mercredi 4 juillet 2018

"Les jours de Vita Gallitelli" (Helene Stapinski)


Journaliste et écrivaine résidant dans le New Jersey, Helene Stapinski est depuis toujours très inquiète à l'idée de porter des gènes criminels qu'elle aurait pu transmettre à ses enfants. En effet, selon la légende familiale, son arrière-arrière-grand-mère Vita aurait fui le sud de l'Italie après avoir commis un meurtre; son grand-père Beansie a passé une bonne partie de sa vie en prison, et un de ses cousins est conseiller d'un parrain de la Mafia...

Helene finit par se rendre en Basilicate, la région d'origine de Vita, pour y mener elle-même son enquête. Elle découvre un lieu mal connu où régnait autrefois une pauvreté ahurissante, et que sa population a fui en masse au XIXème siècle. Si elle se heurte à la méfiance de certains autochtones, elle fait cependant des rencontres qui lui permettent de progresser dans ses  recherches. Les archives locales vont lui révéler une vérité bien différente de ce qu'elle imaginait, et qui changera à jamais sa conception d'elle-même.

Si on ignorait que "Les jours de Vita Gallitelli" est un mémoire, on n'aurait aucun mal à croire à une fiction tant l'histoire qu'il raconte est romanesque. C'est d'abord le sort qui s'acharne sur Helene, telle une malédiction lancée par une vieille sorcière pour la dissuader de remuer un passé honteux. Puis les heureux hasards qui lui ouvrent les bonnes portes et lui permettent de reconstituer peu à peu la vie mouvementée de son ancêtre. Le décor, cette Basilicate si méconnue et si rude, frappe particulièrement l'imagination, tout comme la reconstitution de la vie des paysans d'autrefois. En revanche, j'ai eu plus de mal avec les chapitres où l'auteure met Vita en scène comme si elle disposait de son journal intime ou de récits détaillés de l'époque - des extrapolations qui détonnent avec l'aspect par ailleurs purement documentaire de sa démarche. 

Traduction de Pierre Szczeciner

Merci aux éditions Globe pour cette lecture

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