose fluo. 



1 commentaire:

Boomerang a dit…

Pas de photo du cul poilu ? Je suis trop déçue ^^
La classe, ça ne s'achète pas !