mardi 16 avril 2019

All out of fucks



Hier soir, en me rasseyant devant mon MacBook après avoir vu "Game of Thrones", j'ai découvert que Notre Dame brûlait. Passée la surprise initiale ("Mais comment un incendie a-t-il pu prendre là-dedans?"), j'ai espéré que les pompiers arriveraient à maîtriser le feu avant qu'il se propage aux habitations environnantes, et surtout qu'il n'y aurait pas de victimes. J'ai trouvé ça triste qu'un monument vieux de plus de huit siècles et faisant partie du patrimoine de l'humanité soit touché de la sorte, mais sans plus. 

lundi 15 avril 2019

Les conversations absurdes #58


En vidant la poubelle de la salle de bain, je tombe sur un peigne auquel il manque deux dents. 
MOI, perplexe: Pourquoi tu m'as emprunté un peigne? Et surtout, comment tu as réussi à le casser?
CHOUCHOU, levant à peine les yeux de son ordinateur: Qui te dit que c'est ton peigne?
MOI, ahurie: Euh... A quelle autre entité chevelue vivant sous ce toit veux-tu qu'il appartienne? Le lampadaire Ikea? La collection de cactus? 
CHOUCHOU, sans se départir de son flegme: Qui te dit qu'il ne vient pas de l'extérieur? 
MOI, avec l'impression d'avoir basculé dans la quatrième dimension: Mais comment ça, de l'extérieur?
CHOUCHOU, tout naturellement: Ben oui. Je passe mon temps à perdre mes affaires. Il ne t'est jamais venu à l'esprit que ma distraction fonctionnait aussi dans l'autre sens, et que parfois, j'embarquais sans faire attention des choses qui n'étaient pas à moi? 

dimanche 14 avril 2019

La semaine en bref #66




Lundi:
La Redoute, à qui j'ai déjà signalé 4 fois que je ne rentrais pas chez moi avant fin avril, me contacte encore pour me prévenir qu'une tentative de livraison sera effectuée aujourd'hui. A ce stade, je vais lâcher l'affaire et les laisser renvoyer mon fauteuil pour remboursement. Le plus chouette meuble du monde ne vaut pas un patakès pareil, ni les pics de tension qu'il me file depuis un mois.
★ Les scénaristes de "This is us" ont épuisé mon maigre capital d'empathie. Désormais, tous les personnages m'énervent, et je lève les yeux au ciel à chaque nouveau pseudo-rebondissement. Je propose qu'on file un spin-off à Beth et Zoe et qu'on laisse les autres se démerder loin des écrans de télévision. 

vendredi 12 avril 2019

La fin de l'Annexe




Quand j'ai créé un blog lecture en novembre 2015, j'avais deux objectifs:
- désengorger Le rose et le noir, sur lequel je publiais énormément à l'époque, au point je crois que mes lectrices avaient du mal à suivre le rythme
- être légitime pour demander des services de presse aux éditeurs, et ainsi faire baisser mon énorme budget lecture.

jeudi 11 avril 2019

"Le mur invisible" (Marlen Haushofer)


Une femme d'une quarantaine d'années accompagne sa cousine et l'époux fortuné de celle-ci dans leur chalet de montagne pour y passer le week-end. Le soir de leur arrivée, la cousine et son mari se rendent au village voisin pour faire des courses. Le lendemain matin, ils ne sont toujours pas revenus. La narratrice part à leur recherche et... se heurte à un mur invisible. Très vite, elle découvre qu'humains et animaux semblent s'être instantanément pétrifiés à l'extérieur, et que les stations de radio ont cessé d'émettre. Incapable d'établir l'origine du phénomène, elle entreprend d'organiser son existence solitaire avec un chien, une vache et une chatte pour seule compagnie. 

D'ordinaire, je ne suis pas très fan de romans post-apocalyptiques - même si peu d'entre eux sont aussi durs que "La route" de Cormac Mccarthy, probablement le plus célèbre de tous. Les seules exceptions à cette règle jusqu'ici étaient "Station Eleven" et "The book of M", que j'ai adorés tous les deux: le premier pour sa poésie du désastre, le second pour son exploration originale du thème de l'identité. L'an dernier, j'ai tenté de lire "Dans la forêt" qui récoltait d'excellentes critiques, et j'ai dû m'interrompre aux deux tiers tellement cette histoire de deux soeurs adolescentes livrées à elles-mêmes dans un monde encore peuplé de gens potentiellement hostiles m'angoissait. Mais au lieu d'invoquer une catastrophe crédible de type pandémie ou attaque nucléaire, "Le mur invisible" part d'un postulat à la limite du fantastique, ce qui m'a tout d'abord évité de trop m'identifier à son héroïne.

Puis très vite, il m'est apparu que le fameux mur n'était qu'un prétexte pour isoler cette dernière, l'obliger à renoncer à sa vie de citadine ordinaire et à tout ce qui faisait son existence pour se métamorphoser au contact de la nature. Et bien qu'il ne se produise quasiment rien durant les deux ans que couvre son carnet de bord, les pages ont défilé toutes seules tant j'étais fascinée par la facilité avec laquelle cette femme banale se résigne à son étrange sort. S'il lui arrive d'avoir peur et de déprimer, on la sent aussi soulagée par la rude simplicité de sa nouvelle vie. Elle passe très peu de temps à ruminer le passé ou à s'interroger sur son avenir au-delà des quelques mois sur lesquels elle doit planifier les travaux agricoles nécessaires à sa subsistance. Au lieu de ça, elle apprivoise la montagne; elle apprend à goûter la satisfaction du labeur manuel, la beauté de ce qui l'entoure, la tendresse qui la lie à ses animaux - et à s'en contenter sans récriminations amères. Sa solitude la renforce, développe sa vie intérieure et la rapproche d'une forme de vérité universelle.

Ecrit par une autrice allemande durant la Guerre Froide, "Le mur invisible" dresse un magnifique portrait de femme contrainte de ne compter que sur elle-même, et qui en des circonstances extraordinaires se découvre des ressources insoupçonnées. Un véritable traité de résilience et de sagesse dont je ne saurais que trop vous recommander la lecture. 

Traduction de Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon

mardi 9 avril 2019

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (56): Le Phare du Kanaal




C'est suite à une pub sur Instagram que nous avons décidé de tester le brunch de cet espace de coworking/café dont nous n'avions jamais entendu parler depuis son ouverture, il y a 3 ans. Coup de chance, il faisait très beau dimanche matin à Bruxelles, au point que la plupart des clients qui nous avaient précédés au bord du canal avaient choisi de s'installer en terrasse. Mais je suis une créature d'intérieur qui déteste respirer les gaz d'échappement et qui aime profiter de la déco des restos quand elle est sympa. 

lundi 8 avril 2019

Les conversations absurdes #57


CHOUCHOU: Je suis épaté par la qualité de la photo qui illustre ton dernier article. 
MOI: Parce que d'habitude, je fais des photos de merde, c'est ça? 
CHOUCHOU: Non, mais d'habitude, tu fais du point and click, tu ne cherches pas à raconter une histoire. Là, cette photo est tellement bien qu'on dirait une des miennes. 
MOI: Pour la modestie en revanche, je ne t'arrive toujours pas à la cheville.

dimanche 7 avril 2019

La semaine en bref #65




Lundi:
Cet article sur la réforme des retraites et ses conséquences pour les auteurs achève de me convaincre qu'en admettant que je vive jusqu'à l'âge de 65 ans, je n'aurai de toute façon pas les moyens de m'arrêter de travailler avant d'être tout à fait gâteuse. Joie et bonheur.

vendredi 5 avril 2019

[PORTO] White Rabbit: Stranger Room




Etonnamment pour une ville de taille assez modeste, Porto compte pas moins de 11 enseignes d'escape games, dont beaucoup possèdent plusieurs salles. Pas évident de faire son choix dans ces conditions, surtout quand on est devenu très méfiant suite à plusieurs mauvaises expériences l'an passé. Après moult hésitations, j'ai fini par jeter mon dévolu sur la Stranger Room de White Rabbit pour son thème original.

jeudi 4 avril 2019

Astuces pour atténuer le blues du retour de vacances




Quand on a passé d'excellentes vacances, le retour à son chez soi et à un quotidien plus ou moins folichon peut parfois sembler un peu rude. Au fil des ans, j'ai mis au point quelques astuces pour atténuer mon éventuelle déprime.

mercredi 3 avril 2019

Envies d'avril




la 8ème et dernière saison de "Game of Thrones"
(ENFIN!)

le nouvel album de Timothé Le Boucher
(auteur de mon roman graphique préféré de 2017, "Ces jours qui disparaissent")

la suite du "Retour à la terre" de Manu Larcenet
(le tome précédent date d'il y a dix ans, ce sera amusant de voir l'évolution des protagonistes)

le tome 5 de "La cantine de minuit"
(un de mes mangas préférés du moment)

deux places pour le prochain spectacle de Kyan Khojandi
(mais je ne me vois pas les acheter maintenant alors qu'il ne passera à Bruxelles qu'en février 2020)

...et deux autres pour le Spectacle Drôle de Marina Rollman
(qui ne passe malheureusement pas à Bruxelles, mais ça pourrait faire l'objet d'une virée parisienne)

le cake au lemon curd de Caro
(ça tombe bien, j'en ai rapporté un pot du Portugal!)

cette robe-ballon Cora Kemperman
(pour rejoindre mon assortiment de robes de voyage super faciles à vivre)

lundi 1 avril 2019

[PORTO] Où l'alcoolisme mondain essuie une défaite




Pas facile de trouver un resto ouvert le lundi midi, mais nous tirons le gros lot avec une des suggestions de notre hôte. Le Zé Bota, situé dans une ruelle pavée où nous ne l'aurions jamais découvert par hasard, a des murs tapissés de plaquettes en bois sur lesquelles les clients ont écrit des petits mots et collé des Instax, mais surtout, il sert un bacalhau franchement sublime, et si copieux que nous ne parvenons pas à finir le plat. Croyez-moi, ça n'arrive pas souvent.  "Tu as commandé en portugais et en parlant super vite", s'émerveille Chouchou à la sortie de la boulangerie où nous avons acheté des friands pour le dîner. Je me garde de préciser que j'accentue mes mots comme en espagnol, ce qui est peut-être tout à fait à côté de la plaque. Moi, pensive devant l'église des Carmes: "Tu sais à quoi on voit qu'on devient des vétérans des city trips au Portugal? On n'a pas photographié un seul azulejo de tout le séjour."

La semaine en bref #64




Lundi:
Journée de télétravail pour ma soeur. Chacune bosse sur son ordi à un bout de la table en grommelant sur ses problèmes spécifiques. C'est assez drôle, surtout quand elle participe à une vidéoconférence avec des collègues de diverses nationalités et que tout le monde parle business english avec un accent à couper au couteau. 
 Le soir, nous accompagnons Attila-le-mal-surnommé à l'entraînement, et c'est lui qui nous conduit avec son permis B tout neuf (qu'il n'a pas encore le droit d'utiliser sans adulte accompagnateur). Je suis épatée par son assurance au volant et la fluidité de ses manoeuvres. 

dimanche 31 mars 2019

[PORTO] Où notre dimanche n'est pas trop pourri




Même en tenant compte du changement d'heure, je suis réveillée et verticale bizarrement trop tôt.   Ca risque d'être dur de trouver un resto ouvert le dimanche midi dans le quartier. A l'aide, Google Maps! ...Ah ben voilà. Le Vogue Café, à 200 mètres de l'appart', propose un brunch qui m'a l'air tout à fait correct. Réservation instantanée sur The Fork, et on roule!  Chouchou découvre les oeufs Bénédict: "Et donc, c'est un moyen de vendre super cher un oeuf sur une tranche de pain, c'est ça?". En gros, oui. Encore faut-il maîtriser la cuisson de l'oeuf mollet. ★ "Quand tu iras aux toilettes, jette un coup d'oeil au hall de l'hôtel attenant: il est à tomber à la renverse, je n'ose même pas imaginer le prix des chambres." (Après vérification, dans les 230€ la double, ce qui me paraît très raisonnable pour un luxe pareil.) ★ Si je me rappelle correctement mes cours de portugais, ce bus va à Château Fromage. 

Concours "Killer game": la gagnante!




C'est donc Emmanuelle Be qui remporte le livre cette fois. 

Envoie-moi tes coordonnées postales à:  leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à toutes pour votre participation, et à bientôt pour d'autres concours

samedi 30 mars 2019

[PORTO] Où il y a un dieu pour les martyrs de l'art contemporain




Entre les mecs bourrés qui ont hurlé dans la rue jusqu'à 2h du matin et les soucis de boulot que j'ai sans douté ruminés jusque dans mon sommeil, je me lève pas reposée du tout et d'assez mauvais poil. Du coup, je décide de sortir l'artillerie lourde: direction les plages de Foz où nous avions passé un 31 décembre idéal fin 2014. Je remercie bien fort le DAB qui alors que j'avais besoin de monnaie pour prendre le tram 1 n'a daigné me filer que des billets de 50.  La météo est exceptionnelle, et des tas de gens très peu habillés bronzent déjà sur le sable. Nous, on se contente d'y patauger péniblement avec nos chaussures pas faites pour, et de tenter de prendre les vagues en photo au moment où elles explosent contre les rochers.  Des coquilles de moules, on peut en ramasser par millions, mais pas moyen de trouver un pauvre oursin entier.  Parce que nous avons réservé par téléphone, le Praia da Luz nous a collés à la terrasse du restaurant de l'étage, et non à celle du rez-de-chaussée où nous avions grignoté des tartines la dernière fois. La carte n'est pas la même; l'addition non plus. Mais on se régale de filets de cabillaud légèrement croustillants, servis avec une cassolette de riz à la tomate et à la menthe que j'arrose d'un bon verre de blanc du Douro (un Flor de Sao José).  A la table de derrière, deux mecs avec des montres à 50 plaques ont commandé le vin et les plats les plus chers, mais... entre le T-shirt jaune et le bas de jogging noir de celui qui me tourne le dos, la moitié d'un cul poilu est parfaitement encadrée par la découpe de son dossier de chaise. Grande classe.  Nous traversons l'avenue pour nous mettre en route vers notre destination suivante, mais je ne parviens pas à m'arracher à la contemplation de la mer. "Ca te dérange si on descend s'asseoir sur la plage genre 20 mn, le temps de cuver digérer un peu?  Le monde à l'envers, c'est Chouchou qui lit un livre en papier de bois d'arbre tandis que je comate allongée en patonnant le sable et en me remplissant la tête du bruit du ressac.  En fait, ma vie idéale, ce serait le Portugal d'octobre à mars et l'Ecosse le reste de l'année. 

Lectures de Mars 2019




ROMANS:
- A witchcraft mystery #1: Secondhand spirits (Juliet Blackwell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- A witchcraft mystery #2: A cast-off coven (Juliet Blackwell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- A witchcraft mystery #3: Hexes and hemlines (Juliet Blackwell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le pouvoir de Susan (Peter Hoeg) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- A witchcraft mystery #4: A witch's wardrobe (Juliet Blackwell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Veronica Speedwell #4: A dangerous collaboration (Deanna Raybourn) ♥︎♥︎♥︎
- Bowlaway (Elizabeth McCracken) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Chambre 128 (Cathy Bonidan)
- Opposite of always (Justin Reynolds) ♥︎♥︎♥︎
- Les fabuleuses aventures d'Aurore (Douglas Kennedy/Joann Sfar) ♥︎♥︎
- A witchcraft mystery #5: Tarnished and torn (Juliet Blackwell) ♥︎♥︎♥︎
- The Great Believers (Rebecca Makkai) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- The truth about keeping secrets (Savannah Brown)
- Happily everlasting #1: Dead man talking (Jana DeLeon) ♥︎

BEDE/MANGA:
- March comes in like a lion #12 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎
- La lanterne de Nyx #1 (Kan Takahama) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Duellistes Knight of Flower #1 (Mai Nishikata) ♥︎♥︎♥︎
- The mortal instruments #1 (Cassandra Clare/Cassandra Jean) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The mortal instruments #2 (Cassandra Clare/Cassandra Jean) ♥︎♥︎♥︎♥︎

vendredi 29 mars 2019

[PORTO] Où on trouve beaucoup trop de liège et pas assez de street art ni d'houmous




Malgré l'alèse en plastique peu agréable au contact comme à l'oreille, nous avons très bien dormi et sommes réveillés vers 7h20 par le soleil qui entre à flots dans notre joli studio. Hier soir, j'ai acheté dans une boulangerie un truc qui avait une bonne tête de brioche aux fruits confits, en me disant que ce serait nickel pour notre petit déjeuner d'aujourd'hui. Le KLONK quand je le dépose dans une assiette me met la puce à l'oreille: en réalité, c'est légèrement plus dur et compact que du béton armé. Mais garni de fruits confits, donc.  "C'est plein de gens, grommelle Chouchou qui lutte pour prendre des photos convenables des azulejos de Sao Bento." "Oui, enfin, c'est une gare, quoi." Sur l'esplanade de la cathédrale de Sé, un guitariste coiffé d'une tête de panda en peluche chante "Hit the road, Jack" dos à un superbe panorama. Mais je n'ai pas de monnaie sur moi, et je me refuse à photographier les artistes de rue sans rien leur donner. ★ Rhâ, zut, on n'est pas descendus par les jolis escaliers... mais là, franchement, j'ai la flemme de remonter.  Il faut arrêter d'abattre des arbres pour produire ces flopées d'objets en liège hideux qu'on voit absolument partout, merci, bisous.

jeudi 28 mars 2019

[PORTO] Où l'estomac et les mollets en prennent un coup




Obliger les gens à se lever à 6h30 pour ensuite les faire attendre presqu'une heure dans l'avion que les contrôleurs aériens partiellement en grève lui trouvent un créneau de décollage, ça frise la cruauté mentale. Et le concept des frites servies à bord d'un avion, on en parle?  "On a du liquide pour prendre les tickets de métro?" "Quand tu dis "on", on est bien d'accord que c'est "tu", donc moi, vu que toi tu n'en as jamais?" ★ Et donc, attention amis touristes: si vous choisissez l'option "2 titres", la machine ne vous donne pas 2 fois 1voyage, mais 1 fois 2 voyages ne pouvant être utilisés par 2 personnes différentes.  J'avais totalement oublié qu'au Portugal les "fries" servies avec les burgers sont en fait de simples chips et que par défaut, la viande de boeuf est bien cuite alors que je l'aime saignante.  Une fois de plus, la serveuse pose automatiquement la boisson alcoolisée (un cidre pression) devant Chouchou et la limonade devant moi.  Comment ça, on passe directement du 61 au 65 alors que notre logement est censé se trouver au 63? Une fois n'est pas coutume: notre appartement Air BnB est plus grand et plus agréable que les photos ne le laissaient supposer. Je regrette moins de ne pas avoir pu relouer le T2 sublime près de la gare.  L'exploit du jour: ressortir d'A vida portuguesa les mains vides (Chouchou, en revanche, s'est acheté des sardines).  Désormais, les photos sont autorisées à la livraria Lello, mais l'entrée coûte 5€... récupérables sous forme de bon d'achat. Excellent prétexte pour craquer sur une mignonne édition de "Contes choisis" d'E.A. Poe.  A la caisse, se retrouver derrière les deux filles qui nous précédaient déjà dans la file d'attente pour les distributeurs de tickets de métro, et qui ont acheté par erreur 1 fois 2 voyages.

dimanche 24 mars 2019

La semaine en bref #63




Lundi:
Un barbu pas vilain grille un stop avec une voiture qui ne lui appartient pas et emboutit le bus à bord duquel je me trouve. Plus de peur que de mal, mais ça fleure mauvais pour son karma de la semaine. 
 Mon ophtalmo rentre juste d'un voyage organisé de 10 jours au Japon. Elle me chante les louanges des toilettes locales, massacre consciencieusement les quatre formules de politesse qu'elle a retenues et me conseille d'aller un jour admirer la gare d'Osaka. On papote si longtemps que la machine a le temps d'analyser mon OCT, qui est nickel. Voilà qui va m'épargner deux jours de vaines angoisses. 
 Quiche Cosmique a encore frappé: j'ai doublé le mauvais chiffre dans l'adresse de Kleo; du coup, mon Colissimo ne lui a pas été livré. J'espère qu'elle pourra le récupérer sans trop de soucis.

samedi 23 mars 2019

Concours: "Killer game" (Stephanie Perkins)


La dernière en date de mes traductions est un slasher YA, autrement dit, un roman d'horreur assez gore à destination d'un public d'ados. Ca se passe dans une petite ville américaine paumée au moment d'Halloween, avec une ambiance qui rappelle "Souviens-toi l'été dernier", des personnages un peu marginaux et plutôt divers: l'héroïne est métisse, son meilleur ami trans, sa meilleure amie goth et son petit ami traîne une sale réputation.

Pour gagner un exemplaire de "Killer Game", racontez-moi dans les commentaires de ce billet quelle est votre plus grande peur ou phobie. Clôture du concours samedi 30 mars à minuit; tirage au sort et annonce de la gagnante le lendemain. Envoi en Europe seulement. 

Bonne chance à toutes!

mercredi 20 mars 2019

La tristesse en embuscade




Ce matin, à l'issue de ma visite de contrôle annuelle, mon ophtalmo m'a annoncé qu'elle prendrait sa retraite en juin, et que c'était donc la dernière fois que nous nous voyions. Elle semblait partagée quant à sa décision. "Ma soeur est plus âgée que moi, et beaucoup de mes amis aussi; je voudrais profiter d'eux avant qu'ils deviennent invalides", m'a-t-elle expliqué de sa voix douce. Mais on sentait bien que ce serait dur pour elle d'abandonner son cabinet - pour lequel elle n'a pas encore trouvé de repreneur, les nouveaux médecins ayant tendance à fuir l'exercice libéral. Et aussi, que symboliquement, ça marquerait son entrée dans la vieillesse, qui n'est jamais une perspective très réjouissante. "De plus en plus de portes qui se ferment", a-t-elle commenté sur un ton un peu fataliste. J'ai dit les banalités qu'on dit dans ces cas-là, que je la regretterais mais qu'avec les horaires infernaux qu'elle faisait depuis toujours, elle avait bien mérité de se reposer. Que ça lui ferait du temps pour voyager après sa découverte récente du Japon dont elle était rentrée enchantée. J'aurais dû conclure en lui souhaitant une bonne continuation et partir sans me retourner. 

mardi 19 mars 2019

Les conversations absurdes #56


Hier, Sunalee est passée au Nong Cha et m'a annoncé que leur fournisseur cessait d'exporter mon You Zi Hua Cha bien-aimé vers l'Europe. Entendant mon cri d'agonie résonner jusqu'à Bruxelles, et redoutant probablement de me supporter au réveil à l'état sauvage, Chouchou s'est immédiatement proposé d'aller rafler le reste des stocks. Ce qui suit est notre échange sur Messenger pendant qu'il était à la boutique. 

lundi 18 mars 2019

Better now than 10 years ago




Du temps où j'étais encore sur HelloCoton, parfois, je voyais passer un billet d'une vingtenaire ou d'une tout juste trentenaire qui s'extasiait sur le thème: "Vieillir, c'est merveilleux". Je mourais toujours d'envie de répondre: "Non, bichette. Ce que tu trouves merveilleux, c'est d'être une adulte  avec la liberté de faire ce que tu veux et l'argent nécessaire, plus d'acné, un style vestimentaire enfin potable et la confiance en toi dont tu manquais ado. Mais vieillir, ce n'est pas ça. Vieillir, c'est enterrer les gens qu'on aime les uns après les autres, ne plus se reconnaître dans la glace, être de moins en moins mobile, avoir la mémoire qui flanche et des perspectives de plus en plus limitées. Je doute fort que tu tiennes le même discours dans quelques décennies." (Mais je me taisais parce que l'expérience n'est pas une maladie transmissible et que personne ne m'avait demandé mon avis.)

dimanche 17 mars 2019

La semaine en bref #62




Lundi:
Oh, le food truck Chang Noi, qui prépare un si bon pad thai, est installé à l'entrée de la station Trône! Voilà qui m'évitera de manger un vilain sandwich ou une triste salade dans le train.
 Le magazine féminin que j'ai acheté pour admirer une superbe série de photos de mode avec Marie-Agnès Gillot consacre sa rubrique Voyage du mois à Tallinn, en mentionnant notamment deux bars à cocktails qui ont l'air géniaux. Si ce n'est pas un signe...
 Quand j'arrive à Monpatelin, il fait nuit, et je me rends compte qu'il n'y a aucun lampadaire ni sur le parking de la gare, ni dans les ruelles qui mènent à ma résidence - alors que le quartier est en travaux depuis des mois. Je marche très vite en priant pour ne pas tomber dans une bouche d'égout restée ouverte ou autre trou de la chaussée que je n'aurais pas vu.

mardi 12 mars 2019

[BRUXELLES] Escape Rush: The White House




L'an dernier, nous testions le Submarine Bunker, qui se révéla être une des salle les plus spectaculaires de notre carrière d'évadés internationaux. Du coup, quand l'équipe d'Escape Rush a proposé de nous enfermer dans la Maison Blanche, cadre de leur nouveau scénario, nous avons accepté avec empressement.

dimanche 10 mars 2019

La semaine en bref #61




Lundi:
Yoga progress report: j'arrive de nouveau à m'allonger en avant, ventre, poitrine et épaules au sol en écart facial. Ca ne m'était pas arrivé depuis 12 ans et je suis joie. La régularité, ça paye!
 Je découvre la série des "Witchcraft mysteries" de Juliet Blackwell, et je craque totalement. 9 tomes disponibles et un 10ème à paraître cet été, ça me promet moult délicieuses soirées cocooning.
 Nous réservons nos billets de train pour aller voir M&M à Munich fin mai. Les apparts Air BnB du coin sont assez consternants niveau déco; tant pis, on fera dans l'utilitaire pour cette fois.

"La lanterne de Nyx T1" (Kan Takahama)


Nagasaki, 1878. Orpheline recueillie par sa tante, qui la considère juste comme une bouche supplémentaire à nourrir, Miyo ne possède aucune compétence monnayable - sauf peut-être ce pouvoir qui lui permet, en touchant un objet, de voir ses propriétaires passés et futurs. Elle parvient à se faire embaucher par Momotoshi, un marchand excentrique tout juste rentré de l'Exposition Universelle de Paris avec une myriade d'objets fort exotiques pour le Japon de l'époque...

Beaucoup d'originalité pour ce manga en 6 tomes (terminé en VO). D'abord le format, légèrement supérieur à celui des publications ordinaires, et qui m'a tout juste suffi à déchiffrer certains passages. Ensuite, l'époque, le thème et l'atmosphère, mélange d'Orient et d'Occident, de réalisme historique et de fantastique. Entre les chapitres, l'autrice expose le résultat de ses recherches sur les objets qu'elle met en scène: la première édition japonaise d'"Alice au pays des merveilles", l'apparition des tablettes de chocolat en Europe, la machine à coudre et le développement du prêt-à-porter, la technologie du phonographe... On apprend plein de choses tout en suivant avec plaisir le quotidien de Miyo, ado mal dégrossie qui, au fur et à mesure qu'elle s'instruit, gagne en assurance et s'épanouit dans son nouvel environnement. J'ai juste regretté qu'elle fasse très peu usage de son intéressant pouvoir dans ce premier tome. Raison de plus pour guetter la suite avec impatience!

Traduction de Yohan Leclerc

jeudi 7 mars 2019

Les conversations absurdes #55


CHOUCHOU: Bon sang, c'est le dixième anniversaire du film "Watchmen", tu te rends compte? On l'a vu ensemble! Je me sens vieux...
MOI, philosophe: Ben, on est ensemble depuis 12 ans, et 12 est plus grand que 10, donc...
CHOUCHOU: Je sais, mais je n'ai pas l'impression qu'il s'est écoulé autant de temps. Pour moi, on n'a pas bougé, on est juste devenus un peu plus ronds et un peu plus raides. 
MOI, impitoyable: Parle pour toi. Je fais du yoga tous les jours. Je suis un élastique quinquagénaire. 

mercredi 6 mars 2019

[GAND] Hôtel 1898 The Post, charme discret et confort absolu




L'an dernier, nous étions venus à Gand pour voir une expo au Design Museum, et nous en avions profité pour tester un bar à cocktails recommandé par Gasparde: The Cobbler. Celui-ci se situe au premier étage de l'ancienne poste de la ville, un bâtiment superbe datant de la fin du XIXème siècle dont le rez-de-chaussée est désormais occupé par un petit centre commercial bobo à souhait, et les étages par un hôtel appartenant au réseau Zannier. La simple vision des couloirs à la moquette épaisse et aux murs sombres, décorés de vieux livres, avait suffi à me séduire et me donner envie de revenir passer une nuit dans cet établissement. Bien que j'aie des goûts plutôt minimalistes en matière de déco, associés à une sainte horreur du bling-bling et du kitsch, j'avoue que je ne crache pas du tout sur le luxe bourgeois feutré. Et tout ce que je voyais des chambres du 1898 The Post sur leur site internet me disait que je m'y plairait beaucoup...

"Seconhand spirits" (Juliet Blackwell)


Lily Ivory est une sorcière de naissance, que ses pouvoirs ont obligée à fuir la petite ville du Texas où elle avait grandi. Pendant des années, elle a parcouru le monde sans s'attacher à personne - mais à présent, elle estime le temps venu de se fixer quelque part. Elle a choisi San Francisco pour son énergie positive, et ouvert une boutique de vêtements vintage dans l'ancien quartier hippie de Haight Ashbury. Malgré ses hésitations, elle a déjà commencé à tisser des liens: avec Bronwyn, la wiccane herboriste qui la seconde chez Aunt Cora's Closet, avec Conrad, un jeune "punk du caniveau" à qui elle confie de menues tâches en échange d'un solide petit déjeuner, ou avec Maya, une étudiante en arts plastiques dont la mère effectue des travaux de couture pour elle. Mais un jour, alors qu'elle s'est rendue chez une vieille dame au passé douloureux pour y récupérer toute une collection de robes anciennes, Lily entend la plainte de la Llorona, un esprit mexicain connu pour noyer des enfants... 

Absolument tout m'a plu dans "Secondhand Spirits". San Francisco est une ville géniale où j'espère bien retourner un jour, et que j'ai eu plaisir à retrouver dans les pages de ce livre. Le commerce de vêtements vintage qui occupe officiellement les journées de Lily est présenté sous un jour intéressant et attachant. Les personnages secondaires sont nombreux et divers, avec des caractères très distincts - bienveillants pour la plupart, mais pas nécessairement Bisounours. Le familier de Lily, un gobelin-gargouille qui se change en cochon nain pour pouvoir accompagner sa maîtresse sans attirer l'attention (!), apporte une touche d'humour toujours bienvenue. L'intrigue m'a parue assez originale, bien menée, prenante et pas du tout évidente à résoudre.

Mais ce que j'ai le plus adoré, c'est l'héroïne. Lily est une jeune femme très indépendante. Habituée à ne compter sur sur elle-même, elle est souvent mystifiée par les relations humaines, réticente à se laisser approcher sur le plan amical ou amoureux. Pourtant, elle fait preuve de beaucoup de bonne volonté et nous épargne les drames imbéciles aussi bien que les sarcasmes constants qui ont fini par me lasser chez d'autres "femmes fortes" de la littérature récente. Juliet Blackwell en fait un personnage très humain et très crédible, dont on aimerait bien devenir la BFF. Et elle nous laisse entrevoir juste assez de son passé tumultueux pour nous donner envie d'y revenir - je veux vraiment savoir ce qui s'est passé avec ce perroquet fou à Hong Kong.

"Secondhand spirits" est le premier tome d'une série qui en compte actuellement 9, la parution du 10ème étant prévue pour cet été. Je l'ai tellement aimé que j'ai aussitôt enchaîné sur le deuxième. Pour les amateurs du genre, il est décrit comme un "cosy mystery", mais autant vous prévenir: malgré une atmosphère générale très feel good, il contient certains éléments assez sombres en rapport avec la sorcellerie. A l'heure où j'écris ces lignes, la série "A witchcraft mystery" n'est pas traduite en français. Il va sans dire que je serais tout à fait volontaire pour m'en charger!

mardi 5 mars 2019

L'exception Colère




La semaine dernière, je vous parlais de ma technique d'"arbre des développements possibles" pour juguler mes angoisses irrationnelles. On pourrait croire qu'elle fonctionnerait aussi très bien sur la colère - l'autre grande émotion négative qui domine ma vie. Or, ce n'est absolument pas le cas. 

dimanche 3 mars 2019

La semaine en bref #60




Lundi:
Avant de remettre la première moitié de ma trad, je m'attelle à l'adaptation des noms de personnages farfelus. Pas évident de préserver à la fois le sens et la sonorité, mais je trouve que je ne m'en sors pas trop mal. 
 L'éditeur à qui je demande si je vais bien recevoir mon paiement pour la fin du mois, comme convenu, me répond qu'il m'a envoyé un chèque la semaine dernière. Un chèque? En papier? Qu'il faut porter à la banque? Alors qu'il m'a toujours réglé par virement jusqu'ici - comme la totalité de mes clients depuis une bonne vingtaine d'années? Je. Hein.
★ Je découvre avec stupeur que les gif n'ont pas de son. Chouchou essaie de m'expliquer la différence avec une vidéo, et c'est un échange extrêmement frustrant pour nous deux. 
 Oscar de l'Indécence: Micron qui se fait photographier déguisé en mec cool, agenouillé près d'un SDF avec un air concerné, alors qu'il vient juste de sabrer 57 millions d'euros dans les aides à l'hébergement d'urgence. 

samedi 2 mars 2019

Envies de mars




le tome 4 des aventures de Veronica Speedwell
(héroïne de romance policière historique à la langue bien pendue)

le nouveau Sophie Calle
(dont le sujet me touche particulièrement)

ce livre de recettes véganes
(la chaîne Youtube de Bosh! me met sérieusement l'eau à la bouche)

un repas au restaurant inclusif 65 degrés
(quelle merveilleuse idée - par contre, ça va être chaud pour caler ça un midi en semaine)

un abonnement à Find What Feels Good Yoga
(parce que je suis tout à fait obsédée par Adriene et que son message autant que ses cours me fait un bien fou)

cette bougie de soja au pamplemousse et au gingembre
(deux de mes odeurs préférées)

ce masque de sommeil
(hideux mais sûrement très efficace)

ces chaussons Giesswein
(la Rolls autrichienne de la pantoufle, d'après une amie qui en a une paire)

(en rupture sur le site, mais je crois avoir vu la même dans la vitrine d'un magasin au début de la rue Dansaert)

ces solaires pinup YSL
(comme je ne m'imagine pas plus mettre ce prix dans des lunettes de soleil, c'est juste pour le plaisir des yeux - si je puis dire)

jeudi 28 février 2019

Lectures de Février 2019





ROMANS:
- Louis & Louise (Julie Cohen) ♥︎♥︎
- Tell the wolves I'm home (Carol Rifka Brunt) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The Mussorgsky riddle (Darin Kennedy) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La grande traversée (Shion Miura) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Number one chinese restaurant (Lillian Li)
- Good omens (Terry Pratchett/Neil Gaiman) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- The midnight hour (Benjamin Read/Laura Trinder) ♥︎♥︎♥︎
- Mist, metal and ash (Gwendolyn Clare) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Fair-play (Tove Jansson) - en cours
- The librarian (Salley Vickers) ♥︎♥︎♥︎
- The Stravinsky intrigue (Darin Kennedy) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGAS:
- La fille dans l'écran (Manon Desveaux/Lou Lubie) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Je suis née dans un village communautaire (Kaya Takada)
- Un peu de tarte aux épinards (Philippe Pelaez/Javier Sanchez Casado) ♥︎♥︎
- Les jours qui restent (Eric Dérian/Magalie Foutrier) ♥︎♥︎
- Strangers in paradise XXV #10 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Heartbroken chocolatier T5-9 (Setona Mizushiro) ♥︎♥︎♥︎
- Ce que font les gens normaux (Hartley Lin) ♥︎♥︎♥︎
- Adieu mon utérus (Yuki Okada) ♥︎♥︎♥︎
- Yasmina et les mangeurs de patates (Wauter Mannaert) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS:
- Planting gardens in graves vol. 1 (r.h. Sin) ♥︎
- Draw your day (Samantha Dion Baker) - en cours


Mon cultivateur de bonnes habitudes

"Yasmina et les mangeurs de patates" (Wauter Mannaert)


Malgré son jeune âge, Yasmina est déjà une cheffe émérite, qui réussit à préparer de savoureux petits plats à partir des légumes donnés par ses deux amis jardiniers Cyrille et Marco. Mais le jour où un méchant fabricant de patates en sachet rase les potagers pour y installer son usine, la fillette se retrouve bien embêtée. Ce n'est pas avec le maigre salaire d'Omran, son papa employé dans un fast-food, qu'elle va réussir à acheter des tomates à près de 3€ le kilo. Heureusement, elle arrive à se servir en douce dans le jardin qu'une mystérieuse voisine cultive sur le toit de son immeuble. Puis les patates en sachet envahissent les magasins, connaissant un succès fou, et les gens qui en ont mangé se mettent à se comporter très bizarrement... 

On aura compris depuis longtemps que je suis incapable de résister à une bédé culinaire. Mais outre son thème alléchant, "Yasmina et les mangeurs de patates" coche pratiquement toutes les cases de ce que j'adore en bande dessinée. Sur le plan graphique: absence de cases, longues plages muettes et néanmoins très parlantes, bâtiments vus en coupe et architecture originale, gros plans d'assiette, belles illustrations pleine page... Sur le plan de la narration, une jeune héroïne racisée, futée et militante du bien-manger, des personnages secondaires divers et attachants malgré leurs petits travers, des échanges hyper drôles (notamment entre le jardinier tradi et le fou du bio, ou entre Omran et ses collègues qui, voyant ses bento végétariens, soupirent qu'eux, sans viande et sans frites, ils ont de nouveau faim à 16h). Même si j'ai davantage aimé le côté "tranche de vie" de la longue mise en place que l'aventure qui s'emballe dans le dernier tiers, le récit est original et maîtrisé, sans aucun temps mort. Et malgré son côté parfois farfelu, il fait passer de très chouettes idées. Mon avis: il vous le faut. Pas encore convaincu? Allez lire les 24 premières pages ici

Traduction de Laurent Bayer



mercredi 27 février 2019

Gérer les angoisses: un exemple illustré





Ce matin, histoire de titiller autre chose que ma misanthropie rampante très excitée par les événements des derniers jours (que je vous laisse découvrir dans ma future récap hebdomadaire), l'univers a décidé de m'envoyer une épreuve de nature administrative. 
Mi-janvier, constatant que je n'étais pas prélevée de mes cotisations Agessa, j'ai envoyé un mail auquel on m'a répondu que le souci était de leur côté, et que l'échéance de janvier serait prélevée en même temps que celle de février. Pour une fois que les problèmes d'un de mes interlocuteurs se révélaient bénéfiques à ma trésorerie, j'ai trouvé ça plutôt cool. 
Mi-février, toujours rien. Ce matin, par curiosité, je me connecte à mon espace personnel: mon échéance de janvier est notée comme en retard et à régler auprès de l'Urssaf du Limousin, désormais chargée du recouvrement des contentieux (ne cherchez pas, ça fait partie de l'usine à gaz de la réforme de la Sécu des auteurs).

"Adieu, mon utérus" (Yuki Okada)


Yuki Okada a 33 ans, un mari très pris par son métier de mangaka, une petite fille de deux ans et demi et une carrière qui décolle enfin quand elle découvre qu'elle a un cancer du col de l'utérus. Dans ce manga en un seul tome, elle raconte son parcours depuis le diagnostic jusqu'à la radiothérapie qui a suivi son opération. Très angoissée de nature, elle doit faire le deuil d'un éventuel deuxième enfant, gérer l'idée d'une ménopause précoce, mais aussi apaiser les craintes de ses proches et gérer les répercussions matérielles que sa maladie va avoir sur eux. 

Le sujet n'est certes pas très gai, mais l'autrice ayant publié "Adieu, mon utérus" cinq ans plus tard, on sait d'entrée de jeu que son histoire se termine bien. Elle la raconte avec beaucoup de candeur et de sensibilité, sans toutefois s'apitoyer sur son sort. J'ai été particulièrement touchée par la solidarité entre elles et les autres patientes qui partagent sa chambre - la manière dont leur présence, qu'elle vit d'abord comme une agression, finit par lui apporter courage et réconfort. Toutefois, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'après-hystérectomie. J'ai regretté qu'elle ne parle pas vraiment des suites de l'opération, des conséquences sur sa santé et sa forme physique, de ce que ça avait pu changer à sa manière d'appréhender la vie. Du coup, bien que ce manga soit intéressant, je l'ai refermé un peu frustrée. 

Traduction de Mireille Jaccard

dimanche 24 février 2019

La semaine en bref #59





Lundi:
★ Remarquant le patch Harry Potter que m'a offert Gasparde, Chouchou s'étonne: "Pourquoi Ravenclaw? Tu es Slytherin, non?". Comme plan B de carrière, il peut tirer un trait sur Choixpeau. 
En revanche, 12 ans et 4 mois après notre rencontre, je suis toujours aussi séduite par son risotto à l'huile de truffe (même si les champignons de Paris ont remplacé les pleurottes depuis belle lurette pour des raisons de commodité!). 

vendredi 22 février 2019

En profiter tant que ça dure




D'ordinaire, le moins qu'on puisse dire de février, c'est que ce n'est pas mon mois préféré: le bel élan de janvier s'est tassé, l'hiver commencer à s'éterniser et le printemps semble encore loin. La seule chose qui le rachète un peu, c'est qu'il a le bon goût d'être court. Mais cette année, février est un mois de renaissance après plus d'un semestre passé la tête sous l'eau, à angoisser de ne plus trouver assez de boulot, à galérer pour me faire payer le peu de travail effectué, à me rendre compte à quel point mon identité et mon estime de moi sont liées à mon métier et à l'indépendance financière qu'il m'a procurée jusqu'ici, à entretenir des idées très noires et à bloquer mon entourage parce que je fonctionne comme ça: mes problèmes, j'ai besoin de les ruminer dans mon coin jusqu'à ce que je leur trouve une solution. Il paraît que vers 3-4 ans, tous les jeunes enfants traversent une phase où ils veulent tout faire tout seuls; moi, ça ne m'a jamais passé. 

mercredi 20 février 2019

"A la Saint-Aimée, fais la liste de tes qualités"






Je viens de voir passer ce dessin sur le compte Instagram de l'illustratrice Margaux Motin, et je trouve que c'est une excellente idée. Il me semble d'ailleurs que j'avais déjà conseillé cet exercice dans un challenge de pensée positive il y a quelques années, mais si je ne m'en souviens plus exactement, c'est qu'il est temps de recommencer! Alors, je me lance. 

dimanche 17 février 2019

La semaine en bref #58





Lundi:
L'éditrice qui m'a proposé une trad vendredi dernier me prévient aujourd'hui qu'elle a également demandé un essai à un de mes collègues. La remise n'est absolument pas pressée, le texte ne comporte aucune difficulté particulière, le style est assez bateau: pourquoi employer ce procédé qui, même si nous faisons tous les deux du bon travail, signifie que l'un de nous aura bossé pour rien? 

vendredi 15 février 2019

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (55): Train Bistro





J'adore les trains - mon petit côté Sheldon Cooper, sans doute. Alors, quand j'ai lu plusieurs critiques de blog élogieuses sur le brunch d'un nouveau restaurant appelé le Train Bistro et situé à deux pas de mon musée bruxellois préféré, le Train World, je me suis dépêchée de réserver une table pour le dimanche suivant. 

jeudi 14 février 2019

Les conversations absurdes #55


CHOUCHOU, après avoir vu une vidéo d'écureuil mignon: En fait, il faudrait s'abonner à The Dodo
MOI: Déjà fait depuis longtemps. Comment crois-tu que je survis en cas de grosse déprime? Les jours où le monde est trop horrible, The Dodo, c'est mon seul réconfort. 
CHOUCHOU: Moi j'écoute les émissions de Rachel Maddow. 
MOI: ...Je ne suis pas certaine que tu aies bien bien compris la notion de réconfort.


Mon cultivateur de bonnes habitudes

mardi 12 février 2019

"La grande traversée" (Shion Miura)


Jeune homme discret et emprunté, Majimé se voit bombardé éditeur d'un dictionnaire en cours d'élaboration. Il ne le sait pas encore mais ce projet ambitieux, baptisé "La grande traversée", va prendre une quinzaine d'années de sa vie...

Enorme succès commercial au Japon, où il a également été adapté sous forme de film et de dessin animé, "La grande traversée" a pourtant mis du temps à me séduire. La quatrième de couverture laissait supposer une forte composante gastronomique à travers le personnage de Kaguya, dont Majimé est amoureux et qui est tout aussi obnubilée par la cuisine que lui par la lexicographie. En réalité, le sujet est à peine évoqué, ce qui m'a  déçue au point que j'ai failli abandonner ma lecture en cours de route. 

Et puis je me suis attachée à ce héros improbable qu'est Majimé. Un peu excentrique, il se fiche des apparences, ne se souciant que de faire le meilleur travail possible: approcher au plus près la vérité de chaque mot, en répertorier toutes les nuances possibles, décider quels termes désuets doivent être éliminés pour faire place à d'autres plus modernes. Un labeur de fourmi dans lequel il met toute son énergie et tout son coeur. Il n'a pour l'assister qu'une équipe réduite: deux hommes âgés spécialistes des dictionnaires, une secrétaire à mi-temps, un collègue désinvolte et moqueur qui va devenir pour lui un précieux allié, et plus tard, une jeune femme d'abord contrariée par sa mutation mais que l'enthousiasme de Majimé va gagner peu à peu. Malgré des années d'incertitude quant au sort de "La grande traversée", il fait preuve d'une obstination sans faille, d'un dévouement à la pureté contagieuse. 

J'ai aimé sa relation peu conventionnelle avec Kaguya, chacun se consacrant entièrement à sa passion et respectant celle de l'autre au détriment d'une vie de famille classique. J'ai aimé l'ambiance du service des dictionnaires, relégué par la maison d'édition dans un vieux bâtiment délabré, insuffisamment financé et considéré avec une pointe de mépris par les autres employés, mais qui se transforme en ruche bourdonnante durant la période de bouclage. J'ai aimé la plaisanterie pourtant pas très fine de Nishioka, prétexte à une annexe amusante à la fin du roman. Bref, même si ce n'était pas tout à fait le roman que je pensais lire lorsque je l'ai acheté, je l'ai finalement beaucoup apprécié. 

Traduction de Sophie Refle

lundi 11 février 2019

La semaine en bref #57





Lundi:
★ Ma prochaine trad n'étant pas pressée du tout, je prends la journée pour m'occuper de diverses corvées. Par exemple, nettoyer la montagne de vaisselle sale accumulée ce week-end cause panne de lave-vaisselle. Ou aller chercher un colis à la poste, et en profiter pour faire les poubelles en quête d'un carton avec lequel envoyer ma prochaine vente Momox. 
★ Plus réjouissant: Chouchou crée une Google Map pour notre prochain séjour à Porto, et je commence à la remplir. Le challenge de ce voyage consistera à organiser une excursion d'une journée au parc naturel de la Serra de Estrela.