lundi 9 avril 2018

"J'ai égaré la lune" (Erwan Ji)


Capucine, étudiante franco-américaine de 19 ans, s'envole pour Tokyo avec sa petite amie Aiden afin d'y passer une année scolaire. Mais rien ne se déroule comme prévu, et c'est finalement seule que la jeune fille atterrit dans une colocation digne de "L'auberge espagnole"...

Avant "J'ai égaré la lune", il y a eu "J'ai avalé un arc-en-ciel", qui racontait la dernière année de lycée de Capucine aux USA et la façon dont elle tombait amoureuse d'Aiden. Je n'avais pas lu ce premier roman, et je le regrette car saisir les allusions que l'auteur y fait, notamment dans les échanges entre les deux filles, m'aurait permis d'apprécier encore davantage le second. Mais je vais très vite remédier à cette lacune. Parce que j'ai adoré le personnage de Capucine, qui se décrit elle-même comme une Poufsouffle et dont la sincérité désarmante change agréablement de toutes les héroïnes sarcastiques qui fleurissent un peu partout en littérature jeunesse depuis quelques années. Ne vous y trompez pas: je suis une grande fan du sarcasme quand il est bien tourné, mais son omniprésence commence à me lasser et à faire que les voix de beaucoup de personnages féminins se confondent dans mes souvenirs.

Capucine n'est pas badass: elle est vulnérable mais pas gourde, enthousiaste mais pas neuneu, inexpérimentée mais pas idiote, pleine d'un humour délicieux et jamais méchant. Se retrouvant plongée dans un environnement tout à fait étranger et une culture dont elle ne maîtrise aucun code, elle apprend avec bonne volonté en se posant les questions typiques d'une jeune adulte qui découvre la vie, gère ses problèmes avec une candeur parfois maladroite mais toujours touchante. Elle n'a pas une âme de rebelle, mais elle déteste les étiquettes. Les autres lui demandent tout le temps si elle est lesbienne ou bi; Capucine, elle, ne se pose pas la question. Elle aime qui elle aime, avec un naturel et une acceptation de soi innée qu'on a juste envie d'applaudir. Cette fille est un vrai vent de fraîcheur, et j'aurais bien voulu que son histoire ne se termine jamais. Si Erwan Ji écrit un tome 3, je saute dessus dès sa sortie!

PS: Dis, monsieur ou madame Nathan, tu voudrais pas payer un illustrateur pour te faire des couvertures décentes, qui donnent envie de découvrir le bouquin à l'intérieur? Parce que là, quand on pense à la beauté des couvs des romans jeunesse anglophones, franchement, c'est un peu la honte. Merci, bisous.

3 commentaires:

Mathilde de Cherbourg a dit…

DU fait que ça se passe en partie au Japon cette histoire m'intéressait beaucoup, mais c'est un tome 2 tu dis, il vaut mieux que je commence par le premier ?
Je suis d'accord avec toi sur les couvertures fr, par contre je ne trouve pas (encore) les versions anglophones (je cherche je cherche).

ARMALITE a dit…

Non, pas la peine de lire le premier si c'est juste le Japon qui t'intéresse (en plus, il est nettement moins bien je trouve).
Quant aux couvertures anglophones, c'était une remarque d'ordre général, Erwan Ji étant un écrivain français pas publié en anglais pour l'instant.

Mathilde de Cherbourg a dit…

ok effectivement, je te rejoins complètement sur les couvertures anglaise, j'en fais moi même des articles dédiés sur mon blog.