jeudi 28 février 2019

Lectures de Février 2019





ROMANS:
- Louis & Louise (Julie Cohen) ♥︎♥︎
- Tell the wolves I'm home (Carol Rifka Brunt) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The Mussorgsky riddle (Darin Kennedy) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La grande traversée (Shion Miura) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Number one chinese restaurant (Lillian Li)
- Good omens (Terry Pratchett/Neil Gaiman) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- The midnight hour (Benjamin Read/Laura Trinder) ♥︎♥︎♥︎
- Mist, metal and ash (Gwendolyn Clare) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Fair-play (Tove Jansson) - en cours
- The librarian (Salley Vickers) ♥︎♥︎♥︎
- The Stravinsky intrigue (Darin Kennedy) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGAS:
- La fille dans l'écran (Manon Desveaux/Lou Lubie) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Je suis née dans un village communautaire (Kaya Takada)
- Un peu de tarte aux épinards (Philippe Pelaez/Javier Sanchez Casado) ♥︎♥︎
- Les jours qui restent (Eric Dérian/Magalie Foutrier) ♥︎♥︎
- Strangers in paradise XXV #10 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Heartbroken chocolatier T5-9 (Setona Mizushiro) ♥︎♥︎♥︎
- Ce que font les gens normaux (Hartley Lin) ♥︎♥︎♥︎
- Adieu mon utérus (Yuki Okada) ♥︎♥︎♥︎
- Yasmina et les mangeurs de patates (Wauter Mannaert) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS:
- Planting gardens in graves vol. 1 (r.h. Sin) ♥︎
- Draw your day (Samantha Dion Baker) - en cours


Mon cultivateur de bonnes habitudes

"Yasmina et les mangeurs de patates" (Wauter Mannaert)


Malgré son jeune âge, Yasmina est déjà une cheffe émérite, qui réussit à préparer de savoureux petits plats à partir des légumes donnés par ses deux amis jardiniers Cyrille et Marco. Mais le jour où un méchant fabricant de patates en sachet rase les potagers pour y installer son usine, la fillette se retrouve bien embêtée. Ce n'est pas avec le maigre salaire d'Omran, son papa employé dans un fast-food, qu'elle va réussir à acheter des tomates à près de 3€ le kilo. Heureusement, elle arrive à se servir en douce dans le jardin qu'une mystérieuse voisine cultive sur le toit de son immeuble. Puis les patates en sachet envahissent les magasins, connaissant un succès fou, et les gens qui en ont mangé se mettent à se comporter très bizarrement... 

On aura compris depuis longtemps que je suis incapable de résister à une bédé culinaire. Mais outre son thème alléchant, "Yasmina et les mangeurs de patates" coche pratiquement toutes les cases de ce que j'adore en bande dessinée. Sur le plan graphique: absence de cases, longues plages muettes et néanmoins très parlantes, bâtiments vus en coupe et architecture originale, gros plans d'assiette, belles illustrations pleine page... Sur le plan de la narration, une jeune héroïne racisée, futée et militante du bien-manger, des personnages secondaires divers et attachants malgré leurs petits travers, des échanges hyper drôles (notamment entre le jardinier tradi et le fou du bio, ou entre Omran et ses collègues qui, voyant ses bento végétariens, soupirent qu'eux, sans viande et sans frites, ils ont de nouveau faim à 16h). Même si j'ai davantage aimé le côté "tranche de vie" de la longue mise en place que l'aventure qui s'emballe dans le dernier tiers, le récit est original et maîtrisé, sans aucun temps mort. Et malgré son côté parfois farfelu, il fait passer de très chouettes idées. Mon avis: il vous le faut. Pas encore convaincu? Allez lire les 24 premières pages ici

Traduction de Laurent Bayer



mercredi 27 février 2019

Gérer les angoisses: un exemple illustré





Ce matin, histoire de titiller autre chose que ma misanthropie rampante très excitée par les événements des derniers jours (que je vous laisse découvrir dans ma future récap hebdomadaire), l'univers a décidé de m'envoyer une épreuve de nature administrative. 
Mi-janvier, constatant que je n'étais pas prélevée de mes cotisations Agessa, j'ai envoyé un mail auquel on m'a répondu que le souci était de leur côté, et que l'échéance de janvier serait prélevée en même temps que celle de février. Pour une fois que les problèmes d'un de mes interlocuteurs se révélaient bénéfiques à ma trésorerie, j'ai trouvé ça plutôt cool. 
Mi-février, toujours rien. Ce matin, par curiosité, je me connecte à mon espace personnel: mon échéance de janvier est notée comme en retard et à régler auprès de l'Urssaf du Limousin, désormais chargée du recouvrement des contentieux (ne cherchez pas, ça fait partie de l'usine à gaz de la réforme de la Sécu des auteurs).

"Adieu, mon utérus" (Yuki Okada)


Yuki Okada a 33 ans, un mari très pris par son métier de mangaka, une petite fille de deux ans et demi et une carrière qui décolle enfin quand elle découvre qu'elle a un cancer du col de l'utérus. Dans ce manga en un seul tome, elle raconte son parcours depuis le diagnostic jusqu'à la radiothérapie qui a suivi son opération. Très angoissée de nature, elle doit faire le deuil d'un éventuel deuxième enfant, gérer l'idée d'une ménopause précoce, mais aussi apaiser les craintes de ses proches et gérer les répercussions matérielles que sa maladie va avoir sur eux. 

Le sujet n'est certes pas très gai, mais l'autrice ayant publié "Adieu, mon utérus" cinq ans plus tard, on sait d'entrée de jeu que son histoire se termine bien. Elle la raconte avec beaucoup de candeur et de sensibilité, sans toutefois s'apitoyer sur son sort. J'ai été particulièrement touchée par la solidarité entre elles et les autres patientes qui partagent sa chambre - la manière dont leur présence, qu'elle vit d'abord comme une agression, finit par lui apporter courage et réconfort. Toutefois, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'après-hystérectomie. J'ai regretté qu'elle ne parle pas vraiment des suites de l'opération, des conséquences sur sa santé et sa forme physique, de ce que ça avait pu changer à sa manière d'appréhender la vie. Du coup, bien que ce manga soit intéressant, je l'ai refermé un peu frustrée. 

Traduction de Mireille Jaccard

dimanche 24 février 2019

La semaine en bref #59





Lundi:
★ Remarquant le patch Harry Potter que m'a offert Gasparde, Chouchou s'étonne: "Pourquoi Ravenclaw? Tu es Slytherin, non?". Comme plan B de carrière, il peut tirer un trait sur Choixpeau. 
En revanche, 12 ans et 4 mois après notre rencontre, je suis toujours aussi séduite par son risotto à l'huile de truffe (même si les champignons de Paris ont remplacé les pleurottes depuis belle lurette pour des raisons de commodité!). 

vendredi 22 février 2019

En profiter tant que ça dure




D'ordinaire, le moins qu'on puisse dire de février, c'est que ce n'est pas mon mois préféré: le bel élan de janvier s'est tassé, l'hiver commencer à s'éterniser et le printemps semble encore loin. La seule chose qui le rachète un peu, c'est qu'il a le bon goût d'être court. Mais cette année, février est un mois de renaissance après plus d'un semestre passé la tête sous l'eau, à angoisser de ne plus trouver assez de boulot, à galérer pour me faire payer le peu de travail effectué, à me rendre compte à quel point mon identité et mon estime de moi sont liées à mon métier et à l'indépendance financière qu'il m'a procurée jusqu'ici, à entretenir des idées très noires et à bloquer mon entourage parce que je fonctionne comme ça: mes problèmes, j'ai besoin de les ruminer dans mon coin jusqu'à ce que je leur trouve une solution. Il paraît que vers 3-4 ans, tous les jeunes enfants traversent une phase où ils veulent tout faire tout seuls; moi, ça ne m'a jamais passé. 

mercredi 20 février 2019

"A la Saint-Aimée, fais la liste de tes qualités"






Je viens de voir passer ce dessin sur le compte Instagram de l'illustratrice Margaux Motin, et je trouve que c'est une excellente idée. Il me semble d'ailleurs que j'avais déjà conseillé cet exercice dans un challenge de pensée positive il y a quelques années, mais si je ne m'en souviens plus exactement, c'est qu'il est temps de recommencer! Alors, je me lance. 

dimanche 17 février 2019

La semaine en bref #58





Lundi:
L'éditrice qui m'a proposé une trad vendredi dernier me prévient aujourd'hui qu'elle a également demandé un essai à un de mes collègues. La remise n'est absolument pas pressée, le texte ne comporte aucune difficulté particulière, le style est assez bateau: pourquoi employer ce procédé qui, même si nous faisons tous les deux du bon travail, signifie que l'un de nous aura bossé pour rien? 

vendredi 15 février 2019

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (55): Train Bistro





J'adore les trains - mon petit côté Sheldon Cooper, sans doute. Alors, quand j'ai lu plusieurs critiques de blog élogieuses sur le brunch d'un nouveau restaurant appelé le Train Bistro et situé à deux pas de mon musée bruxellois préféré, le Train World, je me suis dépêchée de réserver une table pour le dimanche suivant. 

jeudi 14 février 2019

Les conversations absurdes #55


CHOUCHOU, après avoir vu une vidéo d'écureuil mignon: En fait, il faudrait s'abonner à The Dodo
MOI: Déjà fait depuis longtemps. Comment crois-tu que je survis en cas de grosse déprime? Les jours où le monde est trop horrible, The Dodo, c'est mon seul réconfort. 
CHOUCHOU: Moi j'écoute les émissions de Rachel Maddow. 
MOI: ...Je ne suis pas certaine que tu aies bien bien compris la notion de réconfort.


Mon cultivateur de bonnes habitudes

mardi 12 février 2019

"La grande traversée" (Shion Miura)


Jeune homme discret et emprunté, Majimé se voit bombardé éditeur d'un dictionnaire en cours d'élaboration. Il ne le sait pas encore mais ce projet ambitieux, baptisé "La grande traversée", va prendre une quinzaine d'années de sa vie...

Enorme succès commercial au Japon, où il a également été adapté sous forme de film et de dessin animé, "La grande traversée" a pourtant mis du temps à me séduire. La quatrième de couverture laissait supposer une forte composante gastronomique à travers le personnage de Kaguya, dont Majimé est amoureux et qui est tout aussi obnubilée par la cuisine que lui par la lexicographie. En réalité, le sujet est à peine évoqué, ce qui m'a  déçue au point que j'ai failli abandonner ma lecture en cours de route. 

Et puis je me suis attachée à ce héros improbable qu'est Majimé. Un peu excentrique, il se fiche des apparences, ne se souciant que de faire le meilleur travail possible: approcher au plus près la vérité de chaque mot, en répertorier toutes les nuances possibles, décider quels termes désuets doivent être éliminés pour faire place à d'autres plus modernes. Un labeur de fourmi dans lequel il met toute son énergie et tout son coeur. Il n'a pour l'assister qu'une équipe réduite: deux hommes âgés spécialistes des dictionnaires, une secrétaire à mi-temps, un collègue désinvolte et moqueur qui va devenir pour lui un précieux allié, et plus tard, une jeune femme d'abord contrariée par sa mutation mais que l'enthousiasme de Majimé va gagner peu à peu. Malgré des années d'incertitude quant au sort de "La grande traversée", il fait preuve d'une obstination sans faille, d'un dévouement à la pureté contagieuse. 

J'ai aimé sa relation peu conventionnelle avec Kaguya, chacun se consacrant entièrement à sa passion et respectant celle de l'autre au détriment d'une vie de famille classique. J'ai aimé l'ambiance du service des dictionnaires, relégué par la maison d'édition dans un vieux bâtiment délabré, insuffisamment financé et considéré avec une pointe de mépris par les autres employés, mais qui se transforme en ruche bourdonnante durant la période de bouclage. J'ai aimé la plaisanterie pourtant pas très fine de Nishioka, prétexte à une annexe amusante à la fin du roman. Bref, même si ce n'était pas tout à fait le roman que je pensais lire lorsque je l'ai acheté, je l'ai finalement beaucoup apprécié. 

Traduction de Sophie Refle

lundi 11 février 2019

La semaine en bref #57





Lundi:
★ Ma prochaine trad n'étant pas pressée du tout, je prends la journée pour m'occuper de diverses corvées. Par exemple, nettoyer la montagne de vaisselle sale accumulée ce week-end cause panne de lave-vaisselle. Ou aller chercher un colis à la poste, et en profiter pour faire les poubelles en quête d'un carton avec lequel envoyer ma prochaine vente Momox. 
★ Plus réjouissant: Chouchou crée une Google Map pour notre prochain séjour à Porto, et je commence à la remplir. Le challenge de ce voyage consistera à organiser une excursion d'une journée au parc naturel de la Serra de Estrela. 

dimanche 10 février 2019

"The Mussorgsky riddle" (Darin Kennedy)


Investigatrice psychique, Mira Tejedor est appelée au secours d'un garçon autiste de 13 ans qui a brusquement sombré dans l'apathie. Si d'ordinaire elle se contente de percevoir les émotions d'autrui, avec Anthony Faircloth, elle plonge dans un univers mental extrêmement codifié, structuré selon "Tableaux d'une exposition" du compositeur Moussorgski...

Voilà un policier fantastique fort original! L'héroïne mène l'enquête à la fois dans le monde réel et dans une oeuvre de musique classique dont chaque personnage est une émanation de la psyché fracturée d'un adolescent. Qu'est-ce qui a bien pu traumatiser Anthony au point qu'il se retranche totalement en lui-même? Bien qu'un peu lentes à mon goût, les révélations sont amenées avec beaucoup d'habileté et aboutissent à une résolution qu'on ne voit pas venir à vingt kilomètres. Intrigant et très réussi, "The Mussorgsky riddle" peut tout à fait se lire seul, mais l'auteur a écrit deux autres tomes avec la même héroïne et sur le même principe, sur lesquels je me pencherai probablement plus tard. 

Les conversations absurdes #54


MOI: J'aime avoir du vernis à ongles sur les orteils, ça me donne l'impression que mes pieds me sourient.
CHOUCHOU: Bah moi j'ai pas de vernis à ongles, et mes pieds me sourient toujours.
MOI: Mais tes pieds sont bizarres. Moi j'ai les pieds égyptiens, avec les orteils bien rangés par ordre décroissant de grandeur. Toi tu en as un grec, avec le deuxième orteil plus long que le gros, et un romain, avec le deuxième orteil de la même longueur que le gros.
CHOUCHOU, fièrement: Je suis citoyen du monde, j'ai les pieds fusion. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

jeudi 7 février 2019

"Dites aux loups que je suis chez moi" (Carol Rifka Brunt)


En 1987, dans l'Etat de NewYork. June a 14 ans lorsque son oncle adoré meurt du Sida. Finn était un artiste renommé qui venait juste d'achever un portrait de ses deux nièces. A son enterrement, June aperçoit un homme que sa soeur aînée Greta et leurs parents traitent d'assassin. Il s'appelle Toby, et il était le compagnon de Finn depuis presque dix ans. D'abord blessée d'apprendre que son oncle lui a caché tout un pan de sa vie, June trouve bientôt un message dans lequel Finn lui demande de veiller sur Toby, également malade et désormais seul au monde. Une amitié étrange naît entre eux...

On pourrait faire beaucoup de reproches au premier roman de Carol Rifka Brunt. June est l'archétype de l'ado maussade, persuadée que personne ne la comprend. Greta est jalouse et cruelle; leur mère, amère et injuste; leur père, falot et inexistant. Toby suscite la compassion mais se comporte en irresponsable total d'un bout à l'autreSérieusement, il n'y a pas un personnage pour rattraper l'autre - hormis Finn, sorte de saint intouchable mais essentiellement vu à travers les yeux de ses proches, sans qu'on sache à quel point l'image qu'ils s'en font correspondait à la réalité. 

Même avec des parents très pris par leur travail, June jouit d'une liberté de mouvement assez peu crédible pour son âge. Pourtant, son portrait psychologique est fouillé et accrocheur, notamment dans l'approche de ses sentiments les plus inavouables. Même si j'ai rouspété intérieurement tout le long, j'ai lu "Dites aux loups que je suis chez moi" presque d'un trait. L'autrice dépeint avec justesse les réactions que suscitait le Sida à la fin des années 80: la curiosité morbide du public, la honte de l'entourage, l'isolement des malades. Elle tisse des relations familiales complexes et douloureuses dans l'ensemble, mais leur offre une résolution aussi créative qu'émouvante. 

Traduction de Marie-Axelle de La Rochefoucauld

mercredi 6 février 2019

Les conversations absurdes #53


CHOUCHOU, dans un grand élan d'amour: Tu ne peux pas imaginer à quel point on est bien tous les deux. 
MOI, un peu surprise: Euh, tu sais, je suis là aussi. J'assiste au bouzin. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

mardi 5 février 2019

[BRUXELLES] Dream Box au MIMA





En fin de semaine dernière, le MIMA a ouvert au public la nouvelle exposition qui occupera ses locaux de Molenbeek jusqu'à début septembre. Les Instagram d'influenceurs invités au vernissage faisaient très envie; aussi, nous nous sommes précipités sur place dès le premier week-end. "Il n'y a pas d'explication; c'est à votre imagination de faire le travail", nous prévient l'employé qui distribue les tickets à l'entrée. Nous comprenons très vite ce que ça signifie. Les installations sont délirantes du point de vue esthétique, géniales à photographier, mais on y chercherait en vain un message ou un sens. Elles sont jolies et ludiques, point. Ce qui n'est déjà pas si mal comparé à beaucoup d'oeuvres d'art contemporain.

lundi 4 février 2019

"La fille dans l'écran" (Manon Desveaux/Lou Lubie)


Coline souffre d'une phobie sociale paralysante qui l'a conduite à abandonner ses études et se réfugier chez ses grands-parents, à Périgueux. Dans le cadre de son travail Une sur un projet d'album jeunesse, elle contacte Marley, une Française qui s'est installée à Montréal afin de poursuivre sa passion pour la photo, mais qui stagne dans un job alimentaire et une relation amoureuse insatisfaisante. Une complicité très forte se tisse entre les deux jeunes femmes par écran interposé...

La page de gauche pour Manon Desveaux qui dessine  Coline en noir et blanc, celle de droite pour Lou Lubie qui dessine en couleurs ce que fait Marley au même moment - avec l'inévitable décalage horaire dû à leurs deux pays de résidence. Cette disposition en vis-à-vis, qui permet de bien saisir le contraste entre la vie et la personnalité des deux héroïnes, donne également beaucoup de fluidité au récit à quatre mains. La phobie sociale de Coline et la pression que lui mettent ses parents, la routine dans laquelle Marley se sent de plus en plus enfermée et sa rébellion qui monte petit à petit sont rendus de manière réaliste et délicate à la fois. "La fille dans l'écran", c'est l'histoire de deux jeunes femmes qui vont n'en faire qu'à leur tête et résister aux conventions pour choisir leur propre chemin. Un roman graphique très réussi. 

La semaine en bref #56





Lundi:
 Ca ne m'arrive presque jamais, mais pour soigner ma grogne intense face à un compte en banque toujours désespérément vide, je me décide à relire un de mes bouquins doudous
★ Pourquoi est-il devenu si difficile de trouver des madeleines longues qui ne soient pas emballées deux par deux? Tout ce plastique inutile, ça me rend dingue. 
 Une journaliste d'Europe 1 me contacte pour participer à une émission de radio sur le thème de l'amitié. Elle me dit qu'elle m'a trouvée par le biais d'un billet de blog où j'expliquais pourquoi je n'avais pas d'amis proches, et que l'interview se fera au téléphone. Je raconte ça à Chouchou, en lui disant que je n'ai aucune intention d'accepter. Il me répond: "Tu devrais; ça te ferait de l'exposition pour le blog et pour la boutique". Sauf que je ne suis pas sûre que le fait de meugler "Je ne supporte pas les gens" à la radio soit un excellent moyen de me rendre sympathique!

dimanche 3 février 2019

Les conversations absurdes #52


CHOUCHOU: Dans les chiens sympas, tu as les labradors.
MOI: Je vois pas trop à quoi ça ressemble; je pense que je confonds avec les Golden Retriever. Je suis assez nulle en clebs. 
CHOUCHOU: Le labrador, c'est le chien dans "Belle et Sébastien".
MOI, explosant de rire: Tu te fiches de moi? Le chien dans "Belle et Sébastien", c'est un berger des Pyrénées. Même moi, je sais ça. 
CHOUCHOU, sentencieux: Ca dépend dans quelle version. Y'a eu beaucoup d'adaptations de "Belle et Sébastien", tu sais. 
MOI: Oui, et je te garantis que Belle n'est un labrador dans aucune d'entre elles. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

samedi 2 février 2019

"Louis & Louise" (Julie Cohen)


En 1978, un bébé naît dans une petite ville du Maine. Sa mère est une reine de beauté locale; son père ingénieur travaille à l'usine de fabrication de papier créée par ses ancêtres et dont il héritera un jour. Ses meilleurs amis seront les faux jumeaux Allie et Benny; sa vocation sera l'écriture. Mais selon que ce bébé est fille ou garçon, sa vie en sera fondamentalement transformée...

...Ou pas, ai-je envie de dire après cette lecture frustrante. Le sujet de "Louis & Louise" était extrêmement prometteur, et le premier chapitre qui met en vis-à-vis les réactions à la naissance d'une fille et à la naissance d'un garçon m'avait vraiment donné de grands espoirs. Je pensais que Julie Cohen allait souligner toutes les manières dont les enfants puis les adultes sont socialement formatés en fonction de leur sexe, mettre en évidence les façons multiples dont cela influence leur parcours de vie. 

Au lieu de ça, elle se focalise sur un drame bien précis - qui certes se déroule différemment dans les chapitres consacrés à Louis et ceux consacrés à Louise. Mais les maintes autres problématiques que son idée de départ aurait pu l'amener à aborder sont juste balayées sous le tapis. Et comme Louis.e est bisexuel.le, même ses pulsions amoureuses restent identiques dans les deux versions. Dans chacune de ses incarnations, Julie Cohen lui fait répéter que l'important, ce n'est pas le sexe mais la personne, et de fait, son Louis et sa Louise sont fondamentalement les mêmes. Je ne suis pas du tout d'avis que nous possédons une nature intouchable qui échappe au conditionnement social, et en particulier au conditionnement de genre. Surtout, si c'était pour que l'histoire se termine de la même façon dans les deux cas, je ne vois pas l'intérêt de cette double narration. 

Envies de février





un brunch au Train Bistro
(on n'a pas testé de nouveau brunch à Bruxelles de toute l'année 2018, vous vous rendez compte?)

(autant amortir nos Museum Pass...)

(vite avant qu'elle ne se termine!)

la série Netflix "The umbrella academy"
(le comics m'avait vite soûlée, mais la bande-annonce est très prometteuse, et ça sort le 15)

(je pourrais dire qu'il a l'air savoureux, mais ce serait peut-être un peu facile)

(de manière très inhabituelle, la VF est disponible depuis mi-janvier, mais je voulais le lire en VO comme le premier tome)

(j'aime tellement le travail de l'instructrice, Jennifer Orkin Lewis alias August Wren!)

ce très long gilet bordeaux pour traîner à la maison
(quelqu'un a déjà commandé sur ce site?)

(on est de nouveau dans une de ces phases où on mange toujours pareil; je veux tester d'autres recettes)

(je me vois bien passer le week-end enfermée là-dedans avec Chouchou et des bouquins...)


Mon cultivateur de bonnes habitudes