lundi 20 août 2018

La semaine en bref #33






Lundi:
Réveillée un peu avant 7h par un énorme orage. Je n'ai pas bien dormi du tout et le ciel est d'un jaune flippant... En l'absence d'onduleur chez moi, je me dépêche de débrancher mon MacBook - tant pis, je bosserai sur batterie ce matin. Je fais également péter les croissants d'urgence, ceux que j'achète à la bonne boulangerie de Monpatelin et congèle pour quand j'ai besoin d'un remontant. 
 Vers midi, l'orage s'arrête, mais ma ligne ADSL tombe en rade. Je finis mon quota de pages, relis "Death: The high cost of living" que j'aime toujours autant 24 ans après sa parution, refais ma colo, et pouf! Un peu avant 17h, la ligne est rétablie.
 Ma copine éditrice m'informe qu'elle préfère confier la trad du fameux roman de nature à quelqu'un dont c'est la spécialité, ce qui me semble la meilleure décision vu que je ne connais que dalle au genre et que j'aurais beaucoup galéré pour parvenir à un résultat juste moyen. A la place, elle me propose un thriller australien bien davantage dans mes cordes. 

Mardi:

 Mon généraliste, chez qui je suis venue renouveler une ordonnance et qui en profite pour me faire un examen de routine, me félicite pour mes intestins détendus. "Ah, vous trouvez? Je ne me rends pas compte." "Je peux vous dire que vu d'où on vient, il y a un énorme progrès!" C'est pas tous les jours que je me sens bonne élève du ventre. 
 Pour me remettre de mes émotions en sortant de la pharmacie, je vais bouquiner au bar de la Place. Mais de minuscules bestioles blanches me tombent dessus par dizaines, et bien qu'elles ne piquent pas, j'en ai vite marre de les chasser. Je demande au serveur: "C'est quoi, ça?" et m'entends répondre "Des poux". J'ai une seconde de panique en passant la main dans mes cheveux avant qu'il ne précise "Des poux d'arbre". Une recherche Google plus tard, je ne serai toujours pas plus avancée.
 Je dîne au chouette petit resto repéré le mois dernier. C'est toujours aussi délicieux et la serveuse me fout une paix royale pendant que je traîne à table deux heures devant mon thé gourmand (si énorme que je ne réussis pas à le finir). Afin d'entretenir l'admirable décontraction de mes intestins par une promenade digestive, je décide de rentrer en faisant le grand tour par le parc. Il a fermé à 19h30, mais la boucle est quand même très agréable.

Mercredi:

 J'ai trouvé les chaussures tout-terrain idéales pour voyager. Malheureusement, elles commencent au 37 alors que je fais un 35 1/2 ("Pieds --"). Je suis désespoir. Prélever du gras de mollet pour m'allonger les orteils, ce serait jouable, vous pensez?
 Je suis toute triste d'apprendre que nos amies M&M partent s'installer en Bavière. On croit toujours qu'on a le temps de voir les gens, alors on repousse à plus tard, et puis un jour, voilà - on regrette de ne pas s'être bougé un peu plus pour profiter d'eux pendant qu'on pouvait. Heureusement, la Lufthansa fait des vols directs Bruxelles-Munich. 

Jeudi:

 Le héros de la romance jeunesse que je suis en train de traduire vient de décréter que 3 était un bon chiffre pair. Et moi qui le trouvais un peu dur avec lui-même quand il se disait trop bête pour aller en fac...
 Pour envoyer un paquet en Suisse, je dois remplir deux liasses de documents, fournir des renseignements que je ne possède pas et payer plus cher que le contenu du paquet. Je suis presque surprise qu'on ne me demande pas aussi de sacrifier une chèvre.
 Parce que je veux publier un billet en accès protégé et que Blogger ne m'en donne pas la possibilité, Chouchou me bricole et m'explique une solution sur mesure. Il faut savoir combien je suis hermétique à tout ça et combien ma Livebox péclote, coupant notre chat vidéo une minute sur deux, pour mesurer l'ampleur de l'exploit. 

Vendredi:

 Au réveil, je trouve des dizaines de demandes d'accès au billet protégé dans ma boîte mail. Je pensais que le procédé rebuterait les lectrices, mais non. Je suis touchée de voir beaucoup de filles qui me lisaient en sous-marin depuis des années se manifester enfin. Au final, même si ça fait du bazar (et que Google me balance une captcha à chaque tentative d'autorisation pour vérifier que je ne suis pas un bot), l'expérience est très positive. Alors que basée sur un sentiment très négatif. La magie du blog!
 Sur un coup de tête, je prends le train pour aller passer le week-end chez ma soeur. Je débarque à Matabiau à 20h14, et vu que le métro est encore en travaux cet été, David passe me récupérer en voiture. "Cherche la grosse Jaguar", me dit-il au téléphone. Comme si j'y connaissais quoi que ce soit en bagnoles. 

Samedi:
 Ma soeur ne s'est jamais demandé quel super-pouvoir elle voudrait avoir, ce qu'elle ferait différemment si elle recommençait sa vie à zéro ou quelle façon de mourir serait la plus horrible à son avis. Que fait-elle de son temps de cerveau? Mystère. Mais visiblement, Attila et Darklulu sont Team Questions A La Con comme leur tatie.
 Apéro et dîner chez Ma Biche Sur le Toit, le restaurant qui occupe le dernier étage des Galeries Lafayette de Toulouse. Il fait très bon sur la terrasse, on a une vue superbe, et en plus, la bouffe n'est absolument pas surfaite: chacun de nous prend un plat différent, et les 5 sont délicieux. Mention spéciale à la mousseline au wasabi qui accompagne ma cocotte de pluma ibérique. Oui, c'est clairement un lieu à la mode, mais il le mérite bien. Nous y passons une soirée vraiment géniale.
 Aujourd'hui, Darklulu a dit successivement: "Non mais ça va, Tatie, t'es mince", "Tatie, toi qui sais tout..." et "Tatie, elle est vraiment stylée et originale." Cet enfant a un jugement et un goût très sûrs. (En revanche, il se peut que sa vision laisse à désirer.)

 Même si elle remporte douze César d'ici la fin de sa carrière, Elsa Zylberstein restera toujours pour moi la nana qui trouve que Vénus callipyge, ça fait penser à capillaire, donc ça doit être en rapport avec les cheveux. 

Dimanche:
 Je découvre l'existence d'un gadget diabolique: une raquette qui électrocute les moustiques. David et Attila la manient avec un zèle proche du fanatisme religieux, bondissant pour choper leurs victimes en plein vol et les exécuter d'un lob implacable.
 Oui, manger tous ensemble ce midi est une raison suffisante pour déboucher une bouteille de champagne.
 Vautrée sur un donut de pastèque dans la piscine, à moitié ivre et à la limite du coup de soleil, je vis ma meilleure vie.
 J'avais oublié les fous rires qu'on peut piquer pendant la 3ème manche de Time's Up, celle où on se retrouve tous à mimer des trucs improbables. Surtout quand on a tiré "Mésange", "Pie", "Perroquet" et "Poulet" dans la même partie.
 Quand David nous annonce que c'est en streaming qu'on va regarder "Tanguy" ce soir, je lui réponds que du coup, on ne va probablement pas regarder "Tanguy" ce soir. Deux heures plus tard, après avoir vu cinquante fois le pré-générique tronçonné en morceaux de 12 secondes et toujours rien après, il convient qu'effectivement, on ne va pas regarder "Tanguy" ce soir.

6 commentaires:

Michèle a dit…

J'adore toujours autant votre semaine en bref ! Ces petites bulles de vie sont un régal de lecture et me font toujours sourire ou rire, surtout ne changez rien :-). Nous habitons le même quartier à Bruxelles et vos bonnes adresses m'ont fait découvrir beaucoup de petits coins sympas, toujours décrits avec beaucoup de justesse, comme j'ai pu m'en rendre compte en y allant. Bonne semaine ! Michèle

ARMALITE a dit…

@Michèle: Ravie que mes adresses vous servent, et merci pour votre fidélité! :-)

Cécile de Brest a dit…

Et bien moi, je n'ai jamais réusi à t'envoyer la demande pour lire ton article...plus quiche que moi, ça n'existe pas !
Ahhh, la raquette à moustiques. C'était mon accessoire favori à l'époque où je vivais en Guyane...

LadyJuliet a dit…

Je ne peux que me joindre à ce que dit Michèle, car c'est exactement la même chose pour moi! Et puis je dois remercier un M de M&M, car je me souviens maintenant que c'est grâce à elle que j'ai découvert il y a maintenant des années, ce blog fantastique! Bonne semaine, Julie

Myriam a dit…

Je suis une lectrice assidue de votre blog depuis début 2015. Je l'ai découvert par hasard quand je vivais à Londres. Je ne sais plus trop si c'est par le biais d'un article concernant un livre, une série ou le développement personnel, mais je suis remontée dans le temps et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire votre parcours et votre évolution. J'apprécie le côté intime et décomplexé des articles mais aussi les conseils et le fruit de votre recherche d'une meilleure connaissance de soi. Je m'en suis souvent inspirée comme outils dans ma propre lutte contre mes angoisses. Je fais même mes propres "semaines en bref" et "20** dans le rétro" pour faire le bilan et garder une trace des petits bonheurs de la vie! Je ne commente pas d'habitude, parce que je me méfie des traces qu'on laisse sur internet. Je n'ai pas de compte Google, pas de compte Facebook, pas de Twitter, pas d'Instagram, rien qui puisse m'identifier en dehors du cadre professionnel (qui n'a rien à voir avec les réseaux sociaux). J'ai donc été bien déçue de ne pas pouvoir m'identifier pour accéder au post "le Portrait Caché", mais j'en comprends les raisons et je me plie à votre choix. Je suis heureuse que l'expérience ait été positive pour vous et je laisse mon imagination faire ce portrait caché rien que pour moi. Je prends donc le temps d'écrire pour vous souhaiter bonne continuation de la part d'une lectrice en sous-marin.

marie baudet a dit…

Eh bien moi, je viens de t'envoyer la demande, mais n'ai eu d'autre choix que de le faire avec une adresse google que je n'utilise pas. On verra...

Le "pieds --" m'a fait sourire. Ces chaussures tout terrain ont l'air dingues !

Aujourd'hui c'est la rentrée pour moi, et j'ai plein d'articles leroseetlenoir à rattraper, ce qui rend la fin des vacances un peu moins cafardeuse.