jeudi 31 mai 2018

"Juniper Lemon ou la stratégie du bonheur" (Julie Israël)


Juniper Lemon entre en première. Au début de l'été, sa soeur aînée, Cami, a été tuée dans un accident de voiture, et la jeune fille peine à s'en remettre. Sa mère s'enfonce dans le mutisme et la dépression; ses camarades et ses profs ne la voient plus qu'à travers le filtre de son drame familial. Pour tenir le coup, Juniper poursuit la rédaction de "l'Index du Bonheur" entamée suite à un pari perdu contre Cami, quelques mois plus tôt: chaque soir, elle synthétise sur une fiche bristol les choses bonnes ou mauvaises qui lui sont arrivées dans la journée. Mais bientôt, un autre projet mobilise son attention. Dans une poche d'un vieux sac de Cami, Juniper trouve une lettre d'amour adressée à un garçon qui n'est désigné que comme "Mon Toi". Elle entreprend de l'identifier pour lui remettre ce dernier message de la défunte...

Le deuil d'un proche, les relations entre soeurs, la recherche du bonheur: "Juniper Lemon ou la stratégie du bonheur" aborde plusieurs des thèmes qui me sont chers et que j'ai déjà beaucoup explorés en littérature. Avec son drôle de nom ("Genièvre Citron"), ses listes mentales, son chagrin fou et son envie sincère d'aider les autres, Juniper est une héroïne des plus attachantes. J'ai particulièrement aimé la façon dont elle utilise ses projets artistiques pour exprimer l'indicible, donner un sens à l'irréparable et rendre un dernier hommage à Cami. Autour d'elle, une poignée d'autres lycéens eux aussi en souffrance pour des raisons diverses vont lui redonner le goût de l'amitié et de la vie. Et même si elle n'est pas tout à fait celle qu'on attendait et espérait, la fin de son histoire porte un message beau et fort. Un roman jeunesse à découvrir.

Traduction de Sarah Cardy


Merci aux éditions Casterman pour cette lecture

Lectures de Mai 2018





ROMANS
- Une mère (Alejandro Palomas) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Calpurnia (Jacqueline Kelly) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The art of baking blind (Sarah Vaughan) ♥︎♥︎
- Ailleurs si j'y suis (Antoine Laurain) ♥︎
- La singulière aventure de Pénélope Vermillon (Valija Zinck) ♥︎♥︎
- L'abandon des prétentions (Blandine Rinkel)
- Saints for all occasions (J. Courtney Sullivan) ♥︎♥︎
- Traveler (L.E. DeLano) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Lettres à l'ado que j'ai été (Collectif) ♥︎
- Bye-bye, vitamines (Rachel Khong) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Passeuse de rêves (Lois Lowry) ♥︎♥︎♥︎
- Everything about you (Heather Child)
- Made you up (Francesca Zappia) ♥︎♥︎♥︎
- Dreamer (L.E. DeLano) ♥︎♥︎
- A lite too bright (Samuel Miller)
- Que du bonheur (Rachel Corenblit) ♥︎
- Heureusement que le chien, lui, est un type bien (Lorenza Ghinelli) ♥︎♥︎
- Le Passageur T1: Le coq et l'enfant (Andoryss) ♥︎♥︎♥︎
- La maison à droite de celle de ma grand-mère (Michaël Uras) ♥︎♥︎♥︎
- The plastic magician (Charlie N. Holmberg) ♥︎♥︎
- Emergency contact (Mary H.K. Choi) ♥︎♥︎♥︎
- Juniper Lemon ou la stratégie du bonheur (Julie Israel) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The eye of the North (Sinéad O'Hart)

BEDE
- Le secret de l'ange T1 (Shiki Kawabata) ♥︎♥︎♥︎
- Rat et les animaux moches (Sibylline/Capucine/Jérôme d'Aviau) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Eclats d'âme T2 (Yuhki Kamatani) ♥︎♥︎
- Notes 11: Un royaume magique (Boulet) ♥︎♥︎♥︎
- Whispering T1 (Yôko Fujitani) ♥︎♥︎
- Retour aux sources T1 (Yuo Hsuan) ♥︎♥︎
- Je vais rester (Trondheim/Chevillard) ♥︎♥︎♥︎
- Moins qu'hier, plus que demain (Fabcaro) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- Adulthood is a myth (Sarah Andersen) ♥︎♥︎♥︎
- First, we make the beast beautiful (Sarah Wilson)
- The little book of life hacks (Yumi Sakugawa) ♥︎♥︎♥︎
- Love is... T2 (Puuung) ♥︎♥︎♥︎♥︎

mercredi 30 mai 2018

[BRUXELLES] Eden Foodie, ça rime avec healthy





Ouvert en septembre dernier à deux pas des communautés européennes, Eden Foodie est la création de trois amis qui souhaitaient proposer un lieu où tout le monde pourrait trouver de quoi se régaler:  les gourmands comme les obsédés du fitness et du manger-sain, les carnivores comme les végétariens ou les végans, ceux qui sont toujours pressés comme ceux qui ont envie de se poser un moment au calme. Par contraste avec les autres restaurants du quartier, à la carte courte et souvent spécialisée, c'est un lieu où l'on peut venir en groupe sans se soucier des préférences de chacun - car vraiment, il y en a pour tous les goûts et tous les modes de vie. 

mardi 29 mai 2018

Les conversations absurdes #33


Nous discutons de la vulnérabilité de l'appareil génital masculin. 
MOI (un peu navrée pour lui): C'est quand même pas très ergonomique, tout ce bouzin qui pendouille à l'extérieur, à un endroit où il peut se cogner contre n'importe quoi. 
CHOUCHOU: C'est moderne. 
MOI (ricanant): Moderne? Ca n'a pas évolué d'un iota depuis l'apparition de l'être humain sur Terre!
CHOUCHOU (imperturbable): Absolument, moderne. C'est comme le centre Pompidou: l'architecture interne est exposée à l'extérieur. 

lundi 28 mai 2018

La semaine en bref #21





Lundi:
Alors qu'on discute du tome 1 de sa nouvelle série sur Messenger, je fais une blague à base de flan au caramel que ma copine Andoryss qualifie de "meilleure blague de l'année" et qu'elle promet de caser dans son tome 2. J'ai toujours envie de me pendre, mais hé, au moins je reste drôle. 

Mardi:
 Ayant dû m'aventurer dans un coin inconnu de Monpatelin pour déposer un colis dans un point relais, je découvre l'existence d'un jardin doté de balançoires, d'une volière et d'un enclos avec trois chèvres qui se foutent éperdument de la clôture électrique censée les contenir. On dirait moi la semaine dernière devant ma déclaration de revenus en ligne.

"La maison à droite de celle de ma grand-mère" (Michaël Uras)


La grand-mère de Giacomo va mourir. Alors, malgré sa réticence, ce traducteur littéraire installé à Marseille rentre dans le petit village de Sardaigne dont il est originaire pour lui faire ses adieux. Là-bas, il retrouve ses parents - un peintre taiseux et une femme au caractère volcanique qui menace de le quitter tous les deux jours -, son ami d'enfance Fabrizio atteint d'une maladie de peau qui le fait paraître deux fois plus âgé et la figure emblématique du Capitaine, un vieux militaire autrefois auréolé de gloire et désormais bien seul. Les jours s'écoulent dans la chaleur de l'île, et l'aïeule tient toujours bon à l'hôpital tandis que Giacomo peine sur une version inédite de "Moby Dick"...

"J'appartenais profondément à cette terre. C'était un boulet au pied et une bouteille d'oxygène."

Rentrer chez soi lorsqu'on est un adulte qui a fait sa vie loin des siens, ce n'est jamais simple. Entre les vieilles mécaniques familiales qui le happent de nouveau et les souvenirs qui l'assaillent à chaque coin de rue, Giacomo voit se télescoper un passé qu'il croyait avoir laissé derrière lui et un présent dans lequel il peine à surmonter un événement douloureux. Sous le soleil accablant de la Sardaigne, "La maison à droite de celle de ma grand-mère" est un roman contemplatif, souvent mélancolique, qui devrait plaire aux amateurs de récits intimistes et doux-amers. 

dimanche 27 mai 2018

[PARIS] Le Renard Doré, la nouvelle librairie manga pour les amoureux de l'univers Ghibli



 Désolée pour les photos moches, mon appareil était mal réglé et l'éclairage intérieur pas commode!

Depuis le début du mois, il existe à Paris, tout près de la fac de Jussieu, une nouvelle librairie dédiée aux mangas et à la culture asiatique: Le Renard Doré. Financée partiellement grâce à Ulule, c'est une boutique ravissante à la décoration inspirée de l'univers des studios Ghibli: tapisseries à fleurs, luminaires style Tiffany, miroirs en forme de fenêtres, éléments végétaux qui prennent d'assaut les présentoirs... Au rez-de-chaussée, un très beau choix de mangas classés par thème, avec mise en avant des coups de coeur du maître des lieux, mais aussi plein de papeterie kawaii et les incontournables peluches Totoro. Au sous-sol, une sélection de littérature asiatique, de la vaisselle Rice en mélamine et des ateliers pour petits et grands. 

mercredi 23 mai 2018

Pourquoi "La casa de papel" est une mauvaise série (et pourquoi je l'ai adorée quand même)




"La casa de papel", c'est la série dont tout le monde parle depuis trois mois sur les réseaux sociaux, celle que les gens binge-watchent avec un tel enthousiasme que ça a fini par m'intriguer suffisamment pour que j'y jette un coup d'oeil - et que, malgré des défauts hurlants, je ne décroche pas avant d'être arrivée au bout des deux saisons. 

Si vous avez réussi à passer au travers jusqu'ici, en gros, c'est l'histoire de 8 braqueurs qui ont pris des noms de grandes villes pour protéger leur anonymat et qui, sous la houlette d'un mystérieux génie répondant au sobriquet d'El Profesor, montent le casse du siècle à la Fabrique Nationale de la Monnaie espagnole. Un casse qui va durer plusieurs jours et durant lequel ils garderont plus de 60 personnes en otage afin de garantir la bonne exécution de leur plan tordu à souhait...

mardi 22 mai 2018

Comment occuper utilement un mois de chômage technique





Si je dois rester un mois entier sans bosser, il est hors de question que je passe mes journées à me morfondre en regardant baisser le solde de mon compte bancaire. Improductive sur le plan professionnel, il va falloir que je le sois sur à peu près tous les autres plans possibles pour ne pas sombrer dans la déprime. Quelques idées d'occupations utiles qui ne me coûteront rien:

lundi 21 mai 2018

La semaine en bref #20





Lundi:
Reçu le relevé de droits d'auteur de mon éditeur principal. Excédent stationnaire depuis 3 ans; seulement un dixième de ce que je touchais entre 2010 et 2012. Bon, je me plains pas, il en reste encore. (Enfin si, je me plains, parce que comme tout le monde, je préfère toucher beaucoup de sous que juste un peu!)
 La semaine dernière, j'hésitais à allumer la clim; là, j'hésite à rallumer le chauffage.

dimanche 20 mai 2018

Harry & Meghan: just married!





La monarchie et le mariage sont deux institutions qui ne m'inspirent aucune sympathie. Et en règle générale, je snobe les événements qui mobilisent les foules devant leur écran - genre Eurovision ou élection de Miss France. A la base, je n'avais donc aucune intention de regarder le prince Harry et Meghan Markle s'épouser hier en milieu de journée. Mais j'en étais au 3ème jour d'une déprime sévère qui me voyait gober du Xanax comme des pastilles anti-toux et envisager de partir élever des chèvres dans le Larzac (où j'aurais peut-être retrouvé mon menton). Du coup, histoire de me changer les idées, je me suis quand même connectée au streaming de France 2 vers 12h30. 

vendredi 18 mai 2018

Le faux problème du mérite





Combien d'entre nous, après avoir survécu à une semaine difficile ou résolu un problème épineux, se disent: "J'ai bien mérité une petite récompense" et foncent s'acheter une  robe un peu chère, un vernis de marque ou un joli bibelot? Ne levez pas les yeux au ciel: je ne vais pas partir dans une tirade anti-consumériste. Non, ce qui m'interpelle, c'est cet usage très répandu du verbe "mériter" dans un contexte où il n'a pas du tout sa place. J'ai déployé un effort louable, d'accord. Du coup, je veux me faire plaisir pour rééquilibrer mon bilan comptable (la chiantise de la vie dans une colonne, ses agréments dans l'autre) - soit. Mais à partir du moment où j'ai gagné mon argent, j'ai le droit d'en faire ce que je veux, sans justifier de mes dépenses vis-à-vis de moi-même et/ou du reste de la société. A condition d'avoir les moyens de me l'offrir, je suis tout à fait libre de m'accorder cette fameuse petite récompense. 

jeudi 17 mai 2018

"Bye-bye, vitamines" (Rachel Khong)


Ruth Young, 30 ans, vit à San Francisco où elle se remet péniblement de son divorce. Alors qu'elle évitait ses parents depuis plusieurs années, elle accepte de passer Noël chez eux, puis d'y rester une année entière afin de s'occuper de son père atteint de la maladie d'Alzheimer. Déjà passablement cabossée par la vie, elle se retrouve contrainte d'ouvrir les yeux sur les infidélités qu'elle avait toujours refusées de voir pour ne pas trahir l'image qu'elle avait de son père. 

De son côté, furieux d'avoir été évincé de l'université où il enseignait en raison de son comportement erratique, Howard Young se rebelle à sa façon contre les contraintes imposées par sa démence grandissante. Pour communiquer avec sa fille, il exhume les carnets dans lesquels il notait tout ce qu'elle faisait d'amusant ou de surprenant quand elle était petite. Bientôt, de la même façon qu'elle assume désormais un rôle parental auprès de lui, c'est Ruth qui prend le relais et devient la chroniqueuse de leur histoire. 

Sur un sujet pas franchement hilarant, Rachel Khong bâtit autour d'une émouvante relation fille-père un premier roman tour à tour drôle et mélancolique, absurde et poignant. Pour lutter contre le désespoir, les personnages s'accrochent à leurs souvenirs et aux détails d'un quotidien que rien ne garantit plus désormais. Les premiers paragraphes de "Bye-bye, vitamines" m'ont fait glousser comme une poule et les deux dernières phrases, pleurer comme un veau. 

Traduction de Caroline Bouet

mercredi 16 mai 2018

A toutes jambes





Même quand j'étais plus jeune, bien plus légère et vaguement plus conforme aux canons de beauté en vigueur, il y a une partie de mon corps que j'ai toujours détestée: mes jambes. 

mardi 15 mai 2018

Revue de presse internet - mai 2018






Jugez Etienne: en dix minutes, faites une expérience très intéressante sur votre perméabilité aux informations fausses (a.k.a. "fake news").

Les médecines alternatives "ne font pas de mal" - vraiment?

Le #sparadrapgate, ou comment les spécificités des personnes de couleur sont ignorées en France.

Parce que les conneries misogynes n'étaient pas encore assez nombreuses, maintenant, il y a
le concept d'incel.

Sur le même sujet: notre conception étriquée de la sexualité fait des ravages.

Mais encore: il y a aussi des femmes incel, et bizarrement, elles ne massacrent personne. (en anglais)

De "Matrix" à Kanye West, le conservatisme nationaliste, blanc et misogyne se propage comme perception éclairée de la réalité. (en anglais)

Avez-vous remarqué que la pop culture est encore plus méprisée quand considérée comme féminine? (en anglais)

La spirale de la consommation, un article très intéressant avec du Diderot et du Pratchett dedans!
(en anglais)

lundi 14 mai 2018

"Rat et les animaux moches "(Sibylline/Capucine/Jérôme d'Aviau)


Rat en a assez d'être constamment insulté et chassé à coups de balai par la propriétaire de la maison où il vit. Muni de son baluchon, il part en quête d'un endroit plus accueillant. Mais partout c'est la même chose: les humains poussent les hauts cris en le voyant. Il finit par s'éloigner des villes et, au coeur de la forêt, il tombe sur le Village des animaux moches qui font un petit peu peur. Il s'y installe et se lie d'amitié avec ses nouveaux voisins - notamment Araignée, qui partage son goût de l'ordre et de la propreté. Mais bientôt, il se rend compte que tous les habitants du village dépriment dans leur isolement. Alors, un par un, Rat entreprend de leur trouver un endroit parfait où vivre...

Attention, pépite! "Rat et les animaux moches" est un merveilleux roman graphique de plus de 200 pages, un très bel objet aux illustrations somptueuses et au lettrage hyper soigné. Il met en scène une flopée de personnages mal-aimés qui voudraient désespérément l'être: Bousier rejeté parce qu'il promène sa boule de caca partout avec lui, Baudroie et Lamproie dont les grandes dents effraient, Pieuvre dont les tentacules sont pourtant si bien adaptés aux câlins multiples, Rat nu qui crève de froid tout le temps... Mais grâce à notre héros aussi malin que déterminé, chacun d'eux va finir par trouver sa place en ce monde. Fable animalière moderne à l'intelligence fine, débordante de bienveillance et de tendresse, "Rat et les animaux moches" alterne entre humour et émotion pour inciter le lecteur petit ou grand à regarder au-delà des apparences. Sérieusement, il vous faut cet album.




dimanche 13 mai 2018

La semaine en bref #19





Lundi:
Pas de wifi à bord de mon TGV, dont le routeur est en panne, mais ceci mis à part, mon voyage se déroule aussi bien que possible (et du coup, au lieu de glander sur internet pendant des heures, je descends le dernier J. Courtney Sullivan trouvé en e-book pour 1,99€ seulement). 
 "Oh, mais vous avez les cheveux courts maintenant, ça vous va bien, qu'est-ce que vous êtes beeeeeelle!", s'exclame Solange, qui m'a déjà vue dix fois depuis que je les ai coupés. Mais bon, elle a 92 ans et de la DMA.
 "Et vous venez de vous installer dans le coin?" me demande le pizzaïolo de Monpatelin chez qui je me sers exclusivement depuis 17 ans. Il faut croire que, malgré mes lunettes rigolotes, je n'ai pas une tête très mémorable. 
 Sinon, à la rubrique news people, j'apprends qu'un vieux rocker français arborant un anneau dans l'oreille habite juste à côté de chez moi. Connaissant ses opinions politiques, il est sans doute l'autre habitant de ma commune qui n'a pas voté droite dure aux dernières élections. 

vendredi 11 mai 2018

Déficit écologique





Le jour du dépassement écologique, celui où l'humanité a utilisé toutes les ressources naturelles que la Terre peut lui fournir en un an, survient un peu plus tôt chaque année - dans le courant du mois d'août, pour le moment. Mais si on se penche sur le cas précis de la France, l'un des pays où l'on vit le mieux au monde, ce jour, en 2018, c'était... le 5 mai. Ce qui signifie qu'une Française moyenne comme moi, ni très riche ni très pauvre, consomme en une année 3 fois plus de ressources que ce que la Terre ne peut en produire pour elle. Ca calme, non? 

mardi 8 mai 2018

"Les anges et tous les saints" (J. Courtney Sullivan)


Dans les années 50, la pauvreté en Irlande contraint Nora et Theresa Flynn à émigrer à Boston. Docile et réservée, l'aînée est censée épouser un garçon de chez elles qui les a précédées en Amérique, tandis que la cadette brillante et pleine de charme espère devenir enseignante. Mais dans sa naïveté, elle succombe aux charmes d'un homme plus âgé et se retrouve bientôt enceinte - une grossesse qui va modeler la vie de deux familles durant plus d'un demi-siècle...

J'avais beaucoup aimé les romans précédents de J. Courtney Sullivan: "Les débutantes", "Maine" et "Les liens du mariage", aussi était-il évident que j'allais lire "Les anges et tous les saints". Mais pour la première fois avec cette auteure, j'avoue n'avoir accroché ni à l'histoire ni aux personnages. Les Irlandais pauvres venus tenter leur chance en Amérique, c'est un thème qui a souvent été exploité en littérature ces dernières années, me donnant une forte impression de déjà-lu. Le premier secret de famille est rapidement deviné - et de toute façon révélé dès la fin du premier tiers; le second intervient beaucoup trop tard et m'a paru insuffisamment exploité. La fin n'apporte qu'une résolution partielle, tout à fait insatisfaisante de mon point de vue. Quant aux deux héroïnes, Nora toujours guidée par son sens du devoir et des conventions ne suscite guère d'empathie, et Theresa choisit un chemin de vie assez intrigant mais un peu frustrant du point de vue narratif. Bref, cette fois, je suis restée sur ma faim. 

Traduction de Sophie Troff

Plaidoyer pour l'ennui





Je supporte très mal de n'avoir rien à faire. Les week-ends où je suis à Bruxelles et où Chouchou est bloqué à la maison par son boulot, je me creuse frénétiquement la tête pour dresser quand même une To Do List, dussé-je la remplir de trucs pas fun tels que "Ménage de la salle de bain" ou "Tri du placard à thé". Si je n'ai aucune activité sympa en vue, qu'au moins je mette mon temps à profit pour faire avancer le schmilblik en me débarrassant de quelques corvées. Je suis une excellente glandeuse, mais ma conception de la glande implique de pouvoir faire une petite croix à la fin - à côté de "Lire le dernier roman de Machin" ou "Tester le masque visage Truc", par exemple. Sinon, j'ai l'impression de perdre mon temps, de ne pas faire suffisamment compter chaque journée qui me rapproche de la mort. Déjà que je ne suis pas en train d'élever la prochaine génération ni de produire l'énergie renouvelable ultime ou de chercher un vaccin contre le cancer, il faut que je puisse justifier d'un accomplissement, même minuscule.

lundi 7 mai 2018

La semaine en bref #18






Lundi et mardi: 
 Le pont, c'est pour les salariés. Moi, ces deux jours-là, je bosse, et je lis des trucs pas terribles - je suis pleine d'admiration pour Tove Jansson, mais je trouve ses nouvelles d'un chiant! 

Mercredi: 
Sur les deux éditeurs qui me devaient des sous à fin avril, un (toujours le même...) ne m'a pas réglée, et l'autre m'a versé 500€ de plus que prévu. J'envoie un mail à la compta pour signaler le bouzin, et une réponse automatique m'informe que mon correspondant est en vacances jusqu'à mi-mai. Bon, ben même si c'est une erreur, ça me fera un peu de trésorerie en attendant.

dimanche 6 mai 2018

Les conversations absurdes #32


CHOUCHOU, se levant avec l'assiette vide qui a contenu des tartines d'"houmous" de haricots noirs et se dirigeant vers le lave-vaisselle: Je suis attaqué par l'houmous!
MOI: Sérieusement? C'est ta nouvelle excuse pour boulotter tout ce qui te tombe sous la dent?  "C'est pas ma faute, c'est l'houmous qui m'a attaqué en se jetant dans ma bouche?".
Les yeux exorbités et la tête renversée en arrière, j'agite les bras en mimant l'agression. 
CHOUCHOU, mort de rire: Le lustre. Je suis attaqué par le lustre. Je me suis cogné la tête en me levant. 

samedi 5 mai 2018

[BRUXELLES] Bao Bang Bang





Déjà un an et demi que Bao Bang Bang, qui propose une carte inspirée de la street food taïwanaise, a ouvert non loin de l'église de la Trinité, dans le quartier du Châtelain. Sa spécialité? Le Gua Bao, une brioche vapeur ici façonnée en forme de gueule ouverte et garnie de plein de trucs délicieux. Hier soir, nous nous sommes précipités dès l'ouverture pour goûter ça.

"Chaque jour Dracula" (Loïc Clément/Clément Lefèvre)


Le petit Dracula est différent des autres enfants de son école: il ne supporte pas le soleil; il a les yeux rouges et les canines saillantes; il ne peut pas manger d'ail à la cantine ni se regarder dans un miroir. Du coup, il est devenu le souffre-douleur de ses camarades. Après une journée particulièrement pénible, il se confie à son papa, qui décide l'aider à s'affirmer...

Le harcèlement scolaire est un problème tristement répandu, pour lequel il n'existe pas de solution toute faite. Ce qui n'empêche pas de proposer des pistes! Telle est l'idée développée ici par Loïc Clément. S'il a choisi un jeune héros issu de la littérature fantastique, les souffrances de celui-ci sont, elles, bien ancrées dans le réel. "Chaque jour Dracula" peut ainsi servir d'ouvrage éducatif pour les écoliers victimes, auteurs ou juste témoins de brimades. Mais c'est aussi une fiction divertissante très joliment illustrée par Clément Lefèvre, qui avait déjà prouvé son talent pour mettre en images des émotions et situations difficiles dans "L'épouvantable peur d'Epiphanie Frayeur".



vendredi 4 mai 2018

Les conversations absurdes #31


Au sortir d'une formation qu'il vient de donner, Chouchou se plaint que les gens ne sont pas très dégourdis. 
MOI, toujours pragmatique: D'un autre côté, si tout le monde était instinctivement doué pour l'informatique, tu n'aurais plus de boulot. 
CHOUCHOU, avec un grand geste désinvolte: Hé bien tant mieux, comme ça je pourrais enfin exercer le métier de mes rêves. 
MOI: C'ets-à-dire?
CHOUCHOU: Fâmâpoâl. 
MOI: ...Ah oui, quand même, on part de loin. 

jeudi 3 mai 2018

"Calpurnia" (Jacqueline Kelly)


Calpurnia Virgina Tate, dite "Callie V", a onze ans trois quarts. C'est la seule fille d'une famille texane aisée qui vit à la campagne et compte sept enfants au total. A l'aube du XXème siècle, son intérêt pour l'observation des animaux la conduit à se rapprocher de son grand-père, homme d'affaires à la retraite et naturaliste passionné. Avec lui, la fillette découvre la théorie de l'évolution de M. Darwin et les autres lois qui gouvernent les êtres vivants, et elle décide que plus tard, elle deviendra une grande savante. Mais sa mère ne l'entend pas de cette oreille. Ce qui compte, c'est de faire de Callie une future épouse et mère rompue aux arts ménagers. Aussi entreprend-elle de lui enseigner plutôt le tricot et la cuisine...

J'avais beaucoup entendu parler de ce roman sorti il y a quelques années et sur lequel toutes les amatrices de littérature jeunesse de ma connaissance s'extasiaient unanimement. Et même si j'ai mis du temps à me pencher dessus, je confirme qu'il mérite tout le bien qu'on a pu en dire. Pour l'atmosphère paisible du petit monde de Calpurnia, les descriptions de la vie animale minuscule qui grouille autour d'elle et prêtent un caractère presque enchanteur à son coin de campagne brûlé par le soleil. Pour la belle relation qui se développe entre elle et son grand-père, un vieux monsieur bourru et néanmoins très ouvert d'esprit. Pour l'insatiable curiosité de cette jeune héroïne que son époque semble condamner à gâcher ses dons. Pour la candeur avec laquelle elle juge le comportement des adultes qui l'entourent. Pour les bêtises souvent très amusantes de ses six frères. Pour le réalisme des attentes que sa mère fait peser sur elle et contre lesquelles la fillette a, malgré toute sa détermination, bien du mal à lutter. A la fois joli roman d'apprentissage et témoignage sur la condition féminine il y a à peine plus d'un siècle, "Calpurnia" a tout d'un futur classique de la littérature jeunesse.

Traduction de Diane Ménard

mercredi 2 mai 2018

"Une mère" (Alejandro Palomas)


Barcelone, le 31 décembre. Amalia est sur des charbons ardents avec dans les yeux tout le désir que cette soirée soit réussie. Après tant de tentatives ratées, ils seront tous là ce soir à sa table. Fernando, son fils, Silvia et Emma, ses deux filles, Olga, la compagne d'Emma, et l'oncle Eduardo. Un septième couvert est dressé, celui des absents. Chacun semble arriver avec beaucoup à dire ou tout à cacher. Un dîner sans remous? Impossible dans cette famille fantasque, imprévisible, excessive jusqu'à l'explosion. Entre excitation, rire tendresse et frictions, rien ne se déroulera comme prévu. Mais tous vont rire, pleurer et s'aimer quoi qu'il advienne. 

La chronique familiale déjantée, c'est un exercice auquel de nombreux écrivains se sont essayés avec un succès variable. Quand on manie personnages hauts en couleur et révélations en série, il est facile de tomber rapidement dans la caricature ou le manque de crédibilité. Alejandro Palomas, lui, se tire de cet exercice de haute voltige avec une agilité de funambule, alternant scènes du réveillon et souvenirs des années précédentes sans jamais cesser d'osciller entre l'humour et l'émotion. Avec ses abracadabrantes envolées oratoires, son incapacité à voir le mal où que ce soit et son optimise à tout crin, la maman du titre est aussi touchante qu'exaspérante. Autour d'elle, son frère et ses enfants tous cabossés par la vie se chamaillent sans se ménager mais sont là les uns pour les autres quoi qu'il arrive. Leur famille dysfonctionnelle, marquée par les drames petits ou grands, reste un refuge ultime - le filet de sécurité de chacun. C'est rare qu'un livre me fasse pleurer de rire et pleurer tout court en l'espace de quelques pages seulement, mais "Une mère" y est parvenu. Plusieurs fois. 

Traduction de Vanessa Capieu

Envies de mai





mardi 1 mai 2018

Les conversations absurdes #30


Après une journée un peu tendue... 
CHOUCHOU: On peut se faire un bisou? 
MOI: Oui. 
CHOUCHOU: Avec le coeur? 
MOI: Je pensais plutôt mettre la langue, mais si tu tiens à l'option gore...