dimanche 30 avril 2017

"Umami" (Laïa Jufresa)


Début des années 2000, à Mexico. Cinq maisons se dressent dans la Cour Cloche-en-terre. Amère est occupée par Marina Mendoza, une jeune provinciale anorexique qui enseigne les arts plastiques et invente des noms de couleurs par centaines: blanssible, jaunaigre, mauvasile... 
Ana Pérez Walker, quatorze ans, projette de planter une milpa traditionnelle dans la courette de Salée où elle vit avec ses parents, ses deux petits frères et le souvenir de la benjamine Luz morte noyée pendant les vacances chez leur grand-mère américaine. Sucrée abrite l'école de musique familiale. 
Pina, la meilleure amie d'Ana, vit seule avec son père Beto dans Acide depuis que sa mère, une danseuse qui avait des fourmis dans les jambes, les a plantés là pour refaire sa vie au bord de la mer.
Alfonso Semitiel, le propriétaire, s'est réservé Umami. Cet anthropologue spécialisé dans la consommation d'amarante est aussi le veuf inconsolable de Noelia Vargas Vargas, figure caractérielle et complexe avec qui il continue à dialoguer par-delà la mort tout en veillant sur les poupées qu'ils ont adoptées faute de réussir à avoir des enfants. 

Roman choral narré tour à tour par un habitant de chacune des maisons de la Cour Cloche-en-terre, "Umami" présente en outre la particularité d'être monté à l'envers: au lieu de se diriger vers un dénouement, il remonte dans le temps jusqu'à la source de la situation présentée dans les premiers chapitres. Une pièce après l'autre, le puzzle se met en place et dévoile la totalité de son image, mais à rebours. 
Si j'ai adoré cette construction, je n'ai pas accroché également à la voix de chacun des narrateurs. Mon préféré est de loin Alfonso qui, sans se leurrer sur ni sur ses propres défauts ni sur ceux de son épouse, parvient à garder vivant l'amour qui les unissait des années après la mort de cette dernière. La perte d'un être aimé (ou, dans un cas particulier, une carence affective plus floue) et les moyens par lesquels on y survit tant bien que mal: tel est le thème central de ce roman haut en couleurs et étonnamment savoureux. 

Avril 2017



samedi 29 avril 2017

Lectures d'Avril 2017




ROMANS/NOUVELLES:
- La vie quand elle était à nous (Marian Izaguirre)
- La part des nuages (Thomas Vinau) ♥︎♥︎♥︎
- Sinon j'oublie (Clémentine Mélois) ♥︎♥︎
- Le projet Starpoint T1: La fille aux cheveux rouges (Marie-Lorna Vaconsin) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Appuyez sur étoile (Sabrina Bensalah) ♥︎♥︎♥︎
- La vie selon Florence Gordon (Brian Morton) ♥︎♥︎
- La tristesse des éléphants (Jodi Picoult)
- The muse (Jessie Burton) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Mon midi, mon minuit (Anna McPartlin) ♥︎
- Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (Céleste Ng) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Umami (Laïa Jufresa) ♥︎♥︎♥︎
- The reluctant journal of Henry K. Larsen (Susin Nielsen) 
- La maison des reflets (Camille Brissot) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA:
- 44 après Ronny (Michaël Olbrechts) ♥︎♥︎♥︎
- Natures mortes (Zidrou/Oriol) ♥︎♥︎♥︎
- Tokyo Kaido T1 (Minetarô Mochizuki) ♥︎
- Verte (Marie Desplechin/Magali Le Huche) ♥︎♥︎♥︎
- Famille nombreuse (Chadia Chaibi Loueslati) ♥︎♥︎
- Perfect world T4 (Rie Aruga) ♥︎♥︎
- Chaussette (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le voleur de souhaits (Loïc Clément/Bertrand Gatignol) ♥︎♥︎
- March comes in like a lion T3 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS:
- Professeur Goupil (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The happiness of pursuit (Chris Guillebeau)

vendredi 28 avril 2017

La vague




Le coup de gueule contre l'abstentionnisme que j'ai publié mercredi en fin d'après-midi a été largement partagé sur Facebook et sur Twitter; il a été Coup de coeur HelloCoton et relié sur plein de sites assez surprenants, donc celui d'un forum de supporters de foot. Résultats: près de 6500 vues dans la journée d'hier, beaucoup de (longs) commentaires hyper polarisés, plusieurs contacts que j'hésitais à virer depuis des semaines qui m'ont virée en premier. 

Je n'ai aucun problème avec les réactions négatives de certains lecteurs: je ne mâchais pas mes mots, je ne vais pas leur reprocher d'avoir eu une réaction vive. C'est le jeu, ma pov' Lucette! Non, je n'ai absolument pas été diplomate. Je ne cherchais pas à convaincre: si tant est qu'une telle chose soit possible sur un sujet aussi délicat, je sais que la persuasion ne fait pas partie de mes talents. Ce que je sais faire, moi, c'est m'indigner et expliquer pourquoi. Je ne regrette absolument pas ce que j'ai dit ni la façon dont je l'ai dit. (Rétrospectivement, j'aurais même pu ajouter quelques arguments bien sentis.)

Reste que du coup, j'ai passé la journée d'hier à gérer les réactions à mon billet, à la fois dans les commentaires du blog et sur les réseaux sociaux. Pendant ce temps, Chouchou, qui a installé Google Analytics sur "Le rose et le noir" pour s'auto-former dans le cadre de son boulot, jubilait en regardant les courbes statistiques s'affoler et des points rouges clignoter sur une carte d'Europe comme des ampoules lumineuses sur un sapin de Noël. Les mots "Moscou te surveille!" ont été prononcés en cours de soirée. 

Ce n'est pas la première fois que je publie un billet polémique, mais je pense que c'était la plus spectaculaire. J'en déduis que je n'étais absolument pas faite pour être blogueuse influente ou journaliste politique, parce que même en assumant mes propos à fond, j'ai trouvé la déferlante de réactions épuisante (et je me doute bien que ça n'est rien comparé à ce que reçoivent régulièrement les personnes susmentionnées). Hier, je n'ai presque pas réussi à bosser de la journée. Du coup, j'ai fermé les commentaires de mon billet pour pouvoir me rattraper un peu aujourd'hui, parce que mes voyageurs interdimensionnels sont dans la panade et qu'ils ne vont pas s'en tirer tout seuls. 

La semaine prochaine, c'est promis, je recommence à parler de futilités.

"Tout ce qu'on ne s'est jamais dit" (Celeste Ng)


1977, Ohio. Lydia Lee, seize ans, est une élève et une fille modèle. Elle est le grand espoir de son père, d'origine chinoise, qui projette sur elle ses rêves d'intégration, et de sa mère qui espère à travers elle accomplir ses ambitions professionnelles déçues. Mais à quoi rêve Lydia en secret? Lorsque la police découvre son corps au fond d'un lac, la famille Lee, en apparence si soudée, va affronter ses secrets les mieux gardés...

Si j'avais beaucoup entendu parler de ce roman à succès, d'abord lors de sa sortie en VO, puis de sa parution française en grand format, je m'imaginais à tort qu'il s'agissait d'un thriller. En réalité, dans "Tout ce qu'on ne s'est jamais dit", le suspense est plutôt d'ordre psychologique. On est assez vite fixé sur les circonstances probables de la mort de Lydia, de sorte que la problématique réelle consiste à démontrer comment on en est arrivé là.

L'auteur procède par flashbacks qui auscultent les blessures intimes des parents à travers leur propre jeunesse, les circonstances de leur mariage et la naissance de chacun de leurs trois enfants. Elle démonte habilement l'implacable mécanique qui pousse James et Marilyn à ignorer leur fils aîné Nathan - pourtant un élève brillant - et leur petite dernière Hannah - toujours si discrète - pour placer sur les épaules de Lydia une pression que celle-ci n'a pas réclamée et dont elle souffre malgré son statut d'enfant préférée. C'est ainsi qu'une famille qui, en apparence, a tout pour être heureuse est gangrénée jusqu'à la moelle par les non-dits accumulés au fil des ans. Jusqu'au drame.

J'ajoute que ce roman bénéficie d'une belle écriture et d'une traduction fluide qui font défiler les pages toutes seules. Dans l'ensemble, une lecture très prenante.

jeudi 27 avril 2017

100 happy days: once more, with feeling




Maintenant que j'ai dit ce que j'avais à dire sur le second tour des élections, j'ai envie de refaire un challenge 100 happy days. Le principe? Chaque jour pendant 100 jours, publier sur Instagram une photo d'une chose qui nous a rendus heureux. C'est un excellent moyen alternatif de remarquer et d'archiver les petits bonheurs quotidiens - et il me semble qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe.

Si vous avez envie de vous lancer avec moi, je vous propose qu'on procède ainsi:
- Début du challenge samedi 29 avril - c'est toujours plus facile de trouver un truc sympa le week-end; fin le dimanche 6 août
- Pour que les autres participant(e)s puissent voir vos photos, utilisez le hashtag #rosenoir2017.
- L'idéal est de ne pas manquer de jour, mais si vous voulez participer juste une fois de temps en temps, c'est permis aussi!

Voilà, c'est tout. A vos smartphones et vos appareils photo!

mercredi 26 avril 2017

Palmarès des mauvaises raisons de s'abstenir ou de voter blanc au second tour


Dessin: Uderzo

- "De toute façon, Macron va l'emporter, ce n'est pas la peine que je me salisse les mains en allant voter pour lui". La victoire de Macron est à peu près aussi garantie que celle de Clinton pendant les dernière élections américaines. C'est dire si l'argument me rassure. En France aussi, il s'est passé des trucs chelous pendant le premier tour (500 000 cartes d'électeurs émises en double, des tas de radiations injustifiées, dont 80 000 rien que dans le Val-de-Marne...). En France aussi, il est permis de soupçonner que Poutine cherche à influencer le résultat final. Et même si on n'est pas complotiste pour deux sous: malgré la consigne de Fillon, il y a fort à parier que la droite dure votera Le Pen, ou ne votera pas. Si la droite raisonnable et la gauche s'abstiennent aussi, on fera mentir les sondages une fois de plus, et il sera trop tard pour geindre "Si j'avais su" façon Brexiters.

- "Si on élit Macron maintenant, on aura Le Pen en 2022". Donc, comme on ne veut absolument pas avoir Le Pen en 2022, on va prendre le risque de la laisser passer dès aujourd'hui? C'est ça, la formidable logique du truc? Expédier d'abord le dossier le plus chiant? Se forcer à avaler les haricots surgelés vert fluo du FN en espérant que les frites grasses et croustillantes du renouveau gauchiste suivront dans la foulée? Finir par avoir un(e) président(e) d'extrême-droite n'est pas une fatalité. Comment on évite ça? Election après élection, on vote utile au second tour. Même si ça fait mal au fondement. (Ou alors, on estime que le concept de démocratie a fait son temps et qu'il faut une révolution, mais dans ce cas, on n'a pas voté au premier tour et la question de quoi faire au second ne se pose même pas.) Il peut se passer beaucoup de choses en 5 ans. Une troisième guerre mondiale durant laquelle on succombera tous aux radiations nucléaires - ou juste un anévrisme cérébral qui laisserait le FN décapité au moment opportun. Personne ne peut dire de quoi demain sera fait. La seule chose en notre pouvoir, c'est sauver aujourd'hui.

- "Puisqu'on n'a pas eu ce qu'on voulait, vous pouvez tous crever, bande d'abrutis qui n'avez pas voté comme nous". Ne ricanez pas, je l'ai vue passer une bonne douzaine de fois sur mon mur Facebook - et encore, j'évite de lire les statuts des Mélenchonistes fanatiques en ce moment. Je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup-là, mais tant pis: de mon point de vue, cette réaction est digne d'un enfant de 5 ans qui pique une colère parce que ses parents viennent de lui refuser un paquet de Haribo à la caisse de Carrefour (histoire de poursuivre dans les métaphores alimentaires), ou du jeune Pépé d'"Astérix en Hispanie" qui s'arrête-de-respirer-jusqu'à-ce-qu'il-lui-arrive-quelque-chose quand on ne cède pas à ses caprices. Et, oui, j'ai conscience qu'une société meilleure, c'est un enjeu largement supérieur à une poignée de bonbons. Raison de plus pour avoir une réaction mature quand il nous passe sous le nez, et continuer à se battre pour ce qui peut encore être obtenu au lieu de sombrer dans le nihilisme.

- "Pour moi, Macron et Le Pen, c'est kif-kif et bourricot". Si vous avez prononcé cette phrase, vous êtes probablement blanc et hétérosexuel avec un nom à consonance bien française, et vous n'en avez rien à foutre de ce qui arrivera aux minorités vulnérables. Auquel cas, je n'ai pas de mots assez forts pour vous dire mon mépris (vous pouvez sortir en claquant la porte du blog, merci, bisous). Ou bien, vous pensez que ça ne sera pas si grave que ça - et je vous enjoins à vous pencher quelques minutes sur ce qui se passe aux USA depuis que les racistes homophobes décomplexés, se sentant légitimisés par un gouvernement qui abonde dans leur sens, s'en donnent à coeur joie en harcelant, en tabassant et en tuant impunément cha-que-pu-tain-de-jour. Vous avez raison sur un point: quel que soit le vainqueur du second tour, on en (re)prend pour 5 ans de bagne sur le plan économique. Du coup, autant sauver les meubles sur le plan social. Quand l'idéalisme a échoué, il ne reste plus qu'à opter pour le pragmatisme. 

Moi aussi, je suis plus que dégoûtée par le choix de mes concitoyens (à Monpatelin, Le Pen, Fillon et Dupont-Aignan ont récolté 63% des suffrages à eux trois - ça fait peur). Moi aussi, je rêvais qu'on foute un grand coup de pied dans les couilles du capitalisme qui n'en finit plus d'écraser la classe moyenne et de bousiller l'environnement. Mais je ne fais pas partie de la majorité sur ce coup-là. Bien que ses raisons m'échappent, la classe moyenne a signé pour continuer à morfler jusqu'au moment où elle cessera enfin de rejeter la faute sur plus malheureux qu'elle et de voter pour ses oppresseurs. En attendant cet éclair de lucidité salutaire, je refuse de me confire dans un orgueil stupide autant qu'égoïste.

Je vais voter Macron la mort dans l'âme, pas pour moi qui n'ai rien à y gagner et qui vomis les convictions néolibérales du bonhomme, mais pour toutes les catégories de population hyper vulnérables qui souffriraient atrocement d'une présidence FN. Après ça, je voterai écolo aux législatives; je protesterai par tous les moyens à ma disposition si on veut faire passer des lois iniques; je continuerai à essayer d'avoir au quotidien un comportement aligné avec mes valeurs et d'utiliser cette modeste plateforme qu'est mon blog pour propager mes idées. Je ne suis pas naïve: je sais que ça ne suffira pas à provoquer la révolution populaire bienveillante dont nous aurions grand besoin. Mais puisque c'est tout ce que je peux faire, alors, je vais au moins faire ça. Et vous?

Concours "5 mondes T1: Le guerrier de sable": la gagnante!



C'est donc Dcerisier qui remporte le livre cette fois. 

Envoie-moi tes coordonnées postales le plus rapidement possible à: leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à toutes pour votre participation, et à bientôt pour d'autres concours!

10 ans plus tard



Presque dix ans séparent ces photos: la première a été prise le 23 mai 2007 et la seconde le 23 avril 2017 (et, oui, j'étais bien trop chaudement habillée pour la température qu'il faisait ce jour-là). 

Pendant cette décennie, certains choses sont restées les mêmes. Je suis toujours en couple avec Chouchou malgré quelques passages très houleux, et je suis plus amoureuse que jamais; je vis toujours entre Monpatelin et Bruxelles même si la répartition de mon temps a beaucoup évolué; je suis toujours propriétaire de mon petit duplex dont j'aurai fini de payer le crédit dans quelques mois; j'exerce toujours le métier de traductrice littéraire bien que j'aie élargi ma clientèle et les domaines dans lesquels je travaille; je prends toujours du Lutényl pour mon endométriose, ce qui a eu des effets formidables et d'autres assez difficiles à gérer; je teins toujours mes cheveux en roux malgré un détour par des couleurs nettement plus exotiques; je tiens toujours ce blog dont l'audience a décuplé entre-temps, pour mon plus grand bonheur; je suis toujours écolo de gauche et continue à désespérer du vote de mes concitoyens.

A côté de ça... J'ai pris dix kilos, quelques mentons supplémentaires et des cheveux blancs, mais bizarrement, je suis mieux dans ma peau aujourd'hui. J'ai perdu - dans l'ordre chronologique - Brigitte, mes deux chats et mon père. (Et puis aussi Etre Exquis, même s'il n'est techniquement pas mort.) Mais grâce à Facebook, j'ai renoué avec beaucoup de vieux amis que je continue à suivre et parfois à voir avec plaisir. J'ai développé un syndrome d'anxiété aiguë dont je pense que je ne réussirai jamais à me débarrasser. Je suis de plus en plus féministe, et désormais consciente des privilèges que me confère le fait d'être blanche. J'ai cessé de porter des pantalons et d'acheter des tonnes de fringues, de sacs et de chaussures. Globalement, je suis devenue beaucoup moins matérialiste, ce dont je me réjouis. Je n'ai plus de voiture, et ça ne me manque pas vu que j'ai toujours détesté conduire. Je me suis mise à utiliser des MacBook et bien que je les trouve honteusement peu solides pour leur prix, je ne reviendrai jamais en arrière. 

Je n'ai pas remis les pieds aux USA après mon dernier road trip avec les VIP, mais je suis retournée deux fois au Japon; j'ai fait un stage de carnets de voyage au Maroc et pas mal bougé en Europe. J'ai été hyper déçue par Prague et Istanbul; je suis restée passablement indifférente aux charmes de Stockholm, de Barcelone et de Venise; en revanche, j'ai adoré Copenhague, Reykjavik, Helsinki, Brighton, Edimbourg, Budapest, Lisbonne et Porto. J'ai laissé tomber le scrapbooking; je me suis mise au crochet et au geocaching et j'ai arrêté les deux au bout de quelques années; actuellement, mes grandes passions sont les escape games et l'aerial yoga. J'ai eu un passage complètement végétarien, puis je me suis remise à manger de la viande de temps en temps. Je supporte de moins en moins bien le vin rouge et bois de préférence du blanc ou des cocktails. Et aujourd'hui comme il y a dix ans, aucun candidat pour lequel j'ai voté au premier tour des élections présidentielles n'a jamais réussi à accéder au second. 

mardi 25 avril 2017

Les conversations absurdes #9


CHOUCHOU (sur un ton gourmand): Et si on se faisait un massage amoureux?
MOI (pragmatique): On n'a pas d'huile de massage ici.
CHOUCHOU (refusant de lâcher son idée): On a de l'huile d'olive.
MOI: ...Tu nous prends pour des rôtis ou quoi?

[TOULON] Adventure Rooms Provence: Gangs of Alcatraz




La toute première salle d'Adventure Rooms Provence, "Réveil difficile", que Chouchou et moi avions jouée il y a deux ans, restait l'échec le plus cuisant de notre carrière d'évadés. Certes, ce n'était que notre 4ème escape game et le premier qu'on faisait à deux seulement, mais tout de même, on avait juré de revenir dès que possible pour faire leur seconde salle. Et cette fois, on s'est dit qu'on allait en profiter pour enrôler un couple d'amis novices mais très désireux de tester le concept...

Dans "Gangs of Alcatraz", il s'agit bel et bien de s'évader, puisque les joueurs ont été confondus avec des malfrats très dangereux et enfermés par erreur dans une prison de haute sécurité, à San Francisco. Un agent extérieur qui croit à leur innocence tente de les aider en neutralisant les caméras de sécurité et en leur fournissant des indices - mais attention, ils n'ont qu'une heure pour profiter de cette opportunité! Et la tâche s'annonce ardue, puisque la salle affiche un taux de réussite d'à peine 20%...
Pour notre part, très en avance sur la première moitié des énigmes, nous avons ensuite perdu beaucoup de temps avec deux manipulations bien précises, et il nous a manqué dans les vingt ou trente secondes pour terminer. Un peu rageant, mais nous nous sommes bien marrés et nous avons vu la totalité du jeu, ce qui est l'essentiel pour moi. 

Que dire de "Gangs of Alcatraz"? Pour les joueurs qui ont déjà fait "Réveil difficile", il présente de nombreux points communs avec cette première salle, ce qui à titre personnel m'a un peu déçue: j'aurais préféré quelque chose de complètement différent. Pour les autres, aucun souci: le scénario, bien que difficile, est calibré de façon à ce que tout le monde ait toujours quelque chose à faire et que personne n'ait le temps de s'ennuyer. Par rapport au scénario "moyen", "Gangs of Alcatraz" comporte peu de fouille mais beaucoup de gadgets à utiliser - les geeks apprécieront particulièrement. Il y avait trop de codes et de cadenas pour moi, mais là encore, c'est l'appréciation de quelqu'une qui commence à avoir fait vraiment beaucoup de salles et n'est plus intéressée que par les mécanismes de jeu très originaux. Les débutants ou les joueurs n'ayant qu'une poignée d'autres escape games à leur actif s'éclateront sûrement. Nos amis, en tout cas, se sont beaucoup amusés (et moi aussi, malgré les réserves suscitées). 

Petit détail ultra sympa: en fin de partie, tous les participants reçoivent, en plus de rafraîchissements offerts par la maison, une jolie "médaille" en métal frappée du logo de la salle. C'est un souvenir assez génial; j'aurais adoré qu'on m'en donne un similaire dans tous les escape games où je suis passée - ça ferait vraiment une chouette collection. Si vous êtes curieux ou déjà séduits, sachez qu'Adventure Rooms Provence devrait ouvrir, toujours dans le centre de Toulon, un troisième scénario d'ici la fin de l'été.

42 bis rue Victor Clappier
83000 Toulon

Pour nous remercier de notre fidélité et de mes articles, j'ai reçu une réduction de 50% sur le prix normal de ce jeu. 

lundi 24 avril 2017

C'était la semaine où... (#16)




...pour une fois, c'était chouette de ne pas faire 7h de train à côté de quelqu'un qui avait un chien/puait la clope/puait tout court/passait son temps à renifler sans se moucher/envahissait benoîtement mon espace personnel. 
...j'ai poussé un soupir de soulagement encore plus grand que d'habitude en constatant que la résidence n'avait pas brûlé en mon absence, qu'il n'y avait pas eu de dégâts des eaux et que je n'avais pas dans mon courrier la moindre injonction de payer, avec des majorations de retard, un truc pour lequel je n'avais jamais reçu d'appel de paiement initial et dont je n'étais de toute façon pas redevable (mes démêlés avec le Trésor Public au sujet de la taxe pro ont duré des années et m'ont traumatisée à vie).
...Gentil Généraliste a confirmé mon hypothèse haute: d'après ma description, mes gros vertiges du mois dernier étaient très vraisemblablement dus à la formation d'un cristal dans mon oreille gauche. Impressionnant et pénible mais tout à fait bénin, donc.
...comme je lui disais que j'allais le libérer pour ses autres patients, il m'a répliqué: "Ne vous pressez pas, je suis toujours heureux de discuter avec vous". J'adore cet homme, et je vais pleurer quand il prendra - bientôt, sans doute - une retraite amplement méritée.
...ma première prise de sang de l'année a confirmé que ma ferritine était remontée à un niveau très acceptable (grâce à la cure de fer végétal d'un mois terminée une semaine avant?). Mon TCMH reste un peu trop bas, mais je survivrai probablement.
...j'ai découvert avec tristesse que mon deuxième arbre préféré, celui qui faisait des fleurs roses à chaque printemps devant l'ancienne école primaire, avait été abattu. Il ne me semblait pas malade et il ne gênait pas la circulation, alors, pourquoi? 
...on a goûté les pizzas napolitaines de Marco et compris pourquoi la recette figurait au patrimoine immatériel de l'Unesco. Les raviolis à la truffe que j'avais pris après n'étaient pas dégueu non plus. En plus, on a pu manger en terrasse pendant que les commerçants du marché remballaient leurs étals autour de nous. Le bonheur. 
...pendant le repas, je me suis tout à coup exclamée: "Oh, regarde, c'est Daniel Herrero!" en désignant un grand type à tignasse blanche et bandeau rouge qui passait dans la rue Paul Landrin. "Qui ça?" m'a demandé Chouchou, qui s'intéresse au sport encore moins que moi. 
...en essayant de nous évader de la salle Gang d'Alcatraz d'Adventure Provence Rooms, je me suis rendu compte que je ne savais pas où était Recife et que je plaçais Pyongyang dans le mauvais pays. Pas bravo pour ma nullité en géo. 
..."Bravo, y'a que vous qui êtes raisonnable" m'a félicitée le serveur du Chamo en posant trois énormes coupes de glace devant Chouchou, Gaby et Seb, et un Strawberry Daiquiri bourré d'alcool devant moi. Euh, définissez "raisonnable"? 
...j'ai failli ne jamais trouver mon nouveau bureau de vote: il y avait une adresse marquée sur ma carte d'électeur et une autre sur internet, aucun bâtiment visible à ces deux adresses sur Google Maps et seulement des immeubles d'habitation à l'endroit désigné par le plan de la ville. Heureusement qu'on a croisé dans la rue des gens qui en revenaient et qui ont pu nous indiquer le bon endroit. 
...sur place, parce qu'il était habillé tout en noir avec sa gueule de repris de justice et qu'il se tenait raide comme un piquet près de la sortie en attendant que je sorte de l'isoloir, tout le monde a pris Chouchou pour un vigile et l'a salué poliment en sortant. Non, en fait, c'est juste un Belge. 
...on a fait le marché du dimanche matin et rapporté le premier melon de la saison (bien mûr et sucré, mais un peu trop aqueux), des asperges vertes beaucoup moins chères qu'à Bruxelles, deux sublimes saucissons aux cèpes et aux noisettes et une délicieuse tartinade d'artichauts. 
...j'ai traité mon courrier en souffrance et fait ma déclaration de revenus 2016 à l'Agessa. Journée de merde pour journée de merde, autant qu'elle soit productive!
...je n'ai pas sauté de joie à l'annonce du résultat du premier tour, mais je me suis dit que ça aurait pu être pire. Je comprends mes nombreux amis qui s'abstiendront ou voteront blanc dans 15 jours, et je respecte leur choix. Moi, ça me fera encore plus mal qu'avec Chirac en 2002, mais je voterai Macron. Pour préserver l'Europe d'une part, et protéger les cibles traditionnelles du FN d'autre part. 

Avez-vous participé au concours pour gagner une bédé sur mon blog lecture? Vous avez jusqu'à demain soir!

dimanche 23 avril 2017

"Chaussette" (Loïc Clément/Anne Montel)


Chaussette, c'est la voisine de Merlin qui avait du mal à prononcer son vrai prénom (Josette) quand il était petit. Elle vit seule avec son chien Dagobert et, chaque jour, observe une routine tellement précise qu'on pourrait régler une horloge dessus. Jusqu'au matin où, seule pour une fois, la vieille dame commence à se comporter très bizarrement. Merlin la suit pour tenter d'élucider le mystère...

Sur un thème aussi potentiellement déprimant que la solitude des personnes âgées, il aurait été facile de faire une bédé larmoyante ou moralisatrice. Mais le talent des auteurs de "Chaussette", c'est justement d'aborder tous les sujets avec une tendresse pudique qui n'exclut jamais la fantaisie et fait de leurs ouvrages un régal pour les petits comme pour les grands.

Les lecteurs fidèles et attentifs seront récompensés par des apparitions de personnages ou des allusions graphiques à d'autres oeuvres du duo Clément-Montel, qui un livre après l'autre tisse un univers plein de douceur et d'humanité dans lequel on rêverait de vivre. Je vous dirais bien d'acheter cet album les yeux fermés, mais ça ne serait probablement pas le meilleur moyen d'en profiter!




A voté




Il y a une ou deux semaines, lors d'une de nos nombreuses discussions d'avant les élections, Chouchou (qui, bien que partageant mes convictions écolos, se situe beaucoup plus au centre que moi pour toutes les questions économiques), s'est légèrement énervé suite à une de mes diatribes sur le thème: "Je veux de la justice sociale, merde!". Visiblement, il ne comprenait pas que je m'enflamme pour des mesures qui au final me concernent assez peu. 

C'est vrai que je suis blanche avec un nom bien français et pas le moindre ancêtre étranger aussi loin que remontent mes connaissances généalogiques. C'est vrai que je suis en couple hétéro et désormais trop vieille pour avoir besoin d'avorter. C'est vrai que je ne suis pas salariée et que depuis le début de ma carrière, je n'ai pas droit aux allocations chômage et finance déjà à grands frais ma propre mutuelle ainsi que ma retraite complémentaire. C'est vrai que je gagne assez bien ma vie pour être imposée à 20% sur mes revenus et n'avoir bénéficié d'aucune prestation sociale depuis une bonne vingtaine d'années. C'est vrai que je n'ai pas d'enfants et que pour mon usage personnel, il me suffit que la Terre reste habitable pendant un demi-siècle dans le meilleur des cas. Alors, que m'importe le traitement réservé aux homosexuels, aux racisés et aux jeunes femmes encore fertiles? Que m'importe qu'on démantèle un droit du travail qui ne m'a jamais protégée? Qu'on foute la sécu en l'air puisque je fais partie des gens qui auront de toute façon les moyens de se soigner dans le privé? Qu'on bousille l'environnement pour les générations suivantes? 

Hé bien, en fait, ça m'importe beaucoup. 

Je ne vote pas juste pour ma gueule. Je vote pour un idéal de société. Et mon idéal de société, c'est que tout le monde bénéficie des mêmes droits et des mêmes opportunités; que chacun puisse pratiquer sa sexualité et/ou sa religion en paix tant qu'il n'emmerde pas ses voisins; que la classe moyenne ne soit pas écrasée par des riches qui ont déjà plus de fric qu'ils ne pourront en dépenser dans toute une vie; que le travail cesse d'être considéré comme une valeur et une nécessité alors qu'il l'est de moins en moins, et que ce qu'il en reste soit partagé équitablement et rémunéré à sa juste valeur; que la collectivité prenne soin des pauvres, des malades, des handicapés et des vieux; qu'on mette toute nos formidables ressources scientifiques et intellectuelles au service d'un développement durable plutôt que du pillage de ressources qui touchent à leur terme. Je vote parce que je ne veux plus être une privilégiée, parce qu'il me semblerait juste que tout le monde partage ce qui est actuellement une immense chance alors que ça devrait être la norme. 

Par ailleurs, je pense que ce serait une énorme connerie de sortir de l'Europe. Oui, elle a grand besoin d'être réformée, mais un Frexit pourrait sonner le glas d'une institution nécessaire au maintien d'un ordre mondial déjà bien trop ébranlé par les dictateurs et les fous. 

Ce matin, après avoir beaucoup hésité et tergiversé, j'ai voté Benoît Hamon. Sans illusions: je sais qu'il ne passera pas le premier tour et que je vais déprimer sec ce soir devant les résultats. Mais en mon âme et conscience, je n'ai pas réussi à faire autre chose. 

vendredi 21 avril 2017

Concours: "5 mondes T1: Le guerrier de sable" (Mark et Alexis Siegel/Xanthe Bouma/Matt Rockefeller/Boya Sun)


Les changements climatiques mettent en péril l'équilibre des 5 mondes et la guerre est sur le point d'éclater. Malheureusement, ce n'est pas Oona, l'apprentie danseuse de sable, qui pourrait y changer quelque chose. A moins que sa rencontre avec un jeune garçon des rues et un champion de starball ne bouleverse sa destinée et celle de la galaxie entière... Entre aventure, science-fiction et quête initiatique, plongez dans l'univers vertigineux du Guerrier de sable, premier tome d'une épopée à la dimension écologique. 

Pour remporter un exemplaire de cette grosse bédé (plus de 250 pages!), laissez-moi un commentaire dans lequel vous me direz quelle est à votre avis votre meilleure habitude écolo - pour moi, c'est le fait que je n'ai pas de voiture et que je me déplace surtout à pied ou par les transports en commun. Clôture le mardi 25 avril à 23h59; tirage au sort et annonce du gagnant le lendemain. Envoi en Europe seulement. Bonne chance!

Les conversations absurdes #8


CHOUCHOU (gêné): J'ai vu que tu avais des glaces dans ton congélateur, et, euh...
MOI (indulgente): Tu en veux une? J'ai sorbet fraise, sorbet melon ou cônes caramel beurre salé.
CHOUCHOU: Sorbet fraise.
MOI: Tiens.
CHOUCHOU (saisi du besoin de se justifier): Comme ça, j'élimine le sucre.
MOI (avec une moue sceptique): Je sais que le sorbet c'est moins sucré que la vraie glace, mais...
CHOUCHOU (sentencieux): Non, non, j'élimine TON sucre. Pour ne pas que tu sois tentée.

jeudi 20 avril 2017

"Mon midi, mon minuit" (Anna McPartlin)


Emma et John sont ensemble depuis l'adolescence. Douze ans plus tard, ils filent toujours le parfait amour - jusqu'à ce que, suite à une fête un peu trop arrosée, John soit brutalement emporté par un accident de la route. Heureusement, Emma peut compter sur sa famille et ses amis pour l'entourer pendant qu'elle réapprend à vivre sans lui... 

Sur un thème assez similaire, j'avais énormément aimé "Les derniers jours de Rabbit Hayes", premier roman d'Anna McPartlin à être traduit en français. Aussi n'ai-je pas hésité à investir dans "Mon midi, mon minuit" dès sa sortie. Je l'ai même emporté pour un long voyage en train. Et sans ça, je l'aurais abandonné au bout de 3 chapitres. Là, comme je n'avais rien d'autre à lire, je me suis farci près de 400 pages d'un style à la platitude consternante, de personnages atrocement banals et d'intrigue prévisible à dix lieues avec, cerise sur le gâteau, un bon petit fond de bondieuserie mièvre. Renseignements pris, "Mon midi, mon minuit" est la traduction d'un roman écrit en 2005. La chose la plus gentille que je puisse dire à son sujet, c'est qu'il prouve combien un(e) auteur(e) peut évoluer en l'espace de dix ans.

mercredi 19 avril 2017

"Les filles au lion" (Jessie Burton)


En juin 1967, Odelle Bastien, originaire de Trinidad, quitte son emploi de vendeuse de chaussures pour devenir dactylo à la galerie Skelton. Sa patronne, l'énigmatique Marjorie Quick, se prend d'affection pour elle et l'encourage dans ses ambitions littéraires. Puis Odelle fait la connaissance de Lawrie Scott, dont la mère vient juste de mourir en lui laissant pour tout héritage un tableau assez particulier. Celui-ci s'avère être l'oeuvre d'un peintre espagnol talentueux mais méconnu, disparu durant la guerre civile d'Espagne.

En janvier 1936, la famille Schloss s'installe dans un petit village près de Malaga. Harold, le père est autrichien et marchand d'art; Sarah, la mère, belle et dépressive; Olive, leur fille de dix-neuf ans, passionnée et secrète. Très vite, ils font la connaissance d'Isaac et Teresa, les enfants illégitimes de Don Alfonso qui régente tout dans la région. Militant communiste très mal vu par son père, Isaac fascine Olive qui tombe amoureuse de lui, cependant que Teresa, entrée au service des Schloss en tant que domestique, observe jalousement les faits et gestes de son frère et de sa toute première amie... 

Après le très bien écrit mais atrocement déprimant "Miniaturiste", Jessie Burton livre un nouveau roman historique dont l'intrigue repose sur les secrets de ses protagonistes. Cette fois, elle fait des aller-retour entre deux époques et deux pays très différents, où plusieurs éléments-clés se font pourtant écho parfois à l'insu du lecteur. Si j'ai préféré les chapitres consacrés à l'histoire d'Odelle, c'est dans les autres que se noue le drame fondateur de "Les filles au lion", au milieu de paysages luxuriants bientôt ravagés par les troubles politiques de l'époque. 

L'auteure met ses personnages en place avec une grande habilité et dose les révélations pour qu'on ne s'ennuie jamais mais que, même si on peut croire le contraire, on ne devine pas non plus le fin mot de l'histoire avant les dernières pages. Avec un style toujours aussi évocateur et prenant, elle aborde par deux fronts très différents le sujet du besoin de reconnaissance des artistes. Un excellent roman, maîtrisé de bout en bout et sur tous les plans, mais que sa couverture française (dont le classicisme terne ne correspond pas du tout au tableau décrit par Jessie Burton) m'aurait découragée d'acheter si je ne me l'étais pas déjà procuré en VO

mardi 18 avril 2017

April blues




C'est vraiment pas la joie en ce moment. 

Chaque jour, il devient plus probable que Trump déclenche une guerre nucléaire avec la Corée du Nord. J'avais récemment eu l'impression que tous les éléments étaient enfin réunis pour le destituer, mais je suppose que je faisais preuve d'un excès d'optimisme (alors que c'est une denrée de plus en plus rare que je ferais mieux d'économiser, je présume). 

A Présidentielles françaises J-5, je ne sais toujours pas pour qui voter. Hamon dont j'adore le programme mais qui ne passera pas le premier tour, si bien que ça reviendrait à jeter mon bulletin à la poubelle, ou Mélenchon dont la personnalité et les positions internationales me rebutent au plus haut point - l'Europe a grand besoin d'être réformée, mais en sortir constituerait une erreur monumentale. Ne me parlez même pas de Macron dont l'unique mérite, par rapport à Fillon et à Le Pen, est de ne pas être un gros réac sur le plan social. 

Mes angoisses en profitent pour revenir à la charge, plus floues que d'habitude mais non moins suffocantes. Avant-hier, une demi-heure après avoir éteint ma lampe de chevet, je me suis réveillée en hurlant, sous le regard perplexe de Chouchou qui lisait encore. Je n'ai pas la moindre idée pourquoi. J'avais sans doute fait un cauchemar, mais je ne me rappelais de rien. Et le Xanax qui m'avait sauvé la vie il y a quelques années ne me fait plus aucun effet à présent. 

Heureusement, jeudi, je rentre à Monpatelin pour trois semaines - en emmenant Chouchou dans mes bagages, pour une fois. Au minimum, il fera meilleur qu'à Bruxelles, et le soleil m'aidera à voir les choses sous un jour un peu moins sombre. 

lundi 17 avril 2017

"Le livre des possibles" (Erika Swyler)


Simon Watson vit seul dans sa maison familiale du détroit de Long Island, perchée au sommet d'une falaise qui s'effrite lentement dans la mer. Ses parents sont morts tous les deux depuis des années: sa mère par noyade, son père de chagrin. Sa soeur cadette Enola travaille comme voyante dans une fête foraine ambulante et ne l'appelle que rarement. Sur le point de perdre son emploi de bibliothécaire en raison de coupes budgétaires, Simon se demande comment il va bien pouvoir financer les travaux indispensables pour sauver sa maison. 

Un jour de fin juin, il reçoit un livre mystérieux dans lequel figure le nom de sa grand-mère. Cet ancien registre de cirque raconte l'histoire de deux amants maudits: un Garçon Sauvage et une Sirène qui faisaient partie de la troupe deux siècles auparavant. Fasciné par leur histoire, ainsi que par les étranges dessins de cartes de tarot qui émaillent les pages, Simon découvre que toutes les femmes de sa famille ont une fâcheuse tendance à mourir noyées un 24 juillet. Parviendra-t-il à contrer la malédiction pour sauver Enola, qui vient de réapparaître après une absence de plusieurs années? 

Ne vous laissez pas abuser par sa couverture peu excitante: "Le livre des possibles" (en VO: "The Book of Speculation") est un roman original à l'atmosphère étouffante juste ce qu'il faut. Nous suivons en parallèle l'histoire de Simon, de nos jours, et celle de son ancêtre Amos deux siècles plus tôt. Tous deux placés sous le signe de l'eau, les récits - dont l'un est narré à la première personne et l'autre à la troisième, ce qui permet d'instaurer la distance nécessaire avec les événements du passé - se font écho de maintes façons bien entendu pas du tout fortuites. Au fil des chapitres alternés se révèle une histoire sombre empreinte d'un fantastique subtil, qui touche à leur insu non pas une mais trois familles aux destins entremêlés. Plutôt qu'au "Cirque des Rêves" (auquel il a été défavorablement comparé pour la seule raison qu'une partie de l'action se déroule dans le milieu des forains), ce roman d'Erika Swyler m'a de par son atmosphère fait penser à ceux d'Alice Hoffman, une auteur que j'adore. Une lecture prenante.

Article publié à l'origine en septembre 2015, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date

dimanche 16 avril 2017

C'était la semaine où... (#15)




...j'ai été ravie d'apprendre que ma série fantastique chouchoute de 2016, "The Raven cycle", allait être adaptée en série télé. Même si je vais être ultra-difficile sur le choix des interprètes, notamment de Ronan.
...grâce aux bons conseils de Funambuline, mon premier risotto aux morilles, bien que dépourvu de fromage, a fait l'unanimité. Il est encore perfectible, mais c'est une tâche à laquelle je m'attellerai volontiers!
...le pilote de "The marvelous Mrs Maisel", la nouvelle série d'Amy Sherman-Palladino, ne m'a inspiré qu'un enthousiasme très modéré. Tout comme celui de "13 reasons why" qui recueille pourtant d'excellentes critiques sur internet.
...Chouchou et moi nous sommes fait un lunch date chez De Noordzee (bon, mais cher pour les conditions dans lesquelles on mange), puis l'expo Eleven women facing war (sobre et poignante) au Parlamentarium. Dire que je me suis remise au travail avec entrain après ça serait un brin exagéré.
...j'ai couiné de joie en recevant et en installant faisant installer par Chouchou ma nouvelle bannière signée Anne Montel. Maintenant, il faudrait que je pimpe un peu ma barre de catégories juste en-dessous.
...le museu Berardo a repris un de mes Instagram en me remerciant chaleureusement. (J'imagine qu'ils n'ont pas lu mon article.) Le même jour, Marie-Lorna Vaconsin a linké sur sa page Facebook le billet que j'ai consacré à son roman; "Stressée de l'horloge" a été Coup de coeur HelloCoton et republié dans la section des contributions extérieures du Huffington Post (avec une accroche qui, que, bref). J'aurais dû jouer au Loto!
...grâce à Nelly qui en avait parlé la veille sur Facebook, on a été se faire tirer le portrait sur le Trône de Fer, installé au Bozar pendant la durée du BIFFF. Aucune file d'attente, photo numérique gratuite et, à ma grande surprise, très réussie du premier coup. Je me trouve étrangement crédible en tyran sanguinaire.
...parmi les nouveautés du Dam Sum, j'ai adoré le 2 (bouchées vapeur à la soupe et à la truffe) et été déçue par le 18 (boeuf au poivre, pas mauvais en soi, mais accompagné de gros bouts d'oignon et de poivron vert semi-croquants qui tuent toute sa subtilité).
...après avoir traversé toute la ville sur un coup de tête pour aller au Cook&Book un soir à 21h30, j'ai découvert que le bloc B, celui qui abrite le rayon étranger que je voulais voir, était fermé à cette heure-là. Déception. Du coup, je me suis offert cette bédé.
...et pour me venger, le lendemain, j'ai acheté deux omnibus chez Pêle-Mêle, plus trois bouquins en anglais chez Waterstones. Non mais ho.
...on a testé un nouveau café près de la place de la Monnaie, le Life is better after coffee. Lumineux, confortable, sympa. On reviendra. Peut-être même pour bosser vu qu'il y a du wifi gratuit.
...j'ai dit à Chouchou: "C'est dommage, il n'est que 17h, sinon je t'aurais proposé qu'on se fasse un fish and chips avant de rentrer". Ce à quoi il m'a répondu très sérieusement qu'il n'était jamais trop tôt pour manger. L'avantage, c'est que ça m'a laissé 6 bonnes heures pour agoniser de l'estomac digérer avant d'aller au lit.
...je me suis copieusement ennuyée devant "Arrival".
...ma tentative de gnocchi de patate douce aux épinards était plutôt ratée. J'ai eu beau rajouter de la farine, ça n'en finissait plus de coller.
...échaudés par notre mauvaise expérience des deux éditions précédentes, nous avons fait l'impasse sur le festival Trolls & Légendes. Du coup j'imagine que cette fois, c'était génial. Des gens parmi vous qui y sont allés?

vendredi 14 avril 2017

"Appuyez sur étoile" (Sabrina Bensalah)


Avril Bonjour a 19 ans, les cheveux violets et l'ambition de devenir une coiffeuse célèbre. Elle vit à Saint-Etienne avec son père divorcé et sa mémé, une ancienne hôtesse de bar qu'elle aime tendrement. Le jour où un médecin lui annonce qu'elle est condamnée par un cancer au cerveau, la vieille dame émet un voeu: mourir au sommet d'une montagne, sous les étoiles. Pour l'exaucer, Avril va mobiliser ses copines délurées, son meilleur ami Tarik qui rêve d'ouvrir un kebab bio, et même le petit frère et les amis de celui-ci. Pendant ce temps, sur son lit d'hôpital, Mémé délire et converse avec une voix mystérieuse...

A partir d'un sujet somme toute assez plombant, Sabrina Bensalah réussit à écrire un roman jeunesse incroyablement pêchu. Oui, Avril doit grandir d'un coup pour accompagner la fin de vie de sa grand-mère adorée, et l'auteure ne minimise pas la brutalité de cette épreuve. Mais autour de l'inévitable tristesse, la vie pétille dans tous les recoins d'"Appuyez sur étoile". Dans le soutien inconditionnel que lui apportent les amis d'Avril, dans leur langage joyeusement cru, dans leurs petites combines pas franchement légales mais pas non plus immorales, dans le passé fièrement assumé d'une mémé pas comme les autres, dans les belles convictions anti-consuméristes deM. Bonjour, dans l'énergie qu'Avril et Tarik mettent à réaliser leurs rêves, dans tous les bonheurs minuscules que l'héroïne sait savourer. Une très jolie découverte.

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture. 

Back to Candyland




Il y a un mois environ, alors que j'étais au niveau 1943 dans Candy Crush et 1173 dans Farm Heroes, j'ai fait une fausse manip' qui a obligé Chouchou à remettre à zéro un certain nombre de mes paramètres. Du coup, je n'avais plus la version de Flash Player nécessaire pour faire tourner ces deux jeux über chronophages, et après des années d'esclavage, je me suis dit que c'était l'occasion rêvée pour décrocher - récupérer chaque jour du temps dont je ferais des choses plus intelligentes que combiner un bonbon en sachet avec un bonbon rayé ou aligner des betteraves (à moins que ça ne soit des oignons rouges?) pour assommer des lapins et faire foncer des taureaux sur des coquelicots. 

Quatre ou cinq semaines se sont écoulées, et j'ai dû me rendre à l'évidence: même si je ne présentais pas de symptômes de manque particuliers, je n'étais pas sensiblement plus productive qu'avant. Je ne travaillais pas davantage; je n'avais pas été prise de frénésie ménagère; je ne m'étais pas lancée dans un nouveau hobby ou dans l'écriture d'un roman; je n'étais pas plus motivée pour faire des séances de fitness ou consacrer une demi-heure supplémentaire à la préparation du dîner. Je passais toujours autant de temps devant mon ordinateur; simplement, au lieu de le passer à jouer, je le passais à multiplier les boucles sur mes sites internet habituels et, en l'absence de mises à jour, je recommençais à explorer les sites marchands délaissés depuis des années. Bref, je n'avais éliminé un vice que pour faire de la place à un autre. 

Il paraît que l'être humain ne dispose que d'une quantité de volonté limitée à investir chaque jour dans des choix positifs dans l'absolu, mais qui ne lui apportent pas de plaisir. Apparemment, une fois que j'ai aligné mon quota de pages traduites, géré mon administratif, abattu le minimum vital de tâches domestiques et convaincu mon cerveau que j'avais envie de deux repas équilibrés plutôt que de pizza froide le matin, de risotto le midi et de pad thai le soir, mes capacités personnelles à faire des choix positifs sont épuisées. Et si c'est pour ne rien foutre du reste de mon temps, mieux vaut que je joue sur internet plutôt que d'acheter un tas de brols inutiles (ou d'augmenter encore mon budget lecture déjà stratosphérique). 

Hier, donc, j'ai mis à jour Flash Player, et j'ai recommencé à jouer là où je m'étais arrêtée il y a un mois. Ca me vide la tête, et ça n'est déjà pas si mal. 

jeudi 13 avril 2017

[LISBONNE] Fabuleuse Quinta da Regaleira




En 40 minutes de train à partir de la gare du Rossio, à Lisbonne, on peut se rendre à la ville de Sintra, haut lieu touristique classé au Patrimoine Culturel de l'Humanité par l'UNESCO. Au milieu de montagnes couvertes d'une végétation foisonnante niche un nombre incroyable de palais petits ou grands. Il faudrait bien plus d'une journée pour les explorer tous, et je ne suis pas très amatrice de vieilles pierres; aussi avions-nous choisi de visiter seulement celui qui me paraissait le plus original et le plus intéressant: la Quinta de Regaleira. 







Après avoir parcouru à pied le plus long kilomètre de ma vie depuis la gare de Sintra (ça moooonte.... et ça desceeeend....), nous sommes arrivés hors d'haleine à un guichet où on nous a informés que 1/ il n'y avait pas de visite guidée ce jour-là, hormis en portugais 2/ les cartes de paiement étrangères n'étaient pas acceptées. Heureusement, il me restait juste de quoi payer nos deux entrées. Je n'ose imaginer le chemin que nous aurions dû faire pour trouver un DAB! 










Ce qui m'avait attirée dans ce lieu sans l'avoir vu, ce sont les nombreuses références à l'alchimie et la franc-maçonnerie ayant présidé à son élaboration. Malheureusement, sans visite guidée ni possibilité d'acheter un ouvrage explicatif puisque la minuscule boutique était fermée ce jour-là, les références en question nous sont complètement passé au-dessus de la tête, et la Quinta de Regaleira a gardé tous ses mystères. Ce qui ne nous a pas empêchés d'être complètement éblouis par son parc fantasmagorique, échelonné à flanc de montagne et regorgeant de puits, d'escaliers, de tours, de fontaines, de cascades et de grottes. Des heures d'exploration et des centaines de calories brûlées à la force des fessiers! 










Le midi, nous avons pu déjeuner léger, d'un wrap végétarien et d'une limonade maison, au café doté d'une magnifique et paisible terrasse qui, par chance, a bien voulu de ma Visa! Le palais proprement dit, assez modeste, était en rénovation, et nous n'avons pu en visiter que le rez-de-chaussée où une chanteuse lyrique accompagnée d'un pianiste s'époumonait dans le salon. Après la fin de cette visite un peu frustrante mais néanmoins passionnante, nous nous sommes offerts le luxe de la navette qui passe toutes les demi-heures environ pour regagner la gare de Sintra et Lisbonne où nous attendait un cocktail bien mérité! 

Pour plus d'informations sur l'histoire du lieu, voir la page Wikipédia de la Quinta de Regaleira; pour les informations, voir l'article de Bonjour Lisbonne

mercredi 12 avril 2017

Stressée de l'horloge




Ca doit faire vingt ans que je ne porte plus de montre. Et comme mon vieux Nokia est rarement allumé, je donne l'impression de vivre sans heure. La nana cool, qui peut se permettre d'aller à son propre rythme vu qu'elle bosse à la maison et qu'elle n'a pas d'enfants. 

En réalité, je suis tout sauf décontractée de l'horloge.

J'ai un TOC curieux qui fait que je ne peux commencer à bosser que sur une heure pile, éventuellement la demie. Mais je me soigne: ces derniers temps, j'arrive parfois à m'y mettre à et quart ou moins le quart! 

Je ne supporte pas les gens chroniquement en retard. Je considère ça comme un manque de respect, une façon de dire "Mon temps est plus précieux que le tien, donc, tu peux bien m'attendre". Du coup, le simple fait d'arriver 10 minutes après l'heure indiquée chez des amis qui nous ont invités à dîner me file des palpitations. Au fil des ans, ça été source d'énormément de tensions entre Chouchou - qui a une conception du temps, disons, plutôt élastique - et moi.

Quand j'ai un rendez-vous à 15h40 chez un médecin que je sais toujours très en retard, et que le bus qui dessert Monpatelin à 15h me déposerait devant son cabinet à 15h45, la semaine qui précède, je me dis: "Bah pour 5 minutes, c'est pas grave du tout, il ne s'en apercevra même pas". Le jour J, je prends quand même le bus de 14h, j'arrive à 14h45 et je poireaute jusque vers 17h15 en me traitant d'imbécile psychorigide. Mais j'avance bien dans mon bouquin en cours. 

Si je dois prendre un avion ou un train, je calcule de combien de temps j'ai besoin au pire pour atteindre la gare ou l'aéroport, et je me rajoute encore une marge d'une demi-heure à trois quarts d'heure. Si le départ a lieu avant 10h du matin, la nuit précédente, je suis tellement stressée que je ne dors quasiment pas (d'autant plus que je n'ose ni prendre de somnifère ni mettre de boules Quiès de peur de ne pas entendre mon réveil - du moins, s'il n'est pas victime d'un accident bizarre et se décide bel et bien à sonner). Si quelqu'un doit me conduire, je lui indique une heure de départ un quart d'heure avant l'heure réelle.

Je calcule toujours large, et j'ai horreur de courir. Résultat, lorsque nous sommes en voyage, le programme que je nous avais prévu pour la journée est généralement bouclé vers 15h, et ensuite, nous errons comme des âmes en peine dans le dernier quartier où nous avons atterri. (Et là, j'envisage vaguement de me remettre au geocaching juste pour meubler.)

J'ai très envie de retourner au Japon, d'aller en Australie, de visiter Seoul, Kuala Lumpur ou Hong-Kong, mais outre le manque de temps et de sous ces dernières années, je suis hyper freinée par 1/ la longueur du vol 2/ le gros décalage horaire dans le mauvais sens. J'ai mis vingt ans à caler mon rythme biologique sur des horaires normaux, et le foutre en l'air pour deux ou trois semaines de vacances m'angoisse énormément. 

mardi 11 avril 2017

Nouvelle bannière


Elle est arrivée! 
C'est l'oeuvre de la talentueuse et adorable Anne Montel, dont je chronique à peu près tous les bouquins sur L'Annexe et dont vous pouvez admirer le blog ici
Et je ne sais pas vous, mais moi, je l'adore! ♥︎

"Le projet Starpoint T1: La fille aux cheveux rouges" (Marie-Lorna Vaconsin)


Pythagore Luchon a quinze ans et s'apprête à entrer en seconde pour une année sans surprise. Il sait qu'il devra supporter les moqueries sur sa mère, qui est prof de maths dans son lycée. Il sait aussi qu'il lui faudra trouver le courage d'aller plus souvent à l'hôpital voir son père, un ancien chercheur en physique quantique plongé dans le coma à la suite d'une agression.

Une chose le réjouit: il va retrouver sa meilleure amie, Louise Markarian. Mais dès les premiers jours, Pyth découvre que Louise s'est liée à une nouvelle du nom de Foresta Erivan, une fille aux cheveux rouge sang, souvent habillée de cuir et au tempérament explosif. A cause d'elle, Louise l'ignore et commence à sécher les cours. 

Pythagore déplore silencieusement la présence de cette Foresta qui l'exaspère autant qu'elle l'attire, jusqu'à ce qu'elle débarque chez lui en pleine nuit pour lui annoncer que Louise a disparu. Pour la retrouver, ils doivent passer par ce qu'elle appelle l'"angle mort" des miroirs. Pyth la prend pour une folle mais la suit, sans se douter qu'il est sur le point de basculer dans un monde parallèle - le monde dans lequel Foresta a grandi et où Louise est sur le point de se perdre.

Je ne vais pas vous mentir: je n'avais jamais entendu parler ni de Marie-Lorna Vaconsin, ni de son premier roman, ni même de la collection dans laquelle il est paru. Pas vu passer la moindre promo ni la moindre critique malgré mon intérêt pour les romans jeunesse et le fantastique. C'est la superbe couverture de "La fille aux cheveux rouges" qui m'a incitée à le prendre en main dans une librairie, à lire sa présentation et à parcourir les premières pages vite fait, pour voir si le style d'écriture me plaisait. Comme c'était le cas, je me suis laissée emporter par ma curiosité.

Je pensais passer un bon moment de lecture avec un peu de chance. Au lieu de ça, j'ai dévoré le roman dans la journée et tout de suite commencé à exhiber des symptômes de manque tels que je n'en avais pas ressentis depuis la fin du tome 2 de "La passe-miroir". Non que les univers des deux séries se ressemblent, mais ils partagent une grande originalité qui donne envie d'en découvrir plus sur eux, et une auteure qui sait révéler leurs secrets au goutte-à-goutte pour donner au lecteur soif de toujours plus.

Basé sur des principes de physique quantique plutôt que sur une atmosphère steampunk, ce premier tome du "Projet Starpoint" offre un scénario plein de rebondissements passionnants et jamais prévisibles; on ignore totalement où l'auteure nous emmène, mais on se laisse entraîner avec délices - et un léger vertige. L'écriture est fluide, du niveau d'un roman pour adultes, et particulièrement évocatrice dans les scènes où les perceptions de Pythagore sont chamboulées par des phénomènes propres au monde de Foresta. Le bouquin refermé, on se surprend à manipuler ses miroirs de salle de bain pour voir si, par hasard, on ne pourrait pas créer son propre angle mort et voir où on arrivera. (Ou peut-être que c'est juste moi.) Bref, un très gros coup de coeur en ce qui me concerne.

lundi 10 avril 2017

Knees to chin, les rouleaux de printemps funky




Vendredi dernier, comme j'avais prévu de traîner l'après-midi dans le quartier du Châtelain, j'ai proposé à Chouchou de me rejoindre après le boulot pour qu'on teste le Knees to chin, dont les rouleaux de printemps aperçus un soir de flemme sur Deliveroo me faisaient de l'oeil. J'aime déjà beaucoup la version normale de cette recette, que je trouve fraîche et digeste, mais là, les variations imaginées par la créatrice du restaurant me mettaient carrément l'eau à la bouche, au point qu'il devenait difficile de choisir parmi les 8 recettes (dont 3 végétariennes)...


Crispy bacon (+ avocat, pomme verte, chou rouge, mayo au wasabi, graines de tournesol, basilic), 
Canard laqué (+ radis, rhubarbe, chou blanc, gaines de tournesol, graines de sésame),
Scampis (+ betterave, avocat, menthe, oignons frits)


Patate douce (+ avocat, pomme verte, concombre basilic, oignons frits)

Arrivés vers 18h45, nous avons dû faire la queue pour commander avec les autres clients qui venaient soit pour manger sur place dans la petite salle aux allures de cantine, soit pour emporter chez eux (sachant, donc, qu'il est aussi possible de se faire livrer à vélo pour 2,50€ de plus). Cela dit, c'est toujours bon signe qu'un endroit soit pris d'assaut avant même l'heure où mangent la plupart des gens! 

Nos rouleaux de printemps se sont révélés beaucoup plus gros que ce que j'avais imaginé. J'en avais commandé 3, et au bout de 2, j'étais pleine comme un oeuf. Pas de problème: la serveuse m'a emballé le dernier dans une boîte en carton, avec un petit conteneur de sauce, pour que je puisse l'emporter à la maison. Les saveurs étaient à la hauteur de ce que j'imaginais; les ingrédients, croquants et goûtus, - encore meilleurs accompagnés par l'une des 5 sauces au choix: soja-sésame, hoisin, aigre-doux, cacahouète ou citronnelle. J'ai aussi beaucoup apprécié le fait que les rouleaux "tiennent" bien, que la feuille extérieure ne se déchire pas à la moitié en répandant tout son contenu sur la table. Complètement séduits, nous retournerons volontiers chez Knees to Chin... ou n'hésiterons pas à commander chez eux les soirs de flemme! 

rue de Livourne 125
et rue de Flandre 28
1000 Bruxelles
Du lundi au samedi, de 11h30 à 22h
Pas de réservation

dimanche 9 avril 2017

C'était la semaine où... (#14)




...notre vol de retour depuis Genève avait presque deux heures de retard; heureusement qu'on avait droit à 90 minutes de wifi gratuit et qu'un nouvel épisode de Last Week Tonight avait été diffusé la veille. 
...on a quand même failli louper notre avion parce que Chouchou s'était trompé de compagnie aérienne en consultant le tableau des départs. Au dernier moment, réalisant qu'on attendait chez Easy Jet en D72 plutôt que chez Brussels Airlines en A7, on a dû retraverser tout l'aéroport en courant pour finalement atteindre la bonne porte au bord de l'apoplexie vers la fin de l'embarquement.
...le premier cours d'aerial yoga post-Gruyérie a confirmé l'impression que j'avais depuis jeudi dernier: mes affreux vertiges ont disparu. Et si je m'en réjouis, je suis aussi fort agacée de ne toujours pas savoir ni pourquoi ils sont venus ni comment ils sont repartis.
...j'ai eu les yeux qui piquaient presque en entendant "Des vies" de Fredericks/Goldman/Jones tandis que je faisais un lunch tardif chez Arthur's. Apparemment, je deviens sentimentale en vieillissant.
...étant donnée la baisse vertigineuse de mes droits d'auteur excédentaires depuis 5 ou 6 ans, je m'attendais à ne plus rien toucher du tout cette année, et j'ai donc été agréablement surprise d'apprendre qu'un de mes éditeurs me devait près de 1000€. De quoi financer notre expédition dans les fjords norvégiens et rentrer à Oslo par le train de nuit en couchettes plutôt qu'assis, youhou!
...j'ai reçu un exemplaire de "Professeur Goupil" dédicacé et envoyé par ses adorables autant que talentueux auteurs. Comme il ne sort qu'en septembre, je me suis sentie ultra-chanceuse. Et aussi, ultra-frustrée de rédiger une critique et de programmer sa publication pour dans 5 mois.
...parce que j'avais un petit coup de blues et que je ne pouvais pas me remonter le moral à coups de chocolat suisse, j'ai réservé un escape game à Toulon avec un couple d'amis qui ont très envie d'essayer, puis été tester avec Chouchou la seconde adresse du Takumi.
...je me suis rendu compte que je n'avais pas acheté de chaussures depuis les dernières soldes d'été. On doit approcher les 8 mois de sevrage. Héroïque je suis.
...un rapide sondage sur Facebook m'a permis de déterminer que, chez mes contacts, les tomes des Annales du Disque-Monde les plus appréciés semblent être "Le faucheur" et "Les petits dieux". (J'ai personnellement un faible pour "Trois soeurcières" et "Mort".)
...j'ai reçu les premières esquisses pour ma future bannière, et je sens que ça va être terriblement joli ♥︎
...un an après son acquisition, je me suis enfin décidée à mettre mon podomètre en service pour réinstaurer la bonne habitude des 10000 pas par jour, et la caissière de chez Urban Outfitters l'a pris pour un lecteur de musique rigolo.
...faute de pouvoir manger du sucre, j'ai fait du shopping - mais rien de dramatique: quelques trucs (salés) à bouffer chez M&S, deux bouquins, de l'engrais pour plantes d'intérieur, un pilulier en forme de tranche de citron. Bon, OK: et une petite broche panda.
...on a goûté et adoré les rouleaux de printemps funky du Knees to Chin; je vous présente ça cette semaine dans un billet.
...après un an et demi de procrastination, j'ai ENFIN mis à jour mon profil LinkedIn. Hé ben, c'était même pas si affreux que ça (sauf au moment où je me suis rendu compte que j'avais des caractères en trop dans la partie CV et que j'allais devoir sabrer une partie de mes plus de 250 romans traduits).
...ça a discuté politique dans le lit conjugal, dimanche entre 8 et 9h du matin, avec pour résultat des perles telles que: "Plus de bisous, c'est pas un programme électoral" ou "De toute façon, tu es Team Révolution et moi Team Consensus Mou". Vivement le soir du second tour.
...sur le marché Flagey, je me suis laissée tenter par des morilles fraîches à prix d'or, les premières asperges belges de la saison, les premières fraises, plus un énorme bouquet de menthe et un concombre (histoire de préparer des eaux aromatisées et de boire moins de thé dans la semaine).