samedi 8 juillet 2017

"La maison au bord de la nuit" (Catherine Banner)


Au large de la Sicile, sur l'île de Castellamare, caillou fertile bercé par le sirocco et les légendes locales, Amedeo Esposito peut enfin poser ses valises. Elevé à l'orphelinat de Florence, ce médecin a un don pour le bonheur. Or, l'île lui réserve bien des surprises. A commencer par l'amour: partagé entre deux femmes, Amedeo fait le choix de bâtir avec l'une. Et qu'importe si l'abandon de l'autre lui coûte sa réputation et son titre de médecin; avec celle qu'il épouse et les quatre enfants qu'elle lui donne - dont Maria-Grazia, la rescapée, la prunelle de ses yeux -, Amedeo restaure une vieille bâtisse surplombant l'océan et rouvre le café qu'elle abritait. 

C'est ici, dans la maison au bord de la nuit, sur fond de guerre ou de paix, de crise ou de prospérité, que quatre générations d'Esposito vont vivre, mourir, aimer, se déchirer, s'effondrer et se relever sous le regard de la sainte patronne locale, Sant'Agata, toujours prompte à réaliser quelques miracles...

Parfois, j'ai envie d'un roman qui va m'apprendre des choses nouvelles. Ou d'un roman au message fort qui me fera avancer dans mes réflexions sur la vie. Ou encore, d'un roman aux héros duquel je peux m'identifier pour rêver aux chemins que je n'ai pas pris, à ceux que je pourrais encore prendre. Et puis parfois, j'ai juste envie de me laisser absorber complètement par une très bonne histoire. Si celle-ci peut, en plus, me transporter ailleurs et me dépayser du tout au tout, c'est un bonus non négligeable. 

Ainsi "La maison au bord de la nuit", premier roman d'une jeune auteure de 28 ans dont je peux vous garantir qu'on n'a pas fini de voir ses ouvrages sur les tables des librairies. Avec une maîtrise étonnante, elle dépeint les relations au sein d'une minuscule communauté insulaire dans ce qu'elles ont de plus beau - la solidarité en temps de crise - et de plus hideux - la violence exercée par les fascistes durant la 2ème Guerre Mondiale. Elle fait vivre sous nos yeux les membres d'une famille, tous imparfaits et profondément humains dans leurs passions comme leurs failles, mais aussi une île qui devient petit à petit un personnage à part entière avec son histoire, ses humeurs et ses mystères. Une île un peu hors du temps au début, et que la modernité finira par transformer presque malgré elle. Bien que "La maison au bord de la nuit" compte plus de 500 pages, c'est trop vite que le vingtième siècle défile dans la salle du café où l'on croit presque sentir l'odeur des espressos, goûter le croquant des boulettes de riz et entendre marmonner les vieux joueurs de scopa tandis que dehors, une chaleur écrasante pèse sur les flancs rocailleux de Castellamare. Un roman prenant. 

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture. 

1 commentaire:

Lewerentz S a dit…

Ce roman me tente. Ma soeur l'a acheté hier, j'attends son avis pour me décider.