dimanche 1 juillet 2018

"Viens ici que je t'embrasse" (Griet Op de Beeck)


Sa mère dure et peu affectueuse meurt dans un accident de voiture quand elle n'a que neuf ans. Son père, un dentiste nettement plus investi dans son travail que dans sa famille, se dépêche de se remarier avec une jeune femme peu sûre d'elle-même, qui a constamment besoin d'être rassurée. Résultat: Mona grandit en essayant d'être l'enfant parfaite qui satisfait les désirs de tout le monde sans jamais faire de vagues. Devenue adulte, elle peine à s'affirmer aussi bien dans son travail de dramaturge pour un célèbre metteur en scène que dans le couple qu'elle forme avec un écrivain égocentrique de quatorze ans plus âgé qu'elle...

Dans la lignée de l'intimiste "Bien des ciels au-dessus du septième", "Viens ici que je t'embrasse" démonte la mécanique d'une famille un peu plus dysfonctionnelle que la moyenne, mettant en évidence la façon dont les défaillances parentales modèlent le caractère et les choix de l'héroïne jusque dans l'âge adulte. L'histoire se décompose en trois parties dans lesquelles on voit Mona d'abord âgée d'une dizaine d'années, puis de 24 et enfin de 35 ans, ce qui permet de suivre son évolution. Ca traîne parfois un peu en longueur, mais c'est toujours psychologiquement très fin et sans pathos, y compris dans la dernière partie où Mona se rapproche de son père mourant - et commence enfin à oser s'affirmer. Un portrait de femme tout en subtilité. 

Traduction d'Isabelle Rosselin

Merci aux éditions Héloïse d'Ormesson pour cette lecture

Aucun commentaire: