mercredi 31 octobre 2018

"Coeur battant" (Axl Cendres)


Ils sont cinq dans le groupe des Suicidants, ceux qui ont déjà tenté de se tuer. Colette et son mari ont voulu partir ensemble avant que la mort les sépare, mais elle s'est ratée et se retrouve seule. Jacopo ne trouve aucun intérêt à la vie: malgré sa richesse, tout l'emmerde. Victor souffre de son obésité mais aime tellement manger qu'il ne parvient pas à se freiner. Alice avec son look gothique semble déjà morte, et c'est le plus beau compliment qu'on puisse lui faire. Alex a cessé de ressentir quoi que ce soit après la disparition de sa mère bipolaire quand il n'avait que sept ans, et le jour où son coeur s'est remis à battre, il a trouvé ça insupportable. Tous ensemble, ils concluent un pacte de suicide et fuient la clinique où ils sont traités pour aller se jeter du haut d'une falaise normande...

Depuis plusieurs années déjà, la sortie de chaque nouveau roman d'Axl Cendres est saluée par un concert de louanges. Curieuse, j'ai décidé de m'intéresser à ce "Coeur battant" dont l'idée de départ me faisait beaucoup penser à "Petits suicides entre amis" d'Arto Paasilinna. Arrivée à la fin, je regrette de ne pas partager l'enthousiasme général. Certes, l'autrice a une plume très agréable, vive et directe, émaillées de jolies saillies poétiques. Mais dans le cas de ce roman précis, les nombreux aphorismes dont les Suicidants parsèment leurs dialogues me sont assez vite devenus insupportables. Creux et répétitifs, ils ont tué tout le plaisir que j'aurais pu prendre à ma lecture. Par ailleurs, j'ai trouvé qu'Axl Cendres restait trop en surface de ses personnages et de son thème. Je peux comprendre qu'elle n'ait pas voulu faire dans le pathos, mais de mon point de vue, il y a là un potentiel psychologique et émotionnel insuffisamment exploité. La fin arrive très vite et n'apporte aucune surprise. En ce qui me concerne, un rendez-vous manqué. 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture

Octobre 2018




mardi 30 octobre 2018

Lectures d'Octobre 2018





ROMANS/NOUVELLES:
- We rose up slowly (Jon Gresham) ♥︎
- The Uncommoners T1: The crooked sixpence (Jennifer Bell)
- Le discours (Fabrice Caro) ♥︎♥︎♥︎
- Valentine ou la belle saison (Anne-Laure Bondoux) ♥︎♥︎♥︎
- The nearest faraway place (Hayley Long) ♥︎♥︎♥︎
- Soy sauce for beginners (Kirstin Chen) ♥︎♥︎
- Two dark reigns (Kendare Blake) ♥︎♥︎
- L'échiquier de jade (Alex Evans)
- Nine perfect strangers (Liane Moriarty) ♥︎♥︎
- Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell (James Lovegrove) - en cours
- La marelle (Samantha Bailly) ♥︎♥︎♥︎
- Coeur battant (Axl Cendres) ♥︎♥︎
- La soirée de Mrs Dalloway (Virginia Woolf) ♥︎♥︎
- Words in deep blue (Cath Crowley) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The disreputable history of Frankie Landau-Banks (E. Lockhart) ♥︎♥︎♥︎
- The Sunday lunch club (Juliet Ashton) ♥︎♥︎♥︎
- Wundersmith: The calling of Morrigan Crow (Jessica Townsend) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA:
- Chroniques de l'île perdue (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎
- The ancien magus' bride T9 (Kore Yamakazi) ♥︎♥︎♥︎
- Bouillon (Olivier Milhaud/Sandra Cardona) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- March comes in like a lion T10 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Ma vie d'artiste (Mademoiselle Caroline) ♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T1 (Akimi Yoshida)* ♥︎♥︎♥︎
- Moi en double (Navie/Audrey Lainé) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La cantine de minuit T4 (Yaro Abe) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- L'atelier des sorciers T3 (Kamome Shirahama) ♥︎♥︎
- Kamakura diary T2 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Quand j'avais ton âge (Katja Klengel) ♥︎♥︎
- Kamakura diary T3 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T4 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T5 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T6 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Kamakura diary T7 (Akimi Yoshida) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Gloutons & dragons T6 (Ryoko Kui) ♥︎♥︎♥︎
- It's a magical world (Bill Watterson)* ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le secret de l'ange T4 (Shiki Kawabata) ♥︎

lundi 29 octobre 2018

Conseils à mon Moi futur pour affronter l'hiver





Chère Moi de fin octobre 2018,

Alors ça y est, on est repassé à l'heure d'hiver; il fait de nouveau nuit au milieu de l'après-midi et tu n'as plus qu'une envie: dormir jusqu'en mars prochain. N'écoute pas ton ourse intérieure! L'an dernier, tu as traversé cette saison déprimante le sourire aux lèvres. Au cas où tu aurais déjà oublié comment tu as accompli cet exploit, je m'en vais te rafraîchir la mémoire avec quelques conseils testés et approuvés par Toi-Même (la meilleure garantie de qualité au monde):

dimanche 28 octobre 2018

La semaine en bref #42





Lundi:
Le proverbe "Jamais deux sans trois" se vérifie sur le coup des 16h30. Me voilà repartie dans les champs monpatelinois, que je commence à très bien connaître. Au moins, il fait encore jour cette fois. 
 En revenant, je croise une de mes voisines dans le village (l'ex-femme du Gros Con, qui a racheté sa part de leur appartement). On avait fini par sympathiser à l'avant-dernière assemblée générale. Et alors qu'on a siégé ensemble au conseil syndical pendant 10 ans, hors contexte, je suis infoutue de la reconnaître. Non, je ne suis pas physionomiste. Du tout. 
 De cet article lu ce matin, j'ai retenu deux astuces naturelles pour éloigner les souris: le laurier et l'huile essentielle d'eucalyptus. Mon primeur étant fermé cet après-midi, j'achète un flacon de la seconde à la pharmacie et rentre chez moi imbiber des chiffons que je fourre ensuite dans mes placards. Heureusement que ça fait partie des rares odeurs que j'aime bien.
 Dans la foulée, j'envoie un mail à la voisine qui gère la copropriété avec moi pour lui signaler le problème, et elle me répond immédiatement qu'il y a aussi des souris (enfin, au moins une) chez elle. Nous convenons de faire dératiser l'ensemble de la résidence. 

"Words of deep blue" (Cath Crowley)


Juste avant de déménager, Rachel a écrit à son meilleur ami Henry pour lui avouer qu'elle l'aimait. Pourtant, il n'est jamais venu lui dire au revoir. Alors, pendant les 3 années qui ont suivi, Rachel a ignoré toutes ses tentatives de contact. Mais aujourd'hui, elle revient dans leur ville natale complètement transformée: son frère Cal s'est noyé dix mois plus tôt; elle a raté sa dernière année de lycée et ne parvient pas à sortir de sa dépression. Elle n'a aucune envie de revoir Henry. Malheureusement pour elle, c'est dans la librairie d'occasion des parents de celui-ci que sa tante lui a trouvé un petit boulot. Howling Books est un lieu bien particulier, notamment grâce à sa Bibliothèque des Lettres: un coin dans le fond du magasin où les livres ne sont pas à vendre, mais à annoter et à utiliser pour correspondre avec des gens vivants ou morts... 

Vive les recommandations de Good Reads! Sans elles, je ne serais probablement jamais tombée sur ce roman non traduit en français d'une autrice jeunesse australienne inconnue de moi. Alors que c'est une pépite, et que je l'ai dévoré quasiment d'un trait - achevant sa lecture dans un café où j'ai dû baisser la tête pour renifler discrètement dans ma tasse de thé vide depuis belle lurette. J'ai adoré le concept de la Bibliothèque des Lettres, dont Cath Crowley fait un usage astucieux autant qu'émouvant. Je me suis attachée aux héros adolescents: Rachel incapable de surmonter son chagrin, Henry tiraillé entre des aspirations contradictoires, sa petite soeur George, goth farouche à la langue bien pendue, Martin, le geek populaire qui veut absolument gagner son amitié, Lola, bassiste-compositrice lesbienne dont le bon sens ne s'applique qu'à la vie des autres... Bien sûr, j'ai cordialement détesté Amy, la belle gosse qui mène Henry par le bout du nez, et son nouveau petit ami Greg, archétype de la brute sans cervelle. 

En principe, je ne suis pas une grande fan des histoires d'amour, surtout adolescentes. Ici, j'ai été touchée par celle qui se noue entre George et son correspondant anonyme. Zéro surprise du côté de Rachel et Henry; ce qui m'a intéressée chez eux, c'est leurs problématiques individuelles, la situation sans espoir à laquelle chacun d'eux doit faire face. Rachel ne se remet pas de la mort de son frère. Elle ne parvient plus à approcher de l'océan qu'elle aimait tant et, alors qu'elle a toujours été passionnée par les sciences, a renoncé à son rêve de devenir biologiste marin. Quant à Henry, il se retrouve dans la situation impossible de décider si Howling Books, qui ne rapporte plus assez d'argent pour faire vivre sa famille, doit être vendu ou non: sa mère est pour, son père contre et sa soeur a décidé de se ranger à son avis. Henry est un amoureux des livres qui n'a jamais aspiré à rien d'autre qu'à vivre parmi eux, mais n'est-ce pas justement ce manque d'ambition et cet horizon minuscule qui ont fait fuir Amy? Les discussions entre lui et Rachel, grande pragmatique qui soutient que les mots n'ont aucun pouvoir véritable, devraient trouver écho chez tous les amoureux de littérature. Vous l'aurez compris: "Words in deep blue" est mon coup de coeur du mois!

vendredi 26 octobre 2018

"La marelle" (Samantha Bailly)


Sarah va bientôt avoir trente ans. Tout lui réussit : un poste prestigieux dans l’univers prisé de la mode, une bande d’amis qui brûle la chandelle par les deux bouts, une vie de couple épanouie. C’est alors qu’un soir, elle tombe sur un livre : Marelle, de Julio Cortázar. Cette trouvaille est un séisme. Ce livre n’est pas n’importe lequel : les pages sont annotées de sa main et de celle d’un homme qu’elle a aimé bien des années plus tôt. Le passé ressurgit sans crier gare, et avec lui, les fantômes d’une passion aussi intense qu’insensée. Elle et lui avaient décidé de jouer à un jeu. Le jeu d’une passion véritable, sans se révéler leurs identités, un jeu qui devait rester en périphérie de leurs existences, ne jamais s’inviter dans la réalité. Bouleversée par ce livre qu’elle est incapable d’oublier, dernière trace de cette passion enfouie, Sarah va se lancer dans une enquête éperdue pour retrouver celui dont elle ignore tout, sinon que de l’aimer l’a marquée d’une brûlure indélébile.

Il existe bien des critères susceptibles de me pousser à acheter un livre. Dans ce cas précis, c'était un peu particulier. L'autrice, Samantha Bailly, a beaucoup fait parler d'elle ces derniers mois en devenant en France une des militantes les plus actives pour le droit des auteurs, et en participant à fonder d'abord une Charte des auteurs jeunesse, puis une Ligue des auteurs professionnels dont elle est devenue présidente dans les deux cas. Elle bataille avec énormément de pugnacité et sait utiliser les réseaux sociaux de manière intelligente. Tout récemment, elle a fait de nouvelles vagues en annonçant que son prochain roman (malgré son jeune âge, elle en a déjà publié une vingtaine chez différents éditeurs "classiques") paraîtrait dans un premier temps uniquement en numérique et en auto-édition. Couplé à l'allusion au roman de Cortázar, qui attend dans ma PAL depuis des années, cela a suffi à me rendre assez curieuse pour acheter "La marelle" dès le jour de sa sortie. 

Passons maintenant au livre proprement dit. Et commençons par la partie qui fâche: je n'aime pas le style de Samantha Bailly. Beaucoup trop d'adjectifs. Des dialogues qui ne sonnent pas naturels. Une écriture que je qualifierais globalement d'un peu précieuse, alors que j'aime les plumes fluides et plus spontanées. Et malgré cette réserve, j'ai été happée par l'originalité de son histoire. Au travers d'interrogations amoureuses plutôt classiques au premier abord (la passion avec un homme mystérieux et fantasque, ou un couple stable avec un type solide et peu démonstratif?), son héroïne  est avant tout à la recherche d'elle-même. Incarnation de la Parisienne moderne, professionnellement accomplie et toujours en train de s'étourdir de sorties, Sarah dissimule des interrogations profondes et une quête d'authenticité qu'elle ne sait pas par quel bout prendre. Ses hésitations, ses doutes, ses volte-face sonnent très juste. Et j'ai beaucoup apprécié que la résolution du triangle amoureux ne soit pas celle qu'on aurait pu voir venir à des kilomètres, que la conclusion soit axée sur Sarah en tant que personne et non en tant que moitié d'un couple.

J'étais par ailleurs curieuse de voir à quel point l'absence d'intervention d'un éditeur professionnel se sentirait dans le bouquin. Si je suis souvent en bisbille avec les maisons d'édition pour les conditions de travail qu'elles nous imposent, j'ai toujours pensé que, sauf auteur très chevronné et doté d'un excellent recul sur son propre texte, le travail d'édition était indispensable à l'obtention d'un ouvrage de qualité. Je ne sais pas par qui ni comment Samantha Bailly s'est fait relire et corriger sur "La marelle", mais au final, je n'ai pas relevé plus de problèmes que dans un roman publié de manière classique (quelque soin qu'on apporte à cette étape, il reste toujours quelques broutilles par ci par là dans la version qui atterrit en librairie). En ce qui me concerne et bien que je ne raffole pas de son style, c'est donc un essai joliment transformé.

jeudi 25 octobre 2018

Quit while you're ahead?





Aujourd'hui fait partie de ces jours de plus en plus nombreux où je ne vois plus du tout l'intérêt de continuer.

Le monde actuel me terrifie. L'avenir s'annonce pire. Mes lectures les plus récentes ont fait évaporer mes dernières réserves d'espoir qu'on finisse par redresser un peu la barre. Je sais bien que je ne suis pas devin et qu'on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise, que beaucoup de gens se battent contre le réchauffemement climatique, la montée des fascismes, la persistance du sexisme, du racisme ou de l'homophobie. Je suis aussi, à tort ou à raison, persuadée que leurs efforts ne sont que gouttes d'eau dans un océan empoisonné. Que le capitalisme est une machine inarrêtable dont les dérives monstrueuses vont tous nous broyer beaucoup plus tôt qu'on ne veut le croire.

dimanche 21 octobre 2018

La semaine en bref #41





Lundi:
Premier train en retard de plus de 20 mn, correspondance ratée, deuxième train en retard de 10 mn: un voyage ordinaire vers Monpatelin, où je suis accueillie par une magnifique pluie d'automne. 
 Je défais mes bagages en prenant bien garde à isoler les textiles, qui passent aussitôt en machine avec séchage à 60° ou filent sur le balcon dans un sac poubelle. Oui, je suis toujours en train de flipper ma race au sujet des punaises de lit. En avoir rapporté à Bruxelles serait déjà moche, mais ici, ce serait carrément la cata. 
 Quand je me pose enfin avec le sentiment du devoir accompli, un des pans de mon long gilet d'intérieur kaki renverse le verre de jus d'abricot plein à ras bord posé à côté de mon MacBook. S'en suivent quelques minutes de séchage/nettoyage frénétiques, mais heureusement, la bête ne semble pas avoir souffert. 

"Nine perfect strangers" (Liane Moriarty)


Ils ne se connaissent pas, mais ils ont tous une bonne raison d'avoir payé très cher pour une cure de 10 jours à Tranquillum House. Tenu par une étrange gouroute, cet établissement est réputé pour utiliser des méthodes inattendues dans le but  de transformer radicalement ses clients.

Frances Welty, fraîche quinquagénaire en proie aux affres de la ménopause, vient d'être victime d'une arnaque amoureuse sur internet, et son éditeur a refusé le manuscrit de sa dernière romance. Elle s'est inscrite à la cure sur un coup de tête, et avant même son arrivée, elle le regrette déjà...

J'avais adoré les trois romans précédents de Liane Moriarty: "Le secret du mari", "Un peu, beaucoup, à la folie" et bien sûr "Petits secrets, grands mensonges" adapté en série télé avec Reese Witherspoon et Nicole Kidman. Mais si "Nine perfect strangers" reprend la formule attrayante des points de vue multiples et des personnages qui ont presque tous quelque chose à cacher, cette fois, je n'ai pas du tout été tenue en haleine.

Bien que l'auteure s'amuse visiblement avec Frances, qu'on imagine être une sorte de double dont elle se moque affectueusement (en particulier dans une scène d'hallucinations où elle casse presque le 4ème mur), dans l'ensemble, le casting de "Nine perfect strangers" m'a laissée complètement froide. D'habitude, Liane Moriarty réussit grâce à une psychologie toujours très juste à me faire éprouver de l'empathie pour des personnages qui n'ont rien en commun avec moi; là, aucun d'entre eux ne m'a touchée, pas même ceux qui faisaient la révélation la plus tragique. Beaucoup de profils m'ont semblé très caricaturaux: Ben et Jessica, le jeune couple dont l'argent a gâché le mariage - lui ne s'intéresse qu'à sa voiture de luxe, elle qu'à ses multiples opérations de chirurgie esthétique; Carmel, la mère de famille nombreuse abandonnée pour une fille plus jeune et désormais obsédée par son poids...

Mais le pire, c'est que le ressort principal de l'histoire ne fonctionne pas. Les méthodes employées par la gouroute de Tranquillum House sont si extrêmes et dénuées d'éthique que je n'ai pas pu y croire une seconde - alors que les coïncidences improbables des romans précédents de l'auteure m'avaient juste fait brièvement lever les sourcils. Je veux bien suspendre mon incrédulité, mais pas à ce point. Si la première moitié de "Nine perfect strangers" reste à peu près acceptable, la seconde bascule rapidement dans un grotesque où elle ne cesse de s'enfoncer jusqu'à la fin. Je suis curieuse de voir ce qu'en auront pensé les autres lecteurs.

vendredi 19 octobre 2018

Revue de presse internet - octobre 2018






L'importance de parler de la banlieue normalement, expliquée par une journaliste 

"Ne laissons pas l'espace public aux mains de connards homophobes", ou pourquoi personne ne doit s'arroger le droit de dicter aux autres ce qu'ils peuvent être ou non dans la rue.

De plus en plus de politiciens européens sans enfants: ce que ça dit de l'évolution de notre société. (en anglais)




La traductrice historique d'Astérix, qui vient de mourir, parlait de sa conception du métier dans cette très intéressante interview.

mercredi 17 octobre 2018

La punition





En octobre 2012, mon père était très malade. Mais parce que je voulais passer notre anniversaire de couple avec Chouchou, le mardi 16, au lieu de faire un crochet par Toulouse comme prévu, je suis remontée directement de Monpatelin à Bruxelles. Ma mère n'ayant prévenu personne (ce dont je m'étonnerai éternellement, étant donnés son incapacité à garder un secret et son besoin de discuter de tout avec tout le monde), j'ignorais que mon père était sous respirateur depuis la veille.

lundi 15 octobre 2018

La semaine en bref #40





Lundi:
Couchée hier avant 21h, debout ce matin avant 6h. Hé ben, à cette heure-là, il fait nuit, il fait froid et y'a rien à glander si on essaie de ne pas réveiller le conjoint qui dort encore dans la pièce voisine.
 Au cours des dernières 24h, j'ai eu des interactions avec Sebastien de Castell sur Goodreads, Pénélope Bagieu et Peng Shepherd sur Twitter. Les réseaux sociaux, ça a quand même des aspects formidables.
 Il se peut que j'aie légèrement pété un plomb chez Filigranes avec toutes les nouveautés parues ces dernières semaines. Mais bon, n'ayant lu que deux pauvres bouquins pendant les vacances, je dois mettre les bouchées doubles pour rattraper mon retard et atteindre mon objectif Goodreads 2018.
 Le sweat d'intérieur tout mou-tout doux que j'avais repéré à Hong Kong n'est pas vendu à l'Uniqlo de la Monnaie. Le Nong Cha où je comptais me ravitailler en You Zi Hua Cha est exceptionnellement fermé, et le Peck 47 a retiré mon sandwich préféré (le Wild Belgian) de sa carte. Tant pis, c'est une belle journée d'octobre et je vais profiter de ce dernier répit avant de me remettre au travail.

dimanche 14 octobre 2018

Les enseignements du voyage





Déjà plus d'une semaine que nous sommes rentrés d'Asie. S'il n'a pas toujours été facile, et si j'ai plusieurs fois maudit mon choix de Hong Kong comme destination principale, ce voyage fut riche en enseignements aussi bien pour Chouchou que pour moi. 

★ J'ai surmonté ma peur des vols long courrier. Je m'étais bien organisée contre les risques de phlébite, et le choix d'une compagnie un peu plus chère mais réputée pour la qualité de ses services s'est révélé très payant. J'ai découvert que dans de bonnes conditions, j'arrivais désormais à dormir en avion. Par ailleurs, notre périple a renforcé ma conviction que choisir un vol direct dans la mesure du possible et n'emporter qu'un bagage cabine était la formule idéale pour moi. Je retiens aussi que pour un voyage organisé longtemps à l'avance, une assurance tous risques aide beaucoup à moins flipper avant le départ et constitue donc un excellent investissement. 

samedi 13 octobre 2018

Les conversations absurdes #48


Nous cherchons que faire cet après-midi. 
MOI: Y'a bien un marché aux plantes vertes aux Halles St-Géry, mais on a assez de plantes pour le moment... 
CHOUCHOU: Et puis toi dans un marché aux plantes vertes, c'est un peu Barbe-Bleue lâché dans une école primaire: "Venez chez moi que je vous tue..."

mercredi 10 octobre 2018

Les conversations absurdes #47


MOI: Tu as l'air contrarié, mon coeur. Que t'arrive-t-il?
CHOUCHOU, les sourcils froncés et le ton théâtral: Je suis emporté par un tourbillon de sentiments contradictoires. 
MOI, sans me troubler: Houlà, à ce point? Au sujet de quoi? 
CHOUCHOU, le visage fermé: De manière générale. 
MOI: Mais encore? 
CHOUCHOU, marmonnant dans sa barbe: En fait, je crois que j'ai chopé la crève. 

mardi 9 octobre 2018

Envies d'octobre





(entre la matière, la couleur et l'ampleur de la jupe, si j'étais certaine qu'elle m'aille, je me jetterais dessus malgré son prix)

ce cardigan parfait pour la saison

"Bridge of clay", le nouveau roman de Markus Zusak
(l'auteur de "La voleuse de livres", un de mes livres préférés de tous les temps)

...et la suite de l'excellente série "Le Projet Starpoint"
(enfin!)

la première saison de "The Romanoffs"

...et celle de "A discovery of witches"
(l'histoire semblait prometteuse mais le bouquin m'est tombé des mains au bout de 50 pages tant je trouvais le style insupportable - un problème qui devrait disparaître à l'écran!)

une glace à l'azote liquide chez Mister Marius
(pour peu qu'il fasse encore assez beau à Toulon dans la seconde partie du mois)

des pailles en bambou nettoyables et biodégradables
(j'ai commencé à refuser les pailles en plastique dans les bars et les restos, mais j'aime bien boire à la paille et ce serait cool de pouvoir le faire sans polluer)

ce masque de nuit parfumé à la lavande
(celui que j'ai est en satin et m'irrite les yeux)

une inscription sur un site de house sitting
(mais ils sont nombreux et généralement payants, comment choisir?)

lundi 8 octobre 2018

"The book of M" (Peng Shepherd)


Il y a 5 ans, un phénomène aussi étrange qu'inexplicable s'est abattu sur l'humanité. Un par un, les gens ont commencé à perdre leur ombre et, dans les jours suivants, leur mémoire, jusqu'à oublier leur identité et devenir dangereux pour leur entourage. Ce fut la fin de la civilisation telle que nous la connaissons, tandis que les humains possédant toujours une ombre se regroupaient en bandes pour éliminer impitoyablement les autres - avant de succomber à leur tour au mal mystérieux. 

Il y a 5 ans, Ory et Max sont venus dans cet hôtel perdu au milieu des montagnes pour y assister au mariage de leurs amis Paul et Imanuel. Depuis, les autres invités sont morts ou partis pour tenter de rentrer chez eux tandis que le couple continue à vivre en autarcie, avec des réserves de nourriture presque épuisées. Le jour où l'ombre de Max disparaît, leur existence vacille. Ne voulant pas devenir un poids pour son mari, la jeune femme quitte l'hôtel sans le prévenir. Autour du cou, elle porte un magnéto qu'Ory lui a donné et par l'intermédiaire duquel elle va continuer à lui parler tandis que ses souvenirs s'évaporent un par un. 

En se lançant à la recherche de Max, Ory rencontre une poignée de survivants qui s'apprêtent à partir pour la Nouvelle-Orléans. Selon la rumeur, un prophète surnommé Celui Qui Rassemble se trouverait là-bas... 

Le post-apocalyptique est un genre que j'ai longtemps évité, le trouvant trop anxiogène, mais auquel j'ai fini par m'intéresser un peu ces dernières années grâce à des romans tels que "Station Eleven". "The book of M" raconte une histoire très originale, teintée de mysticisme et de magie, à travers le point de vue de plusieurs survivants: Ory et Max, mais aussi Naz, une archère iranienne venue aux Etats-Unis afin de s'entraîner pour les Jeux Olympiques, et l'Amnésique, un homme qui peu avant le déclenchement du phénomène avait perdu la mémoire et un oeil dans un accident de voiture. Avec un style déjà très maîtrisé pour son premier roman, Peng Shepherd entraîne le lecteur dans des aventures poignantes et lui coupe le souffle avec une fin des plus inattendues, prétexte à poser des questions fascinantes sur la notion d'identité. J'ai tellement aimé que je ne lui en ai même pas voulu de ne fournir aucune explication sur l'origine du phénomène. Et je ne doute pas qu'un éditeur français proposera bientôt une traduction de ce livre. 

SECRET SANTA 2018: Un swap de Noël





La fin de l'année approchant tout doucement (oui, déjà!), j'ai envie de vous proposer une ronde de surprises de Noël. Le principe? La première inscrite envoie un paquet à la deuxième, qui envoie un paquet à la troisième, et ainsi de suite jusqu'à la dernière qui envoie un paquet à la première. Si vous êtes tentée, voici la marche à suivre:

dimanche 7 octobre 2018

"Bouillon" (Olivier Milhaud/Sandra Cardona)


Eugénie Croque-Bol a du caractère et de l'ambition. Mais quand elle se rend sur l'île de Bouillon pour devenir commis de cuisine au célèbre restaurant Caldo, elle découvre qu'en fait, on l'a engagée pour la moins prestigieuse brasserie. Bien que dépitée, la jeune femme accepte de rester. Très vite, elle devient amie avec sa colocataire Bigoudi, une danseuse de cancan doublée d'une mangeuse d'hommes, et se fait bien voir du sévère mais juste Chef Gilbert qui la surnomme Môme. Elle peut donc envoyer des lettres rassurantes à son Papino - jusqu'au jour où Maître Crouzille, le chef du Caldo, est assassiné... 

Si je suis toujours bonne cliente pour les bédés culinaires, je n'avais pas entendu parler de ce titre avant de tomber dessus chez mon libraire, ne connaissais pas ses auteurs et ne savais pas du tout à quoi m'attendre en l'achetant. Ce fut une très bonne surprise, notamment grâce à l'esthétique Art Déco de l'univers qui m'a tout de suite enchantée. Ile à la géographie improbable, Bouillon offre un cadre fascinant aux aventures de l'opiniâtre Eugénie. Mêlant découvertes culinaires et investigations policières, les 124 pages de l'album défilent trop vite tant on aimerait s'attarder dans ces ruelles tortueuses bordées de gargotes ou traîner encore un peu dans l'adorable studio de l'héroïne. Un one shot très réussi. 

[HONG KONG + SINGAPOUR] Conclusion et bilan du voyage





Si vous avez suivi mon récit au jour le jour, vous avez sans doute l'impression que je n'ai rien apprécié de mon dernier voyage, ou presque. C'est vrai que beaucoup de choses m'ont déçue et rebutée, et que je vais en tirer la leçon. De toute évidence, les climats tropicaux ne me valent rien: je les éviterai à l'avenir. Les mégalopoles qui m'électrisaient quand j'étais plus jeune me tapent désormais sur les nerfs; le grouillement humain, le non-respect de mon espace personnel, le vacarme et la pollution m'agressent au-delà du supportable. Je ne dis pas que je vais subitement devenir amatrice de grands espaces déserts, mais quand je vois combien j'ai apprécié notre road trip dans les highlands écossais, et notamment la solitude magnifique de l'île de Skye, j'en déduis que les prochaines fois, je devrais peut-être m'orienter sur des vacances moins urbaines, plus tranquilles. Pour l'an prochain, j'ai un projet au Canada qui se passerait un tiers (un quart?) du temps dans une grande ville et le reste sur la route à visiter des endroits calmes voire isolés. A suivre!

samedi 6 octobre 2018

[HONG KONG] Où même la dernière journée est ratée





Ce matin, je me lève ravie à l'idée de rentrer en Europe, et je sifflote presque de joie en faisant nos bagages. Nous n'avons pas besoin d'un sac supplémentaire par rapport à l'aller: j'ai bazardé en cours de route mes quatre guides papier, mes produits de toilette format mini et deux T-shirts que je n'allais pas remettre, ce qui a libéré un peu de place dans mon sac à dos, et la petite valise de Chouchou n'était pas pleine en arrivant. Mais comme j'ai acheté pas mal de masques cosmétiques imprégnés de liquide, j'ai décidé de mettre la valise en soute histoire d'éviter tout problème. J'y fourre donc notre linge sale (bon courage au curieux qui s'y intéresserait de trop près) et nos liquides ou assimilés. Puis je mets mon MacBook dans le sac à dos que Chouchou trimballe toujours avec lui en journée: notre hôtel est très peu sécurisé, avec bagages en attente laissés dans le couloir et porte d'entrée toujours grande ouverte, et je ne veux pas prendre le moindre risque avec mon laptop. Le reste de nos affaires se répartit naturellement et sans souci. 

vendredi 5 octobre 2018

[MACAO] Où est il est vraiment temps que ça se termine





Grâce à notre repérage d'hier soir, nous arrivons au terminal des ferries sans encombre et très en avance, ce qui grâce à la procédure de Standby (attribution des places libres en dernière minute) nous permet de nous caser sur celui de 12h au lieu du 12h30 pour lequel nous avions réservé. Le Turbojet est très différent des petits ferries que nous avons pris jusqu'ici pour passer de Hong Kong Island à Kowloon, ou même pour aller à Cheung Chau: c'est un monstre dans lequel les places sont numérotées, où on doit attacher sa ceinture et éviter de se déplacer pendant le voyage comme en avion. J'ai pris un anti-nauséeux pour éviter le mal de mer, et le trajet se déroule sans encombre. 

jeudi 4 octobre 2018

[HONG KONG] Où je sombre dans l'alcool et le shopping pour noyer ma frustration





Encore trois jours ici. J'ai atteint le stade où j'ai vraiment envie de rentrer. De retrouver mon quotidien, d'avoir des journées moins remplies et plus paisibles. C'est bien, parce que ça me permet de réaliser qu'une vie nomade ne serait pas du tout faite pour moi. J'aime partir, mais j'aime tout autant revenir. Rester sans attaches et sans repères pendant des mois - je ne crois pas que j'y arriverais.

mercredi 3 octobre 2018

[HONG KONG] Où on s'échappe de la ville pour la journée





Hier soir après l'extinction des feux, j'ai soudain été prise de la trouille irrationnelle que la clim', qu'on laisse en marche pendant la nuit, foute le feu à l'hôtel, et je n'ai pas réussi à m'endormir avant d'avoir mis au point et répété plusieurs fois dans ma tête un plan d'évacuation optimal. Comme en plus je me suis réveillée spontanément à 7h30, je ne suis qu'à moitié reposée. Vers 10h, nous quittons l'hôtel et descendons à pied jusqu'aux quais pour prendre le Star Ferry jusqu'à Central et, de là, un autre ferry jusqu'à l'île de pêcheurs de Cheung Chau. Moins de 2€ pour une heure de trajet, c'est assez hallucinant. Après avoir vaguement regardé Hong Kong Island recéder derrière nous, je me plonge dans le bouquin que j'ai commencé le premier jour des vacances - il est génial et je voudrais bien le finir.

mardi 2 octobre 2018

[HONG KONG] Où on retombe sur nos pattes par inadvertance





Malgré la rusticité des lits, nous avons bien dormi tous les deux. En milieu fin de matinée, nous prenons le métro jusqu'à Diamond Hill, dans le nord de Kowloon, pour y découvrir un écrin de verdure niché sous un échangeur autoroutier et cerné par les gratte-ciel: le jardin zen Nan Lian. Contraste aigu entre le cadre hyper-urbain, la foule de visiteuses piaillantes (Chouchou est quasiment le seul homme que j'aperçois) et la sérénité qui se dégage des sublimes bonsaïs, du musée de la menuiserie japonaise ou de la cascade au moulin. Juste à côté, le couvent de Chi Lin abrite dans son enceinte des mares aux nénuphars survolées par des essaims de libellules mutantes et de gigantesques statues de Bouddha dorées à l'or fin. Chouchou me demande de prendre sa photo sous un auvent mais tient à faire lui-même les réglages de son appareil en m'utilisant comme doublure lumière. Pour me mettre à sa hauteur, je grimpe sur une petite margelle, et un garde se précipite vers moi en vociférant. Je saute à terre en bredouillant: "Sorry, sorry!" Après le vol de taxes à Singapour, voilà que je fais dans le vandalisme religieux à Hong Kong.

lundi 1 octobre 2018

Septembre 2018



[SINGAPOUR-HONG KONG] Où le retour à Hong Kong ne se révèle pas des plus plaisants





Nous arrivons à l'aéroport de Changi samedi en début de soirée. Du terminal 2 où nous a laissés le métro, nous prenons un bus jusqu'au 4 d'où partira notre vol. Dans l'ascenseur puis au comptoir d'embarquement, nous discutons avec le couple le plus chargé du monde (je leur demande s'ils déménagent, l'homme me répond "Presque!") qui prend le même vol que nous. Apprenant où nous vivons, ils nous disent qu'ils connaissent la Belgique car ils sont allés plusieurs fois à Francorchamps pour des courses de Formule 1. Un pilote et sa compagne? Ils en ont le look... et les bagages griffés. Après avoir récupéré nos cartes d'embarquement, passé la sécurité très vite sans même sortir nos appareils électroniques de nos sacs et franchi le portillon automatique de l'immigration en quelques secondes, nous décidons de profiter du temps qui nous reste (plus de 3h30 avant le début de notre embarquement) pour retourner aux terminaux 1 et 3 où nous avons repéré plusieurs attractions intrigantes. En effet, Changi est présenté comme un quasi parc d'amusement, plein de divertissements fabuleux et gratuits pour occuper les voyageurs en transit.