mardi 31 juillet 2018

Juillet 2018




Lectures de Juillet 2018





ROMANS/RECITS
- Les jours de Vita Gallitelli (Helene Stapinski) ♥︎♥︎♥︎
- The cactus (Sarah Haywood) ♥︎♥︎♥︎
- La course au bonheur (Maggie Lehrman) ♥︎♥︎♥︎
- La ferme de la cousine Judith (Stella Gibbons) ♥︎♥︎
- Man (Kim Thuy) ♥︎♥︎♥︎
- Les Doldrums (Nicholas Gannon) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Notes from a small island (Bill Bryson)
- The Lido (Libby Page) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- La vieille dame qui avait vécu dans les nuages (Maggie Leffler) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Les Doldrums T2: La malédiction des Helmsley (Nicholas Gannon) ♥︎♥︎♥︎
- Tout sur mon chien (Alejandro Palomas) ♥︎♥︎♥︎
- Les soeurs Carmines T1: Le complot de corbeaux (Ariel Holzl) ♥︎♥︎♥︎
- Ivy & Abe (Elizabeth Enfield) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- Mimikaki (Yarô Abe) ♥︎♥︎
- L'atelier des sorciers T2 (Kamome Shirahama) ♥︎♥︎♥︎
- Sorceline T1 (Sylvia Douyé/Paola Antista) ♥︎♥︎
- Une histoire d'hommes (Zep) ♥︎♥︎♥︎
- 1h25 (Judith Forest) ♥︎
- Drôles de femmes (Julie Birmant/Catherine Meurisse) ♥︎♥︎♥︎
- Le monde selon Zach (Jean Rousselot/Stéphane Massard) ♥︎
- I love this part (Tillie Walden) ♥︎♥︎♥︎
- Birdcage castle T1 (Minami Toutarou) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Birdcage castle T2 (Minami Toutarou) ♥︎♥︎♥︎♥︎

lundi 30 juillet 2018

La semaine en bref #30





Lundi:
On a récupéré nos lunettes Polette. Chouchou est ravi d'y voir de nouveau: il n'osait plus porter de lentilles et ses vieilles lunettes n'étaient plus du tout adaptées. Et puis, il adore le look de sa monture Linden en bois (moi aussi, d'ailleurs).
 Test du dentifrice solide Lush. Le principe me convient très bien, mais je n'aime pas le goût de fraise un peu chimique. J'essaierai probablement d'autres marques.
 Histoire de se mettre en condition pour cet automne, on regarde l'épisode de "Parts Unknown" consacré à Singapour. Ca donne faim. Et lieu à une discussion animée sur les régimes autoritaires.

dimanche 29 juillet 2018

[BRUXELLES] Get up, stand up! au MIMA





Je ne pense pas avoir manqué une seule expo du MIMA depuis son ouverture, il y a deux ans. C'est le seul musée d'art contemporain dont je ressors toujours ravie. "Get up, stand up!", qu'on peut visiter actuellement, propose un panorama d'affiches contestataires datant de la période 1968-1973, riche en protestations sociales un peu partout à travers le monde. Les différentes salles sont consacrées à la révolte étudiante de mai 68, en France, aux manifestations contre la guerre du Vietman aux Etats-Unis, ainsi qu'à l'émergence du féminisme, du Black Power et du mouvement écologiste. 

"Birdcage castle" T1 & 2 (Minami Toutarou)


A la recherche d'une de leurs camarades mystérieusement disparue, six lycéens pénètrent dans un château en ruines au fond d'un parc d'attraction abandonné. Là, un personnage mystérieux, le Hibou Bleu, les enferme et les enchaîne par paires pour les forcer à participer à un jeu meurtrier. Deux règles seulement: les binômes ne peuvent jamais être brisés, et il leur est impossible de revenir en arrière. Mais s'ils font les bons choix et réussissent à le trouver, ils pourront sortir sains et saufs... 

Louchant fortement du côté des escape games (dont le concept fut développé au Japon bien avant d'arriver en Europe), "Birdcage Castle" est une série en 4 tomes, terminée dans son pays d'origine et en cours de parution en France. Si, comme moi, vous avez adoré le film "Cube" ou le manga "Dédale", vous devriez vous laisser happer très facilement par ce thriller psychologique. 

La résolution des énigmes et les impératifs de survie posent des dilemmes moraux intéressants, qui révèlent assez vite le vrai visage des personnages. Ceux-ci ne sont pas d'une immense originalité, mais étant donné leur nombre élevé et le format court de la série, il est assez logique que l'auteure ait misé sur des archétypes. Le graphisme est classique, ni sublime ni rebutant, avec des expressions faciales plutôt réussies et des décors sobres mais suffisants pour poser une atmosphère dérangeante. J'ai dévoré coup sur coup les deux tomes actuellement disponibles et attends maintenant avec impatience le troisième, prévu pour mi-septembre. 

samedi 28 juillet 2018

Les conversations absurdes #38


CHOUCHOU, s'arrêtant devant un restaurant: Oh, un KipKot! Ca fait longtemps que j'ai envie d'essayer. C'est un resto de poulet rôti. (Il déchiffre le menu et prend un air déçu.) Ah, mais ils ne vendent que du poulet par quart ou par demi. 
MOI (qui connais bien le bonhomme depuis le temps que je le pratique): ...Et toi, en fait, tu espérais des nuggets ou une autre recette transformée sans petits os. Comme tu ne veux manger de la pastèque ou des raisins que s'ils n'ont pas de pépins. 
CHOUCHOU, piquant du nez d'un air penaud: C'est ça. (Une pause.) Tu m'aimes quand même?
MOI: Oh, tu sais, hier soir, je t'ai fait conduire pendant trois quarts d'heure pour aller voir un feu d'artifice, et en arrivant sur place, j'ai décrété qu'il y avait bien trop de monde et qu'il fallait qu'on reparte immédiatement. Et tu ne m'as pas fait le moindre reproche, donc bon. 
CHOUCHOU, hochant sagement la tête: Je comprenais très bien. S'il y avait eu des petits os, moi non plus, je n'aurais pas voulu rester.

vendredi 27 juillet 2018

Les jeunes sont les héros d'aujourd'hui





Dans l'actualité de cette semaine, entre la guignolesque affaire Benalla et les  conséquences catastrophiques de la canicule, se cachait un fait divers qui m'a bouleversée. Elin Ersson, une étudiante suédoise de 21 ans, s'est aperçue que dans son avion à destination d'Istanbul se trouvait un homme que les autorités déportaient vers l'Afghanistan, où il risquait la mort. Alors, elle a refusé de s'asseoir pour empêcher l'appareil de décoller tant qu'on n'aurait pas fait débarquer ce monsieur. Les autres passagers ont commencé à l'insulter parce qu'elle les mettait en retard; l'un d'eux a même tenté de lui arracher son téléphone avec lequel elle filmait et diffusait la scène en direct. Elin était très secouée; elle savait qu'elle risquait une amende et même une peine de prison, et sans doute se doutait-elle aussi que même si sa protestation aboutissait, l'homme serait déporté ultérieurement. Mais elle a gardé un calme admirable et, à travers ses larmes, répété fermement que la vie d'un homme valait plus que la gêne occasionnée aux passagers. Elle a tenu bon assez longtemps pour avoir gain de cause, et maintenant, elle va affronter les conséquences de son incroyable droiture morale. 

jeudi 26 juillet 2018

"The lido" (Libby Page)


Rosemary, 86 ans, a vécu à Brixton toute sa vie, dans un petit appartement qui surplombe le lido où elle va encore nager chaque matin. Cette piscine de plein air, où se mélangent des gens de tous les âges et de toutes les origines, a été le témoin privilégié des grands événements de son existence. Ici mieux que n'importe où ailleurs, la vieille dame se sent proche de Georges, son époux bien-aimé emporté par une maladie peu de temps auparavant. 

Alors, quand la municipalité envisage de vendre le lido à une société immobilière qui souhaite le remplacer par des courts de tennis privés, Rosemary décide de mobiliser la communauté. Une gazette locale envoie une journaliste faire son portrait: Kate, 25 ans, qui se sent horriblement seule à Londres. Depuis qu'elle a débarqué dans cette ville pour y faire ses études, la jeune femme est régulièrement la proie d'horribles attaques de panique. Sa rencontre avec Rosemary et son implication dans le sauvetage du lido vont changer sa vie. 

"Le roman feel-good de l'été" - telle est la promesse avec laquelle m'a appâtée l'éditeur de Libby Page. Il ne mentait pas: "The lido" m'a donné envie de foncer à la piscine municipale, alors que je déteste l'eau à peu près autant que les gens. Oui, il est chouette à ce point. Vue à travers les yeux de la vieille dame désormais veuve, l'adorable histoire d'amour de Georges et Rosemary ferait envie au plus endurci des solitaires. Les portraits de nombreux personnages secondaires, chacun avec ses problèmes petits ou gros, sont autant de fils qui viennent colorer la tapisserie d'une communauté diverse et attachante. Maniant la nostalgie aussi bien que l'espoir, Libby Page signe là un premier roman ultra-touchant. 

mercredi 25 juillet 2018

"La vieille dame qui avait vécu dans les nuages" (Maggie Leffler)


A 87 ans, Mary Browning n'est plus qu'une vieille dame qui a perdu toute sa famille et dont les mains tremblent beaucoup. Mais pendant la 2ème Guerre Mondiale, elle s'appelait Miriam Lichtenstein et elle faisait partie du Women Airforce Service, un corps de femmes pilotes que l'armée américaine s'empressa de démantibuler quand ses hommes rentrèrent du front européen.

Un jour, une adolescente prénommée Elyse débarque dans l'atelier d'écriture que Mary dirige à Pittsburgh. Elle ressemble beaucoup à Sarah, la soeur défunte de la vieille dame. Apprenant que le gouvernement a l'intention de distribuer des médailles aux WASP survivantes, celle-ci se replonge dans les souvenirs de ce qui fut la période la plus heureuse de sa vie et demande à Elyse de l'aider à rédiger ses mémoires...

S'inspirant d'un fait historique peu connu - et néanmoins passionnant -, Maggie Leffler invente une héroïne romanesque à souhait, une âme rebelle qui va défier les conventions de son époque pour voler comme elle en rêve depuis l'enfance. Par la suite, hélas, son époque la rattrapera en la forçant à un choix cruel qui conditionnera le reste de son existence. "La vieille dame qui avait vécu dans les nuages" n'a pourtant rien d'une tragédie; c'est plutôt un roman feel-good facile à lire grâce à son écriture fluide et ses révélations habilement dosées. Le passé de Miri/Mary s'entremêle avec son présent, et la voix d'Elyse vient enrichir le tout avec ses préoccupations modernes. Un agréable roman de vacances.

Traduction de Florence Guillemat-Szarvas

mardi 24 juillet 2018

[LILLE] Les brunchs du dimanche (53): Tamper





Samedi dernier, donc, nous sommes allés passer la journée à Lille avec un couple d'amis. Nous avions prévu de bruncher dans un endroit un peu excentré qui, finalement, n'ouvrait qu'à 15h ce jour-là. Dépités, nous avons rebroussé chemin vers la vieille ville. Et ce faisant, nous sommes passés devant un restaurant d'aspect plutôt sympathique, qui affichait un menu de brunch alléchant et avait encore une table de 4 disponible. Nous avons poussé la porte, et nous ne l'avons pas regretté!

lundi 23 juillet 2018

La semaine en bref #29





Lundi: 
 Deux morts, plusieurs blessés, des centaines de femmes sexuellement agressées dans la foule, des centre-ville paralysés toute une soirée et des dégâts matériels à n'en plus finir... Ah elle est belle, la liesse populaire. 
Une heure de chat vidéo avec Isa pour causer boulot - je trouve ça nettement plus agréable que le téléphone!

dimanche 22 juillet 2018

Le jugement de mon père





Quelques jours après avoir publié ce billet, je suis allée boire un verre avec Gasparde. On a causé de tout un tas de trucs inoffensifs pendant deux heures: nos voyages, nos lectures, nos connaissances communes ou nos petits dégoûts. Puis, alors qu'on attendait patiemment au bar pour payer, elle m'a lancé sur un ton désinvolte: "Au fait, à propos ton billet de l'autre jour: tu as peur qu'il se passe quoi, au juste, si tu te montres plus vulnérable avec ton entourage? Pourquoi tu crois que les gens vont en profiter pour te faire du mal?". 

vendredi 20 juillet 2018

Les conversations absurdes #37


MOI: Tiens, il a poussé un demi-sachet de parmesan dans la boîte à fromage. 
CHOUCHOU: Oui, je viens de le sortir de mon cartable. 
MOI, méfiante: Est-ce que je veux savoir pourquoi tu te promènes avec un sachet de parmesan entamé? 
CHOUCHOU: Probablement pas. 
MOI: Très bien, parlons d'autre chose.

jeudi 19 juillet 2018

Revue de presse internet - juillet 2018






Faut-il aussi empêcher les animaux de se faire souffrir entre eux? Un article passionnant sur la notion de prédation.

La production de viande et de produits laitiers est plus polluante que l'industrie pétrolière - et elle contribue grandement au réchauffement climatique. (en anglais)

Violences contre les femmes: ras-le-bol du "torture porn" dans les séries télé.

C'est quoi le problème avec un corps féminin musclé?

Curiosité: tout ce qui a été retrouvé au fond d'un canal d'Amsterdam vidé par la municipalité, depuis des lances vieilles de plusieurs millénaires jusqu'à des jetons Pokémon.

Si jamais vous ne savez pas où aller manger en vacances: la liste des 50 meilleurs restaurants du monde

Maintenant, moi aussi, j'ai envie de faire le test pour savoir à quoi ressemble mon microbiome(en anglais)


mercredi 18 juillet 2018

La tasse est déjà cassée





Plus jeune, j'entassais religieusement les jolis objets, comme si mon appartement était un musée où je me devais de collectionner tout ce que je trouvais beau. Nul n'avait le droit d'y toucher de crainte que mes trésors ne s'abîment ou, horreur des horreurs, ne se cassent. Il me semblait qu'un petit bout de moi aurait disparu avec eux, un petit bout de moi qui devait être préservé à tout prix.

Puis la vie est passée par là.

mardi 17 juillet 2018

De la zone de confort et des coups de pied au cul qui nous en éjectent





J'avais prévu de consacrer mon mois de juin à la traduction d'un livre dont la VO n'était finalement pas disponible à ce moment-là, et ne le serait sans doute pas avant début juillet. Confrontée à la perspective d'un mois de chômage technique, j'ai paniqué et battu le rappel des troupes - autrement dit, j'ai contacté toutes les éditrices avec qui j'avais déjà travaillé pour leur demander si elles auraient quelque chose à me proposer en urgence. La réponse était non. Mais deux d'entre elles avec qui je m'entends particulièrement bien ont eu la gentillesse de parler de moi à leurs collègues. Résultat: avant la fin du mois, j'avais deux romans jeunesse au planning de mon été et, pour peu que je rende du bon boulot, l'assurance d'autres commandes à venir pour deux grosses maisons qui pratiquent des tarifs très satisfaisants. 

lundi 16 juillet 2018

"Mimikaki" (Yarô Abe)


Au Japon, il existe des établissements où l'on peut se faire curer les oreilles la tête posée sur les genoux d'une femme, à l'aide d'un petit instrument appelé mimikaki. Au salon Yamamoto de Nakamachi, la douce Shizue procure à ses clients une volupté auriculaire sans pareille - au point que certains d'entre eux sont littéralement devenus accros...

Je suis très fan de la série "La cantine de minuit" de Yarô Abe. Alors, même si le thème de "Mimikaki" m'inspirait assez peu, je me suis laissée convaincre par les critiques dithyrambiques lues et entendues un peu partout. Et au final, comme je m'en doutais, je n'ai absolument pas accroché. 

D'abord, je ne suis pas fan d'histoires courtes; je ne les apprécie dans "La cantine de minuit" que parce qu'elles sont centrées autour de la nourriture,  (un sujet qui me parle toujours) et parce que, de chapitre en chapitre, on retrouve les mêmes personnages dont on suit ainsi l'évolution en filigrane. Rien de tel ici, et arrivée à la fin de ce recueil, le concept de volupté auriculaire me laissait toujours aussi perplexe. Question de culture, sûrement. 

Traduction de Miyako Slocombe

dimanche 15 juillet 2018

La semaine en bref #28





Lundi:
 Pas de nouvelles de l'essai envoyé vendredi. Je vois bien sur Instagram que mon éditrice a d'autres chats à fouetter, mais je suis sur des charbons ardents. 
Comme prévu, la fermeture de mon compte Hellocoton entraîne une baisse sensible de mes visites quotidiennes. Tant pis: pour parler marketing, l'utilisatrice-type de la plateforme telle qu'elle est aujourd'hui ne fait pas du tout partie de mon coeur de cible. Du coup, je me fends du premier billet intime assumé de ce qui devrait être une longue série. 
 Ce soir, on teste "Le bureau des légendes". La réalisation est... très française et assez convenue, mais j'apprécie l'absence d'esbrouffe qui la démarque des séries américaines du même type. On garde. 

"Les Doldrums" (Nicholas Gannon)


Archer Helmsley, 11 ans, vit dans une maison haute et efflanquée dont il n'a pas le droit de sortir hormis pour aller à l'école: ses grands-parents explorateurs ont disparu dans l'Antarctique, et sa mère craint qu'il n'ait hérité de leur déplorable penchant pour l'aventure. Heureusement que le jeune garçon a toute une ménagerie empaillée pour lui tenir compagnie. Quand il se lie d'amitié avec ses voisins Oliver Glub, aussi intelligent que timoré, et Adélaïde Belmont, une danseuse dotée d'une jambe de bois, il décide de monter une expédition de sauvetage... 

Ce premier tome d'une série jeunesse qui en compte actuellement deux n'est pas du tout le trépidant roman d'aventure qu'on pourrait imaginer. Nicholas Gannon prend son temps pour camper ses protagonistes, développer l'amitié qui se tisse entre eux et dresser maints obstacles réalistes sur leur route. Malgré la scène d'action farfelue dont il gratifie le lecteur dans ses derniers chapitres, "Les Doldrums" est un roman essentiellement contemplatif et atmosphérique, rendu encore plus savoureux par les très belles illustrations qui émaillent ses pages. Je compte enchaîner très vite sur la suite

Traduction de Catherine Nabokov

vendredi 13 juillet 2018

Don de plasma: comment, pourquoi?





Le sang n'est pas le seul produit biologique que collectent les centres de la Croix-Rouge. Certains sont également équipés pour les dons de plaquettes ou de plasma, moins connus car plus longs à effectuer mais tout aussi nécessaires. Or en décembre 2017, un très beau centre a ouvert rue des Alexiens, à deux pas de chez mon coiffeur, dans un endroit facile à atteindre pour moi lorsque je suis à Bruxelles. J'avais donc décidé cet été de tester le don de plasma. J'ai fait une première tentative début juin. Mais comme j'étais inconnue de la Croix-Rouge belge (même si j'avais déjà une carte de l'Etablissement Français du Sang), j'ai dû commencer par effectuer un don de sang ordinaire pour qu'ils vérifient que tout allait bien chez moi. Et hier, j'y suis retournée pour faire enfin mon premier don de plasma. 

jeudi 12 juillet 2018

"La course au bonheur" (Maggie Lehrman)


L'hékamie est devenue illégale depuis de nombreuses années. Ses pratiquantes, capables de créer pour leurs clients des sorts sur mesure qu'elles insèrent dans de la nourriture, sont désormais obligées de se cacher - et coupées du groupe qui assurait leur stabilité mentale, elles sombrent peu à peu dans la folie. A Cape Cod, pourtant, une vieille hékamiste reste plus que jamais sollicitée par la population locale.

Ari, ballerine de talent qui s'apprête à rejoindre une compagnie new-yorkaise, veut oublier son petit ami récemment décédé. Kay, dont le physique ingrat la condamne à la solitude, veut modifier son apparence et s'attacher des amis de manière à ce qu'ils ne puissent plus la quitter. Win veut se débarrasser de la dépression qui le ronge. Mais la magie a a toujours un prix...

Ne vous fiez pas à son titre un peu mièvre: "La course au bonheur" est un roman jeunesse plutôt noir, dans la lignée de "Nous les menteurs" ou "Les déviants". En s'appuyant sur les points de vue de quatre ados assez peu sympathiques, Maggie Lehrman tisse une histoire complexe faite de mensonges et de manipulations en cascade. Les personnages désirent tous trouver une échappatoire magique à leurs problèmes, sans se préoccuper le moins du monde des conséquences. Bien entendu, la combinaison de leurs égoïsmes respectifs va entraîner une conclusion dramatique.

Je n'ai pas raffolé de la traduction trop littérale à mon goût; pourtant, je n'ai pas pu lâcher le livre avant la fin tant je voulais voir de quelle façon les différents éléments allaient se combiner. J'ai beaucoup aimé aussi le concept de l'hékamie, l'idée que toute amélioration sur un plan donné doit se payer par une diminution dans un autre domaine, sans qu'il soit possible de choisir lequel. Et qu'à cause de cette magie, les protagonistes du roman ne peuvent faire confiance à rien ni à personne, pas même à leurs propres désirs. 

Traduction d'Antoine Pinchot

Merci à Casterman pour cette lecture

Les conversations absurdes #36


CHOUCHOU: Il faut que je trouve un truc à me mettre sur la tête. 
MOI: Une kippa? Un entonnoir? Un pot de fleurs? 
CHOUCHOU: Non, un chapeau. 
MOI: Ah. Ben tu as déjà ton bonnet pour l'hiver, et pour l'été, on peut te chercher une casquette ou... 
CHOUCHOU: Non, mais pas pour me protéger contre la pluie ou le soleil, pour porter à l'intérieur.
MOI, interloquée: A l'intérieur? 
CHOUCHOU, très ferme: A l'intérieur. 
MOI: ... 
CHOUCHOU: Pour le look, tu vois. J'en ai marre que mon crâne ressemble à un aérodrome pour mouches. 
MOI, avec une infinie patience: Chouchou, il n'y a qu'un type de gens qui portent des chapeaux en intérieur sans avoir l'air ridicule: les membres de la noblesse anglaise pourvus d'un vagin, à l'occasion des cérémonies officielles. Je suis navrée de t'informer que tu ne corresponds à aucun point de cette description. 
CHOUCHOU, buté: Je m'en fous, je veux un chapeau. 

EGALEMENT CHOUCHOU, plus tard, alors que je viens de lui signifier mon absence totale d'intérêt pour le prochain Robocop: Tu n'as vraiment aucun goût.

mercredi 11 juillet 2018

[BRUXELLES] Resist! au Bozar





Partant de la fin des années 60, l'expo Resist! dresse un panorama des mouvements protestataires à travers le monde jusqu'à nos jours: la révolte étudiante en France au mois de mai 68, le printemps de Prague, le Cordobazo contre la dictature en Argentine, le mouvement Provo aux Pays-Bas, les manifestations anti-guerre du Vietnam  et la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, pour arriver finalement à la campagne Remain anti-Brexit et à l'occupation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Elle se focalise beaucoup sur l'iconographie de la révolte, la manière dont les photographes  (essentiellement) choisissent de représenter cette dernière. Les documents nombreux et variés, parmi lesquels beaucoup de vidéos, occupent plusieurs très grandes salles où l'on peut circuler à son aise... et se casser le dos en tentant de lire titres et légendes écrits tout petit à hauteur des yeux d'un enfant de trois ans. 

Clairement, le thème est d'actualité. Ou devrais-je dire "reste d'actualité"? J'imagine que cette exposition est censée être inspirante. Pour ma part, elle a juste réussi à me déprimer. Cinquante ans - que dis-je, des siècles! qu'on proteste contre certains problèmes, et on n'est toujours pas sortis des ronces. L'esclavage puis la ségrégation ont été abolis, mais les personnes de couleur sont toujours considérées comme des citoyens de seconde zone et violentées voire abattues sans provocation par des policiers auxquels on se contente de donner une tape sur les doigts. Les droits (encore très insuffisants) qu'on tenait acquis pour les femmes sont remis en cause dans de nombreux pays dits civilisés. Le mariage pour tous gagne du terrain, mais les homosexuels demeurent des cibles jusque dans une ville soi-disant aussi tolérante que Bruxelles. Mais le pire de tout à mon sens, c'est la lutte des classes, LE domaine dans lequel la situation ne fait que s'aggraver d'année en année tandis que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. 

Bref, une expo très intéressante, qui donne à réfléchir mais ne fait pas nécessairement du bien au moral. (Ni au dos ou aux yeux.) A la sortie, vous aurez l'occasion d'exprimer et d'afficher vos propres revendications sur un mur dédié. 





au Bozar jusqu'au 26 août 2018
Entrée tarif normal: 10€

mardi 10 juillet 2018

Redevenir humaine





Par défaut, je me méfie des gens que je ne connais pas. Je pars du principe qu'il y a de fortes chances qu'ils abusent de ma gentillesse ou cherchent à profiter de mes faiblesses. J'ai de très bonnes raisons "historiques" pour ça. A mes yeux, les autres sont avant tout des menaces, des dangers potentiels. Du coup j'ai, à dessein, choisi un métier extrêmement solitaire, et ça fait 25 ans que je limite mes rapports humains au maximum. Une fois de temps en temps, j'apprends à connaître quelqu'un d'intéressant sur internet, et je finis par me sentir suffisamment en confiance pour avoir envie de le rencontrer en vrai. Mais même à ceux que je considère comme mes proches, je ne dévoile pas tout. Pas tous les faits, et surtout, pas tous les sentiments qui les accompagnent.

dimanche 8 juillet 2018

La semaine en bref #27





Lundi:
★ Après un mois de glandouille pour cause de vacances et de chômage technique, je suis soulagée de reprendre le boulot (et de me rendre compte que, ça va, je n'ai pas perdu la main). Mais ces quelques semaines auront été riches en enseignements.
★ Je passe la soirée à écouter le podcast dans lequel Dax Shepard reçoit Kristen Bell. Au tout début, ils sont en train de se disputer pour de vrai, et l'irritation de Kristen est très palpable, mais elle reste toujours calme et aimante. Sa vision du couple et de la vie en général, qu'elle développe pendant presque deux heures à travers diverses anecdotes, est une merveille de sagesse pragmatique et bienveillante. Chaque fois que je me dis que je ne pourrais pas aimer cette fille davantage, elle trouve un moyen de me prouver le contraire.

mercredi 4 juillet 2018

"Les jours de Vita Gallitelli" (Helene Stapinski)


Journaliste et écrivaine résidant dans le New Jersey, Helene Stapinski est depuis toujours très inquiète à l'idée de porter des gènes criminels qu'elle aurait pu transmettre à ses enfants. En effet, selon la légende familiale, son arrière-arrière-grand-mère Vita aurait fui le sud de l'Italie après avoir commis un meurtre; son grand-père Beansie a passé une bonne partie de sa vie en prison, et un de ses cousins est conseiller d'un parrain de la Mafia...

Helene finit par se rendre en Basilicate, la région d'origine de Vita, pour y mener elle-même son enquête. Elle découvre un lieu mal connu où régnait autrefois une pauvreté ahurissante, et que sa population a fui en masse au XIXème siècle. Si elle se heurte à la méfiance de certains autochtones, elle fait cependant des rencontres qui lui permettent de progresser dans ses  recherches. Les archives locales vont lui révéler une vérité bien différente de ce qu'elle imaginait, et qui changera à jamais sa conception d'elle-même.

Si on ignorait que "Les jours de Vita Gallitelli" est un mémoire, on n'aurait aucun mal à croire à une fiction tant l'histoire qu'il raconte est romanesque. C'est d'abord le sort qui s'acharne sur Helene, telle une malédiction lancée par une vieille sorcière pour la dissuader de remuer un passé honteux. Puis les heureux hasards qui lui ouvrent les bonnes portes et lui permettent de reconstituer peu à peu la vie mouvementée de son ancêtre. Le décor, cette Basilicate si méconnue et si rude, frappe particulièrement l'imagination, tout comme la reconstitution de la vie des paysans d'autrefois. En revanche, j'ai eu plus de mal avec les chapitres où l'auteure met Vita en scène comme si elle disposait de son journal intime ou de récits détaillés de l'époque - des extrapolations qui détonnent avec l'aspect par ailleurs purement documentaire de sa démarche. 

Traduction de Pierre Szczeciner

Merci aux éditions Globe pour cette lecture

mardi 3 juillet 2018

Envies de juillet





l'épisode de Parts Unknown consacré à Hong Kong
(histoire d'avoir encore plus de mal à attendre fin septembre)

un burger asiatique au Baogo
(recommandé par Solaena et Vincent)

un cocktail chez Chemistry and Botanic's
(mais il faut aussi que je retourne au LIB tester leur nouvelle carte...
trop de bars, pas assez de vendredi soirs)

l'expo Resist! au Bozar
(on a déjà celles du Mima et du nouveau Centre Pompidou en retard)

les feux d'artifice de Laeken un vendredi soir
(j'adore les feux d'artifice, mais dans les grandes occasions genre jour de l'An ou fête nationale,
il y a bien trop de monde pour moi)

ce mini ventilateur de table jaune pour poser à côté de mon MacBook
(même à Bruxelles, il paraît qu'on crève de chaud en ce moment...)

cette parure de lit paon en soldes
(je l'ai déjà commandée)

cette couverture en laine d'une teinte jade bien plus soutenue en réalité
(c'est celle que je n'ai pas pu rapporter d'Ecosse, et j'en rêve depuis)

une double peau d'agneau brune pour mettre sur mon canapé
(je suis totalement amoureuse de la simple que j'ai achetée pour l'utiliser comme descente de lit)

le tome 3 de la série de SF "Wayfarers" de Becky Chambers
(même si je n'ai pas tellement aimé le 2)

"Un petit carnet rouge" (Sofia Lundgren)


Au crépuscule de sa vie tumultueuse, Doris Alm, une Suédoise de 96 ans, décide de rédiger ses souvenirs pour l'unique famille qui lui reste: sa petite-nièce Jenny, qui vit aux USA. Pour ce faire, elle se base sur le carnet d'adresses que son père lui offrit autrefois et dans lequel elle a, au fil des ans, soigneusement barré le nom de ses connaissances au fur et à mesure que celles-ci décédaient...

Ce bouquin avait tout pour me plaire. L'histoire d'une femme forte et indépendante qui traverse le XXème siècle en s'expatriant plusieurs fois et en multipliant les rencontres; le petit carnet utilisé comme fil rouge et structure de la narration; un regard contemplatif et apaisé sur la fin de vie... Correctement employés, ces ingrédients pouvaient faire un vrai page turner. Hélas! La platitude du style de Sofia Lundgren n'a d'égale que la lourdeur des ficelles scénaristiques qu'elle emploie, des invraisemblances qu'elle multiplie et des poncifs dont elle abuse à longueur de chapitres. 

Mais le pire, c'est l'histoire d'amour qu'on nous vend comme merveilleuse et qui est un parfait exemple d'instalove, ce procédé insupportable selon lequel deux parfaits inconnus tombent amoureux au premier regard. Seules justifications à leur passion brûlante: l'homme "fait rire" la femme, et ils ne sont "jamais à court de sujets de conversation" (mais l'auteure se garde bien de donner le moindre exemple d'humour ou de préciser de quoi ils parlent ensemble). Ils filent le parfait amour pendant royalement quatre mois; puis le sort les sépare, et au lieu de passer à autre chose comme toute personne normalement constituée, ils continuent à soupirer l'un après l'autre pendant 70 ans. A ce stade, ce n'est plus du romantisme mais du gâtisme pur. Bref, après un démarrage prometteur, j'ai trouvé qu'"Un petit carnet rouge" s'envolait vers des sommets de ridicule. Ne faites pas comme moi: économisez 20€ et deux ou trois précieuses heures de vie en évitant de l'acheter. 

Traduction de Caroline Berg

lundi 2 juillet 2018

"Les Suprêmes chantent le blues" (Edward Kelsey Moore)


Cinq ans après la conclusion de "Les Suprêmes", nos trois héroïnes vivent toujours à Plainview, dans l'Indiana. Clarice est désormais séparée de son coureur de mari et mène la carrière de pianiste de concert dont elle a toujours rêvé. Odette s'est remise de son cancer et continue à parler aux fantômes de sa mère, de sa tante Marjorie et d'Eleanor Roosevelet. Barbara Jean file le parfait amour avec le Roi des P'tits Blancs et promène son élégance impeccable dans les couloirs de l'hôpital que sa fortune contribue à financer. 

C'est alors qu'un vieux chanteur de blues disparu depuis plusieurs décennies revient en ville pour chanter au mariage de Beatrice, la mère bigote de Clarice, avec Forrest, le tenancier du club de strip-tease local. Sa présence va faire ressurgir beaucoup de souvenirs douloureux, mais aussi donner à plusieurs des protagonistes une chance de faire la paix avec leur passé...

Je suis toujours un peu craintive quand un roman prévu pour être un one-shot connaît un tel succès populaire que son auteur finit par écrire une suite non prévue au départ. Comme il est censé avoir tout raconté dans son premier opus et tout résolu à la fin de celui-ci, souvent, il doit recourir à un procédé quelque peu artificiel pour lancer une nouvelle intrigue. Ici, c'est le retour d'Ed Walker, qui portait jadis un autre nom et fut une figure capitale dans la construction d'un des personnages originels. 

J'avoue avoir d'abord eu du mal à m'intéresser à ce musicien éternellement tourmenté par le démon de la drogue, un profil qui me semblait un peu trop archétypal. Je trouvais qu'on ne voyait pas assez les Suprêmes, alors que c'était pour elles que j'avais eu envie de lire le livre! Mais au fur et à mesure que les liens se révélaient et que le passé se apparaissait en filigrane, j'ai réalisé que sa présence apportait une épaisseur supplémentaire à l'histoire des trois femmes et de leur entourage immédiat. 

Par ailleurs, j'ai aimé retrouver ces héroïnes si différentes les unes des autres, et pourtant unies par une amitié indéfectible qui les aide à surmonter toutes les épreuves. Edward Kelsey Moore continue à doser habilement sujets graves et moments qui réchauffent le coeur, confrontations pénibles et scènes hilarantes en évitant les violons autant que la guimauve. "Les Suprêmes chantent le blues" n'est pas une suite indispensable. Mais si vous avez apprécié l'original, il devrait vous plaire quand même. 

Traduction d'Emmanuelle et Philippe Aronson

Merci aux éditions Actes Sud pour cette lecture

La semaine en bref #26





Lundi:
J'arrive chez Capoue pour m'offrir une glace par cette première belle journée d'été à Bruxelles. "Bonjour, je voudrais un pot avec deux boules..." Je n'ai même pas le temps d'indiquer les parfums: "Vous êtes de Marseille, non?" me coupe la vendeuse. A cent kilomètres près, oui. Repérée deux jours d'affilée. L'accent du Midi est puissant en moi. 
 Je meurs d'envie de bouquiner avec un thé glacé à la terrasse du Stam, mais celle-ci est squattée par une horde d'amateurs de foot les yeux rivés à un écran plat qui hurle. Comme toutes les autres terrasses du quartier, d'ailleurs. Vivement que ça se termine. 

dimanche 1 juillet 2018

Juin 2018



Lectures de Juin 2018





ROMANS
- Le rêve de Ryôsuke (Durian Sukegawa) ♥︎♥︎♥︎♥︎
The man who didn't call (Rosie Walsh) ♥︎♥︎♥︎♥︎
Girl made of stars (Ashley Herring Blake) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The memory shop (Ella Griffin) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Ton année parfaite (Charlotte Lucas) ♥︎♥︎
- Dans la forêt (Jean Hegland)
- A thousand paper birds (Tor Udall) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Summer of salt (Katrina Leno) ♥︎♥︎♥︎
- Daisy's vintage cornish camper van (Ali McNamara) ♥︎♥︎
- Viens ici que je t'embrasse (Griet Op de Beeck) ♥︎♥︎♥︎
- The mermaid and Mrs Hancock (Imogen Hermes Gowar) ♥︎♥︎♥︎
- Brexit romance (Clémentine Beauvais) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Les Suprêmes chantent le blues (Edward Kelsey Moore) ♥︎♥︎♥︎
- Un petit carnet rouge (Sofia Lundberg) ♥︎

BEDE
- Les beaux étés T4: Le repos du guerrier (Zidrou/Jordi Lafebre) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- La soutenable légèreté de l'être (Eléonore Costes/Karensac) ♥︎
- Qu'est-ce qui monte et qui descend? (Knl) ♥︎♥︎♥︎
- Aspirine (Joann Sfar) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Comment être une femme élégante (Sol Diaz) ♥︎♥︎
- L'obsolescence programmée de nos sentiments (Zidrou/Aimée de Jongh) ♥︎♥︎♥︎
- My lesbian experience with loneliness (Kabi Nagata) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Dans la bulle de Brune (Bruna Vieira/Lu Cafaggi) ♥︎♥︎
- Presque maintenant (Cyril Bonin) ♥︎♥︎♥︎
- March comes in like a lion T9 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- My solo exchange diary T1 (Kabi Nagata) ♥︎♥︎
- Le secret de l'ange T2 (Shiki Kawabata) ♥︎♥︎
- Gloutons & dragons T5 (Ryoko Kui) ♥︎♥︎♥︎

"Viens ici que je t'embrasse" (Griet Op de Beeck)


Sa mère dure et peu affectueuse meurt dans un accident de voiture quand elle n'a que neuf ans. Son père, un dentiste nettement plus investi dans son travail que dans sa famille, se dépêche de se remarier avec une jeune femme peu sûre d'elle-même, qui a constamment besoin d'être rassurée. Résultat: Mona grandit en essayant d'être l'enfant parfaite qui satisfait les désirs de tout le monde sans jamais faire de vagues. Devenue adulte, elle peine à s'affirmer aussi bien dans son travail de dramaturge pour un célèbre metteur en scène que dans le couple qu'elle forme avec un écrivain égocentrique de quatorze ans plus âgé qu'elle...

Dans la lignée de l'intimiste "Bien des ciels au-dessus du septième", "Viens ici que je t'embrasse" démonte la mécanique d'une famille un peu plus dysfonctionnelle que la moyenne, mettant en évidence la façon dont les défaillances parentales modèlent le caractère et les choix de l'héroïne jusque dans l'âge adulte. L'histoire se décompose en trois parties dans lesquelles on voit Mona d'abord âgée d'une dizaine d'années, puis de 24 et enfin de 35 ans, ce qui permet de suivre son évolution. Ca traîne parfois un peu en longueur, mais c'est toujours psychologiquement très fin et sans pathos, y compris dans la dernière partie où Mona se rapproche de son père mourant - et commence enfin à oser s'affirmer. Un portrait de femme tout en subtilité. 

Traduction d'Isabelle Rosselin

Merci aux éditions Héloïse d'Ormesson pour cette lecture