dimanche 21 octobre 2018

"Nine perfect strangers" (Liane Moriarty)


Ils ne se connaissent pas, mais ils ont tous une bonne raison d'avoir payé très cher pour une cure de 10 jours à Tranquillum House. Tenu par une étrange gouroute, cet établissement est réputé pour utiliser des méthodes inattendues dans le but  de transformer radicalement ses clients.

Frances Welty, fraîche quinquagénaire en proie aux affres de la ménopause, vient d'être victime d'une arnaque amoureuse sur internet, et son éditeur a refusé le manuscrit de sa dernière romance. Elle s'est inscrite à la cure sur un coup de tête, et avant même son arrivée, elle le regrette déjà...

J'avais adoré les trois romans précédents de Liane Moriarty: "Le secret du mari", "Un peu, beaucoup, à la folie" et bien sûr "Petits secrets, grands mensonges" adapté en série télé avec Reese Witherspoon et Nicole Kidman. Mais si "Nine perfect strangers" reprend la formule attrayante des points de vue multiples et des personnages qui ont presque tous quelque chose à cacher, cette fois, je n'ai pas du tout été tenue en haleine.

Bien que l'auteure s'amuse visiblement avec Frances, qu'on imagine être une sorte de double dont elle se moque affectueusement (en particulier dans une scène d'hallucinations où elle casse presque le 4ème mur), dans l'ensemble, le casting de "Nine perfect strangers" m'a laissée complètement froide. D'habitude, Liane Moriarty réussit grâce à une psychologie toujours très juste à me faire éprouver de l'empathie pour des personnages qui n'ont rien en commun avec moi; là, aucun d'entre eux ne m'a touchée, pas même ceux qui faisaient la révélation la plus tragique. Beaucoup de profils m'ont semblé très caricaturaux: Ben et Jessica, le jeune couple dont l'argent a gâché le mariage - lui ne s'intéresse qu'à sa voiture de luxe, elle qu'à ses multiples opérations de chirurgie esthétique; Carmel, la mère de famille nombreuse abandonnée pour une fille plus jeune et désormais obsédée par son poids...

Mais le pire, c'est que le ressort principal de l'histoire ne fonctionne pas. Les méthodes employées par la gouroute de Tranquillum House sont si extrêmes et dénuées d'éthique que je n'ai pas pu y croire une seconde - alors que les coïncidences improbables des romans précédents de l'auteure m'avaient juste fait brièvement lever les sourcils. Je veux bien suspendre mon incrédulité, mais pas à ce point. Si la première moitié de "Nine perfect strangers" reste à peu près acceptable, la seconde bascule rapidement dans un grotesque où elle ne cesse de s'enfoncer jusqu'à la fin. Je suis curieuse de voir ce qu'en auront pensé les autres lecteurs.

1 commentaire:

Lewerentz S a dit…

N'ayant que très modérément aimé "Le secret du mari", je passe sans regret.