lundi 24 septembre 2018

[HONG KONG] Où un cocktail me coûte plus cher que deux repas





J'ai passé une nuit affreuse. Réveillée à 2h30 après seulement une heure de sommeil, j'ai été saisie d'angoisses horribles. J'ai pris un Xanax et, ne parvenant pas à me rendormir, j'ai surfé sur les toilettes pour ne pas déranger Chouchou avant de finir par me recoucher au lever du soleil. Du coup, ce matin, il est déjà 10h30 quand j'ouvre un oeil. Dès que je me connecte à internet, le site de l'hôtel me demande comment je trouve mon séjour. Je réponds que le matelas est atrocement dur. Moins d'un quart d'heure après, coup de fil de la réception: "Voulez-vous qu'on vous installe un surmatelas une fois que vous serez sortis pour la journée?" Ca, c'est du service client. Nous finissons par décoller vers 13h, l'estomac dans les talons, et mangeons donc au resto de dim sum le plus proche de l'hôtel. Super bonne pioche! C'est une sorte de grande cantine où nous mangeons à une table commune, entourés de gens du coin. Nous cochons les plats que nous voulons sur un dépliant, et on nous les apporte avec de petites additions séparées. Tout est parfumé et savoureux, et mes trois dim sum plus mon thé me reviennent à moins de 10€. 




Une fois repus, nous prenons le métro pour monter à Tsim Sha Tsui - c'est moins spectaculaire mais vachement plus rapide que d'emprunter le Star Ferry. Nous remontons la grande artère de Nathan Road. Ici comme à North Point, tout est ouvert à l'exception des banques; on se croirait vraiment un jour de semaine. Petit arrêt dans un centre commercial où je m'achète des socquettes Tutuanna et où je m'effare un peu, tout de même, de cette frénésie consommatrice autour de nous: chez Lancôme, une quinzaine de filles de quinze ans en moyenne font la queue à la caisse... Bref. Nous poursuivons notre chemin jusqu'au musée d'histoire, très peu cher en temps normal et carrément gratuit ce dernier dimanche du mois. Il est immense et retrace l'histoire de Hong Kong depuis la préhistoire. Un peu submergés par la quantité d'informations, nous zappons tout ce qui précède l'arrivée des Anglais et les guerres de l'opium. La scénographie est somptueuse, et l'ensemble très instructif. Ma visite est néanmoins un peu gâchée par une femme qui, alors que je lis une pancarte, me pousse assez brutalement et très délibérément parce que je suis dans le champ de sa photo. Pas un "Pardon", pas un sourire d'excuse, pas même un coup d'oeil. Ce n'est pas le premier incident de ce style depuis mon arrivée, et j'envisage sérieusement de me faire tatouer sur le front "PRIERE DE NE PAS POSER VOS MAINS SUR MOI SANS Y AVOIR ETE INVITE(E), MERCI, BISOUS". 





Nous descendons ensuite jusqu'au Garden of Stars, l'équivalent local du Hollywood Walk où on trouve des empreintes de main et des statues de stars du cinéma hong-kongais. C'est là que nous voyons les premières traces du typhon de dimanche dernier, dans une bâche complètement arrachée que nous avons d'abord prise pour une métaphore de voile. La chaleur et l'humidité sont insupportables; je pleurerais bien d'avance en pensant que nous allons nous prendre 10° de plus dans la gueule après-demain à Singapour, mais je dois conserver toute mon humidité corporelle. 




Nous allons tuer la fin de l'après-midi sur la promenade face près du débarcadère des ferries, depuis laquelle des tas de gens regardent le soleil se coucher. J'ai ce que Chouchou appelle un moment Martin Parr en hallucinant devant un homme d'âge mûr qui a apporté son pique-nique, sa boom box et qui écoute de la musique de merde à fond en buvant d'abord une bière, puis une vodka-ananas comme s'il vivait sa meilleure vie. Monsieur, si par hasard tu me lis: j'te kiffe. 





Nous rejoignons ensuite l'hôtel Peninsula (après être entrés par erreur au Sheraton) et montons au dernier étage où se trouve le très chic bar à cocktails Felix. L'ascenseur ambiance "1%" et le dress code me font craindre que Chouchou soit refoulé à l'entrée. Mais les hôtesses nous accueillent avec un grand sourire, en tendant juste une main serviable et néanmoins autoritaire pour s'emparer de son sac à dos, qu'elles lui échangent contre un jeton de vestiaire. On nous dit que toutes les tables sont réservées et on nous installe au bar, où je découvre une carte de cocktails assez courte et des prix à la hauteur du nombre d'étoiles de l'établissement. 24€ pour un cocktail pas mal mais pas non plus extraordinaire, la moitié de ça pour le cidre de poire de Chouchou - glups. Mais la vue est franchement spectaculaire et justifie l'addition à elle seule. Quand la musique que je n'écoutais pas vraiment jusque là cède la place à"Résiste de France Gall", j'ouvre de grands yeux ébahis. Chouchou est mort de rire. "C'est le moment rayonnement de la culture française". On va dire ça, ouais. 





Retour à l'hôtel en Star Ferry + métro, et dîner au même resto de dim sum que ce midi, sauf que cette fois, j'ai perdu mon mojo de a commande: mon premier plat est trop gras, mon deuxième trop piquant, mon troisième trop sucré. Groumpf. Le temps de bloguer, de poster les Instagram du jour et de lire quelques chapitres de mon livre en cours, il est encore 1h30 quand nous éteignons la lumière. 

La vidéo du jour est ici

4 commentaires:

luna a dit…

C'est amusant, quand tu as évoqué le Garden of Stars j'ai immédiatement la chanson de France Gall "Hong Kong Star" qui s'est enclenché dans ma tête... alors quand Résiste est apparu dans ton texte, ça ne m'a pas tant surprise que ça :D

shermane a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
shermane a dit…

C’est un truc qui avait fait halluciner monsieur, le fait qu’on pouvait s’habiller n’importe comment et entrer quand même dans des établissements cotés (pas les plus cotés et prestigieux, mais un niveau bien élevé).

Le même monsieur demande d’ailleurs à Chouchou quel motif c’est sur son t-shirt.

La dernière photo de toi est absolument sublime, au fait *_*

ARMALITE a dit…

@shermane: Aucune idée pour le motif, Chouchou a acheté ce T-shirt sur un étal de marché à Spitalfields (Londres) sans savoir ce que c'était, juste parce que le motif lui plaisait. Merci pour le portrait, je l'aime beaucoup aussi!