mardi 25 septembre 2018

[HONG KONG] Où je veux rentrer chez moi, et plus vite que ça





Le surmatelas a fait son office; j'ai assez bien dormi et je me réveille très tard, vers 11h30. Chouchou n'a plus qu'un jeu de vêtements propres: il est temps de faire une lessive. Le réceptionniste nous a prévenus que le service de nettoyage de l'hôtel revenait un peu cher et indiqué un pressing dans la ruelle voisine, mais nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre 24h ni même ce soir pour récupérer notre linge car nous serons en vadrouille à l'heure de la fermeture. Du coup, je repère une laverie automatique quelques rues plus loin dans le quartier, et nous partons avec mon sac à dos jaune plein de fringues sales qui puent la transpiration. La laverie est minuscule mais super bien fichue et équipée, avec changeur de monnaie, lessive intégrée, ventilateur mécanique dont des flèches collées au mur mènent jusqu'à l'interrupteur... 






Pendant que notre machine tourne, nous sortons prendre quelques photos dans les rues environnantes où les habitants font leurs courses matinales. Nous revenons pour le cycle de séchage. Trois jeunes filles asiatiques viennent d'arriver avec leur propre linge sale et, perplexes que leur machine ne démarre pas, me demandent - à moi, avec mon teint de lavabo et mon anglais que personne ici ne comprend - si je sais comment ça fonctionne. Triomphante, je leur explique qu'elles ont mis leurs pièces dans la partie séchoir et pas dans la partie machine. Un deuxième cycle de séchage plus tard, nous rentrons à l'hôtel avec une garde-robe de nouveau propre et sèche.





Jamais deux sans trois: nous retournons déjeuner au resto de dim sum voisin, où nous commandons comme de vieux routards. Puis nous prenons le métro jusqu'à Causeway Bay. Le marché de Jardine's Crescent, où nous espérions photographier des étals de fruits et légumes, vend surtout des fringues en polyester et des chaussettes - des milliards de chaussettes à motifs, depuis les personnages de Star Wars jusqu'aux grands classiques de la peinture. Le Typhoon Shelter, où nous voulions aller voir l'assortiment de bateaux, se trouve de l'autre côté d'une énorme voie rapide en plein cagnard; souffrant déjà de la chaleur et suffoquant à moitié, je ne m'imagine pas du tout emprunter la passerelle qui la traverse au milieu des gaz d'échappement. A la place, nous allons jeter un coup d'oeil à l'exposition du centre commercial Times Square en l'honneur des 90 ans de Mickey Mouse - un peu d'attente, mais beaucoup de chouettes planches originales. Puis nous montons nous rafraîchir dans un stand du 3ème étage ("Petite House"), où je prends un soda à l'ananas et Chouchou une glace à la mangue. 





A 17h, j'ai réservé un escape game avec un thème original, genre "Vous êtes perdus dans la forêt et vous devez éviter les dangers de la nature". J'aimais beaucoup l'idée, mais le décor est assez carton-pâte et un des mécanismes ne fonctionne pas. Le game master doit entrer dans la salle pour tenter de le débloquer, ce qui m'énerve très fort. Je suis prête à laisser tomber. A la place, il nous propose de changer de salle. La seule disponible, "Exodus", m'intéresse peu, mais vu que c'est ça ou rien, tentons quand même. Sauf que je déteste toujours les conditions de jeu: une seule personne pour surveiller plusieurs salles à la fois, besoin de demander les indices soi-même en cas de blocage au lieu de les recevoir de manière calibrée, indications pas forcément clairs, trop de choses à faire pour 2 personnes en 45 minutes seulement... Je sors deux minutes avant la fin en râlant comme un pou. Depuis le début de l'année, nous n'avons quasiment eu que des expériences décevantes en matière d'escape games, et pour tout un tas de raisons annexes, je suis sur les nerfs depuis notre arrivée en Asie. Du coup, je me montre odieuse avec la réceptionniste; Chouchou se fâche, et on se sépare au milieu de la rue. 







Une heure plus tard, on se retombe dessus devant le plan au centre de Victoria Park, où on avait prévu d'aller assister au festival des lanternes ce soir et où on est arrivés par deux chemins différents. On va se poster à Tin Hau, au début de la procession du dragon de feu. Il y a beaucoup de monde mais les gens sont très calmes; pas de bousculade ni de tentatives de resquiller. La vieille dame devant moi engage la conversation dans le meilleur anglais que j'ai entendu depuis notre arrivée hors des endroits pour touristes friqués, et sa fille me propose même de passer devant elle afin d'être mieux placée pour prendre des photos. Malheureusement, bien que les Chinois ne soient guère plus grands que moi (en Scandinavie, là, je contemplerais une mer d'omoplates), je n'arrive pas à voir quoi que ce soit entre les têtes des gens et leurs bras levés brandissant leur smartphone. Et entre les mèches de coton qui brûlent dans les lanternes et l'encens dont le dragon de feu est en réalité composé, assez vite, mes yeux se mettent à larmoyer et ma gorge se serre. Je ne respire plus. De toute façon, le dragon a déjà fini de se consumer. Ce n'était pas ce à quoi je m'attendais, et je repars franchement déçue: tout ça pour ça?





Il est plus de 21h, mais les échoppes où nous envisagions d'acheter un sandwich pour dîner vite fait sont toutes fermées. Nous nous contentons donc de finir le reste de banana bread du petit déjeuner une fois rentrés à l'hôtel. En me connectant au site de Cathay Pacific pour faire le check in, je reçois un message comme quoi le nom sur nos billets ne correspond pas à celui sur nos passeports - je pense que c'est à cause des 2ème et 3ème prénoms que la dame de l'agence de voyage n'a pas notés, vu qu'ils ne rentraient pas en entier dans l'espace imparti. Ce qui n'a posé aucun problème entre Bruxelles et Hong Kong. Je pense que ça pourra facilement s'arranger demain au comptoir de Cathay Pacific, où nous devions passer de toute façon. Mais je suis crevée, à bout de nerfs et malade: sinus engorgés, difficultés à respirer, mal aux dents. J'ai aussi peur de ne pas entendre les deux réveils demain matin. Résultat: je dors à peine deux heures dans la nuit, entre 2h30 et 4h30. Quand des gens se mettent à hurler dans le couloir de l'étage à 6h30, je renonce à retrouver le sommeil et je me mets à pleurer. Je voudrais ne jamais avoir décidé de venir ici. 

La vidéo du jour arrivera plus tard.

3 commentaires:

The Everyday French Girl a dit…

Je ne sais pas quoi te dire mais j'ai quand même besoin de t'écrire pour te dire que dans le sud-ouest, quelqu'un pense fort à toi et compatit <3
Gros poutous de réconfort.

katell a dit…

et bien :( çà ne m'est jamais arrivée de pleurer en me disant que je n'aurais jamais du venir! pourtant parfois on a eu pas mal de contrariétés aussi (en Patagonie surtout) ;-)Je ne sais pas quelle nouvelle tu as eu à l'arrivée mais cela a vraisemblablement un peu gâché ton voyage non?

Sophie a dit…

J'espère qu'aujourd'hui vous aurez passés une bonne journée qui te rendra le sourire et ne pas te faire regretter ce merveilleux voyage.