samedi 30 juin 2018

50 (tiny) reasons to stay alive





Les longues journées de juin. Les écureuils qui jaillissent devant moi quand je ne m'y attends pas et que je peux suivre des yeux quelques secondes à peine, en retenant mon souffle, avant qu'ils disparaissent. Me glisser dans des draps en lin tout propres. Un thé glacé presque pas sucré quand j'ai très soif. Partir en voyage. Rentrer de voyage. Le crépitement des bougies avec une mèche en bois. Les solos de guitare de Steve Rothery. Manger une fondue avec des amis en Suisse. Espérer lire un jour la suite de Nana. Les jolis timbres sur les cartes postales envoyées de l'étranger. Le bruit du ressac et l'odeur de l'air marin. La neige en ville quand personne n'a encore marché dedans. Les phares qui me font rêver d'y passer une nuit. Les rassemblements de montgolfières à Albuquerque ou en Cappadoce. Les cabanes dans les arbres. L'odeur de lanoline des peaux et de la laine de mouton. Les pivoines quand elles sont largement épanouies, juste avant que leurs pétales commencent à tomber. Les ciels de traîne. Faire des bulles de savon. Une occasion de porter du Russian Red. La légère ivresse après deux cocktails. Les vraies pizzas napolitaines. Le ventre doux et l'impossible mignonnitude des chatons. Les belles couvertures des romans anglais. Une pinte d'Orchard's Thief ou de Thistly Cross après une longue journée. Marcher seule dans une ville inconnue. Le crépitement des touches des vieilles machines à écrire. Les aquarelles de Jennifer Orkin Lewis alias August Wren. Les émaux cristallins de Maggie Zerafa. Un nouveau numéro de Oh Comely. Les nuits de pleine lune. Les chansons des années 80 qui me font retomber en adolescence l'espace de quatre minutes. Les feux de cheminée. Les chaises volantes, surtout celles du Tivoli. Les magasins Lagerhaus en Scandinavie. Le rouge cerise et le bleu sarcelle. Les terrasses sur le toit des immeubles. Faire du trampoline. Les fous rires la nuit dans le lit. Les chants d'oiseaux le matin au réveil. L'île de Skye. Faire pousser des plantes (ou réussir à les maintenir en vie plus de quelques mois). Un texto d'Attila. Un cadeau bien choisi. La satisfaction d'avoir rendu un vrai service. Petrichor - le mot et l'odeur. "Glorious" d'Andreas Johnson. Les compliments des gens avec qui je bosse. Connaître la fin de Game of Thrones.

jeudi 28 juin 2018

Noir c'est noir





La semaine où Kate Spade et Anthony Bourdain se sont donné la mort, tous les gens qui les connaissaient de près ou de loin s'en sont attristés. C'est assez terrible de penser que même la réussite professionnelle, l'accomplissement artistique, l'aisance matérielle, une famille à laquelle on tient ne suffisent pas à enrayer les pulsions suicidaires.

Moi, j'étais moins attristée que choquée de me rendre compte à quel point une partie de moi les enviait d'avoir eu le courage d'en finir.

mercredi 27 juin 2018

Concombre power: 2 recettes estivales au blender





Pour les jours de flemme et/ou de grosse chaleur, deux plats très frais qui ne nécessitent aucune cuisson, sont consommables immédiatement et se marient bien ensemble:

SOUPE CONCOMBRE-AVOCAT
Pour 2 personnes en plat principal ou 4 personnes en entrée
- 1 concombre épluché et émincé
- 1 avocat bien mûr, épluché et coupé en morceaux
- 2 yaourts nature au lait entier 
- zeste et jus d'un demi-citron bio
- 1 cuillère à café de fleur de sel
- poivre, blanc si possible
- une pincée de piment en poudre
- quelques feuilles de menthe fraîche (optionnel)
- 200 ml d'eau glacée pour consommer immédiatement, ou d'eau à température ambiante si on peut mettre au moins une heure au frigo avant de servir

RILLETTES THON-RICOTTA
- 140g de miettes de thon au naturel très bien égouttées
- 140g de ricotta
- un demi-concombre épluché, épépiné et coupé en morceaux
- 6 radis coupés en morceaux
- zeste d'un demi-citron bio
- une demi-cuillère à café de fleur de sel
- poivre, blanc si possible
- une pincée de piment en poudre

Pas de photo car à la maison, ils ont disparu trop vite pour que j'en prenne une! Du coup: crédit photo

mardi 26 juin 2018

[BRUXELLES] Escape Prod: Le secret du Manneken Pis





On avait vraiment aimé les deux premières salles d'Escape Prod, l'Evasion des Dalton et Blacksad, détective privé. Du coup, quand les organisateurs m'ont contactée pour me proposer de tester leur nouveau jeu, j'ai dit oui tout de suite. Surtout que cette fois, il ne s'agissait pas d'un escape game stricto sensu, mais d'un jeu de piste en extérieur. J'ai réuni les suspects habituels et cherché une date où on était tous libres en priant pour qu'il fasse beau ce jour-là. Et pour une fois, les dieux de la météo m'ont exaucée: dimanche, on avait un ciel légèrement couvert mais sans menace de pluie, et 18° - le temps parfait pour s'agiter sans se retrouver immédiatement en nage.

lundi 25 juin 2018

La semaine en bref #25




Lundi:
★ Très chouette expo temporaire sur le développement des transports à la Scottish National Portrait Gallery. J'aime particulièrement les propos de ce photographe qui, après avoir crashé son avion 9 fois et s'être fait virer par l'armée, a continué à voler dans le civil et à prendre des clichés en se penchant hors de son appareil: selon lui, il suffisait de s'attacher la jambe droite avec un bout de corde pour que ce soit "parfaitement sûr"!
★ Pendant qu'on est là, on jette un coup d'oeil à la partie moderne de l'expo permanente. Je suis fascinée par un tableau intitulé "Trois oncologues" et censé représenter les ténèbres qu'ils excisent du corps de leurs patients. J'aime aussi beaucoup le portrait de Tilda Swinton par John Byrne
★ Le midi, nous retournons au White Hart, le plus vieux pub d'Edimbourg, que nous avions bien aimé lors de notre séjour précédent. Nous trouvons la portion de bangers and mash (saucisses-purée) un peu chiche cette fois, et en repartant, j'oublie mon foulard sur le dossier de ma chaise. C'était un de mes préférés; j'espère que la gérante l'adoptera et l'aimera. 
★ Qu'il pleuve comme il y a deux ans ou qu'il fasse très beau comme aujourd'hui, deux heures passées au café du Waterstones de Prince's Street, à la table devant la baie vitrée qui donne pile sur le château, sont toujours une excellente idée. Un thé vert, un scone, un manga génial repéré par Chouchou: le bonheur. 
★ Le soir, nous retournons chez Henderson's, ZE resto vegan d'Edimbourg que nous avions adoré lors de notre séjour précédent. Nous trouvons la portion de tofu teriyaki (très bon) et celle de galettes de haricots noirs (trop sèches) un peu chiches. Tout est décidément moins bien la seconde fois. A part peut-être le sexe. Au moins, je n'oublie rien sur place en repartant.

dimanche 24 juin 2018

"Le jardin des bonheurs égarés" (Tor Udall)


Professeur de musique, Jonah ne se remet pas du décès de sa femme dans un accident de voiture. Audrey voulait désespérément un enfant; elle avait enchaîné trois fausses couches, et il la savait dépressive. Peut-être s'est-elle suicidée? Hanté par son souvenir, Jonah passe de longues heures dans les jardins botaniques de Kew qu'Audrey aimait tant. Il y rencontre Chloé, une artiste spécialisée dans l'origami qu'un lien douloureux attache elle aussi à cet endroit. Leurs trajectoires vont croiser celles d'Harry, jardinier dévoué qui vit depuis longtemps à l'écart du monde, et de Milly, l'étrange fillette qu'il a recueillie...

Voilà un livre dont il est très difficile de parler, à la fois pour ne pas déflorer son intrigue et parce qu'il ne ressemble à aucun autre. Tor Udall, qui signe ici son premier roman, déploie une prose incroyablement maîtrisée et poétique, un vrai régal de bout en bout. Elle fait évoluer des personnages rongés par la perte dans une atmosphère paradoxalement très sereine. L'histoire se déroule avec une telle lenteur qu'elle semble parfois faire du sur-place. En réalité, il se passe mille choses sous sa surface; mille détails esquissent la personnalité et le passé des protagonistes, guidant le lecteur vers une révélation que j'ai déjà souvent vu utilisée en littérature, mais jamais de manière aussi subtile et naturelle. "Le jardin des bonheurs égarés" ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais sa beauté lancinante m'a totalement ensorcelée (et donné très envie de retourner à Kew).

Traduction de Claire Desserrey

Miscellanées écossaises





LES HEBERGEMENTS QU'ON A ADORES:

- A Glasgow, cet appartement lumineux dans une maison georgienne, avec une cuisine et une salle de bain super bien équipées et un lit très confortable, à la limite entre le centre-ville et le quartier étudiant où se trouvent un beau parc et l'un des principaux musées de la ville. 
- A Edimbourg, cette superbe et très grande chambre avec salle de bain en suite, dans l'appartement d'une artiste qui a tout décoré avec un goût impeccable. Elle se trouve dans la Ville Neuve, à un quart d'heure de marche de la gare de Waverley en ligne droite ou moins de dix minutes de la station de bus. 
- Sur l'île de Skye: cet éco-studio attenant à la maison des propriétaires, un couple de dames adorables. Frigo garni à mort, lit queen size et couette archi-moelleuse, chauffage par le sol dans la salle de bain, baie vitrée avec une vue sublime sur le loch en contrebas, calme à toute épreuve. La tannerie Skyeskyns, dont je recommande fortement la visite, est à moins de 300 mètres. 
- Près de Fort William: cet hostel plutôt destiné aux randonneurs, mais qui convient très bien aussi pour un séjour d'une nuit quand on est juste de passage et qu'on ne veut pas exploser son budget. Accueil d'une gentillesse incroyable (la dame parle français), immenses parties communes comprenant entre autre une buanderie toute équipée, chambres fonctionnelles mais très correctes. Un rapport qualité-prix imbattable dans la région.

samedi 23 juin 2018

"Presque maintenant" (Cyril Bonin)


Anna, étudiante au conservatoire, vit une histoire d'amitié fusionnelle avec Alexis, futur écrivain, et son colocataire Félix, passionné par les nanotechnologies. Attirée par les deux garçons, elle finit par se mettre en couple avec le second tandis que le premier s'enfuit en Russie. 

Quelques années plus tard, Félix a mis au point des pilules révolutionnaires qui permettent de suivre son espérance de vie en temps réel. Obsédé par sa santé et par celle d'Anna, il régente très strictement  le moindre détail de leur existence commune. Pourtant, l'enfant qu'ils désirent tous les deux n'arrive pas... 

Sorte de "Jules et Jim" mâtiné d'anticipation, "Presque maintenant" offre un point de vue très humain sur les dérives comportementales que peut engendrer le progrès scientifique, et la manière dont une découverte a priori positive finit par se retourner contre ses utilisateurs. Les lecteurs gonflés par le discours actuel en faveur d'un mode de vie toujours plus healthy devraient adorer. Attention toutefois: les couleurs éclatantes de la couverture ne se retrouvent pas du tout dans les pages intérieures où dominent des teintes jaunes plus subtiles.

Happy feet (9): interesting floors & pandas galore




vendredi 22 juin 2018

[EDIMBOURG] Panda & Sons: un barbier? Non, un bar à cocktails!





Derrière une pimpante façade de barbier se cache un bar façon speakeasy - ces établissements clandestins qui, à l'époque de la Prohibition, étaient souvent planqués en sous-sol derrière une fausse cloison.

jeudi 21 juin 2018

Blues post-écossais





Durant nos vacances, j'ai passé peu de temps sur internet: juste de quoi poster mes Instagram chaque soir et rédiger mes comptes-rendus sur le vif pour ne rien oublier. Je n'ai guère prêté attention à l'actualité, et inutile de dire que déconnecter ainsi m'a fait presque autant de bien que les paysages sublimes que nous traversions et les gens adorables que nous rencontrions. Ce fut certainement le voyage le plus peace and love de ma vie jusqu'ici. 

mercredi 20 juin 2018

"Solitude d'un autre genre" (Kabi Nagata)


A 28 ans, Kabi Nagata est une jeune femme profondément dépressive, incapable de s'accrocher ne serait-ce qu'à un emploi subalterne à mi-temps. Depuis sa sortie du lycée, elle a été tour à tour anorexique et boulimique; souvent, elle s'automutile pour exprimer d'une façon concrète une douleur mentale invisible qu'elle peine à identifier, et l'envie de mourir la taraude constamment. Après sa dernière grosse rechute, elle a dû revenir s'installer chez ses parents qui ne la comprennent pas - alors que son besoin d'être acceptée par eux prime sur toute autre motivation. Elle souffre aussi de phobie sociale, n'a aucun ami et commence juste à comprendre qu'elle est attirée par les femmes. Par soif de contact humain et pour perdre enfin sa virginité, elle décide de faire appel à un service d'escort girls...

Oeuvre 100% biographique, "Solitude d'un autre genre" décortique la maladie mentale de l'auteure avec une franchise si complète, si brutale qu'on se sent parfois gêné en lisant. Le dessin au trait en noir et blanc simplement rehaussé de rose, aux personnages de manga classiquement kawaii, contraste très fort avec l'enfer intérieur que décrit Kabi Nagata. Même les passages un peu drôles - quand elle s'interroge sur l'attitude à avoir avec l'escort girl, notamment - restent poignants de par leur contexte. On souffre vraiment avec elle; à la fin, on se réjouit qu'elle ait pris conscience de ses propres besoins et osé aller à l'encontre des attentes de son entourage pour trouver enfin une forme d'épanouissement. Une douloureuse et pourtant très accessible quête de l'acceptation de soi, que je recommande à tous les anglophones intéressés par les thèmes de la maladie mentale et de l'homosexualité. 

Traduction de Manon Debienne

[EDIMBOURG] Department of mysteries: Prophecies quest





Ca faisait très longtemps que j'avais envie d'essayer un escape game Harry Potter, mais tous ceux qu'on aurait pu faire lors de nos déplacements nécessitaient une équipe de 3 voire 4 personnes minimum. Du coup, lorsque j'ai appris qu'il en ouvrait un à Edimbourg deux mois avant notre séjour là-bas, je me suis empressée de réserver une session. Qui a donc eu lieu lundi en fin d'après-midi. 

lundi 18 juin 2018

[ECOSSE] Où je ne vais pas tarder à devenir sociable si ça continue comme ça





Samedi matin. Après une nuit moyenne (nos matelas n'étaient vraiment pas terribles) et un petit-déjeuner si copieux que nous avons des restes à emporter pour un en-cas, nous quittons notre oubliable Air B'n'B et roulons en direction d'Armadale, le point de départ du ferry qui relie Skye au continent. Celui de 10h40 était plein quand nous avons réservé, et d'ici à celui de 12h10, nous avons le temps de faire un tour au château local. Ce dernier était en si mauvais état faute d'entretien que les autorités ont dû le démolir aux trois quarts et que ses ruines sont inaccessibles, mais les jardins abritent un musée dédié au clan MacDonald qui a principalement dirigé l'île pendant des siècles. Si je suis intéressée par l'histoire de Skye, je trouve l'expo bavarde et assez indigeste. Nous notons cependant, avec un certain amusement, que le Celte ressemble fort à la langue des Grands Anciens imaginée par Lovecraft - ou l'inverse, plus probablement. Et je retiens une ligne du chant de guerre des MacDonald: "Be strong, nurse your wrath" ("Sois fort, nourris ta colère"). Si je me fais créer un blason un jour, ça pourrait bien être ma devise. Nous faisons également un tour dans le jardin botanique luxuriant, qui contient de très beaux spécimens d'arbres, mais la pluie battante ne nous incite hélas pas à nous attarder.

samedi 16 juin 2018

[ECOSSE] Où je me découvre de nouveaux super-pouvoirs pourris





En me réveillant, je suis une fois de plus stupéfaite par la vue depuis notre studio Air B'n'B. Cet endroit est extraordinairement beau et paisible, un vrai coup de coeur à l'encontre de tous mes goûts habituels d'über-citadine. Nous en discutons avec Chouchou tout en retournant à pied vers Skyeskyns, et nous nous disons que nous aimerions bien revenir ici une semaine entière pour écrire le matin et visiter l'île en profondeur l'après-midi. A l'occasion de ses 50 ans ou des miens, par exemple - ce serait un chouette moyen de marquer le coup. 

vendredi 15 juin 2018

[ECOSSE] Où un pirate nous conduit à bon port





Après une mauvaise nuit, nous pique-niquons dans notre chambre et nous mettons en route vers 9h30.  En faisant marche arrière pour sortir du parking, nous entendons un "crac" de mauvais aloi: nous venons de heurter un muret très bas que le radar de recul ne nous a pas signalé. C'est juste du plastique griffé et fendu sur quelques centimètres au-dessus d'un feu arrière et nous avons une assurance illimitée, mais tout de même, ça ajoute à la pression déjà élevée de cette journée. 

jeudi 14 juin 2018

[ECOSSE] Où Napoléon roule en Béhème





Mardi matin, après deux nuits passées dans un très bel appartement Air B'n'B au premier étage d'une maison georgienne et une journée sur la piste des fresques de street art de Glasgow, nous refaisons nos bagages et nous rendons à la station de bus de Buchanan pour y prendre la navette vers l'aéroport. £8 pour un trajet d'un quart d'heure contre £12 le voyage aéroport d'Edimbourg-Glasgow centre qui dure une heure et quart, mais bref. 

Revue de presse internet - juin 2018






Economie: la seule chose qui ruisselle, c'est la pauvreté.

Politique de l'immigration: faut-il être un héros pour être traité avec dignité?

Un sujet qui m'intéresse beaucoup en ce moment: que devient le plastique que nous jetons? (en anglais)

Ingénieux: des routes fabriquées à partir de plastique et de verre recyclés.

Pourquoi, à partir du collège, la lecture devient un "truc de fille".

Pas besoin de faire les choses parfaitement, il suffit de les faire tout court - ou encore: le perfectionnisme n'est qu'une forme de procrastination et de crainte de se montrer vulnérable (en anglais)

mercredi 13 juin 2018

Les conversations absurdes #35


MOI, d'humeur amoureuse: Tu es mon Précieux. (Une pause.) Mais je te promets que je ne vais pas aller te jeter dans la Montagne du Destin.
CHOUCHOU, dûment reconnaissant: C'est très aimable à toi. 
MOI: De toute façon, le Mordor, comme destination de road trip, ça doit pas être terrible. Je parie que les orcs roulent à gauche. Et qu'il n'y a rien de géotaggé. 
CHOUCHOU:Bien sûr que si. (Mimant le geste de se prendre en photo avec un smartphone tendu à bout de bras:) Moi à la forteresse de Durthang. Moi avec ma copine Arachne. Oh, je suis arrivé à la Tour de Sauron; regardez, y'a pas un chat!


mardi 12 juin 2018

[GLASGOW] Une journée sur la Mural Trail





Glasgow n'est pas particulièrement belle; j'irais même jusqu'à dire que je l'ai trouvée encore plus moche que Cologne qui occupait depuis quelques mois le sommet de mon hit-parade personnel. Ses façades traditionnelles mal entretenues, couleur de rouille ou de suie, se mélangent à nombre d'immeubles modernes massifs et sans charme. De plus, en ce moment, le centre-ville est littéralement éventré par des travaux de construction ou de rénovation des chaussées. Autant dire que les photos un peu jolies se méritent.

lundi 11 juin 2018

"Qu'est-ce qui monte et qui descend?" (KNL)


KNL souffre depuis toujours d'un trouble bordeline qui l'empêche de mener une vie normale et la pousse à s'automutiler. A 25 ans, elle a déjà fait plusieurs tentatives de suicide. Dans ce carnet de bord dessiné, elle raconte deux ans de sa vie entre séjours en clinique psychiatrique, nouveaux traitements et rechutes. 

Sur chaque page, des taches d'aquarelle aux couleurs vives contrastent avec la gravité de sa maladie et les aspects déprimants du quotidien en clinique psychiatrique. Heureusement, KNL est bien entourée par une solide maman poule et un amoureux présent pour le pire comme pour le meilleur. Et puis surtout, c'est une fille combattive quand elle parvient à sortir la tête de l'eau, et qui peut se raccrocher à sa passion pour le dessin. 

Les maladies mentales telles que le trouble borderline étant invisibles, la plupart des gens qui ont la chance de ne pas en souffrir peinent à se représenter combien elles peuvent être invalidantes et terribles. "Qu'est-ce qui monte et qui descend ?" ouvre une fenêtre sur la vie d'une patiente qui se dévoile avec sincérité mais non sans humour. C'est un témoignage précieux, qui apporte de l'espoir au concernés et incite les autres à l'empathie. 

On peut admirer les autres travaux de l'auteure sur son site internet.





dimanche 10 juin 2018

La semaine en bref #23





Lundi:
Une invitation à tester un jeu de piste en extérieur: la semaine commence bien! Même si, disponibilité des suspects habituels oblige, on ne peut caler ça qu'après notre retour d'Ecosse.
 Flash info: le thé vert à la framboise du Palais des Thés est particulièrement délicieux glacé.
 Je me présente à la Croix-Rouge pour faire un don de plasma; on me répond que comme je ne suis pas enregistrée dans leurs fichiers en Belgique, je dois d'abord faire un don de sang normal histoire qu'ils vérifient si tout va bien, puis attendre quinze jours  pour le don de plasma. Mais le centre de la rue des Alexiens est super beau et confortable, avec du personnel aux petits soins. I'll be back.
 Au fil de la journée, le pincement que j'ai senti au-dessus de la fesse gauche ce matin en me levant s'étend et s'intensifie jusqu'à devenir un lumbago très respectable. En fin de soirée, je suis quasiment paralysée, en mode baleineau échoué sur la plage.  

"Ton année parfaite" (Charlotte Lucas)


Jonathan Grief est l'héritier d'une très sérieuse maison d'édition qui lui permet de vivre de ses rentes. C'est aussi un insupportable tâtillon qui écrit presque chaque jour au quotidien local pour signaler des fautes ou se plaindre du contenu des articles. Sa femme l'a quitté, il n'a ni enfants ni amis proches, et sa vie tourne autour d'une routine bien établie. 

Le matin du 1er janvier, il se lève à 6h30 pour aller faire son jogging autour du lac. En revenant, il trouve un sac en plastique suspendu à la poignée de son VTT, et dans ce sac en plastique, un agenda de l'année à venir entièrement rempli de maximes positives et de suggestions d'activités visant à améliorer sa vie...

Surfant sur le courant de la pensée positive, "Ton année parfaite" met en scène un héros peu attachant à la base qui, au fil des mois, va s'ouvrir à la vie et aux autres en apprenant à savourer les petits bonheurs du quotidien. Sur une trame plutôt simple en apparence, l'histoire réserve quelques surprises qui lui donnent une épaisseur bienvenue. A ranger dans la catégorie "Bouquin sympa à lire pendant les vacances".

Traduction de Corinna Gepner

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture

samedi 9 juin 2018

Un road trip light en Ecosse





L'an dernier à la même époque, je vous faisais part de ma résolution de ne plus voyager désormais qu'avec un bagage cabine, et vous donnais mes astuces pour m'alléger. Cette année, j'ai franchi une étape supplémentaire, troquant mon habituelle valise d'une contenance de 35l contre un sac à dos 30l pour me sentir plus mobile et toujours moins encombrée.

vendredi 8 juin 2018

"Aspirine" (Joann Sfar)


Aspirine est vénère. Normal: ça fait trois siècles qu'elle se cogne le corps d'une fille de 17 ans et la crise d'adolescence qui va avec. Du coup, pour passer sa colère, Aspirine tue des gens. Par exemple, les gros relous qui lui demandent si elle suce et à qui elle répond oui bien sûr, là-bas dans le petit coin sombre, ils peuvent même appeler leurs copains. Ou les amants de sa soeur Josacine, cette pouffe qui avait 23 ans quand elle est devenue vampire et qui du coup peut réellement profiter de son immortalité. Rien ne peut calmer Aspirine, surtout pas les cours de philo qu'elle suit à la Sorbonne. Mais dans ces cours de philo, il y a Yidgor, un garçon pauvre et moche, fervent rôliste, qui donnerait n'importe quoi pour qu'il se passe quelque chose de magique dans sa vie...

Si je ne peux pas prétendre que j'adore tout ce que fait Joann Sfar, je suis très bonne cliente de son Bestiaire Amoureux et des aventures solo de tous les personnages de ce dernier. J'ai notamment une faiblesse certaine pour Aspirine, vampire rousse que son angoisse existentielle rend incontrôlable. Si elle se met à jouer à Warhammer et se trouve <s>un acolyte</s> un serviteur fan de l'Appel de Cthulhu, forcément, je ne peux que marcher à fond. Ce tome 1 - accessible même pour les gens qui découvriraient Aspirine seulement à cette occasion - est un délire irrévérencieux, plutôt gore et bien barré dans l'ensemble, mais avec une trame narrative cohérente qui forme une histoire complète en soi. Raide dingue des dessins où l'on voit Aspirine survoler un Paris endormi, j'espère qu'il ne faudra pas attendre des années pour le tome 2. 

Merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture

jeudi 7 juin 2018

"The memory shop" (Ella Griffin)


A la mort de ses grands-parents bien-aimés, Nora Malone rentre à Dublin pour vendre leur maison et tous les trésors qu'elle contient. Elle ne compte rester que quelques jours avant de regagner Londres où l'attendent son fiancé Adam et son boulot de décoratrice. Puis, se retrouvant subitement célibataire et sans emploi, elle a l'idée d'ouvrir une boutique afin de chercher le propriétaire idéal pour chacun des objets auxquels sont rattachés tant de souvenirs...

Comme on parle de comfort food, on devrait utiliser l'étiquette de comfort books pour ces livres un tout petit peu trop graves pour être qualifiés de feel good. C'est le cas de "The memory shop", dont les personnages présentent à peu près toute la gamme des drames intimes: veuvage prématuré, kleptomanie, violences domestiques, conjoint infidèle, passé d'alcoolique ou de droguée... Mais grâce à la boutique tenue par Nora, tous vont apprendre à chérir leurs souvenirs sans laisser ceux-ci les empêcher d'avancer. 

J'ai aimé me représenter les merveilles de Lainey, la grand-mère de Nora, et découvrir petit à petit son histoire tragique à travers elles. J'ai aimé la description des vitrines magiques que Nora crée afin de les mettre en valeur. J'ai aimé que l'auteure utilise une des citations les plus célèbres de Leonard Cohen et l'art japonais du kintsukuroi pour illustrer une certaine philosophie de vie. J'ai aimé l'aspect choral de ce roman, où des individus malmenés par la vie comme nous le sommes tous passé un certain âge tissent des liens forts qui finissent par les guérir. J'ai aimé la chaleur sincère qui se dégage de ces pages, la sérénité qu'on éprouve en voyant les protagonistes se réconcilier avec leur passé et en faire le socle d'un avenir plein de promesses. J'ai aimé tout court. 


mercredi 6 juin 2018

Envies de juin





"Les beaux étés T4: Le repos du guerrier" (Zidrou/Jordi Lafebre)


Nous sommes en 1980. Comme chaque année, les Faldérault, originaires de Mons, partent en vacances dans le sud de la France à bord de Mam'zelle Estérel, la 4L familiale. Mais cette fois, plusieurs nouveautés se profilent. D'abord, Pierre, dessinateur de bédé, est exceptionnellement à l'heure pour rendre ses planches, et il ne retardera pas le départ de la smala. Ensuite, Jean-Manu, le petit ami de Nicole, les accompagne dans leur périple. Enfin: fini le camping! Pierre et son frère ont acheté une résidence secondaire "clé sur la porte". Chacun rêve déjà du confort inédit dans lequel il va pouvoir se prélasser. Mais à l'arrivée, une drôle de surprise les attend...

Déjà le 4ème tome des aventures estivales de cette sympathique famille belge - et, à mon humble avis, c'est le meilleur de tous. Peut-être parce qu'à force de les suivre, on s'est tellement attaché aux personnages qu'on a un peu l'impression d'être un Faldérault honoraire. On a vu grandir leurs quatre enfants; on connaît leurs sujets de chamaillerie et leurs rituels; on se sent entraîné par leur dynamique brouillonne et chaleureuse. Bref, on se glisse dans cette lecture comme on retrouve un lieu de vacances bien-aimé d'une année sur l'autre. Si l'humour est toujours au rendez-vous, cette fois, une petite pointe de nostalgie préventive vient s'y mêler: Julie-Jolie et Nicole sont grandes désormais, et on sent que cet été en famille pourrait bien être l'un des derniers. D'ailleurs, les auteurs nous gratifieront au mois de novembre d'un tome 5 dont l'action se déroulera... pendant les vacances de Noël 1979. Ce qui vous laisse largement le temps de vous mettre à jour si vous n'avez pas encore dévoré cette série merveilleusement feel-good. Ma critique du tome 1 est ici.

mardi 5 juin 2018

"Girl made of stars" (Ashley Herring Blake)


Mara vient de rompre avec sa petite amie Charlie, et même si c'est elle qui a pris l'initiative, elle ne le vit pas très bien. Mais les relations amoureuses sont très compliquées pour la jeune fille depuis qu'elle a été victime d'une agression trois ans plus tôt. Or, au lendemain d'une soirée lycéenne arrosée, son amie Hannah accuse Owen, le jumeau de Mara, de l'avoir violée. Mara ne veut pas croire que son frère, son double, ait pu faire une chose pareille, mais elle sait qu'Hannah ne mentirait pas sur un sujet aussi grave, et surtout, elle souffre trop de s'être tue elle-même à l'époque de crainte qu'on ne la croie pas...

Sous une couverture très poétique, "Girl made of stars" aborde un sujet douloureux avec énormément d'empathie et de justesse. Mara se retrouve dans une situation impossible, coincée entre son amour pour son frère, que leurs parents soutiennent à fond, et son amitié pour Hannah dont le traumatisme fait écho au sien. D'autant que la jeune fille est une féministe féroce, très engagée dans la lutte contre le sexisme et le patriarcat, qui ne supporte pas de voir ses camarades de classe prendre automatiquement le parti d'Owen et traiter Hannah de traînée. 

La manière dont l'auteure traite toute l'affaire est si réaliste qu'en tant que lectrice, j'ai été prise de nausée et de rage impuissante. Owen, ado ordinaire pas spécialement macho ou agressif, ne se rend même pas compte de ce qu'il a fait, et on comprend assez vite qu'il n'y aura aucune conséquence pour lui, tandis qu'Hannah sera condamnée à vivre toute sa vie avec le souvenir de ce viol impuni et à faire avec dans une société qui considère encore et toujours les victimes comme les coupables. 

A côté de ça, j'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteure dépeint la bisexualité de Mara - même si je doute que beaucoup d'adolescent(e)s soient aussi à l'aise avec cette orientation que l'héroïne du roman. D'ailleurs, son ex-petite amie Charlie, qui est gender queer, a bien du mal à se définir et à assumer vis-à-vis de ses parents. Globalement, les personnages de lycéens sont tous très réussis, complexes et attachants - à l'exception d'Owen, qu'on ne voit jamais qu'à travers les yeux de sa soeur alors qu'on aimerait savoir ce qui se passe dans sa tête et s'il est vraiment aussi basique qu'il en a l'air. 

J'espère que "Girl made of stars" sera traduit en français très bientôt: c'est un roman remarquable sur la culture du viol, avec une énorme valeur humaine et éducative, à mettre entre les mains de tous les ados. 

[BRUXELLES] Charlemagne Palestine: AA SSCHMMETTRROOSSPPECCTIVVE




Pour être honnête, bien qu'il se vante (très copieusement) de son talent et de sa célébrité dans la présentation de cette expo, je n'avais jamais entendu parler de Charlemagne Palestine avant que le Bozar ne décide d'exposer une rétrospective de son travail sur un demi-siècle. Cela dit, je ne peux pas précisément prétendre être au taquet en matière d'art contemporain. Ce n'est donc pas la réputation de l'artiste qui m'a intriguée et attirée, mais bien les photos des montagnes de peluches colorées qui constituent une bonne partie des installations. J'ai pensé qu'à défaut d'autre chose, ce serait très photogénique (oui, je suis superficielle; lapidez-moi à coups de nounours).

lundi 4 juin 2018

"Les jours de ton absence" (Rosie Walsh)


Fraîchement divorcée de l'époux californien avec qui elle avait fondé une association caritative d'aide aux enfants hospitalisés, Sarah rentre dans la campagne anglaise où elle a vu le jour afin de passer un peu de temps avec ses parents. Le jour anniversaire de l'accident de voiture qui lui a enlevé sa petite soeur bien-aimée, elle croise un homme en train de parler à un mouton dans un champ. Entre Eddie et elle, c'est le coup de foudre. 

Ils passent sept jours enfermés dans la grange convertie où habite ce menuisier. Lorsqu'ils doivent se séparer brièvement, ils savent déjà qu'ils sont fait l'un pour l'autre et ne conçoivent plus le reste de leur vie qu'ensemble. Sauf que... après ça, Eddie disparaît. Il n'appelle pas Sarah comme il avait promis de le faire et ne réagit à aucune de ses tentatives de contact. Certaine qu'il lui est arrivé quelque chose, la jeune femme remue ciel et terre pour le retrouver...

Les histoires d'amour, ce n'est pas du tout mon truc, mais je suis toujours intéressée par un bon mystère et la promesse d'un twist final. Sauf que là, le twist, je l'ai vu venir très vite, d'autant que j'étais déjà tombée sur le même dans un bouquin lu la semaine précédente. J'ai un peu pesté intérieurement et hésité à interrompre ma lecture, mais le style de Rosie Walsh était suffisamment agréable pour que je poursuive. Et j'ai bien fait, car au final, l'auteure a réussi à me prendre au piège de mes propres suppositions. Je n'ai pu qu'admirer rétrospectivement la manière dont elle s'y était prise. 

Par ailleurs, même en faisant abstraction de son ressort romanesque majeur, qu'on peut trouver plus ou moins crédible, "Les jours de ton absence" présente plusieurs situations difficiles tout à fait réalistes avec beaucoup de délicatesse et de subtilité, d'une manière qui invite à la compassion sans jugement. Un roman et une auteure à découvrir. 

Traduction de Caroline Bouet

La semaine en bref #22





Lundi:
 Le gros avantage de cette chaleur, c'est qu'elle me jette hors du lit très tôt le matin, et que j'ai donc terminé ma journée de travail vers 15h - ce qui me permet de profiter de mon après-midi pour, par exemple, aller lire des bédés chez Filigranes. 
C'est assez fréquent que les auteurs des bouquins que je lis likent mes Instagram sur le compte de L'Annexe, mais suite à ma critique de son roman, Michaël Uras a carrément pris la peine de m'envoyer un mail pour me remercier.

dimanche 3 juin 2018

Hors-série Flow Magazine: "50 ways to draw your beautiful ordinary life"





Ca fait des années que je me dis que je devrais dessiner régulièrement. Certes, j'ai eu une brève période "portraits de chaussures à l'aquarelle", et j'ai illustré quelques carnets de voyage. Mais trop intimidée par mon absence de technique et les choses superbes que font des gens bien plus doués que moi, je n'ai jamais osé me mettre réellement à l'urban sketching, et je n'ai pas non plus réussi à appliquer mon auto-discipline pourtant non négligeable à la tenue d'un Hobonichi parce qu'en matière de créativité, je ne supporte pas la contrainte.

"Le rêve de Ryôsuke" (Durian Sukegawa)


Le père de Ryôsuke s'est suicidé quand il était petit. Depuis, ce jeune homme de 28 ans traîne un mal-être indéfinissable qui menace souvent de le submerger. Un jour, il répond à une petite annonce pour aller faire des travaux de terrassement sur Aburi, une île rocheuse desservie par un seul ferry hebdomadaire et sur laquelle il n'y a pas de réseau. Deux autres jeunes gens ont été embauchés avec lui, et tous trois se heurtent très vite à l'hostilité des habitants gouvernés d'une main de fer par un homme que tout le monde appelle le Président. Malgré des conditions de vie difficiles, Ryôsuke est étrangement séduit par Aburi, sa nature sauvage et les chèvres qui la peuplent. Au point qu'il décide de reprendre à son compte le rêve de son père en s'essayant à la fabrication de fromage...

J'avais beaucoup aimé le précédent roman de l'auteur, "Les délices de Tokyo", qui a connu un gros succès de librairie et fait l'objet d'une adaptation cinématographique très réussie. Ici aussi, Durian Sukegawa met en scène un héros à l'aube de la trentaine qui cherche sa voie et qui finit par la trouver dans la préparation d'un aliment. La ressemblance s'arrête ici. "Le rêve de Ryôsuke" se déroule sur une île presque oubliée par le temps, où la technologie est réduite au minimum, où les gens entretiennent des coutumes archaïques et où seules la chasse et la pêche permettent de se nourrir au quotidien. Ryôsuke, qui s'est vite attaché aux chèvres, a beaucoup de mal à accepter la nécessité d'en tuer certaines, et encore plus de mal à le faire lui-même. Sa confrontation avec une nature primitive va le réconcilier avec son passé et tracer pour lui l'ébauche d'un chemin de vie. Un beau roman contemplatif et intimiste.

Traduction de Myriam Dartois-Ako

samedi 2 juin 2018

Les conversations absurdes #34


CHOUCHOU: Ce qui était formidable dans les Sopranos, c'est qu'on montrait la vie de ces mafieux dans ce qu'elle avait de plus trivial. On les voyait à l'hôpital, au supermarché... 
MOI: Même les gangsters doivent se nourrir. 
CHOUCHOU: Non mais c'était pas "Le parrain", avec le type qui joue de la trompette derrière toi, quoi. 
MOI: En même temps, dans la vraie vie, si un type joue de la trompette derrière toi, c'est que tu es clairon dans un orchestre.

ERRATUM: Nekonezumi, qui travaille réellement dans un orchestre, me signale qu'en fait, devant le type qui joue de la trompette, il y aurait plutôt le clarinettiste.