mercredi 21 août 2019

Où mes cuisses-qui-se-touchent testent les pantys Chub Rub




Ma copine Jeanne ayant (bien involontairement) lancé sur Facebook une discussion à propos des cuisses-qui-se-touchent et de la torture que ça peut être l'été, une de ses contacts a déclaré qu'elle avait testé les Chub Rub et qu'elle les trouvait géniaux. J'avais bien vu passer la pub, mais je n'achète jamais aucun "produit miracle" découvert par ce biais. Avec la caution d'une vraie personne, en revanche, j'étais disposée à me laisser tenter: la crème Nok, c'est très bien, mais j'oublie d'en mettre 9 fois sur 10 avant de sortir, et par grosse chaleur il faut la réappliquer toutes les 2h, ce qui n'est pas nécessairement très commode. Sans parler du fait qu'en cas de départ en voyage, j'essaie de limiter les liquides pour faciliter le passage de la sécurité avec mon bagage cabine.

lundi 19 août 2019

"Laura Dean keeps breaking up with me" (Mariko Tamaki/ Rosemary Valero-O'Connell)


Entre sa jolie couverture et son titre intrigant, il était inévitable que ce roman graphique attire mon attention. J'avoue avoir un peu hésité à la vue du nom de Mariko Tamaki: en 2014, je crois avoir été la seule à ne pas apprécier du tout "Cet été-là", encensé par la presse comme par le public. Mais j'étais terriblement attirée par le graphisme noir et rose de Rosemary Valero-O'Connell, son trait épuré et pourtant expressif, la composition dynamique de ses planches - alors, je me suis laissée tenter. 

Frederica Riley a 17 ans. Elle aime l'odeur des fraises mais pas leur goût. A ses heures perdues, elle récupère de vieilles peluches pour fabriquer des hybrides délirants dont elle imagine les conversations. Lors du bal de la Saint-Valentin, elle se fait plaquer pour la troisième fois par sa petite amie Laura Dean. Obnubilée par cette fille ultra-populaire et chroniquement infidèle, Freddy délaisse sa bande d'amis et cherche les conseils d'Anna Vice qui tient une rubrique "Courrier du coeur". Il lui faudra près de 300 pages pour réussir à échapper à cette relation toxique. 300 pages dont j'ai savouré la moindre case avec ravissement.

dimanche 18 août 2019

La semaine en bref #84




Lundi:
Plus de deux heures à tuer gare de Lyon et un compte en banque exceptionnellement pas trop dégarni en ce mois d'août: et si j'allais déjeuner au Train Bleu? Oui, c'est cher, et en plus, aujourd'hui, je tombe sur un serveur assez hautain. Mais je me régale avec mon gigot d'agneau à l'ail confit; mon Graves est fantastique, tout comme la crème au chocolat de mon thé gourmand, et j'adore ce cadre au classicisme luxueux si éloigné de mes habitudes. 

vendredi 16 août 2019

Bosser un jour férié




C'est un de mes grands plaisirs de freelance: bosser les jours fériés. 
Quand il n'y a rien à faire à l'extérieur de toute façon.
Quand tout est calme de l'autre côté de mes fenêtres et que le silence facilite ma réflexion. 
Quand je sais qu'aucun mail professionnel ne va venir troubler ma concentration, que mon solde bancaire ne bougera ni dans un sens ni dans l'autre. 
Quand le monde (ou au moins le pays) est à l'arrêt et que je peux me dispenser d'enfiler mon armure au saut du lit.  
Quand je ne dois pas me dépêcher de boucler mon quota de pages pour avoir le temps de caser ceci ou cela en fin d'après-midi. 
Quand je peux prévoir avec délectation ce que je ferai du jour de repos que je prendrai pour compenser. 
Quand je dois me débrouiller avec ce que j'ai dans le frigo, ce qui simplifie la prise de tête de l'avant-repas. 
Quand rien ne m'oblige à prendre de décision importante et à la mettre en oeuvre dans la foulée. 
Quand je me sens tranquille et délicieusement décalée par rapport au reste du monde (ou au moins du pays). 
C'est peut-être curieux, mais les jours fériés où je travaille ont toujours un petit goût de vacances. 

jeudi 15 août 2019

Evolution de la flamboyance


Galway, octobre 2017

Physiquement, s'il y a une chose que j'aime chez moi, ce sont mes cheveux. Epais, ondulés et faciles à vivre, ils sont l'un des rares attributs qui m'a toujours valu des compliments. Et je me suis pas mal amusée avec tout au long de ma vie. A 15 ans, la coupe de Catherine Ringer me valait le surnom de Rita pendant toute mon année de terminale. A 18 ans, une teinture noir bleuté me donnait l'air de Cléopâtre quand j'étais maquillée, et d'une morte-vivante dans le cas contraire. A 20 ans, la première et dernière permanente de ma vie me transformait en caniche (et ne me permettait bizarrement pas de reconquérir mon ex). A 26, un carré rouge et violet accompagnait mon divorce et mon installation aux USA. A 34, un blond malencontreux gâchait les photos de mon premier voyage au Japon. A 41, un splendide ombré hair rose puis violet me coûtait les yeux de la tête juste après la mort de mon père.

dimanche 11 août 2019

La semaine en bref #83




Lundi:
Ce week-end, j'ai découvert l'anime "March comes in like a lion" sur Netflix, et jusqu'à ce que j'aie terminé les deux saisons disponibles, je vais être extrêmement rapide pour boucler mon travail quotidien.

mercredi 7 août 2019

Stratégie de la chute libre




J'émerge d'une période assez difficile. 
Pendant un peu plus d'un an, mon cerveau a oscillé entre "A quoi ça sert de continuer?" les bons jours, et "Tu ferais mieux de chercher la solution la plus rapide et indolore pour en finir" les mauvais. J'ai eu beaucoup de mal à ignorer ses injonctions. 
En cause, mes premières périodes de chômage technique, qui se sont multipliées en s'allongeant à chaque fois. La crainte grandissante de ne plus pouvoir vivre du métier que j'adore. La terreur pure à l'idée de devoir prendre un emploi "normal", avec des gens autour de moi toute la journée et un lieu de travail fixe qui foutrait ma vie en l'air. 
A côté de ça, une actualité de plus en plus anxiogène. L'accélération visible du réchauffement climatique, les mises en garde affolées de la communauté scientifique. La certitude grandissante que nous allons vers un bouleversement total de notre mode d'existence et sans doute une extinction de masse, pas d'ici la fin du siècle comme initialement prévu mais peut-être bien de mon vivant. La rage de voir que les gens en position de pouvoir ne veulent rien faire, parce qu'ils sont assez âgés et assez riches pour penser que les pires effets ne les concerneront pas. 
Bref, une impuissance de plus en plus grande face à des changements tant personnels que généraux qui me terrifient.

mardi 6 août 2019

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (59): Comptoir Rodin




Installé dans un beau bâtiment en brique qui abritait une caserne autrefois, le Comptoir Rodin est un "restaurant de jour", ouvert de 8h30 à 15h30 en semaine et de 10h30 à 16h le week-end. J'avais entendu parler de son brunch réputé délicieux, mais j'avoue que j'étais  freinée par le prix: 29€ par personne, avec seulement une boisson chaude incluse, c'est plus que ce que je paye la plupart de mes repas au restaurant. J'ai donc attendu que nous soyions un peu en fonds pour tester. 

dimanche 4 août 2019

La semaine en bref #82




Lundi:
Levés à 3h45 pour prendre un taxi (remarquablement ponctuel) une demi-heure plus tard. Je n'ai quasiment pas dormi pour la seconde nuit consécutive et je vole aux vapeurs d'essence. Après un Tallinn-Bruxelles sans encombre, nous franchissons la porte de chez nous à 9h, au moment où nous sortirions à peine du lit en temps normal. 
 A mon immense surprise, je reçois un avis de virement pour la première partie de l'à-valoir du bouquin que j'ai commencé à traduire fin juin, et dont je n'attendais pas le paiement avant fin août dans le meilleur des cas. Plus une mensualité d'un autre éditeur, qui risquait d'être reportée au mois prochain pour des raisons administratives. Des semaines qui débutent comme ça, j'en veux bien tout le temps.
 Je retrouve ma couverture lourde avec bonheur: mine de rien, je m'y suis déjà habituée, et j'ai moins bien dormi sans pendant notre city trip.

jeudi 1 août 2019

Envies d'août




CULTURE

"La calanque de l'aviateur", roman feel-good sur lequel j'ai lu d'excellentes critiques

"The downstairs girl" de Stacey Lee, autrice AsAm dont j'avais déjà adoré "Outrun the moon"

Le 9ème et dernier tome du merveilleux "Kamakura diary", manga "tranche de vie" feel-good parmi mes séries préférées de tous les temps

SORTIES
Un déjeuner au Bistrok, à Toulon

Une nuit dans l'hôtel du phare de Corsewall, en Ecosse - à voir pour le printemps prochain

SHOPPING

Le Vogue anglais de septembre, édité par Meghan Markle et plein d'interviews de femmes inspirantes

Ce beau tissu imprimé renards, signé de mon illustratrice chouchou Jennifer Orkin Lewis (sauf qu'il faudrait aussi que j'apprenne à coudre pour pouvoir en faire quelque chose!)

Ce canapé d'angle bleu canard en remplacement de notre convertible Maisons du Monde chocolat, fort défraîchi et surtout un peu trop court pour y dormir confortablement lorsque 50% des membres du foyer empêchent les 50 autres de fermer l'oeil avec leurs ronflements

mardi 30 juillet 2019

[TALLINN] Conseils pratiques et bonnes adresses




Notre city trip à Tallinn était formidable, cinq jours merveilleux qui m'ont envie de recommander cette destination à quiconque voudrait bien m'écouter.

Lectures de Juillet 2019




ROMANS:
- Black Rabbit Hall (Eve Chase) ♥︎♥︎
- But not forever (Jan Von Schleh) ♥︎♥︎
- The bookish life of Nina Hill (Abbi Waxman) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The charmed life of Alex Moore (Molly Flatt)
- Ducks, Newburyport (Lucy Ellman) - en cours
- This is how you lose the time war (Amal El-Mohtar) ♥︎♥︎
- The clockmaker's daughter (Kate Morton) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The escape room (Megan Goldin) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA:
- KakushiGoto #3 (Kôji Kumeta) ♥︎♥︎♥︎
- La voie du tablier #1 (Ono Kôsuke) ♥︎
- Umami #1 (Ken Niimura) ♥︎

dimanche 28 juillet 2019

[TALLINN] Où je réussis à ne pas m'ennuyer dans un musée d'art




J'ai passé une nuit absolument horrible: réveillée à 1h30, j'ai lutté pour réprimer une attaque de panique jusqu'au lever du jour, en essayant de me convaincre que mon cerveau me mentait et que non, ça ne valait pas la peine de me jeter par la fenêtre pour si peu. J'ai fini par m'endormir épuisée vers 5h du matin. Je refais surface à 9h passées, pas fraîche du tout. Mais il fait super beau; c'est notre dernière journée à Tallinn et j'ai bien l'intention d'en profiter. 

samedi 27 juillet 2019

[TALLINN] Où mon obstination finit par payer




Je me réveille sur le canapé (au demeurant très confortable) où j'ai fini la nuit pour échapper aux ronflements de Chouchou, contre lesquels même mes bouchons d'oreille sont devenus insuffisants. Après un petit-déjeuner de thé vert et de tartines grillées à la confiture de fraise, nous partons à pied vers le nord de la Vieille Ville. Il fait plus chaud que les jours précédents et malheureusement, notre parcours d'aujourd'hui est assez pauvre en ombres... En traversant la gare ferroviaire, nous croisons des personnes âgées qui vendent des chaussettes en laine et autre bricoles sur des nappes posées à même le sol au bord des rails. Cette curieuse ambiance de marché aux puces clairsemé et un peu miteux nous accompagne sur toute la première partie de notre promenade à travers un quartier industriel délabré, où le soleil cogne très fort et où les voitures comme les passants sont quasi inexistants, mais où fleurissent les street arts plus ou moins réussis. A un moment, nous passons près d'un snack en préfabriqué désert, dont les haut-parleurs claironnent un morceau de country qui recouvre le peu d'autres sons alentour...  Nous finissons par atteindre la civilisation le Telleskivi Creative City, une usine reconvertie où se massent des pop-up stores de marques plutôt obscures, et où des cafés-restos healthy qui se ressemblent tous côtoient un musée de la photographie suédois assez réputé. Ici aussi, nous faisons une belle moisson de street art, mais l'insolation menace et nous ne nous attardons guère. 

vendredi 26 juillet 2019

[TALLINN] Où David Bowie et Depeche Mode nous accompagnent dans l'espace et sous terre




Nous nous levons tard et encore fatigués par la journée d'hier, qui serait passée crème il y a encore 5 ou 6 ans. On se fait vieux, et nos jambes avec nous! Il est plus de 11h quand nous quittons l'appartement pour nous rendre au musée de la ville - que je visite presque à chacun de mes city trips afin d'en apprendre un minimum sur l'endroit où je me trouve. Celui de Tallinn est bien fichu et très intéressant. J'aime surtout l'expo qui retrace les 100 dernières années d'évolution historique par bond de décennie en décennie, les années en "8", la maquette de la Vieille Ville sur laquelle nous trouvons très facilement la maison où nous logeons, la collection de céramiques et de porcelaines, ainsi que la reproduction d'une maison de marchand du XVIIème siècle façon maison de poupée. (Et ici, les marches font une hauteur normale, merci pour mes genoux!)

jeudi 25 juillet 2019

[TALLINN] Où nous faisons le plein de calories et d'églises




Je me réveille spontanément vers 8h30, et comme nous aimons prendre notre temps le matin, il est 10h30 lorsque quittons l'appartement. Nous prenons la direction de l'ancien mur d'enceinte (une des fortifications médiévales les mieux préservées d'Europe), sur lequel on peut monter au niveau de la tour Helleman. Les escaliers en pierre sont étroits, avec des marches si hautes que j'en suis quasiment réduite à les escalader à quatre pattes. Doit-on en déduire que les Estoniens du Moyen-Age mesuraient 2,12 mètres? Ma perplexité est grande (plus que mes jambes, de toute évidence). Mais une fois en haut, on jouit d'une vue sympa sur les toits de la Vieille Ville. 

mercredi 24 juillet 2019

[TALLINN] Où nous tombons sous le charme de la Vieille Ville




Le réveil à 6h pique un peu, d'autant que comme toutes les veilles de départ, je n'ai presque pas dormi. Bizarrement, c'est beaucoup moins difficile de m'arracher à mon lit que si c'était deux heures plus tard et que je devais passer la journée à bosser! Juste le temps de nous doucher et de sauter dans nos vêtements, et nous partons prendre la navette pour Zaventem. Tout se passe sans encombre: pas de bouchons sur la route de l'aéroport, aucune attente au contrôle de sécurité, un embarquement à l'heure et zéro problème de bagages - je pars avec mon sac à dos de 30 litres à moitié plein seulement; Chouchou avec une petite valise cabine noire bourrée massacre. Durant le vol paisible, le ciel est si dégagé que nous pouvons voir le nord de l'Europe défiler en contrebas. Nous nous posons à Tallinn vers 12h30 heure locale (+1 par rapport à la France et la Belgique) et filons tout droit prendre le tram n°4 qui, pour la folle somme d'1€ par personne, nous amène dans le centre-ville en une demi-heure environ. Jusqu'ici, c'est un sans faute. 

mardi 23 juillet 2019

Les conversations absurdes #69


MOI, chatouillant le ventre de Chouchou: Regarde, il y a une araignée qui essaie de se faire un nid dans ton nombril!
CHOUCHOU, sévèrement: Pas d'araignée dans le nombril. 
CHOUCHOU, après un temps de réflexion: Des fleurs, à la limite. 
MOI: ...D'accord, quel genre de fleurs?
CHOUCHOU, très sûr de lui: Des jonquilles.
MOI, surprise car il sait à peine distinguer une rose d'un tournesol: Mais, euh, tu sais à quoi ça ressemble, au moins?
CHOUCHOU: Oui. C'est jaune, avec une sorte de collerette. 
MOI, de plus en plus surprise: Tout à fait. Et tu sais ça parce que...?
CHOUCHOU: A l'école primaire, j'étais Jonquille. 
MOI: ...Pardon?
CHOUCHOU: C'était comme ça qu'on m'appelait. Pour nous faire apprendre le nom des fleurs, on nous en attribuait une chacun, avec l'image correspondante. Moi, j'étais Jonquille. Mon amie Isabelle était Tulipe. Et il y avait un pauvre gars qui s'appelait Crocus.
MOI, rêveuse: "A l'école primaire, j'étais Jonquille"... Only in Belgium.

dimanche 21 juillet 2019

La semaine en bref #80




Lundi:
Les e-billets se généralisent; n'ayant pas de smartphone, je devais depuis quelques mois trimballer presque partout mon vieil iPad de 2011, qui prenait beaucoup de place et pesait lourd dans mon sac. Je le troque avec bonheur contre un iPad mini qui m'enchante tant par son format idéal (moitié plus petit que le précédent, mais assez grand pour mes mauvais yeux et mes gros doigts) que par sa légèreté. 
 Il y a les filles dont le partenaire demande la main avec des coeurs dans les yeux. Et puis il y a moi, dont Chouchou doit demander le pouce 37 fois en l'espace de 10 minutes en me tendant l'iPad mini que je ne suis pas fichue de configurer moi-même.

mercredi 17 juillet 2019

Les conversations absurdes #68


CHOUCHOU: Le gouvernement bruxellois est formé, et il a annoncé sa politique générale.
MOI: ...Le gouvernement belge, non? 
CHOUCHOU: Non, non, le gouvernement bruxellois. Celui de la région Bruxelles-Centre. C'est autre chose que le gouvernement belge. 
MOI: Je. Hein. Sérieusement? Pas étonnant que vous soyez le pays au monde avec le plus de ministres par tête de pipe. 
MOI: Du coup, j'espère que le gouvernement de notre rue est stable, car celui de la chambre à coucher menace de se rebeller contre l'irrégularité de nos horaires. 

lundi 15 juillet 2019

Les conversations absurdes #67


CHOUCHOU: Heureusement que je suis fort là où tu es nulle et inversement. Imagine un individu qui cumulerait nos tares à tous les deux. 
MOI: Tu veux dire quelqu'un de désordonné et désorganisé qui oublierait tout tout le temps, qui serait en permanence couvert de taches de bouffe, qui ne saurait pas faire fonctionner un seul appareil électronique et refuserait de conduire ou de fréquenter d'autres gens? Espérance de vie du boulet cosmique: trois jours à vue de nez.

dimanche 14 juillet 2019

La semaine en bref #79




Lundi:
 Ma soeur (en télétravail le lundi) et moi passons la journée à travailler sur sa table de salle à manger pendant que Darklulu, en vacances et désoeuvré après la demi-heure d'exercice physique recommandée par son coach, se plaint de s'ennuyer ferme sans son frère. 
 Le fraîchement motorisé Attila repasse à la maison entre deux soirées pour faire son inscription en fac de médecine. Sa mère l'aide en tapant les infos sur internet. "Catégorie socio-professionnelle," marmonne-t-elle. "Sur-shité", déclare le nouveau bachelier du tac au tac. Enfin, je crois entendre "sur-shité", mais mes contacts Facebook m'informent qu'en réalité, c'est "sur-cheaté", en référence aux jeux vidéo et non à la consommation de substances illégales. Ce qui en dit long sur nos adolescences comparatives, à Attila et à moi. 
 La petite broche homard en soldes que j'ai commandée sur le site des Néréides arrive chez ma mère dans un emballage grand comme une boîte à chaussures, avec des milliards de couches de protection inutiles. Je ne réitèrerai pas l'expérience. 

samedi 13 juillet 2019

Les conversations absurdes #66


CHOUCHOU, tentant de me convaincre d'aller voir une expo: Non mais Bruegel, c'est un peintre extrêmement comique. On lui commandait des sujets religieux, il les foutait tout petits dans un coin de son tableau et sur le reste de la toile, il peignait des scènes de la vie quotidienne flamande. Ou alors, il traitait le thème d'une manière inattendue. Dans "La chute d'Icare", tu vois un paysan en train de labourer au bord de la mer, avec juste un pied qui dépasse de l'eau dans le fond. 
MOI, à contrecoeur: OK, tu le vends bien.
CHOUCHOU, encouragé: Ses tableaux, il faut les REGARDER.
MOI: ...Par opposition à tous les autres peintres dont on va voir les expos les yeux bandés?

jeudi 11 juillet 2019

J'ai (enfin) testé la couverture lourde




Il y a un peu plus d'un an, j'entendais parler pour la première fois des couvertures lourdes (ou couvertures lestées) utilisées dans le traitement des troubles du sommeil et de l'anxiété chronique, particulièrement chez les autistes. Ma première réaction a été un peu sceptique, de l'ordre de "Mouais, je ne vois pas comment c'est censé fonctionner". Puis je me suis rappelé le bien-être inexplicable que je ressentais, enfant, en me glissant sous le lourd édredon en satin safran qui recouvrait le lit de mon arrière-grand-mère. J'ai pensé à mes difficultés d'endormissement toujours plus grandes en été, non seulement à cause de la chaleur elle-même, mais parce qu'elle me dissuade de me couvrir, ce qui entraîne un sentiment de vulnérabilité aiguë et m'empêche de mettre ma vigilance suffisamment en veille pour basculer dans le sommeil. J'ai pensé qu'en effet, ça pouvait être intéressant, mais que le résultat n'était pas garanti. J'ai tendance à rester hermétique aux formes de thérapies alternatives qui fonctionnent pourtant bien sur la plupart des gens - à titre d'exemple, l'hypnose, dont je ne conteste pas l'efficacité dans l'absolu, est absolument sans effet sur moi. Dans ces conditions, j'hésitais à dépenser entre 150 et 200€ pour me retrouver avec un objet encombrant qui ne me servirait peut-être à rien. Mais ces derniers temps, les problèmes liés à mon travail ont poussé mes troubles psychiques et comportementaux à un niveau difficilement gérable, et je me suis enfin décidée à essayer. 

mardi 9 juillet 2019

D'un bout à l'autre



35 ans à redouter de tomber enceinte, à devoir gérer seule la question de la contraception, à assumer tout aussi seule (physiquement et moralement) la fois où il y a eu accident de pilule. 10 ans à entendre que je changerais d'avis sur la question des enfants parce que "toutes les femmes en veulent", puis 15 à m'entendre demander "Mais pourquoi tu n'en veux pas?" sur un ton impliquant que ça relevait quand même d'une pulsion contre-nature et d'un égoïsme monstrueux. Le jugement de tout le monde sur mes choix de vie, tout le temps.

lundi 8 juillet 2019

La semaine en bref #78




Lundi:
 Après mûre délibération, le verdict est tombé: je n'aime plus l'été. La chaleur me colle la migraine dès le réveil, la clim' me rend malade, sortir avant 18h est inenvisageable et il y a tellement de guêpes à Monpatelin que je n'ose même pas ouvrir les fenêtres pour aérer. Rendez-moi l'hiver où un gros pull et un thé fumant résolvent la plupart des problèmes saisonniers. 

dimanche 7 juillet 2019

18




Il avait dit qu'il ne voulait rien faire pour ses 18 ans, et surtout pas mélanger ses copains du lycée et ceux du hockey. Bien entendu, ses parents n'en ont tenu aucun compte. Hé bien, même quelques centaines de mètres à porter une caisse de champagne sous un soleil de plomb, ça fait les muscles.  Comment ça, LA CLIM DU RESTO EST EN PANNE?  Ma soeur avait dit aux jeunes de venir à 19h30 en pensant qu'ils arriveraient à 20h; moralité: ils sont là à 19h10, et tout le monde crève de soif en attendant le héros du jour, que son père avait prévu d'amener pour 20h15.  C'est normal que les copines d'Attila se ressemblent toutes?  Mon Dieu, mais son meilleur pote a de la barbe★ En principe, le punch, c'est beaucoup de jus de fruits avec un filet de rhum pour parfumer; là, je pense qu'ils ont fait l'inverse. Un (grand) verre et hop! Je suis bourrée.  "Oh, vous êtes l'amie infirmière de ma soeur qui venait tous les jours chez mes parents pour les piqûres anti-phlébite? Mon père vous aimait beaucoup." Regard direct et sourire franc: "C'était réciproque." Ne pas pleurer, ne pas pleurer.  "Pour atténuer les symptômes pénibles de la ménopause, tu devrais essayer l'homéopathie. Ca marche hyper bien", s'enthousiasme une autre amie de ma soeur. Elle a de la chance que l'alcool émousse mes arêtes.  Sous l'influence du punch-qui-tabasse-sa-mémé, je tiens à Darklulu un grand discours dont une petite voix dans ma tête me répète en boucle que j'en serai mortifiée demain matin.  J'ai beaucoup de points communs avec cet enfant, mais il est nettement plus déterminé que moi à son âge. "A la rentrée, je fête mes 13 ans en sport-études à Grenoble. A 16 ans, je serai en Finlande, et à 18 en Amérique du Nord", m'explique-t-il très calmement.  Ces frites sont étrangement délicieuses. Il ne serait pas belge, le cuistot?  Comme on discute de la chaleur étouffante, le très sympathique ex-coach d'Attila déclare que pour sa part, il adore ça, et croit utile de préciser: "Mais je suis canadien". Monsieur, comment te dire? Ton accent à couper au couteau t'avait un brin trahi.

mercredi 3 juillet 2019

Envies de juillet




CULTURE

la saison 3 de "Stranger Things", dès demain!

le revival de "Veronica Mars" sur Hulu (je n'ai pas aimé le film, mais l'affiche et le trailer de cette nouvelle saison me donnent de grands espoirs)

"This is How You Lose the Time War": voyage dans le temps et rivales lesbiennes - il me FAUT ce roman

la nouvelle conférence de Brené Brown sur Netflix: "Le pouvoir de la vulnérabilité" figure dans le top 3 des TED Talks les plus regardés, et celle-ci a l'air tout aussi géniale

SORTIES

un escape game dans la salle Steampunk d'Immersea Paris - et un autre dans la salle Cthulhu, pendant qu'on y est

l'expo de dioramas de Céline Chevrel, à Lille

un cocktail au Sanzaru et un autre chez La famille, à Bruxelles

le spectacle de Dita Von Teese au Cirque Royal (mais c'est en mars prochain, et je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où je serai à ce moment-là...)

SHOPPING

deux pelotes de cette superbe laine We are knitters peinte à la main pour laquelle j'ai de grands projets - elle est épuisée et ne reviendra en stock que début septembre, mais je saurai être patiente

cette besace Nat & Nin: je l'ai déjà eue en deux exemplaires (un beige glacé et un rouge lisse) qui avaient très mal vieilli, mais sa forme est parfaite pour moi et j'adore cette nouvelle teinte "épices" ainsi que sa texture peau de pêche

cette couverture lestée: ça fait des mois que je me tâte pour en acheter une car je suis certaine que ça m'apporterait plus de sérénité le soir au moment de m'endormir, lorsque mes angoisses tendent à être les plus ravageuses

cette broche homard bleu qu'on dirait créée spécialement pour moi (si je me fais un 4ème tatouage un jour, ce sera un homard bleu)

lundi 1 juillet 2019

La semaine en bref #77




Lundi:

Partie de l'appart de Bruxelles vers 9h10, arrivée à l'appart de Monpatelin vers 21h50. Entre les deux, un chouette déjeuner avec la toujours pétillante AF, quelques photos de street art au hasard des rues parisiennes, un délicieux Nagomi Yuzu et de petites emplettes de thé chez Lupicia, 20 mn au téléphone avec Attila, deux mangas et une bédé lus en entier, un roman fini et un autre bien avancé. Au moins, j'arrive à tirer le meilleur parti de ces trajets absurdes. Et j'adore la place isolée dans le Ouigo, qui me donne l'impression de voyager en 1ère pour 19€ le Paris-Toulon.
 Recevoir la nouvelle adresse de Shermane me plonge en plein trip nostalgie: elle habite désormais à quelques centaines de mètres de l'ancienne maison de JC et Brigitte, cet endroit où j'ai de si merveilleux souvenirs mais qui n'existe plus que dans la mémoire des chanceux qui l'ont fréquenté. 

dimanche 30 juin 2019

Héroïnes du moment




Megan Rapinoe, capitaine de l'équipe américaine de football, première athlète blanche à avoir mis un genou en terre pendant l'hymne national afin de protester contre les brutalités policières envers les Noirs, en une de la presse ces derniers jours pour son refus de se rendre à la Maison Blanche. 

samedi 29 juin 2019

Lectures de Juin 2019




ROMANS:
- Une vie de homard (Erik Fosnes Hansen)
- City of girls (Elizabeth Gilbert)
- Magic Charly #1: L'apprenti (Audrey Alwett) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- How to save a life (Sara Zarr) ♥︎♥︎♥︎
- Recursion (Blake Crouch) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Nos mains en l'air (Coline Pierré) ♥︎♥︎♥︎
- The bookshop on the shore (Jenny Colgan) ♥︎♥︎♥︎
- Queenie Malone's paradise hotel (Ruth Hogan) ♥︎♥︎♥︎
- The tenth muse (Catherine Chung) ♥︎♥︎
- Middlegame (Seanan McGuire) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA:
- La cantine de minuit #5 (Yarô Abe) ♥︎♥︎♥︎
- La lanterne de Nyx #2 (Kan Takahama) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Aspirine #2: Un vrai bain de sang (Joann Sfar) ♥︎♥︎♥︎
- BL Métamorphose #1 (Kaori Tsurutani) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Five years #2 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎
- Time shadows #1 (Yasuki Tanaka) ♥︎♥︎
- March comes in like a lion #13 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Cher corps (Léa Bordier) ♥︎♥︎
- Divines #1 (Kamome Shirahama) ♥︎
- Ces nuances entre nous #1 (Chihiro Hiro) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS:
- La cuisine japonaise illustrée (Laure Kié/Haruna Kishi) ♥︎♥︎♥︎
- Reflexology for beginners (Paula Thayer) ♥︎

mercredi 26 juin 2019

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (58): Chez ta mère




En avril, je testais les (délicieux) cocktails de Chez ta mère, un nouveau bar qui venait d'ouvrir près de la place Fernand Cocq, et je promettais au (charmant) barman de revenir un jour pour tester leur brunch. La semaine dernière, un menu assez alléchant publié sur leur page Facebook m'a décidée à mettre ma menace à exécution.

lundi 24 juin 2019

C'est pas grave




C'est pas grave de franchir le cap d'une nouvelle dizaine: l'essentiel, c'est d'être toujours là.

C'est pas grave d'avoir quelques kilos en trop et de ne pas ressembler aux couvertures des magazines (même les mannequins qui sont dessus ont du mal à se reconnaître): l'essentiel, c'est de se sentir bien dans son corps.

C'est pas grave d'être réfractaire à la méthode KonMari et de vivre dans un appart toujours en bordel malgré ses bonnes intentions: l'essentiel, c'est d'avoir un toit sur la tête et de la joie à mettre dessous - même en désordre.

dimanche 23 juin 2019

La semaine en bref #76




Lundi:
Le matin, j'envoie un texto à Attila afin de lui souhaiter bonne chance pour le bac dont les épreuves commencent aujourd'hui. Le midi, il me répond que "la philo s'est bien passée selon lui, mais que selon le correcteur, c'est différent en général". Au moins, il est lucide. Et drôle. Mais il a d'excellents gènes du côté maternel. Pour le côté paternel, le jury n'a pas fini de délibérer.
 Après des semaines à tourner autour du pot, je finis par m'inscrire sur Creative Bug pour commencer le cours d'illustration à la gouache de Jennifer Orkin Lewis. Assez vite, je m'aperçois que mon carnet a un papier bien trop fin et que mes pinceaux ne conviennent pas. Mais au moins, je suis lancée!

samedi 22 juin 2019

Où je me lance enfin dans le tissage




Début 2018, parmi mes résolutions de Nouvel An, il y avait "apprendre le tissage et réaliser une pièce à suspendre au-dessus de mon canapé", une idée qui me trottait dans la tête depuis un bon moment déjà. Dès le mois de février, je commandais un métier de grande taille (et d'excellente qualité) sur cette boutique Etsy. Les instructions fournies avec étaient bien trop sommaires pour une débutante complète. J'ai regardé une vidéo Youtube pour apprendre à monter la chaîne, puis j'ai posé le métier à tisser dans un coin de mon bureau et je n'y ai plus touché. Je me suis procuré un bouquin qui avait l'air chouette; j'ai lu le début; j'ai pensé: "En fait, il faut vraiment que je voie faire quelqu'un", et j'ai eu la flemme de continuer à coups de vidéos Youtube. J'ai mollement cherché des cours ou des ateliers à Bruxelles, sans rien trouver qui me tente. 

jeudi 20 juin 2019

Les conversations absurdes #65


CHOUCHOU: Pourquoi tu as écrit que je tyrannisais mes provinces dans Rebel Inc.? Je les pacifie, c'est différent. (Une pause.) Enfin, je suis quand même souvent obligé d'envoyer l'armée. (Une autre pause.) Mais c'est la faute des gens. Je leur organise des élections, et ils ne sont jamais contents. Il faut bien que je ramène un peu d'ordre. 
MOI, entre mes dents: Manu, sors de ce corps. 

mercredi 19 juin 2019

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (57): BRUT Food




Sur la recommandation d'une lectrice, dimanche dernier, nous sommes allés tester un nouveau lieu de brunch proche des étangs d'Ixelles. Nous avions pu réserver pour le service de midi sur internet - ce que j'ai apprécié vu que je déteste le téléphone. Conformément au modèle des maisons bourgeoises locales, BRUT est disposé sur trois pièces en enfilade, la cuisine occupant celle du fond. Une serveuse nous a attribué une petite table dans celle de devant et a pris nos commandes de boissons chaudes. Le choix de thés était assez limité: un vert au citron et à la badiane (que nous n'aimons ni l'un ni l'autre), un noir, un rooibos et une tisane à base d'hibiscus. Les boissons froides étaient en supplément de la formule à 25€, et nous n'en avons pris. 

mardi 18 juin 2019

Les conversations absurdes #64


Nous venons d'éteindre la lumière, et nous nous tortillons un moment pour trouver une position confortable l'un face à l'autre. 
CHOUCHOU: Là, voilà. Tu es bien? 
MOI, d'une voix quelque peu étouffée: J'ai le nez dans tes poils de poitrine. Ca chatouille. 
CHOUCHOU, sur un ton très satisfait: C'est là qu'est ta place. Dans le champ des possibles. 
MOI, ronchonnant: Le champ des possibles me donne envie d'éternuer. 

La stratégie anti-patate de canapé


La moitié de l'année étant déjà écoulée, le moment me semblait bien choisi pour faire un petit bilan de mes résolutions 2019. J'avais décidé de développer deux nouvelles habitudes: pratiquer le yoga 20 mn par jour, et dessiner dans mon agenda chaque jour. Au bout de six mois, voici ce que ça donne (les photos ont été prises dimanche):





lundi 17 juin 2019

La semaine en bref #75




Lundi:
 Audrey Alwett me remercie pour ma critique de son dernier roman et la relie sur Twitter, ce qui me fait ultra plaisir. 
Discussion houleuse mais fructueuse sur la gestion des repas, LE point problématique de notre quotidien depuis 12 ans. Un moment difficile, mais de ceux qui font avancer le schmilblick.
 Dans la foulée, je décide d'investir dans une couverture lestée dès que j'aurai été payée pour mon boulot d'avril. J'y songe depuis des mois, et je suis de plus en plus convaincue que ça me ferait beaucoup de bien. 

dimanche 16 juin 2019

"Recursion" (Blake Crouch)


Bonjour, je m'appelle Armalite et je suis accro aux histoires qui me retournent les méninges.

Il y a 3 ans, j'étais scotchée par "Dark matter", uchronie personnelle renversante signée Blake Crouch.

Hier, j'ai probablement raccourci mon espérance de vie de 5 ans en lisant le dernier roman du même auteur.

Pourtant, ça n'avait pas si bien commencé. Dans "Recursion", on suit deux trajectoires en parallèle. Helena Smith est une neuroscientifique brillante qui a dédié son existence à combattre la maladie d'Alzheimer. Dans ce but, elle fabrique une chaise censée enregistrer les souvenirs des patients afin de les leur restituer ultérieurement. Onze ans plus tard, Barry Sutton, inspecteur dans la police de NewYork, est confronté au suicide d'une femme atteinte du Syndrome des Faux Souvenirs, une étrange maladie qui a fait son apparition récemment et dont nul n'est encore parvenu à identifier les causes ou le fonctionnement...

mardi 11 juin 2019

L'étoffe dont on fait les amis



Les relations humaines ont toujours été une chose extrêmement compliquée pour moi. 

Je n'ai pas eu d'amis avant l'âge de 15 ans et mon arrivée dans un club de jeux de rôles fréquenté par des hordes de garçons tout aussi asociaux que moi. Même alors, nos rapports étaient surtout fondés sur le partage d'une activité excitante qui ne nous obligeait pas à aborder quelque sujet personnel que ce soit. Pour le reste, je n'avais aucun point d'accroche avec mes camarades de classe, tous beaucoup plus vieux que moi (et beaucoup plus bêtes, de mon avis qui n'engageait que moi). Ca ne s'est pas arrangé quand j'ai débarqué dans une grande école de commerce où en plus du fossé de l'âge qui s'était encore creusé entre-temps, j'ai été confrontée au fossé de classe sociale et d'ambitions radicalement divergentes qui béait entre eux et moi - ils voulaient conquérir le monde merveilleux de l'entreprise; je n'aspirais qu'à bosser tranquillement dans mon coin sans avoir de comptes à rendre à personne.

lundi 10 juin 2019

"Magic Charly #1: L'apprenti" (Audrey Alwett)


Prenez:
- un jeune héros noir, grand et athlétique, dont les gens se méfient dans la rue alors qu'il est adorable et hyper respectueux des filles;
- sa mère qui est aussi la proviseure de son drôle de lycée, l'Ecole des Allumettes Hurluberlu, et qui peint à ses heures perdues;
- sa grand-mère qui vient juste de refaire surface 5 ans après sa disparition mystérieuse, en ayant complètement perdu la mémoire;
- sa meilleure amie, héritière d'une fabrique de confiserie, qui se pend pour une rebelle et accumule toutes les bêtises possibles;
- une de leurs camarade de classe, éternelle bonne élève plutôt désagréable mais particulièrement douée pour diriger les opérations de nettoyage en grand.
Incorporez-les à un monde apparemment semblable au nôtre, mais où la magie existe. Ceux qui la pratiquent sont appelés "magiciers" et soumis à des règles très strictes - sauf, évidemment, s'ils font partie de l'élite des Académiciens et autres riches habitants de la cité de Thadam. 
Ajoutez quelques artefacts merveilleux, comme une théière perpétuelle qui sert chaque fois un thé différent selon l'humeur de la personne qui va le boire, ou une serpillère animée répondant au doux nom de Pépouze. Plus un crocodile familier, histoire d'apporter un peu de mordant.
Saupoudrez de réjouissantes références aux classiques du genre (Harry Potter et Les Annales du Disque-Monde en tête). 
Laissez cuire à petit feu pendant les deux tiers de l'histoire, le temps que le héros entame très laborieusement son apprentissage. 
Puis, lorsque le mélange commence à prendre, jetez un gros twist en plein milieu, et regardez l'explosion résultante éclabousser les lecteurs ahuris.
Terminez par une confrontation épique et-pic-et-colégram, ponctuée d'un double cliffhanger qui devrait plonger tous les gourmets littéraires dans le désespoir et ne leur laisser qu'une seule phrase aux lèvres: "La suite, et vite!". 
Agrémentez d'une couverture embossée, à l'illustration si jolie que même les accros de la liseuse se jetteront sur la version papier. 
Il ne vous reste plus qu'à servir ce premier tome de "Magic Charly" encore tout chaud et à le dévorer dans la foulée comme il le mérite. 

dimanche 9 juin 2019

La semaine en bref #74




Lundi:
Fenêtre fermée, je ne dors pas parce que j'ai trop chaud. Fenêtre ouverte, je suis réveillée par des petits salopards d'oiseaux qui chantent à gorge déployée dès 4h40. L'été s'annonce bien.
 Nous regardons le dernier épisode de "Good omens". J'ai globalement beaucoup aimé, malgré la disparition de plusieurs de mes scènes préférées du livre. Chouchou, en revanche, a trouvé l'apocalypse riquiqui. Je lui fais remarquer que c'est une histoire de gens, de choix, de pouvoir de l'imagination et pas de grosse baston, mais il semble peu convaincu. 

samedi 8 juin 2019

Les conversations absurdes #63


CHOUCHOU: J'ai eu trois expériences mystiques dans ma vie. Une à Villeneuve-lès-Avignon, une à Kyoto, et une au Crazy Horse. 
MOI: Au Crazy Horse? 
CHOUCHOU: Oui. Tu te souviens, la fois où tu avais pris des places pour aller voir le spectacle de Dita von Teese, et qu'on s'était retrouvés au premier rang? Pendant le numéro du bain noir, elle s'est approchée du bord de la scène, elle s'est retournée et penchée en avant, et là, j'ai vu la lumière. 
MOI: ...
MOI: Si je comprends bien, 33% de tes expériences mystiques, c'était le cul de Dita von Teese. 
CHOUCHOU: Tout à fait. (Silence pensif.) Vu sous cet angle, ça fait beaucoup. Mais dès ma prochaine expérience mystique, ça tombera à 25%.
MOI: Ou ça montera à 50. 

mardi 4 juin 2019

Envies de juin




un bol de spaghetti au nouveau Bavet de la rue du Bailli
(à l'emplacement du regretté salon de thé Umami, parti s'exiler dans le Neuilly bruxellois où je ne mets pratiquement jamais les pieds)

le premier tome de "The Poe clan" de Moto Hagio
(si vous aimez le shôjo et que vous n'avez rien lu de cette autrice au dessin sublime, vous avez raté votre vie)

...et celui de "Time shadows"
(d'un auteur inconnu de moi, mais comment passer à côté d'un manga qui parle de voyage dans le temps?)

"Magic Charly", le nouveau roman d'Audrey Alwett
(dont j'avais a-do-ré "Les poisons de Katharz")

la deuxième saison de "Dark"
(série retourne-méninges par excellence - j'espère qu'il y aura un bon résumé au début, car j'ai totalement oublié qui est qui!)

le sublime ensemble Lego "Stranger Things"
(son prix étant sublime lui aussi, et notre appartement ne s'étant toujours pas changé en Tardis, je me contenterai de l'admirer de loin)

un puzzle Orbicular Geode
(chacun d'eux est une pièce unique, inspiré de la formation des agates, et je bave devant depuis deux semaines)

un abonnement à Superprof.be
(pour trouver des cours particuliers de plusieurs techniques que j'ai envie d'apprendre, notamment le tissage et la céramique)

cette parure de lit ambiance tropicale
(toutes les miennes sont sérieusement défraîchies, et j'adore le motif)

cette robe kaki Cora Kemperman
(pas du tout de saison, je l'avoue, mais il n'y en aura certainement plus d'ici l'automne)

lundi 3 juin 2019

Les conversations absurdes #62




Ce matin, j'ai publié la photo ci-dessus en story Instagram avec la question:
A: Ceci n'a rien à faire dans le frigo car c'est VIDE?
B: Pas du tout, il en reste encore PLEIN?

Dans l'après-midi, Chouchou vient me parler sur Messenger.
CHOUCHOU: Alors, ce sondage, ça donne quoi? 
MOI: 33 A contre 12 B. LE PEUPLE EST DANS MON CAMP.
CHOUCHOU: Il est aussi dans le camp de l'extrême-droite pour le moment. A ta place, je ne me fierais pas à des jugements trop hâtifs. 

dimanche 2 juin 2019

La semaine en bref #73




Lundi:
C'est sympa de distribuer des guides pratiques à toutes les places des trains ICE, mais quand ma correspondance prévue ne figure pas dans la liste, ça me file juste un gros coup de stress.
 La cheffe de bord de notre deuxième train répète ses annonces en quatre langues après chaque arrêt et mange tellement ses syllabes qu'arrivée à Bruxelles, je n'ai toujours pas compris comment elle s'appelle. On dirait que son prénom commence par un F. Falbala? Fleubeuleu? Ftagh'nunu? Le mystère restera entier. 

samedi 1 juin 2019

Lectures de Mai 2019




ROMANS:
- Impossible times #1: One word kill (Mark Lawrence) ♥︎♥︎♥︎
- The gilded wolves #1 (Roshani Chokshi) ♥︎♥︎
- The illumination of Ursula Flight (Anna-Marie Crowhurst) - en cours
- Ma vie en listes (Kristin Mahoney) ♥︎♥︎
- With the fire on high (Elizabeth Acevedo) ♥︎♥︎♥︎
- The last voyage of Poe Blythe (Ally Condie) ♥︎♥︎
- Le show de la vie (Chi Li) ♥︎♥︎
- Les âmes silencieuses (Mélanie Guyard) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- The truths and triumphs of Grace Atherton (Anstey Harris) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Malamander (Thomas Taylor) ♥︎♥︎♥︎
- Max Lakeman and the beautiful stranger (Jon Cohen) ♥︎
- A witchcraft mystery #8: A toxic trousseau (Juliet Blackwell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Impossible times #2: Limited wish (Mark Lawrence) - en cours

BEDE/MANGA:
- Comment les paradis fiscaux ont ruiné mon petit-déjeuner (François Samson-Dunlop) ♥︎♥︎
- La maison de la plage (Séverine Vidal/Victor Pinel) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Duellistes: Knight of flowers #2 (Mai Nishikata) ♥︎
- Enferme-moi si tu peux (Anne-Caroline Pandolfo/Terkel Risbjerg) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- KakushiGoto #2 (Kôji Kumeta) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Fool's paradise #1 (Ninjyamu/Misao) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Fool's paradise #2 (Ninjyamu/Misao) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Fool's paradise #3 (Ninjyamu/Misao) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Five years #1 (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le goût de la papaye (Elisa Macellari) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Fool's paradise #4 (Ninjyamu/Misao) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Je sors avec un ours (Pamela Ribon/Cat Farris) ♥︎♥︎

DIVERS: 
- Lagom: The swedish art of balanced living (Linnea Dunne) - en cours

vendredi 31 mai 2019

"Le goût de la papaye" (Elisa Macellari)


En Thaïlande, dans la première moitié du 20ème siècle. Le shérif Kunchai destine l'aîné de ses quatre fils à une carrière de médecin. Mais le jeune Sompong se passionne pour les langues. Alors, il s'engage dans l'armée comme élève-officier et décroche une bourse qui lui permettra d'aller étudier à Berlin. Hélas, c'est le moment que choisit le chancelier allemand pour déclarer la guerre à la Pologne. Sompong est donc réaffecté à Rome, et embarque à Singapour pour un voyage en bateau qui durera une vingtaine de jours...

C'est en se basant sur la jeunesse mouvementée de son grand-oncle que l'illustratrice Elisa Macellari a écrit et dessiné son premier roman graphique. Dès l'âge de 5 ans, le petit Sompong apparaît comme curieux du monde, enthousiaste et optimiste: des traits de caractère qui, bien qu'il soit un bon fils, le poussent à défier l'autorité paternelle pour choisir son propre chemin. Malgré les circonstances houleuses, c'est avec des yeux émerveillés qu'il découvre l'Europe du début des années 40 et y rencontre la femme de sa vie. 

Mai 2019



jeudi 30 mai 2019

[MUNICH] Mes coups de ♥︎




En décidant d'aller y passer quelques jours, nous n'attendions pas grand-chose de Munich elle-même: nous voulions avant tout rendre visite à nos amies M & M, et en profiter pour voir le château de Neuschwanstein qui figurait sur ma bucket list depuis des années. Nous avons été très agréablement surpris par celle que les autochtones appellent "la ville italienne la plus au nord". Certes, nous avons bénéficié d'un bel ensoleillement, mais il paraît que c'est monnaie assez courante dans le coin. Nous ne nous attendions pas à la gaieté des façades colorées et à la verdure omniprésente qui font des promenades à pied un vrai bonheur. Munich a l'air d'un endroit où la vie est douce. Ce n'est pas mon plus gros coup de coeur en tant que destination touristique (mais nous y avons sans doute fait trop peu de choses pour juger...); en revanche, c'est certainement une ville où ça ne me dérangerait pas d'habiter. 

mercredi 29 mai 2019

"KakushiGoto" T1 et 2 (Kôji Kumeta)


Kakushi Goto mène une double vie. A la maison, il est le père solo et ultra dévoué de l'adorable Hime. Au boulot, il est le scénariste et le dessinateur de mangas cochons tels que "La gigue des couilles" ou "Le collant folâtre". Pour bien marquer la séparation entre ces deux domaines, il se change chaque jour sur le chemin de son atelier et signe ses oeuvres d'un pseudonyme. Mais son obstination à cacher son véritable métier à sa fille, qui le croit employé de bureau, entraîne souvent des situations cocasses...

Très visiblement basé sur la carrière de son auteur (qui relate entre deux chapitres les anecdotes réelles dont il s'est inspiré), "KakushiGoto" présente le travail d'un mangaka et toutes ses vicissitudes avec un savoureux mélange d'humour et de réalisme. Le héros est si focalisé sur sa double vie qu'il devient aveugle à ce qui se passe autour de lui, et donne involontairement de faux espoirs à plusieurs célibataires de son entourage. Les tweets dont il ponctue la fin de chacune de ses courtes mésaventures renforcent l'impression qu'il est perpétuellement en décalage avec la réalité. Le charadesign, qui m'avait semblé un peu simpliste au premier coup d'oeil, fait finalement très bien son boulot et accentue la légèreté dégagée par l'ensemble. Si vous cherchez une lecture fraîche et amusante, ce manga pourrait bien vous séduire. La série, qui n'est pas encore terminée, compte actuellement 8 volumes au Japon. Les éditions Vega en ont déjà publié deux en français, et le 3ème est prévu pour juillet. 

Traduction de Ryoko Akiyama