jeudi 31 janvier 2019

Lectures de Janvier 2019





ROMANS/RECITS:
- The girl before (J.P. Delaney) ♥︎♥︎♥︎
- Connect (Julian Gough)
- Une famille explosive (Yan Ge) 
- The start of me and you (Emery Lord) ♥︎♥︎♥︎
- Everything all at once (Katrina Leno) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Harley Merlin and the secret coven (Bella Forrest)
- The rules of magic (Alice Hoffman) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The light in the dark (Horatio Clare) ♥︎♥︎♥︎
- Two can keep a secret (Karen McManus) ♥︎♥︎
- Aucun dieu en vue (Altaf Tyrewala) ♥︎♥︎
- Dear Mrs Bird (A.J. Pearce) ♥︎♥︎♥︎
- The dreamers (Karen Thompson Walker) ♥︎♥︎
- Winterhouse (Ben Guterson) ♥︎♥︎
- Escape from Mr. Lemoncello's library (Chris Grabenstein) ♥︎♥︎♥︎
- Verity (Colleen Hoover) ♥︎♥︎♥︎
- The vanishing stair (Maureen Johnson) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- This lie will kill you (Chelsea Pitcher) ♥︎♥︎♥︎
- When all is said (Anne Griffin)
- The remarkable journey of Coyote Sunrise (Dan Gemeinhart) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Mr. Lemoncello's library olympics (Chris Grabenstein) ♥︎♥︎
- Miss Charity (Marie-Aude Murail)* ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- La promesse du bonheur (Justin Cartwright)

BEDE/MANGA:
- Strangers in paradise XXV #9 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Un été sans maman (Gregory Panaccione) ♥︎♥︎
- L'invasion des imbéciles (Tiphaine Rivière) ♥︎♥︎♥︎
- Chroniques new-yorkaises T2 (Akino Kondoh) ♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T8 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Les contes de la ruelle (Nie Jun) ♥︎♥︎♥︎


Mon cultivateur de bonnes habitudes

lundi 28 janvier 2019

L'authenticité plutôt que la perfection





J'ai passé la semaine dernière à bosser et faire du yoga sans mettre le nez hors de chez moi. Du coup, je n'avais rien de sympa à poster sur Instagram, et même si ce n'est pas du tout une obligation, ça me manquait. N'ayant personne sous la main pour me prendre en photo, je me suis dit que j'allais apprendre à me servir de la fonction retardateur de mon Lumix et immortaliser les poses un peu difficiles de mes séances quotidiennes de yoga. La planche latérale, par exemple. Ou le danseur. J'ai fait plusieurs essais pour obtenir des clichés satisfaisants et... j'ai eu honte à l'idée de les poster. Je n'ai pas une silhouette athlétique ni plaisante à regarder, et ces postures, je suis capable de les faire, mais je ne les réussis pas spectaculairement bien non plus. Alors que sur Instagram, c'est plein de vingtenaires élastiques comme du chewing-gum, avec des cuisses fuselées et un ventre concave. D'ailleurs, me suis-je dit tristement en pianotant sur mon iPad, il suffit d'aller voir le hashtag du challenge en cours d'Adriene.

dimanche 27 janvier 2019

La semaine en bref #55





Lundi:
Je ne suis pas très Côtes de Provence, mais mon caviste m'a vendu cette bouteille de Château Saint-Pierre blanc en me jurant que j'allais adorer. Verdict: cet homme ne me connaît pas du tout
 A minuit une, recevoir sur ma Kindle le tome 2 de "Truly devious" qui sort demain (enfin, aujourd'hui) et que j'attends avec impatience depuis des mois. Oui mais je suis censée me coucher tôt. Oui mais j'ai vraiment très envie de l'entamer. Oui mais je suis censée me coucher tôt. Oui mais j'ai vraiment très envie de l'entamer. Oh allez, juste les deux premiers chapitres. 

samedi 26 janvier 2019

"The remarkable journey of Coyote Sunrise" (Dan Gemeinhart)


Il y a cinq ans, la mère et les soeurs de Coyote sont mortes dans un accident de voiture. Depuis, son père Rodeo et elle ont changé de nom, et ils sillonnent les Etats-Unis à bord de Yager, un vieux bus scolaire devenu leur maison sur roues. Interdiction d'évoquer le passé: le mot d'ordre, c'est vivre dans le présent exclusivement pour ne pas souffrir. Jusqu'au jour où Coyote apprend que le parc où elle avait enterré une boîte à souvenirs avec sa mère et ses soeurs va être rasé. Elle n'a que cinq jours pour traverser le pays jusqu'à leur ancienne ville et récupérer son trésor. Mais le plus difficile, c'est qu'elle devra le faire sans que Rodeo s'en aperçoive... 

Nous ne sommes pas encore fin janvier et je sais déjà que je tiens mon bouquin de l'année, celui qui aura laissé la marque la plus profonde dans mon coeur. Celui qui illustre à la perfection cette phrase de mon amoureux que je n'avais jamais vraiment comprise jusqu'ici: "On ne pleure pas toujours de tristesse. Parfois, on pleure juste d'émotion." Car le vrai thème de ce roman jeunesse, c'est "Comment apprendre à vivre avec ses morts?".

Au fil d'un road trip mouvementé, Coyote fait plein de jolies rencontres, émerge de la solitude imposée par Rodeo, découvre la complexité des relations humaines et mûrit à vue d'oeil. Cette petite héroïne blessée et son papa hippie ultra-bienveillant comptent parmi les personnages les plus attachants dont j'aie croisé la route depuis une éternité. Dans "The remarkable journey of Coyote Sunrise", il n'y a aucun antagoniste - hormis peut-être quelques flics bourrus. Juste une funambule pleine de grâce qui se livre à un savant numéro d'équilibriste entre tristesse et bonheur, des personnages secondaires qui vous réconcilient avec l'humanité, un bus à bord duquel on voudrait embarquer immédiatement, une foule de phrases tellement belles et justes que j'ai dû cesser de les noter arrivée au milieu du roman, et quelques scènes d'une poignance absolue (dont une qui m'a rappelé le passage sur "Heroes" dans le film "The perks of being a wallflower", version grands espaces plutôt qu'environnement urbain).

C'est la première fois que je vais racheter un ouvrage lu sur ma Kindle en version papier, et la première fois que je comprends pourquoi certaines personnes relisent certains livres une fois par an. Je suis en outre prête à éradiquer l'ensemble de ma profession pour que l'éditeur qui achètera les droits français me confie la traduction de ce bouquin. Qu'on se le dise. 

jeudi 24 janvier 2019

"This lie will kill you" (Chelsea Pitcher)


Il y a tout juste un an, un jeune homme est mort carbonisé dans une voiture au milieu des bois. Aujourd'hui, les cinq protagonistes du drame sont conviés à une murder party, officiellement dans le but de déterminer le gagnant d'une bourse d'études de $50 000. Mais dès l'apéritif qu'une voix sortant d'un haut-parleur les a invités à boire, l'un d'eux s'écroule, inconscient. Et très vite, les quatre autres se rendent compte que leur hôte connaît leur pire secret...

Impossible pour moi de résister à un tel pitch, surtout assorti de la mention: Pour les fans de "One of us is lying", autre thriller psychologique jeunesse que j'ai beaucoup aimé. Ici, les personnages sont moins attachants mais aussi plus originaux. L'histoire, qui semble assez prévisible au premier abord, réserve son lot de surprises et presque trop de circonvolutions dans le dernier tiers. Et je ne m'attendais pas à une fin aussi sombre. Bref, "This lie will kill you" est un roman tordu à souhait qui m'a fait passer une excellente soirée.

mercredi 23 janvier 2019

Se détacher de la colère, survoler les problèmes





Début juillet, ça fera 25 ans que j'exerce le métier de traductrice littéraire avec un statut de travailleuse indépendante. Des retards de paiement, j'en ai toujours connu. Mais là où autrefois, ils étaient l'exception (hormis en août et dans la seconde quinzaine de décembre), ils sont devenus la norme au cours de la dernière décennie. Désormais, j'ai de la chance quand j'arrive à me faire régler une facture moins de deux mois après son émission. En plus de me compliquer sérieusement la vie, ça me met dans une rage folle. Je suis toujours à l'heure pour rendre mon travail, même quand les délais sont hyper serrés, même quand j'ai été malade, même quand j'ai eu à résoudre des problèmes techniques ou personnels. Pourtant, presque systématiquement, je me retrouve à mendier mon dû pendant des semaines voire des mois après le délai de traitement acceptable. Ca m'use les nerfs, et je ne sais même pas si ça sert à quoi que ce soit. 

"Verity" (Colleen Hoover)


Ecrivaine peu connue, Lowen se retrouve en grande difficulté financière suite au décès de sa mère. Malgré ses réticences initiales, elle se voit contrainte d'accepter un travail de commande: écrire les trois derniers tomes d'une série de thrillers à succès dont l'autrice se trouve dans un état végétatif. C'est ainsi qu'elle débarque chez les Crawford, une famille qui semble poursuivie par le malheur. Mais dans le bureau de Verity, elle tombe sur une autobiographie cachée qui révèle les dessous abominables de la mort de ses jumelles de 8 ans... 

Colleen Hoover est une écrivaine à succès qui, d'habitude, sévit plutôt dans la romance. Aussi n'avais-je jamais rien lu d'elle avant de tomber sur des critiques dithyrambiques de "Verity", sa première incursion dans le domaine du... thriller psychologique sexy, disons. Je ne m'attendais pas à ce que ce livre contienne autant de scènes de fesses qui personnellement m'ennuient plus qu'autre chose. Moins sensible que certaines lectrices sur le sujet des enfants, je n'ai pas été gênée par les révélations monstrueuses de Verity. Mais je n'ai pas non plus été éblouie par le twist final: parce qu'à partir du moment où on sait qu'il y a en un, et que l'histoire se déroule en huis-clos entre un nombre très restreint de personnages, les possibilités ne sont pas légion. Bref, en ce qui me concerne, un pétard mouillé. Sachez néanmoins que "Verity" affiche sur GoodReads une note moyenne de 4,5 sur 5 basée sur plus de 17 000 avis: je suis donc définitivement dans une minorité de grincheux sur ce coup-là. 

mardi 22 janvier 2019

"Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello" (Chris Grabenstein)


Excentrique et talentueux créateur de jeux de société, M. Lemoncello a racheté une ancienne banque pour en faire la bibliothèque d'une petite ville américaine. Avant l'ouverture au grand public, il convie douze élèves de 5ème, gagnants d'un concours de rédaction, à découvrir les lieux en exclusivité lors d'une soirée mémorable. Mais lorsque, après s'être beaucoup amusés à explorer la technologie de pointe de et les fonctions ludiques de la bibliothèque, Kyle et ses camarades veulent rentrer chez eux le lendemain matin, ils découvrent qu'ils sont enfermés pour 24h de plus. Leur mission, s'ils l'acceptent: participer à un escape game délirant pour trouver la seconde sortie...

C'est dans "Winterhouse Hôtel", lu juste avant, que j'ai découvert l'existence de ce roman jeunesse dont le thème avait tout pour me séduire. Très inspiré par "Charlie et la chocolaterie", Chris Grabenstein parvient néanmoins à tisser une intrigue originale et des énigmes élaborées grâce auxquelles je ne me suis pas ennuyée une minute. Certes, ses jeunes héros sont psychologiquement aussi développés qu'un poussin de la veille. Mais on s'en fout, parce que l'apologie de l'esprit d'équipe est bien vue et la lecture terriblement fun. Par contre, si je me disais que "Winterhouse Hôtel" avait dû donner du fil à retordre à sa traductrice, j'ai pleuré des larmes de sang en découvrant les multiples rébus et autres difficultés d'adaptation extrêmes que contient la VO de "Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello". Au point que je vais devoir me procurer la VF pour voir comment ma méritante collègue les a résolues. Pour les amateurs, ce roman est le premier tome d'une série qui en compte quatre, dont deux déjà disponibles en français. 

Traduction d'Anath Riveline

lundi 21 janvier 2019

La semaine en bref #54





Lundi:
En pleine séance de yoga, une éditrice avec qui je marche sur des oeufs mais pour qui je voudrais vraiment bosser de nouveau m'appelle pour me demander si je peux relire en urgence les épreuves de la trad faite pour elle au printemps dernier: l'autrice sera à Paris le mois prochain, et elle voudrait lui montrer le bouquin fini. Bien entendu, j'accepte avec empressement. 
 Saisie d'angoisses multiples au moment de me coucher, je ne parviens pas à trouver le sommeil, d'autant que j'ai trop chaud avec la couette et que Chouchou ronfle comme un sonneur. Je finis par déménager sur le canapé vers 2h30, et par m'assoupir vers 4h30 pour deux pauvres heures. Quelle nuit pourrie. 

dimanche 20 janvier 2019

3 idées fausses sur le yoga



Source: Lululemon


Le yoga, c'est pour les gens souples
Quand toutes les publicités pour des écoles, des sites internet ou des magazines de yoga montrent des pratiquantes contorsionnées comme des pretzels dans des postures qui défient simultanément les lois de la gravité et la configuration du corps humain, c'est facile de se décourager avant même d'avoir commencé. En réalité, le yoga, c'est 90% de mouvements accessibles à n'importe qui, à condition de ne pas vouloir les exécuter parfaitement ou à fond dès le début. Des vieillards de plus de 90 ans font du yoga. Des personnes en chaise roulante font du yoga. Le principe de base, c'est de bouger en accordant son souffle à ses mouvements. Vos poumons fonctionnent? Vous pouvez faire du yoga. Vos poumons ne fonctionnent pas? Vous n'êtes pas en train de lire cet article, donc peu importe. Et si vous êtes raide comme un bout de bois, vous allez constater une amélioration encore plus rapide et plus spectaculaire que que les pratiquants croisés avec un chewing-gum. Vous avez peur de vous sentir ridicule? S'il y a une communauté où les gens sont bienveillants et ne jugent pas les autres, c'est bien celle du yoga. Au pire, commencez chez vous avec des vidéos faciles. En plus, le yoga boostant l'estime de soi et l'auto-compassion, il vous aidera à accepter vos limites et à ne plus craindre le ridicule dans quelque domaine que ce soit. 

"Winterhouse Hôtel" (Ben Guterson)


Depuis la mort de ses parents quand elle n'avait que quatre ans, Elizabeth Somers mène une vie misérable chez son oncle et sa tante. Bien que perpétuellement fauchés, ceux-ci partent en voyage pour Noël et, refusant de laisser leur nièce seule chez eux, l'envoient passer trois semaines à l'hôtel Winterhouse. Elizabeth, qui s'attendait à une pension sinistre, est enchantée de découvrir une bâtisse de contes de fées possédant sa propre fabrique de confiseries et surtout une fantastique bibliothèque. Elle fait la connaissance de Freddy, un jeune inventeur féru de mots en cascade et et d'anagrammes. Ensemble, ils vont s'atteler à résoudre les nombreux mystères de Winterhouse...

Si je suis toujours partante pour un roman jeunesse avec une héroïne passionnée de lecture et d'énigmes, il faut bien admettre que je ne suis pas du tout le public-cible de "Winterhouse Hôtel", et que dans la catégorie middle grade, peu d'ouvrages possèdent une complexité suffisante pour me tenir en haleine. Ici, par exemple, l'intrigue cousue de fil blanc et les personnages hyper manichéens m'ont à moitié fait décrocher dans le dernier tiers de ma lecture. Mais les 9-12 ans auxquels l'histoire est destinée devraient adorer l'atmosphère féérique de Winterhouse. Au passage, bien que j'aie lu ce roman en V.O., je me permets d'adresser une pensée compatissante à la collègue qui s'est chargée de la traduction française, et qui a dû s'arracher joliment les cheveux pour adapter les mots en cascade, les anagrammes et les messages codés. 

Traduction d'Anne-Sylvie Homassel

samedi 19 janvier 2019

"Dear Mrs Bird" (A.J. Pearce)


Malgré les bombardements nocturnes par la Luftwaffe, Emmy Lake, 23 ans, mène une vie aussi normale que possible dans le Londres du début des années 40. Elle s'efforce de garder le moral en toutes circonstances et contribue à l'effort de guerre en faisant du bénévolat dans une caserne de pompiers. Un instant de distraction durant un entretien d'embauche pour ce qu'elle croit être un poste de journaliste et la voilà assistante de la redoutable Henrietta Bird, qui répond au courrier des lectrices dans un magazine féminin en perte de vitesse. Mrs Bird considère la plupart des lettres qu'elle reçoit comme scandaleuses et indignes de son attention, mais Emmy est touchée par la détresse des femmes qui les envoient. Alors, en secret, elle se met à leur répondre à la place de sa patronne...

Dans un cadre historique pas particulièrement riant, A.J. Pearce crée une héroïne pétillante et volontaire, qui s'applique à voir toujours le verre à moitié plein mais dont le désir de bien faire va la pousser à agir de manière inconsidérée et lui attirer des tas d'ennuis. Drôle et frais, "Dear Mrs Bird" fait partie de ces romans qu'on lit d'une traite et qu'on referme le sourire aux lèvres.

Ces autres choses j'ai apprises et qui ont drôlement amélioré ma vie





- Ne me sentir en compétition avec personne d'autre que moi-même (ma soeur, mes collègues, mes amies ont leurs propres qualités, leurs propres défauts et leurs propres luttes; il y aura toujours des gens meilleurs et des gens plus mauvais que moi dans un domaine donné, et on s'en fout parce que la vie n'est pas une épreuve olympique)
- Viser le progrès plutôt que la perfection 
- Avoir confiance en moi 
- Me blinder contre le jugement d'autrui
- Etre consciente de ma chance, et reconnaissante pour tout ce que j'ai plutôt qu'envieuse de ce que je n'ai pas
- Vivre en-deçà de mes moyens (mais pas trop, parce qu'il faut quand même profiter)
- Réclamer l'argent que mes clients me doivent; dire quand j'estime en mériter plus
- Solliciter du boulot sans me sentir humiliée (et ça, c'est très récent...)
- Préférer avoir la paix dans mon couple plutôt que le dernier mot dans les discussions
- Ravaler un trait d'esprit que personnellement je trouve irrésistible s'il risque de blesser quelqu'un
- Ne JAMAIS balancer d'horreurs même sous le coup de la colère (la dispute passera; les mots et la blessure qu'ils ont provoquée resteront)
- Cesser de tenir mes parents responsables pour tout ce qui a foiré dans ma jeunesse
- Savourer les petits bonheurs du quotidien
- Ne pas engager de long débat avec des inconnus sur les réseaux sociaux (en revanche, il m'arrive encore de céder à la curiosité malsaine de lire les commentaires sur des articles polémiques, et le monde me paraît toujours un peu plus moche après)
- Ignorer les injonctions des médias, particulièrement en matière de féminité
- Déconstruire les messages sociaux racistes/sexistes/homophobes
- Remettre mes préjugés en question si on me fournit des arguments valables
- En cas de doute sur le bien-fondé d'une pratique médicale, me référer à la Cochrane Library 
- N'écouter ma mère que d'une oreille distraite et me contenter de "Mmmmh" qui n'engagent à rien quand ce qu'elle dit me fait bondir à l'intérieur
- Utiliser le strict minimum de produits cosmétiques (ma peau me remercie tellement, et mon porte-monnaie aussi)
- Accepter qu'à moins de m'affamer, je ne serai jamais mince - et faire ma paix avec ça; apprécier mon corps tel qu'il est pour tous les services qu'il me rend chaque jour
- Acheter ma taille de vêtements, même si je n'aime pas le chiffre sur l'étiquette (je mérite d'être à l'aise au quotidien plutôt que constamment boudinée dans mes fringues)
- Savoir ce qui me va et éviter le reste (du coup, je porte toujours le même genre de robes, de tops et de chaussures, mais j'ai choisi de considérer ça comme Mon Style)
- Me détacher de la plupart de mes possessions matérielles (la numérisation de la culture aidant vachement)
- Lire sur Kindle (je fais des économies de malade, et je ne vous raconte pas la place que je gagne dans mes bagages)
- Voyager léger (vous avez vu mon sac de Mary Poppins?)
- M'arrêter de boire quand je suis gaie mais pas encore bourrée
- Brancher une prise USB dans le bon sens du premier coup (c'est quand même pas compliqué: faut tourner la jointure vers le bas)


Mon cultivateur de bonnes habitudes

vendredi 18 janvier 2019

"The dreamers" (Karen Thompson Walker)


Ca commence à l'université de la petite ville californienne de Santa Lora. Des étudiants s'endorment brusquement et ne se réveillent plus. Pourtant, leurs signes vitaux restent excellents, et leur activité cérébrale paraît aussi intense que s'ils rêvaient. Petit à petit, l'étrange épidémie se propage au reste de la communauté, que les autorités décident de mettre en quarantaine...

L'idée de base de "The dreamers" me paraissait d'autant plus intéressante que "L'âge des miracles", le premier roman de Karen Thompson Walker, avait été mon gros coup de coeur de l'année 2012. Malheureusement, si on retrouve ici l'atmosphère de fin du monde inexplicable et empreinte d'une certaine poésie, ainsi que l'absence de grands drames et d'effusions de violence généralement répandues dans les histoires apocalyptiques, tous les autres éléments du récit m'ont laissée sur ma faim. 

Certes, il ne se passait déjà pas grand-chose dans "L'âge des miracles," mais l'objet de celui-ci était de suivre l'évolution de la jeune héroïne, la manière dont elle gérait son adolescence dans un contexte de fin du monde. Ici, on suit un tas de personnages différents, si nombreux qu'on ne parvient à en connaître vraiment aucun - encore moins à s'attacher à eux. Et il ne se passe absolument RIEN. (Attention: spoilers.) L'épidémie se répand puis se résorbe sans qu'on sache d'où elle vient (ce qui n'est pas un problème en soi) et sans provoquer le moindre changement significatif (ce qui est beaucoup plus regrettable). L'idée que les dormeurs entrevoient peut-être leur avenir, dans ce monde-ci ou dans un univers parallèle, est intéressante mais survient seulement sur la toute fin et n'est donc quasiment pas exploitée. De la même façon, les autres amorces d'intrigue prometteuses - comme la grossesse d'une des premières patientes - sont à peine survolées. 

Je passe sur les problèmes de crédibilité: comment se fait-il que l'épidémie mystérieuse, super contagieuse et qui se transmet par la voie des airs, reste circonscrite à Santa Lora? Qu'à l'ère d'internet, le reste du pays voire du monde ne s'affole pas une seule seconde?  Que les ONG et les forces armées n'affluent pas sur place, bien plus nombreuses que la poignée de soldats et de volontaires incapables de gérer les malades? La seule chose qui m'a poussée à lire jusqu'à la fin, c'est que l'autrice écrit vraiment très, très bien. Le grand néant de "The dreamers" n'en apparaît que davantage comme un regrettable gâchis de son talent. 

jeudi 17 janvier 2019

Et petit à petit, apprendre à aimer l'hiver





J'ai longtemps détesté l'hiver. Sans aller jusqu'à souffrir de dépression saisonnière, j'avais beaucoup de mal à garder le moral pendant ces quelques mois où je souffrais du froid et du manque de lumière, où je peinais à me lever le matin et avais envie de me coucher avec le soleil en milieu d'après-midi. Je  me plaignais en boucle et vivais les yeux rivés au calendrier, attendant le retour du printemps. Puis vers la quarantaine, comme je sentais le cours du temps accélérer et ma biologie interne ralentir, j'ai eu une sorte de déclic. J'ai commencé à percevoir la beauté de toutes les saisons, à éprouver la nécessité de leur succession, à accompagner ce cycle au lieu de me rebeller vainement contre lui. J'ai collectionné les petits plaisirs spécifiques de l'hiver et développé des stratégies pour pallier ses difficultés. 

mercredi 16 janvier 2019

"The light in the dark" (Horatio Clare)


Horatio Clare vit dans un coin paumé d'Angleterre avec sa femme Rebecca et leur fils de 5 ans; deux jours par semaine, il fait un long trajet en train pour aller enseigner à l'université de Manchester. Sujet à une forte dépression saisonnière, il décide de tenir un journal pendant l'hiver pour combattre ce phénomène. C'est l'occasion pour lui d'égrener ses souvenirs de gamin qui a grandi à la campagne, puis vécu en France et en Italie avant de revenir s'installer à la campagne dans son pays natal. Pendant quelques mois, il s'attache à observer la nature, à détailler sa beauté et à y chercher des traces d'espoir.

Sa prose est très belle, mais j'avoue qu'elle m'a ennuyée par moments. J'avais envie d'en savoir plus sur lui, sur ses états d'âme et sur leurs effets vis-à-vis de ses proches, pas sur les espèces d'oiseaux qu'il croisait dans ses promenades ou la teinte exacte de la brume un 5 février en milieu de matinée. J'ai même failli interrompre ma lecture au milieu. Mais dans le dernier tiers de son court mémoire , l'auteur commence enfin à aborder frontalement le sujet de sa dépression, sa culpabilité de ne pas gagner assez d'argent et d'être un boulet pour sa famille, ses craintes d'être bipolaire, ses hésitations à aller voir un médecin pour se faire diagnostiquer. Son épilogue est lumineux et plein d'espoir.  

mardi 15 janvier 2019

[LIEGE] Génération 80 Expérience





Chouchou et moi sommes nés au début des années 70. Les années 80 sont donc celles de notre adolescence: une période riche en souvenirs et en références culturelles de tout poil. Aussi ne pouvions-nous pas manquer d'aller voir l'exposition qui leur est actuellement consacrée à la gare de Liège Guillemins. Et comme, jusqu'à fin janvier, on peut avoir deux places pour le prix d'une en les achetant sur internet, nous avons voulu en profiter le week-end dernier avant mon retour en France pour les semaines à venir. 

lundi 14 janvier 2019

La semaine en bref #53





Lundi:
★ Je profite des promos de Nouvel An pour m'inscrire à un cours de character design sur Udemy. Je suis super motivée pour dessiner cette année, autant battre le fer pendant qu'il est chaud! 

Mardi:
★ J'ai rêvé que je ratais un avion parce que, bien qu'arrivée hyper en avance à l'aéroport, je ne m'étais pas rendu compte qu'il y avait une correspondance dans mon vol et que la destination à guetter sur les tableaux d'affichage n'était pas celle que je croyais. Je me réveille aussi contrariée que si c'était arrivé pour de vrai. 
★ Au saut du lit, nous filmons une nouvelle vidéo pour ma chaîne IGTV. Je vais finir par m'habituer à ma voix criarde et à mes douze mentons. 
★ Qui a acheté tous les poulets rôtis du Delhaize? Et toutes les pâtes brisées et feuilletées des quatre supermarchés les plus proches de chez nous? On voudrait nous affamer qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Chouchou finit par en dénicher une, mais sans gluten et sans lactose. Faute de grives...

dimanche 13 janvier 2019

"Two can keep a secret" (Karen McManus)


Parce que leur mère célibataire a été placée en cure de désintoxication, Ellery et Ezra Corcoran doivent partir habiter à Echo Ridge, chez leur grand-mère qu'ils ne connaissent quasiment pas. Il y a plus de 20 ans, leur tante Sarah a disparu sans laisser de traces. Il y a 5 ans, une autre adolescente a été assassinée à Murderland, le parc d'attractions flippant où travaillent la moitié des jeunes de la ville. Et à l'approche du bal d'automne, de nouvelles menaces anonymes mettent la  petite communauté en émoi...

Il y a deux ans, j'avais adoré le premier thriller YA de Karen McManus, "One of us is lying". Aussi nourrissais-je de grands espoirs pour son deuxième roman. J'adore les histoires de jumeaux et les narrations à deux voix, sans compter que le fait que Murderland me semblait une idée pleine de potentiel. Malheureusement, j'ai commencé à m'ennuyer assez vite. Je n'ai  pas réussi à m'attacher aux personnages plutôt falots et jamais vraiment ressenti de tension dramatique. La résolution, certes inattendue, m'a parue aussi décevante que bancale. Et la toute dernière phrase, censée laisser les lecteurs sur le fondement en bouclant la boucle d'une problématique familiale douloureuse, soulève des questions qui n'auront jamais de réponse. Bref, "Two can keep a secret" est une lecture que j'aurais pu m'épargner.

[LIEGE] Les brunchs du dimanche (54): Tea Late, chez Alice au Pays des Merveilles





S'il est un univers avec lequel il est facile de m'appâter, c'est bien celui d'Alice au Pays des Merveilles. Je suis allée au maid's café de Tokyo (pas mal); j'ai fait l'escape game de Leavin Room à Paris (génial); j'ai testé le restaurant à Hong Kong (bof). Alors, quand j'ai vu qu'un salon de thé sur ce thème avait ouvert à Liège en octobre dernier et qu'il récoltait de très bons avis, j'ai immédiatement réservé pour le brunch du samedi. 

mardi 8 janvier 2019

Objectifs personnels: se concentrer sur le processus plutôt que sur le résultat





Ayant eu une discussion sur ce sujet hier, je voudrais revenir sur la définition d'objectifs personnels en début d'année. J'ai déjà expliqué dans ce billet pourquoi j'étais adepte d'une routine quotidienne peu contraignante. Aujourd'hui, je vais replacer cette méthode dans un contexte plus large que je pourrais résumer ainsi: il est plus sûr de se focaliser sur un processus qui dépend de vous que sur un résultat hors de votre contrôle. 

lundi 7 janvier 2019

La semaine en bref #52





Lundi:
Mieux qu'hier mais encore patraque, j'annule notre participation à la soirée Rien de Sophie-Grosquick. Puis je m'attelle à  tout ce qui est passé à l'as pendant que j'agonisais sous la couette: nettoyer la cuisine et la salle de bain, refaire mes racines...
★ Le miracle n'a pas eu lieu: nous sommes le 31 décembre, et M ne m'a pas payée. Donc, sur la somme importante que j'attendais, je ne profiterai pas du double avantage de l'année blanche pour les impôts sur le revenu et la cotisation vieillesse. Une différence à quatre chiffres avant la virgule, quand même. Pour une fois que le fisc nous faisait une fleur! 
★ Du coup, Chouchou et moi discutons d'un projet qui s'il marchait bien nous assurerait une certaine indépendance financière. Franchement, je suis super tentée. J'en ai marre d'être toujours la cinquième roue de la charrette aux yeux des maisons d'édition, qui me payent quand ça leur chante alors que je mets toujours un point d'honneur à respecter mes propres délais. 25 ans que ça dure. Je suis usée. 
★ On regarde "The A.B.C. murders", mini-série en 3 épisodes de 55mn chacun, inspirée du roman d'Agatha Christie mais avec une ambiance glauquissime et un Hercule Poirot qui n'a qu'un très lointain rapport avec le détective belge fat et vaguement ridicule dont j'ai dévoré les aventures autrefois. On peut ne pas apprécier la réécriture du passé du héros ou l'introduction d'une composante xénophobe faisant lourdement allusion à l'actualité; pour ma part, j'ai trouvé ça très bien. 
★ Sans rapport aucun: le dip de poivron fumé de Delhaize poutre du pangolin. 
★ J'ai vu passer deux phrases du discours de Macron et j'ai la tension à 75; du coup, je vais éviter de m'infliger la totalité du bouzin. 
★ Comme je refuse de clôturer l'année dans un état d'esprit pourri, à 23h15, je suis sur mon tapis de yoga et je lance une vidéo d'Adriene. 

dimanche 6 janvier 2019

7 idées pour documenter le quotidien sans se prendre la tête





Chaque fois que je montre mes journaux décorés, je suis frappée par le nombre de gens qui commentent qu'ils trouve ça super chouette et qu'ils aimeraient bien s'y mettre, mais qu'ils ne sauraient pas par où commencer. J'ai déjà traité le sujet des carnets de voyage ici, et mis sur mon IGTV une vidéo dans laquelle je montre le type de choses avec lesquelles j'agrémente mes agendas: masking tape, illustrations découpées dans des magazines, petits autocollants, billets de spectacle ou d'exposition, cartes de restaurant, prospectus, cartes postales, photos, dessins, timbres, étiquettes de produits, plans de ville, feuilles séchées... 

Mais sorti du contexte exceptionnel d'un voyage, le quotidien peut paraître un sujet aride - peu inspirant et pas très intéressant à immortaliser. Pourtant, j'ai toujours un plaisir énorme à reprendre mes vieux carnets - dont les premiers remontent à près de 40 ans! - et à voir ce qui a évolué à la fois en moi et autour de moi; c'est un excellent moyen de mesurer le chemin parcouru. Et si vous avez ou envisagez d'avoir un jour des enfants, quel trésor pour eux plus tard...

"Everything all at once" (Katrina Leno)


Helen Reaves vient de mourir d'un cancer. Agée de 40 ans seulement, elle était l'autrice de la série jeunesse la plus vendue dans le monde: l'histoire de deux enfants devenus immortels après avoir bu une potion magique. Elle laisse à sa nièce bien-aimée une série de lettres contenant chacune une mission destinée à la faire sortir de sa zone de confort, et ainsi, l'aider à surmonter l'anxiété chronique qui lui pourrit la vie. Tandis qu'elle s'efforce tant bien que mal de suivre les instructions de sa tante, Lottie fait la connaissance de Sam, un ancien élève d'Helen qui va lui apporter une aide précieuse dans sa quête...

"Everything all at once" n'était pas le premier roman de Katrina Leno que je lisais. Je m'attendais à ce qu'il verse dans le réalisme magique à un moment ou à un autre; aussi, j'ai immédiatement deviné le secret d'Helen et la vérité au sujet de Sam, et surtout, je n'ai pas été désarçonnée par la fin contrairement à beaucoup d'autres lecteurs. Cela dit, la révélation des derniers chapitres n'a au fond que peu d'importance. L'intérêt de ce roman, c'est l'évolution de Lottie, la façon dont elle apprend à vivre avec ses angoisses de mort paralysantes et ce qu'elle finit par réaliser à leur sujet. J'ai particulièrement aimé sa très jolie relation avec son frère cadet Abe, un ado de 16 ans féru de littérature. Cette fois encore, Katrina Leno dose avec talent l'amertume et la douceur pour ouvrir les perspectives de son héroïne et finir sur une magnifique note d'espoir. Je me réjouis qu'il me reste encore quelques romans d'elle à découvrir. 

samedi 5 janvier 2019

La masse et le marteau





Ceci est une partie du texte qui accompagnait un récent Instagram d'Alexandria Ocasio-Cortez (à droite sur la photo), une des femmes les plus inspirantes de 2018:

"Ma mère est née et a grandi à Puerto Rico. Elle a pratiquement élevé ses frères et soeurs, dans la pauvreté, pendant que sa propre mère travaillait sans arrêt pour qu'ils aient un toit et de quoi manger. Elle a rencontré mon père, un garçon du Bronx qui rendait visite à sa famille sur l'île,  quand elle était encore très jeune. Ils se sont mariés et installés à New York; elle ne parlait même pas anglais. Mes parents sont partis de rien: nouvelle langue, nouvelle vie, nouveau tout. Puis je suis arrivée, et ils ont déménagé pour recommencer à zéro afin que je bénéficie d'une bonne éducation. Ma mère lavait les sols, conduisait des bus scolaires, répondait au téléphone. Tout ce qu'il fallait faire, elle l'a fait - pour moi. A la mort de mon père, elle s'est retrouvé mère célibataire de deux enfants, et elle a encore dû repartir de zéro. Nous avons failli perdre notre maison; alors, nous l'avons vendue et nous nous avons recommencé, encore et encore et encore. 

vendredi 4 janvier 2019

Envies de janvier




un cocktail chez The Modern Alchemist, suivi d'un dîner au Penafidélis
(bar à cocktails qui vient d'ouvrir à Saint-Gilles et resto portugais situé non loin de là, recommandé par ma belle-soeur et son compagnon)

cette recette de hash browns
(même si les fêtes sont passées, la saison pousse à manger nourrissant...)

le Mademoiselle George de Paul Marius en safran
(j'avoue: j'ai un peu triché et je me le suis déjà offert pour Noël)

ce sweat Lochers... et celui-là...
(c'est affreux, j'ai envie de commander presque toute leur collection!)

cette fabuleuse bague poulpe, ou mieux, ce homard bleu qui est un peu mon emblème personnel
(aucun des deux ne conviendrait à mes petits doigts boudinés, snif)

"The Dreamers", le nouveau Karen Walker Thompson
(son premier roman "L'âge des miracles" avait été mon gros coup de coeur de 2012)

la suite du génial "Truly Devious"
(mais comment ça, je n'ai pas écrit de billet sur le premier tome? argh, je suis comme le lapin blanc: en retard, en retard en retard!)

la rétrospective Grayson Perry à la Monnaie de Paris
(hélas, elle se termine le 3 février, et je doute de pouvoir y aller d'ici là)

le film "La saveur des ramen"
(de la bouffe japonaise, des vues de Singapour - tout pour me plaire, mais je n'ai pas réussi à le voir au cinéma, et le DVD ne sort pas avant le mois de juin...)



Mon cultivateur de bonnes habitudes

"The start of me and you" (Emery Lord)


Déjà plus d'un an que son petit ami Aaron s'est noyé, et aux yeux de tout le monde, Paige Hancock reste "La Fille Dont Le Copain Est Mort". Elle peine à se défaire de cette image, mais aussi de sa culpabilité et de ses cauchemars. Alors, à son entrée en première, elle dresse une liste d'objectifs grâce auxquels elle espère sortir de son marasme...

Si j'ai acheté ce roman d'une autrice jeunesse assez connue aux USA, c'est moins pour l'histoire d'amour adolescente promise par la couverture - un sujet qui m'intéresse peu dans l'absolu - que pour les avis positifs lus sur GoodReads. Et ils ne mentaient pas. Oui, l'écriture d'Emery Lord est très plaisante, fluide et sincère, sans affectation ou familiarité excessive. Non, la relation la plus importante de "The start of me and you", ce n'est pas celle qui se développe entre Paige et un adorable nerd, mais celle que l'héroïne entretient avec ses BFF, trois filles aux personnalités variées qui ne se contentent pas de lui servir de faire-valoir. Malgré leurs différences, leur amitié reste toujours exempte de drames imbéciles. 

J'ai également beaucoup apprécié la dynamique familiale des Hancock, la surprise réservée par les parents de Paige et l'amour lumineux de la jeune fille pour sa grand-mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Surtout, je suis reconnaissante à l'autrice de nous avoir épargné l'insupportable cliché de l'instalove: l'histoire d'amour qui finit par se nouer n'est pas basée sur une attirance immédiate et inexpliquée; elle naît entre deux ados qui ont d'abord appris à se découvrir et à s'apprécier pour ce qu'ils sont réellement. Une lecture plaisante, qui met en scène des relations saines et positives. Ce qui n'est pas finalement pas si fréquent! 

mardi 1 janvier 2019

Commencer petit, être régulier


Je fais partie de ces gens qui tentent perpétuellement de remédier à leurs défauts, d'adopter de bonnes habitudes, de développer de nouvelles compétences. Parfois ça marche, et parfois ça échoue spectaculairement. A force d'essais et d'erreurs, j'ai fini par apprendre deux ou trois choses sur la définition d'objectifs personnels et le meilleur moyen de les atteindre. Par exemple: la fatigue décisionnelle nous guette tous. Au quotidien, nous n'avons pas un stock de volonté infini. Donc, il est inutile d'essayer de tout changer dans sa vie du jour au lendemain. Si une patate de canapé gourmande décide au 1er janvier d'entamer un régime draconien et de faire une heure de sport par jour jusqu'à ce qu'elle ait perdu 10 kilos, le printemps la trouvera déprimée par son échec, plus pauvre d'un abonnement d'un an dans un club de fitness où elle aura mis les pieds 3 fois, frustrée de bonne bouffe et probablement lestée de 2-3 kilos rebond supplémentaires. 

"La fille d'avant" (J.P. Delaney)


Lorsqu'elle découvre le One Folgate Street, Jane est conquise par cette maison ultramoderne, minimaliste, parfaite pour tourner la page après le drame éprouvant qu’elle vient de vivre. Mais, pour la louer, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Notamment répondre régulièrement à des questionnaires intrusifs. Jane apprend bientôt qu'Emma, la locataire qui l'a précédée, lui ressemble étrangement et a connu une fin tragique. Irrémédiablement, Jane s'engage sur la même voie, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes... et ressent la même terreur que la fille d'avant.

Moi pendant le premier quart du roman: Mmmmh, c'est intrigant. J'aime bien la narration dédoublée "Passé: Emma" et "Présent: Jane", et surtout, j'adore l'idée de la maison qui transforme ses occupants petit à petit.
Moi pendant le deuxième quart du roman: Ca devient quand même un peu ennuyeux à force de parallélisme dans les trajectoires des deux héroïnes. J'ai du mal à les distinguer l'une de l'autre. Et puis on voit très bien vers quoi on se dirige. J'en ai ras-le-bol des mâles alphas sociopathes qui exercent une attirance irrésistible sur leur proie. Si ça continue comme ça, j'arrête avant la fin.
Moi pendant le troisième quart du roman: Putain c'est super malsain. J'aime bien le principe du narrateur non fiable, mais ce personnage-là est vraiment grave tordu. Du coup, la fin n'est probablement pas celle que j'imaginais depuis le début.
Moi pendant le dernier quart du roman: Oh. Je ne m'attendais pas à ça. ...A ça non plus.

Psychologiquement, "La fille d'avant" n'est pas le roman le plus crédible du monde, mais j'avoue qu'il m'a tenue en haleine jusqu'à la fin.

Traduction de Jean Esch