dimanche 5 novembre 2017

"Spinning" (Tillie Walden)


Toute l'enfance de Tillie Walden a été dominée par le patinage. Elle se lève le matin à 5h pour aller s'entraîner avant l'école, retourne à la patinoire après la fin des cours et passe ses week-ends à sillonner le pays pour participer à des compétitions dans deux disciplines différentes. Et tout cela, elle le fait seule: même si elle s'entend bien avec son père, alors que ses relations avec sa mère semblent se résumer à des questions d'argent, ses parents ne l'accompagnent jamais nulle part, ce qui singularise Tillie par rapport aux autres fillettes très entourées par leur famille. A l'approche de l'adolescence, deux choses viennent renforcer sa solitude. D'abord, les Walden quittent le New Jersey où elle avait ses marques pour s'installer au Texas où tout fonctionne très différemment. Ensuite, Tillie qui se sait homosexuelle depuis l'âge de cinq ans commence à souffrir de ne pouvoir exprimer ses préférences et concrétiser ses attirances... 

Bien qu'attirée par la thématique de cet énorme pavé (400 pages, tout de même...), j'avoue avoir hésité à l'acheter à cause de son graphisme épuré, un peu simpliste pour moi au premier coup d'oeil. J'ai bien fait de passer outre cette réticence, car une fois plongée dans "Spinning", j'ai vite réalisé la sensibilité extrême des dessins de l'auteure, l'expressivité subtile mais immense de ses personnages. Du coup, j'ai dévoré très vite ce récit autobiographique débordant de sincérité et d'émotion. J'y ai retrouvé certaines situations que j'avais vécues au même âge, et bien que nous ayions des caractères très différents, j'ai parfaitement ressenti les incertitudes, les doutes et les craintes de Tillie qui peine à comprendre ce qu'elle veut et plus encore à en faire part à son entourage. Bien plus qu'une bédé sur le patinage, "Spinning" est un récit d'apprentissage remarquable - et très prometteur si l'on songe que son auteure a seulement 21 ans. 

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