mardi 27 novembre 2018

Nos luttes secrètes





Je n'ai pas un caractère jaloux. Mais à l'ère d'Instagram, il est parfois difficile de ne pas fantasmer sur la vie de parfaits inconnus. Toutes ces filles jeunes et jolies qui passent leur temps à voyager dans le monde entier aux frais des compagnies aériennes ou des offices du tourisme en échange de quelques photos. Ou cette autrice de bédé française désormais installée à Brooklyn qui cartonne professionnellement, enchaîne les belles rencontres, a une super bande de potes et, de "souple comme Goldorak" quand elle a pris son premier cours de yoga, est devenue en à peine deux ans un bretzel humain récemment diplômé prof. 

J'essaie de me raisonner en me disant, d'abord, que le succès des unes et des autres est mérité parce qu'elles ont sûrement bossé dur pour en arriver là; ensuite, qu'elles ne montrent que ce qu'elles veulent bien sur les réseaux sociaux. Derrière les images qui font rêver se cachent peut-être des souffrances que je ne soupçonne pas. Celle-ci a peut-être perdu son grand amour dans un accident de voiture. Celle-là pourrait très bien galérer depuis des années pour  tomber enceinte. Cette autre est peut-être rongée depuis toujours par la dépression, ou par hantée par le spectre d'une horrible maladie héréditaire qui court dans sa famille. 

Entendons-nous bien: je ne souhaite de mal à personne, et j'espère pour toutes ces Instagrameuses qu'elles ne vivent au quotidien aucun drame plus affreux que l'arrêt de commercialisation de leurs céréales préférées ou un partenaire qui oublie systématiquement de changer le rouleau de papier toilette. Je veux juste dire que je n'ai aucune idée de ce qu'est réellement leur vie. Les réseaux sociaux nous poussent, non seulement à mettre en avant ce que notre quotidien a de plus photogénique, mais à l'exagérer au moyen de filtres et de mises en scène plus ou moins élaborées Que celle qui n'a jamais disposé joliment verre et couverts avant d'Instagramer son plat au restaurant me jette la première pierre de la contradiction. 

J'aime voir de jolies images sur internet; ça m'inspire à chercher aussi le beau autour de moi, voire à faire l'effort de le créer. Et je comprends que dans une époque qui nourrit le culte du bonheur individuel, rares soient les gens qui osent partager en ligne les aspects les moins riants de leur vie - le noir derrière le rose. Difficile de se montrer vulnérable devant une foule potentielle d'inconnus pas nécessairement bienveillants. Mais c'est à celles qui osent le faire malgré tout que vont mon admiration et mon attachement. Elizabeth Gilbert qui parle si franchement de son chagrin suite à la mort de sa femme l'hiver dernier. Anne-Solange Tardy qui raconte son parcours de PMA  douloureux avec une grâce absolue. Jenny Lawson, si drôle et si barrée, qui lutte très ouvertement contre une dépression paralysante et tout un cortège d'autres maux physiques et mentaux.

Ici même, j'ai toujours été surprise de voir l'écho que rencontraient mes billets les plus intimes. Et d'apprendre, par exemple, que des filles qui me semblaient parfaitement joyeuses au premier abord luttaient elles aussi contre des angoisses atroces. Avant d'en parler, on ne peut jamais deviner ce que traversent les autres, les souffrances qui se cachent derrière les portes closes. C'est une pensée que je m'efforce d'invoquer quand je suis en mode jugement et que j'aimerais faire preuve d'un peu plus de compassion. C'est aussi un état de fait que je déplore, et que je voudrais contribuer à changer à ma modeste échelle. Nul n'est obligé de partager quoi que ce soit s'il n'en a pas envie, mais je trouverais ça bien que ceux qui en ont envie puissent se lancer sans crainte. En sachant que la seule chose qu'ils risquent, c'est de rencontrer un écho chez d'autres gens et de se sentir un peu moins seuls. 

A ceux-là, je pose la question suivante: quelle est votre plus grande lutte en ce moment? (Vous connaissez déjà toutes les miennes.)

30 commentaires:

Tyl' a dit…

Merci pour tes billets toujours si justement écrits. Je te suis depuis un moment et j'avais découvert en parallèle que je te devais les traductions françaises de plusieurs romans de fantasy que je lisais ! (Merci pour ça)

En ce moment j'essaie de lutter contre des dépressions qui sont revenues chaque hiver depuis trois ans et qui ont duré plusieurs mois à chaque fois... Les raisons étaient contextuelles mais je reste vigilante.

Je lutte aussi contre des blocages dans ma vie intime suite à des événements durs dans mon adolescence. Je vais passer par des soins avec des professionnels de santé et les Arts :) ! Nous verrons ce que cela donne.

Passe une excellente soirée !
Tyl'.

Ladypops a dit…

Je lutte actuellement contre des troubles alimentaires compulsifs...
Mes pensées n'allaient que vers la nourriture, la santé, manger bien, en de bonne quantité, nourrir ma famille convenablement, le végétarisme, faire tout comme il faut, mais prendre du poids quand même. Utiliser mon espace de pensée pour ne penser qu'à ça, maîtriser chaque bouchée, pas trop grasse, pas trop salée, etc... Être paralysée et commencer à détester cuisiner, détester ma cuisine, détester la nourriture.
C'est une remarque sur un de mes commentaires qui m'a fait réaliser que ça n'allait pas et, après une longue réflexion j'ai pris contact avec une diététicienne/psy. Elle a confirmé que non, mon rapport à la nourriture n'était pas juste et a accueillit ma souffrance.
Je tente de retrouver mes sensations et l'envie, mais c'est un long chemin et la rechute et si facile...

Hanabikanumera a dit…

M’entendre dire que je devrais être heureuse de rester à la maison pour m’occuper de mon bébé au lieu de retourner travailler tout de suite.
J’aime mon fils, la question ne se pose pas, mais arriver à dire que je me sens misérable, malheureuse et seule est compliqué, voire mal perçu.
Honnêtement, je préférerais me taper des journées de 10h au boulot et m’en occuper avant et après plutôt que de faire le ménage, la vaisselle, les couches et les biberons toute la journée.

FraiseDesBois a dit…

La solitude, ma solitude, le reste je gère, mais ce précipice la, il ne faut pas que j'y jette ne serait-ce qu'un œil au risque de plonger très trop profond...
De l'ecrire j'en ai déjà la gorge serrée

Laetitia a dit…

Merci pour tes mots vrais et justes. Je pense que l'on peut aisément ajouter ton nom à la liste des personnes que tu as citées dans ton billet.
Je lutte contre la dépression post partum + saisonnière qui cette année, d'agrémente d'angoisses pas très agréables.
Je lutte contre la frustration de ne pas réussir à me faire aider par un professionnel. Je n'aime pas parler...
Je pourrais continuer l'énumération mais ça ira pour ce soir.
Encore merci.
Laetitia

Balise a dit…

Je remonte doucement la pente. Je vois un psychologue depuis deux ans après qu'on m'ait fait remarquer que non, ma manière de réagir au stress était pas "comme tout le monde", et l'anxiété chronique me fout à peu près la paix de nos jours, alors ça, je prends.
Il reste la peur que ça revienne (la méta-anxiété, c'est magique) - ça ou la dépression, d'ailleurs, been there done that aussi ; une image de moi-même absolument déplorable (au grand dam de mon entourage) et une tendance certaine à la culpabilité pas bien placée... et qui peut arriver à me pourrir des heures, des jours, des semaines à la fois.
Ah, et le fait qu'arriver à 37 ans et n'avoir eu comme résultat de nos tentatives d'avoir un bébé que deux grossesses extra-utérines, ça me rend pas très optimiste sur le sujet non plus. Eh.

Nelly a dit…

Pour le moment, je me bats parce que j'ai perdu mon boulot, dans une entreprise qui perd de l'argent, je coûte trop cher. Mais je résiste parce que c'est mauvais pour ma sep et que j'ai un bébé formidable pour laquelle je dois me battre.

Anonyme a dit…

Cette année, on m'a diagnostiqué deux pathologies pour lesquelles il n'y a pas de guérison possible à ce jour. Oh, on vit avec. Mais si j'en ai "digéré" une, parce qu'elle se tait avec un traitement approprié (Je ne stresse pas du tout parce que j'arrive au bout de la période proposée par le médecin et ignore comment mon corps va réagir sans, pas du touuuuuut...), l'autre est une souffrance mentale chaque soir renouvelée lorsqu'il faut accomplir des soins, longs, et regarder en face les changements subis pour une rare partie de moi-même que j'aimais, avant - Quand je ne me pétrifie pas et évite de culpabiliser tout ce que je sais. Un jour, je retrouverai mon sourire. Pour l'heure, je me bats simplement pour regarder cela en face et tâcher de stabiliser les choses, le moral au fond des chaussettes.
(Le pire, c'est que ces deux écueils mis à part, ma vie est plutôt belle. Fichue Petite voix qui accentue toujours le négatif...)

Mélusine

Ana a dit…

Ma lutte du moment : divorcer dans les meilleures conditions possibles.

Surella a dit…

J’essaie (vainement) d’oublier quelqu’un qui a fait un autre choix que moi, il y a un an.

Dipi22 a dit…

Ta question tombe à pic, moral dans les chaussettes ces derniers jours. Je viens de lire quelques commentaires, surprise de constater les luttes et les souffrances se décliner en nombre. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça m'a fait chaud au cœur. Grâce à ton blog, je me sens moins seule devant ma solitude et mon amertume ce soir. Merci

Gasparde a dit…

Je lutte principalement contre ma tendance à trop rechercher l'approbation des autres.
Et aussi à faire une place à Sérénité, celle qui se fait toujours piquer la place par Anxiété.

Lilla a dit…

Je lutte contre des angoisses liées à la santé. Je pense qu'on peut dire que je suis hypocondriaque mais là en ce moment j'ai juste peur d'être malade (gravement) sans que mes angoisses portent sur des maux particuliers.
C'est assez bizarre car je ne peux même pas aller chez le médecin lui dire : j'ai une boule ici ou une douleur là et le laisser me rassurer (ça marche plutôt bien en général) puisqu'il n'y a pas une inquiétude en particulier mais une peur générale.
Bref j'ai heureusement un moyen de soulager un peu ça c'est le contact avec mes animaux (chats et chevaux). C'est comme si leur insouciance, leur innocence, je ne sais pas trop quel mot utiliser, leur inconscience de l'existence de la maladie est comme contagieuse avec moi. Je les regarde, je les caline et ça me calme immédiatement.
Courage et bonnes ondes à toutes, ça va aller mieux !

Aurélie a dit…

C'est vrai que lire tous ces commentaires, ça bouleverse et ça me remet un peu à ma place, j'avoue.
De mon côté, je lutte toujours contre 1001 choses simultanément, je pourrais faire une offre groupée sous "Je lutte pour ne pas fuir en courant". Il y a un tel désespoir en moi, une telle colère vaine, un découragement absolu, je voudrais tout laisser et aller voir ailleurs si j'y suis - mais ce serait une attitude totalement néfaste (pour moi). Alors je serre les dents, je reste, et je lutte contre mes angoisses épouvantables, contre mon travail qui me rend malade, je lutte contre ma famille qui me manque et qui est tellement absente de ma vie, je lutte contre ma jalousie (amoureuse), je lutte contre les mensonges, je lutte contre moi. Et ça m'épuise.
Parce que de l'extérieur, on me dit que je suis la fille zen par excellence, toujours douce, toujours à l'écoute, toujours discrète et positive. - et l'énergie que ça prend, de faire semblant... Mais j'ai l'impression qu'il ne reste que ça, parfois.
(nota bene : novembre - décembre - janvier étant aussi un des pires trimestres pour moi, donc j'exagère TOUT à cette période-là).

Sylvie a dit…

Je lutte contre l'administration. Ils essaient de me décourager mais ils ne savent pas ma patience.

rosaannoma a dit…

Ah encore un billet bien remuant.
Malgré une vie bien lisse, un travail, une maison, un compagnon, des enfants, et l’apparence que je donne d’être équilibrée et forte, de tout gérer et maîtriser, je lutte contre un sentiment persistant d’inutilité et de vide, et de colère.
Je colmate ce vide par des rituels de normalité (en ce moment, décorer la maison en style maison du bonheur pour Noël), auxquels je ne crois pourtant pas et qui me mettent intérieurement encore plus en colère.
Et en grignotant à longueur de journée, ce qui me fait grossir, ce qui me met en colère.
Rien de cela ne se trouve sur mon instagram évidemment. J’y poste des photos qui reflètent les moments de ma vie en cohérence avec celle à laquelle j’aspire.

fredoche a dit…

En ce moment, je lutte contre la pression de dingue que je me mets à moi-même et qui me conduit à la dépression systématiquement. Accepter de sortir de ma zone de confort en envisageant l'échec comme une phase possible, pas obligatoire, pas stigmatisante, pas grave.
(en gros, je teste si les résultats obtenus après moult année de thérapie sont vraiment solides :D )

Funambule a dit…

Je lutte aussi contre les tca en ce moment, un retour en force de l'hyperphagie qui m'épuise et me fait prendre du poids, m'aimer un peu moins.
J'ai repris la formulation proposée, mais je pense que la lutte, le combat pourraient prendre moins de place dans ma vie j'y gagnerais

ElanorLaBelle a dit…

Je suis retombée dans mes angoisses chroniques, les mêmes depuis quinze ans (comme c'est original!) celles qui se faufilent vicieusement lorsqu'on n'arrive pas à dormir le soir puis finissent par surgir en plein milieu de la journée (est-ce-que je suis destinée à rester seule ? est-ce-que je vais finir par trouver "ma voie" ?). Lutter pour trouver un sens à ma vie. Et puis essayer coûte que coûte de ne pas faire cas du jugement des autres, réel ou imaginé, un bouffe énergie...

Lorsque j'ai commencé à suivre des blogs et à écrire le mien, c'était ça que j'aimais: le fait d'échanger sur les bons comme sur les moins bons moments. Je suis persuadée que la parole (écrite, orale, physique ou virtuelle) est nécessaire et bénéfique. C'était ça qui était (est ?) beau avec les blogs et qui, malheureusement, se fait de plus en plus rare. Heureuse de constater encore une fois, qu'ici ça continue. Merci.

elmaya a dit…

Je lutte contre la peur, contre mes peurs. Contre ma peur de l'échec, ma peur du jugement des autres, ces peurs qui me bloquent, et du coup ma peur de ne pas oser, de ne pas essayer, de renoncer... ma peur d'être incapable. Et ma culpabilité de rester bloquée sur le bord du chemin.
Une lutte intérieure, qui m'a rongée pendant des années et des années, qui m' empêchée d'avancer, de croire en moi.

Et pour la première fois, je LUTTE vraiment contre cette peur, pour mener enfin à bien mon grand projet, autour duquel je tourne depuis si longtemps sans y croire.

Et chaque pas en avant est une vraie victoire pour moi. J'ai peur, mais j'avance, à tout petits pas mais j'avance. Je me donne le temps.J'essaie d'apprivoiser mes peurs pour qu'elles ne me bouffent plus la vie. Mais j'ai peur.

(J'avais autrefois la peur de manquer d'argent, d'avoir du mal à vivre et à faire vivre mes enfants, mais...un jour c'est arrivé, on a survécu, on s'en est sortis. J'ai encore peur, mais je sais que je survivrai si ça arrive à nouveau. Ça aide.)


Petite G a dit…

Pfff...ce billet me met un coup au coeur... Il y a encore quelques semaines , je t'aurais répondu que ma plus grande lutte était de concilier au mieux ma vie professionnelle,de couple, de famille,et ma vie sociale, sans trop de heurts ni de renoncements. Depuis... et bien j'ai réalisé que ce que je croyais être de "petites mésententes de couple" cachaient un iceberg de mocheté, de tromperie et de duplicité. Je dois entièrement reconsidérer ce que je croyais être un socle solide, sur lequel je m'appuyais pour supporter tout le reste. Accepter que l'homme que j'aimais est bien plus médiocre que je ne l'aurais imaginé. Digérer ma propre bêtise et réfléchir à ma part de responsabilité dans cet engrenage. Préserver au mieux mes deux petites filles de mes fluctuations émotionnelles . Et plus que tout, je lutte pour sauver ce qui peut encore l'être, parce que malgré tout nous ne pouvons arriver au constat que tout est perdu. Je sais qu'il y a pire (devoir lutter contre la maladie,ou perdre un être cher) et que c'est d'une banalité affligeante, ce qui nous arrive. Mais je n'avais pas été aussi malheureuse et déçue depuis très longtemps.

Lylou a dit…

Je lutte pour ne pas me sentir trop triste. Je suis harcelée au travail. Je suis donc en arrêt maladie. A la maison je parle aux murs et le temps derrière la fenêtre est sombre du matin jusqu'au soir. J'aurais voulu aller travailler.

Lylou.

clo a dit…

J'ai quelques luttes en ce moment (l'anxiété, la somatisation, la précarité professionnelle et financière et le fait de devoir renoncer à ma vocation celle pour laquelle j'ai étudié dix ans...) mais en fait j'ai surtout plus du tout envie de lutter, pas de laisser tomber, ah non, mais cesser d'être toujours crispée, en tension, dans le combat. Cesser de résister et laisser passer.
Merci pour cet espace d'expression :)

Ness a dit…

Je lutte pour reconnecter les pans de la vie, refaire des ponts avec mon enfance, ne pas l’impressioN de vivre au milieu d une minuscule île entourée de rien ou au milieu d’une terre brûlée. Je lutte pour avoir l’impression d’avoir quelque chose à apporter à ma fille et que je ne lui offre pas que l’absence d’une famille.
Je lutte pour connaître l’amour. Pas ce choix affectif et plein de respect que j’ai fait envers mon compagnon qu’au fond de moi, j’aime, mais sans que ce sentiment ne me soit accessible. Parce que je suis dans le défi, la protection perpétuelle, la domination de la situation. Je mords au premier semblant de faux pas et parfois préventivement même. J’aimerais connaître le sentiment amoureux avec de la confiance dedans et l’impression d’avoir un allié.
Parce que les deux luttes cumulées, ça fait un peu beaucoup de solitude quand même.
De la douceur sur tes luttes <3

shaya a dit…

Je lutte contre des troubles du comportement alimentaire. Et aussi contre l'anxiété de ne pas avoir encore retrouvé de travail, après 10 mois de chômage. Je lutte aussi pour arriver à me bouger, parce que parfois c'est plus simple devant l'ordi que de bouger.

Cécile a dit…

Depuis plusieurs jours je lutte contre la colère, la déception et la honte que m'inspire l'homme avec qui je vis depuis plus de dix ans, qui est le père de mes deux enfants. En réalité j'ai honte de moi. Honte de n'avoir pas été capable d'insister pour qu'il me dise enfin quel était son problème celui que je ressens depuis longtemps, celui qui me faisait pleurer si souvent et dont je ne trouvais pas la raison. Depuis plusieurs années, il me ment, nous entrainant par la même occasion dans une situation financière précaire, où les dettes s'accumulent sans que jusque là je n'arrive à en comprendre la raison.
Pendant des années je n'ai pas su contre quoi je luttais, j'étais triste, inquiète... Maintenant je sais et j'ai honte...
Et je ne sais pas quoi faire : l'abandonner à ses dérives ou sauver ce qui peut l'être ?

Anonyme a dit…

Je remarque que nous sommes nombreuses à lutter...Moi je lutte contre un TOC!

Babibouchette a dit…

Merci pour ce billet. D'un côté, les commentaires sont déchirants et puis de l'autre, ça aide effectivement à se sentir moins seule et à voir que l'herbe n'est pas plus verte chez les autres.
Je lutte contre des insomnies et des crises d'angoisse depuis 3 ans. D'abord je le résumais ainsi. Et puis maintenant je sais que je lutte pour comprendre que je suis quelqu'un de bien, de valeur, que je ne suis pas le boulet responsable de toutes les souffrances de ma famille comme je croyais l'être (parce que c'est ce qui a toujours été sous-entendu). Je lutte pour découvrir qui je suis vraiment, c'est mon défi.
Courage à vous toutes!

The Everyday French Girl a dit…

Ma plus grande lutte actuelle est d'essayer de trouver une voie pour me réorienter, en accord avec mes goûts et mon handicap, malgré toutes les inquiétudes que j'ai, et que cela cause dans les adultes de la génération précédente dans ma famille (heureusement, mon mari me soutient à 100%). Or, comme tu le sais, je me sens totalement piégée dans le système de mon travail actuel, et toutes les démarches que j'entreprends aboutissent systématiquement dans un cul-de-sac. Or, j'entreprends ce combat avec un handicap sur le haut du corps, une tumeur, et une dépression. Heureusement (c'est un "heureusement" égoïste), j'ai une amie très proche qui fait le même travail que moi, qui en est tout aussi dégoûtée, et qui veut aussi se réorienter. Donc on se soutient mutuellement et on fait les démarches ensemble, et, quand elle ne peut pas les faire à cause de son emploi du temps, je fais les rendez-vous pour nous deux. C'est mon moteur.
Par contre, même si je peux être jalouse des nanas qui essaient de tourner autour de mon mari, je ne le suis pas de celles qui paraissent avoir une vie parfaite sur les réseaux sociaux. Pour en avoir côtoyé de très près, je sais que celles qui affichent les photos les plus étincelantes et les plus glorieuses en apparence ont beaucoup de vide (dont elles sont conscientes) ou de problèmes à cacher/combler/compenser/oublier.

FraiseDesBois a dit…

Je viens de tomber sur ce thread sur twitter
https://twitter.com/neauxna/status/1067459871669448710
la dépression derrière les sourires