vendredi 31 mars 2017

"La petite librairie des gens heureux" (Veronica Henry)


Julius, le père bien-aimé qui l'avait élevée seul, vient juste de mourir, et Emily se sent le devoir de reprendre la librairie qu'il avait créée. Hélas, si Nightingale Books est devenu un lieu incontournable dans leur joli village des Cotswolds, elle perd beaucoup d'argent, et un promoteur local insiste pour en faire l'acquisition. Ecrasée par l'ampleur de la tâche, Emily s'interroge sur son avenir tandis que défilent devant elle des clients pour qui Julius était, bien plus qu'un simple commerçant, un passeur et un ami très cher...

En ce moment, j'ai besoin de livres-doudous qui font chaud au coeur, et malgré son titre un peu cucul, "La petite librairie des gens heureux" (en VO: "How to Find Love in a Bookshop") était exactement ce qu'il me fallait. Si quelques romances naissent effectivement dans ses pages, l'histoire est bien davantage centrée autour du deuil d'Emily, des problèmes de ses clients et du pouvoir transformateur de la littérature. Le paisible village de Peasebrook offre un cadre idyllique à l'action, et ses habitants sont si adorables qu'on se surprend à vouloir emménager là pour toujours, au sein de cette communauté chaleureuse et accueillante. Si vous avez lu et aimé Maeve Binchy ou Erica James, vous devriez adorer Veronica Henry.

Article publié à l'origine en octobre 2016, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date

Lectures de Mars 2017




ROMANS
- Un clafoutis aux tomates cerises (Véronique de Bure) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le gardien des choses perdues (Ruth Hogan) ♥︎♥︎♥︎
- La vie rêvée de Virginia Fly (Angela Huth) ♥︎♥︎
- Every anxious wave (Mo Daviau) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Sorcières associées (Alex Evans) ♥︎♥︎♥︎
- Heurs et malheurs du sous-majordome Minor (Patrick de Witt) ♥︎
- L'une rêve, l'autre pas (Nancy Kress) ♥︎♥︎
- The lost time accidents (John Wray)
- La douleur porte un costume de plumes (Max Porter) ♥︎
- Le collège des éplucheurs de citrouilles (Laure Deslandes) ♥︎♥︎
- A gentleman in Moscow (Amor Towles) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- A robot in the garden (Deborah Install)
- Chasseurs de livres (Jennifer Chambliss Bertman) ♥︎♥︎♥︎
- Une bobine de fil bleu (Anne Tyler) ♥︎

BEDE/MANGA
- A cause de la vie (Véronique Ovaldé/Joann Sfar) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Moving forward T1 (Nagamu Nanaji) ♥︎♥︎
- The ancien magus bride T6 (Koré Yamazaki) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Bouche d'ombre T3: Lucienne 1853 (Carole Martinez/Maud Begon) ♥︎♥︎♥︎
- Tu sais ce qu'on raconte... (Daniel Casanave/Gilles Rochier) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- Lisboa, Cascais, Sintra (Catarina Cardoso) ♥︎♥︎♥︎
- Lisboa (David Pintor) ♥︎♥︎♥︎
- No sucre! (Nicole Mowbray) 

mercredi 29 mars 2017

"A gentleman in Moscow" (Amor Towles)


Le 21 juin 1922, le comte Alexander Ilych Rostov comparaît devant un tribunal bolchévique à Moscou. Parce qu'il est l'auteur d'un poème célèbre, publié avant la révolution et que beaucoup considèrent comme un appel aux armes, il n'est pas condamné à être fusillé mais assigné à résidence à l'Hôtel Métropole, où il résidait depuis quatre ans et dont il ne pourra plus sortir jusqu'à la fin de sa vie. Pas question de conserver sa suite somptueuse et ses trésors de famille: il sera installé dans une chambre de bonne avec les seules affaires que celle-ci pourra contenir. Pourtant, le comte ne se laisse pas abattre. Il aménage de son mieux son minuscule logis, développe une routine plaisante à l'intérieur de l'hôtel, se fait des amis parmi le personnel et devient le compagnon d'aventures d'une fillette de neuf ans prénommée Nina...

Voici quelques années, j'avais adoré le premier roman d'Amor Towles. Si l'auteur continue plus ou moins à explorer la même période historique que dans "Les règles du jeu", c'est à l'autre bout du monde qu'il nous emmène cette fois, dans la Russie dirigée par Staline. Et bien que "A gentleman in Moscow" évoque la domination communiste dans toute sa dualité - beaux idéaux et ferveur populaire d'une part, bureaucratie abusive et répression aveugle de l'autre -, c'est pour mieux souligner l'atmosphère presque hors du monde et du temps qui règne à l'intérieur du Métropole. Alexander est un personnage attachant, noble au meilleur sens du terme, plein de beaux principes mais profondément humaniste, doté une grande culture et d'un humour très fin. A l'exception d'un moment de désespoir, il fait toujours preuve de combattivité et de grandes ressources intérieures, porte toujours un regard humble autant qu'intelligent sur la société et les gens qui l'entourent. Et très vite, on se surprend à l'envier plutôt qu'à le plaindre, à vouloir aussi jouer les Eloïse adultes dans cet hôtel cinq étoiles.

C'est le printemps ☀︎




Après un hiver passé à bosser-bosser-bosser, nous avons inauguré la belle saison par une petite semaine à Lisbonne; nous serons ce week-end à Lausanne pour fêter les 40 ans de Lady Pops; nous avons réservé un séjour en Norvège pour fin juin-début juillet, des billets d'avion pour aller voir ma famille à Toulouse début août, et je commence fortement à lorgner sur Dublin pour la seconde moitié de septembre. Si je suis un peu frustrée de voyages au long cours depuis quelques années, j'avoue que ces courtes mais multiples escapades conviennent beaucoup mieux à mon tempérament.

La transition à l'heure d'été s'est faite sans douleur; dès dimanche matin, j'étais debout à 8h30 comme d'habitude, même s'il n'était que 7h30 à mon horloge biologique. Je traîne toujours un fond de fatigue chronique, mais sans doute au moins partiellement dû à mon anémie, plus, depuis deux semaines, de gros vertiges particulièrement pénibles pendant les cours d'aerial yoga. Je m'occuperai de tout ça la prochaine fois que j'irai voir mon généraliste. En attendant, il fait de nouveau jour assez tard pour que j'envisage de sortir de chez moi même après une journée de boulot complète, et ça, c'est fabuleux pour le moral!

Mon anniversaire, qui coïncide avec le retour du printemps, s'est passé calmement mais agréablement. Tous les ans, je me dis que je devrais fêter ça, et tous les ans, je me souviens que pour moi, la foule, ça commence à 5 personnes, et que j'ai autant horreur d'organiser des rassemblements que de me trouver au centre de l'attention générale. Nous avons fait un bon brunch végétarien chez The Little Green Shop; je me suis offert un beau bouquet rose et crème très différent de mes achats de fleurs habituels; Chouchou m'a ramenée à la maison en Zip Car et j'ai passé l'après-midi vautrée sur mon lit avec le délicieux "A gentleman in Moscow". Un dimanche comme les autres - mais tous mes dimanches ou presque sont jolis de toute façon.

A défaut de grosses réserves d'énergie pour le moment, j'ai toujours autant d'idées et enfin du temps pour les réaliser. La ronde des poches en aveugle s'étant bien déroulée, j'envisage un autre petit swap de ce type pour l'été. J'ai quelques défis persos à relever: arrêter le sucre ajouté pendant un mois, pour voir si ça change quelque chose à ma forme et à mes formes; tester le standing desk pour les mêmes raisons (je suis déjà équipée, y'a plus qu'à); me refaire un challenge 30 New Things, parce que je m'étais bien amusée la première fois. Surtout, j'ai enfin mis en branle une initiative professionnelle dont je caresse l'idée depuis des années maintenant, et à propos de laquelle j'ai reçu deux gros votes de confiance des éditrices à qui j'en ai parlé. Cette fois, plus question de procrastiner!

Et chez vous, il se présente comment, ce printemps? 

mardi 28 mars 2017

Ronde des poches en aveugle: les livres envoyés et reçus




Londoncam a envoyé "La bibliothèque des coeurs cabossés" de Katrina Bivald de à Kleo (F)
qui a envoyé "La part des flammes" de Gaëlle Nohant à Betta (F)
qui a envoyé "Voyage au phare" de Virginia Woolf à Mlle Mars (B)
qui a envoyé "Replay" de Ken Grimwood à Aurélie (F)
qui a envoyé "Métamorphose en bord de ciel" de Mathias Malzieu à Boomerang (B)
qui a envoyé "Black coffee" de Sophie Loubière à Pauline (F)
qui a envoyé "Entre ciel et terre" de Jon Kalman Stefansson à Sabine C (B)
qui a envoyé "Mort d'une héroïne rouge" de Qiu Xiaolong à Cécile F (F)
qui a envoyé "La montagne de l'âme" de Gao Xianjian à Leyciaan (F)
qui a envoyé "L'homme-rune" de Peter V. Brett à Fany Bibi (F)
qui a envoyé "Le chapeau de Mitterrand" d'Antoine Laurain à Cécile de Brest (F)
qui a envoyé "La tendresse des loups" de Stef Penney à Karine (F)
qui a envoyé "Mère disparue" de Joyce Carol Oates à Shermane (F)
qui a envoyé "Le restaurant de l'amour retrouvé" d'Ito Ogawa à Rachel (F)
qui a envoyé "Trente-six chandelles" de Marie-Sabine Roger à Elmaya (F)
qui a envoyé "Trop de bonheur" d'Alice Munro à Mirentxu (F)
qui a envoyé "Petit traité d'éducation lubrique" de Lydie Salvayre à Fredoche (F)
qui a envoyé "Naissance d'un pont" de Maylis de Kerangal à Margot (F)
qui a envoyé "Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe" de Chimamanda Ngozi Adichie à Sunalee (B)
qui a envoyé "La famille Middlestein" de Jami Attenberg à Delphine (F)
qui a envoyé "La formule préférée du professeur" de Yoko Ogawa à Diba (B)
qui a envoyé "L'hibiscus pourpre" de Chimamanda Ngozi Adichie à Nokialice (F)
qui a envoyé "Je n'ai pas peur" de Niccolo Ammaniti à Miss Zen (B)
qui a envoyé "En même temps, toute la terre et tout le ciel" de Ruth Ozeki à Elanor La Belle (F)
qui a envoyé "Les enchantements d'Ambremer" de Pierre Pevel à Rock'n'Laurette (F)
qui a envoyé "Ici ça va" de Thomas Vinau à Nathalie R (F)
qui a envoyé "Mémé" de Philippe Torreton à Dola (A)
qui a envoyé "La horde du contrevent" d'Alain Damasio à Colette (F)
qui a envoyé "Half of a yellow sun" de Chimamanda Ngozi Adichie à Fatima (F)
qui a envoyé "Grace Williams says it loud" d'Emma Henderson à Ségolène (A)
qui a envoyé "Fleur de neige" de Lisa See à Sophia (B)
qui a envoyé "Plonger" de Christophe Ono-Dit-Biot à Sabine D (F)
qui a envoyé "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" de Mathias Enard à Gasparde (B)
qui a envoyé "Seul sur Mars" d'Andy Weir à Nathalie S (F)
qui a envoyé "Grand Central Arena" de Ryk E. Spoor à Armalite (B)
qui a envoyé "Alex Woods face à l'univers" de Gavin Extence à Londoncam (F).

(Si j'ai commis une erreur quelconque, ou si vous souhaitez que je vous mentionne sous un autre nom/pseudo, n'hésitez pas à me le signaler par mail et je rectifierai au plus vite!)

Je suis contente de rapporter que sur 36 livres envoyés, 18 ont été écrits par des femmes (l'auteure Chimamanda Ngozi Adichie revenant 3 fois avec 3 ouvrages différents) et que 2 seulement avaient déjà été lus par leur destinataire. Plein de belles découvertes en perspective!

A titre personnel, dans cette liste, j'ai lu:
- "La bibliothèque des coeurs cabossés" (qui m'est tombé des mains vers la page 100)
- "Replay" (un coup de mes coups de coeur de l'époque où j'étais étudiante)
- "Le restaurant de l'amour retrouvé" (que j'ai bien aimé)
- "Trente-six chandelles" (que j'ai bien aimé aussi)
- "La formule préférée du professeur" (que j'ai adoré)
- "En même temps, toute la terre et tout le ciel" (sur lequel j'ai un avis fort mitigé)
- "Ici ça va" (que j'ai adoré)
- et bien entendu "Alex Woods face à l'univers". 

lundi 27 mars 2017

C'était la semaine où... (#12)




...j'ai fait un affreux cauchemar juste avant de me réveiller le lundi où je reprenais le boulot. Merci pour les encouragements, fallait pas. 
...j'ai entrepris d'éditer et de reprogrammer la publication, sur "L'annexe", de diverses critiques de livres lus en anglais suite à leur récente parution en français.
...j'ai appris qu'un roman que j'adore allait être adapté en bédé par des gens que j'adore - mais chut, c'est un secret pour l'instant!
...une copine victime de grossophobie à qui je tentais de remonter le moral m'a dit que j'étais une "mission de service public". Je devrais ajouter ça sur ma carte de visite; ça en jette.
...on a testé la série "Good behavior", et bien qu'elle soit adaptée d'un bouquin de Blake Crouch, je n'ai pas trop vu l'intérêt au-delà de "Amusons-nous à salir joyeusement Lady Mary".
...à l'occasion de la Journée International du Bonheur, le compte Instagram Brussels Museum a reposté la photo de moi avec mon parapluie arc-en-ciel devant le Train World. Grosse fierté.
...on a bataillé pendant 1h30 avant de réussir à réserver deux places pour le concert de Metallica à Anvers début novembre. C'était affreusement cher (99€ par personne en cat. 1), et nous sommes beaucoup trop sur le côté à mon goût (le numéro des sièges n'était révélé qu'une fois le paiement effectué), mais je vais enfin voir Hetfield et sa bande sur scène. Ou au moins, en direct sur des écrans géants.
...j'ai réussi à faire mes cours d'aerial yoga avec des vertiges; j'ai juste dû m'y reprendre à deux fois pour l'inversion finale et descendre en arrière millimètre par millimètre.
...au terme d'un de ces fabuleux massages dont il a le secret, j'ai découvert que Mr Oh était marié. Damn, mon projet de lui demander de m'épouser tombe à l'eau.
...j'ai beaucoup aimé le film "Girl asleep" (qui sort cette semaine en France sous le titre "Fantastic birthday") pour son côté Wes-Anderson-sous-acide.
...j'ai hésité à acheter le numéro 2 du magazine Respire, qui s'est finalement révélé bien plus dense et intéressant que le 1. Pourvu que ça dure!
...j'ai enfin programmé une petite visite à Isa en juin. Ca doit faire 15 ans que je n'ai pas mis les pieds en Avignon.
...j'ai lu trois romans ennuyeux d'affilée (heureusement, ils étaient courts...) avant d'attaquer un pavé délectable mais écrit tellement petit que je dois m'interrompre toutes les dix pages pour reposer mes yeux. Du coup, je suis repartie sur un autre bouquin pas terrible. Les périodes de lose bouquinesque, ça arrive à tout le monde.
...j'ai craqué pour une bougie parfumée délicieusement printanière de La manufacture des senteurs. Même pas allumée, elle embaume ma pièce à vivre.
...on a commencé "Big little lies", et au-delà du fait que le visage de Nicole Kidman est redevenu semi-mobile, j'ai du mal à comprendre l'engouement que suscite cette série.
...un de mes plus vieux amis est devenu papa pour la seconde fois à presque 48 ans. Ca me fait tout bizarre.
...à peine sortais-je de ma crève que Chouchou développait une bonne grosse infection généralisée avec notamment un abcès dans l'oeil gauche.
...j'ai failli attraper par la peau du cou et ramener à sa mère superbement indifférente un gamin qui circulait en tricycle dans les allées du Delhaize Flagey en prenant chariots et autres clients pour des auto tamponneuses. #lesgens
...j'ai testé cette recette de soupe de tomate signalée par Funambuline. J'ai juste diminué la quantité de liquide (de 1,25 à 1 litre) parce que j'aime les soupes épaisses. Le résultat a été approuvé avec enthousiasme par 100% des membres du foyer.
...j'ai bu un cocktail d'anniversaire-en-avance au Dominican avec Chouchou, Gasparde, Bohemond et les 2M, et reçu des cadeaux à lire et à boire.
...on est retournés chez The Little Green Shop pour un délicieux brunch végétarien et un joli petit bouquet - en profitant des fresques murales du parc voisin pour faire une courte séance photo.
...sur Facebook, j'ai demandé à mes amis "de la vraie vie" quel était leur meilleur souvenir partagé avec moi, histoire d'aborder ma 47ème année dans la joie et la bonne humeur. Y'a eu des réponses sur lesquelles j'aurais parié et d'autres plus inattendues, mais tout m'a fait hyper plaisir.

"Dark matter" (Blake Crouch)


A 27 ans, Jason Dessen travaillait sur un projet qui aurait pu révolutionner la physique quantique. Puis il a rencontré Daniela Vargas, une jeune artiste qui est très vite tombée enceinte de lui. Tous deux ont alors mis leurs ambitions professionnelles de côté pour fonder une famille. Aujourd'hui, ils sont heureux ensemble et avec leur fils Charlie, mais s'interrogent sur le chemin qu'ils n'ont pas pris.

Jusqu'au jour où un inconnu braque Jason dans la rue, l'entraîne dans un entrepôt isolé et le bombarde de questions sur sa vie privée avant de l'assommer. Quand Jason reprend connaissance, il se trouve dans un autre monde, un monde où il travaille pour une organisation secrète qui a percé le secret du multivers, un monde où il est un génie acclamé mais a quitté Daniela à l'annonce de sa grossesse et sacrifié sa vie privé à sa carrière... 

Ce roman de Blake Crouch était n°1 des ventes sur Amazon lorsque je l'ai acheté, et vous savez combien je suis fan d'uchronies personnelles. Poussée par la curiosité, j'ai donc fait une entorse à ma règle et l'ai commandé en grand format pour me jeter dessus. Et j'avoue m'être retenue de lever les yeux au ciel pendant le premier tiers. Oui, bon, le mystérieux agresseur masqué, il faudrait être débile pour ne pas comprendre tout de suite de qui il s'agit. Franchement, quelle histoire cousue de fil blanc! Et puis cette manie de retourner à la ligne après chaque phrase, argh...

Après, je suis arrivée dans le deuxième tiers avec ses accents post-apocalyptiques, et j'ai trouvé ça tellement noir et angoissant que j'ai failli lâcher l'affaire. Mais même si je voyais toujours comment ça allait se terminer, mon intérêt était piqué. Ce qui ne m'empêchait pas de fulminer: prôner que le bon choix de vie, c'est forcément le mariage et la famille, que réaliser une découverte scientifique majeure pâlit en comparaison des joies du foyer, ça me paraissait terriblement convenu et réducteur. 

Et puis dans le dernier tiers, l'auteur est enfin parti dans une direction totalement inattendue et très intéressante, présentant à son protagoniste un dilemme affreux et apparemment insoluble, et l'histoire a viré au thriller psychologique haletant. Tout le long, j'ai eu l'impression de lire le scénario d'un blockbuster, calibré au millimètre sans aucun temps mort et avec beaucoup de scènes d'action - et de fait, en lisant les remerciements à la fin, j'ai découvert qu'un film était en cours de préparation. 

En conclusion, malgré quelques défauts hurlants, "Dark matter" (en VO ici) vaut bien la peine d'être lu, surtout si vous êtes vaguement fasciné par la physique quantique, le multivers et la notion d'identité.

Article publié à l'origine en août 2016, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date

dimanche 26 mars 2017

46 choses que j'ai apprises en 46 ans




1. Je ne contrôle pas forcément ce qui m'arrive, mais je choisis ma réaction aux événements. 
2. Il est toujours possible de changer ce qu'on n'aime pas chez soi. Oui, ça réclame des efforts. 
3. Sans un socle de valeurs et d'objectifs communs, l'amour ne suffit pas. 
4. Ca vaut toujours la peine d'investir dans le meilleur matelas et le canapé le plus confortable qu'on puisse s'offrir. 
5. Devenir propriétaire de son logement coûte beaucoup plus cher qu'on ne croit, et n'est pas nécessairement la bonne option pour tout le monde. 
6. "Féministe": pas un gros mot, mais une chose que toutes les femmes devraient être dans leur propre intérêt. 
7. Un bon médecin est un médecin avec qui on se sent en confiance et auquel on peut parler de tout. Si ce n'est pas le cas, il faut en chercher un autre.
8. Le meilleur moyen d'avoir l'air jeune plus longtemps, c'est de se protéger du soleil. 
9. Personne n'a à me dire ce que je peux ou ne peux pas faire de mon corps. 
10. L'humain n'est pas là pour servir l'économie: c'est l'économie qui est là pour servir l'humain. 
11. On ne part pas tous égaux dans la vie, et s'il est toujours possible de réussir, certains auront beaucoup plus de difficultés (et de mérite) à y parvenir. 
12. Ca ne sert à rien de tout miser sur des vacances de rêve si on ne peut pas supporter sa vie le reste de l'année. Ce qui doit être joli, c'est le quotidien. 
13. Inutile d'avoir du talent pour se donner la permission d'être créatif. 
14. La seule personne qui peut me rendre heureuse, c'est moi-même. Je ne dois jamais mettre cette responsabilité-là sur le dos de quelqu'un d'autre. 
15. Je ne suis ni spéciale ni extraordinaire, mais je suis unique et je compte. 
16. Chez les Occidentaux gâtés que nous sommes, rares sont les gens pleinement conscients de leurs privilèges. 
17. Nous sommes tous conditionnés à avoir des réactions sexistes et racistes. Les dépasser réclame un effort conscient. 
18. Acheter des vêtements qui ne peuvent se laver qu'à la main ou pire, doivent forcément passer au pressing, est généralement une mauvaise idée. 
19. Eduquer > punir.
20. La bienveillance est une plus grande qualité que l'intelligence.
21. La méditation, c'est bon pour tout et pour tout le monde. Par contre, il faut parfois un peu chercher la forme qui convient le mieux à chacun. 
22. La joyeuse ivresse du samedi soir ne justifie pas l'horrible gueule de bois du dimanche matin. 
23. Sans confiance, il ne peut pas y avoir de relation (amoureuse, amicale ou professionnelle) réussie. 
24. Il faut utiliser les belles choses au lieu de les économiser pour un hypothétique cas où. 
25. Pouvoir s'offrir quelque chose soi-même est plus satisfaisant que de se le faire offrir. 
26. Même avec les meilleures intentions du monde, on ne peut jamais tout faire "bien". L'important, c'est de faire quelque chose. 
27. On vote au moins autant avec son argent qu'avec le bulletin qu'on glisse dans l'urne. Notre manière de consommer est un choix politique en soi. 
28. Pour bien profiter d'un film en langue étrangère, il faut le voir en VOST. 
29. Il est quasiment impossible de sortir chez Ikea sans au minimum un brol qu'on n'avait pas prévu d'acheter. 
30. La vie est trop courte pour s'affamer dans le seul but de rentrer dans du 36. 
31. Ce n'est pas parce que quelqu'un affirme quelque chose avec conviction que c'est vrai.
32. ...Par contre, en cas de conflit, c'est généralement la personne qui semble la plus sûre d'elle qui l'emporte, même si ce n'est pas elle qui a raison.
33. Pour le meilleur ou pour le pire, les masques qu'on porte finissent par devenir notre vrai visage. 
34. Les expériences (m')apportent plus de satisfaction que les objets. 
35. Moins on mange de plats préparés, mieux on se porte. 
36. La perfection est inaccessible. Viser 80%, c'est suffisant et fabuleux pour la tranquillité de l'esprit. 
37. L'argent ne fait pas le bonheur, mais c'est difficile d'être heureux quand on n'en a pas assez pour les nécessités basiques. 
38. On peut vivre la solitude comme un drame ou comme une liberté. 
39. Toujours envisager le pire, c'est fatigant, mais ça permet aussi de prendre un maximum de précautions pour éviter que le pire ne se produise. 
40. Quand on trouve une fringue ou une paire de chaussures parfaite, ça vaut le coup de l'acheter en deux exemplaires. 
41. On traîne tous des casseroles. Et on n'est pas obligés de les laisser conditionner le reste de notre vie. 
42. Si on est nul en informatique, il vaut vraiment mieux opter pour un Mac. 
43. La lecture et les voyages sont les deux choses qui contribuent le plus à l'ouverture d'esprit. 
44. Un compliment sincère, c'est le meilleur moyen d'embellir gratuitement la journée de quelqu'un. 
45. La vie est toujours plus courte qu'on ne le croit, et elle passe à une allure folle. 
46. Il faut dire aux gens qu'on les aime. 

vendredi 24 mars 2017

"Tu sais ce qu'on raconte..." (Daniel Casanave/Gilles Rochier)


Tu sais ce qu'on raconte... dans les bistrots et les salles d'attente, dans les rues et les maisons, sur les chantiers et à l'intérieur des voitures? Il paraîtrait que le fils Gabory est revenu dans cette petite bourgade apparemment tranquille mais où un drame a eu lieu il y a quelques années. Est-il responsable? Certains pensent que non, d'autres en sont convaincus, et pendant toute la journée, les rumeurs vont bon train jusqu'à ce que quelques esprits vengeurs montent une expédition punitive...

Ce qu'il y a de remarquable dans cette bédé aux magnifiques dessins dans les tons rouges et bruns, c'est que le protagoniste principal n'apparaîtra jamais. Toute l'histoire est racontée à travers des tiers, des gens qui n'ont rien à voir avec l'affaire et ne font que rapporter ce qu'ils ont entendu et la façon dont ils l'interprètent. Ce qui, en plus de constituer un procédé narratif original et très bien utilisé, démontre de façon éclatante l'imbécillité des "on dit" et des réactions basées sur des faits non vérifiés. Les pages défilent presque trop vite, et "Tu sais ce qu'on raconte..." se conclut comme une gifle magistrale. Une très belle découverte.




Mr Oh et moi




Ca fait maintenant 9 ans que Mr Oh et moi, on se voit tous les six mois environ - plus souvent quand je peux. 

Nous n'avons jamais échangé plus de quelques phrases, toujours les mêmes, jamais dans sa langue maternelle ni la mienne. Je crois qu'il est originaire du Sri Lanka, mais je n'en suis pas certaine. J'ignore son âge, ce qui l'a amené à Bruxelles et comment il s'habille en civil. Il ne sait pas ce que je fais comme métier, si j'ai des enfants ou non, de quel côté je penche en politique, comment j'occupe mon temps libre. 

Mais il est l'une des rares personnes au monde qui sait combien j'ai de tatouages, quoi et où. Et peut-être la seule qui connaît le craquement de chacun de mes orteils, la consistance de mon ventre, les musclés noués dans le haut de mon dos, la souplesse ou la raideur de mes articulations, le grain de peau de mon visage, les reliefs de mon crâne sous ma tignasse. 

C'est très particulier, le rapport entre un masseur et sa cliente. 

jeudi 23 mars 2017

10 articles #6




3. ...Etre paresseux aussi! (Allez hop, tous à la sieste.)

4. La solution pour obtenir un partage vraiment égalitaire des tâches domestiques quand on est une femme? Se comporter comme un homme.

5. Et si une vie médiocre me suffisait? (en anglais)

6. La véritable clé de la réussite, c'est la souffrance que vous êtes prêt à endurer (En anglais)

7. Bon à savoir: votre cerveau possède un bouton "Effacer", et voici comment l'utiliser (En anglais)

8. Quelques conseils judicieux pour réussir à lire davantage (En anglais)

9. 45 idées pour prendre soin de son esprit et de son corps (En anglais)

10. 50 petites rébellions du quotidien - et plein de liens vers des articles qui développent certaines de ces idées (En anglais)

"Quoi qu'il arrive" (Laura Barnett)


Version Une: En 1958, Eva et Jim sont tous deux étudiants à Cambridge lorsqu'un jour, cherchant à éviter un chien, la jeune fille qui circulait en vélo roule sur un clou et crève. Le jeune homme qui passait justement par là, un livre de poche à la main, s'approche pour lui proposer son aide. Très vite, ils tombent amoureux et se marient dès l'obtention de leur diplôme.
Version Deux: Le chien s'écarte au dernier moment, et la rencontre n'a pas lieu. Eva et Jim font tous deux leur vie avec quelqu'un d'autre, mais se croisent périodiquement grâce à des amis communs et à chaque fois, éprouvent une connexion inexplicable...
Version Trois: La rencontre a lieu, mais Eva se découvre enceinte de son ex et décide de retourner avec lui - sans pour autant cesser de penser à Jim. 

Parfois, il suffit d'un instant, d'un détail en apparence insignifiant pour changer le cours de notre existence. Dans cette uchronie personnelle, Laura Barnett choisit d'explorer trois des chemins alternatifs que pourraient emprunter ses héros - en partant du principe qu'ils sont faits l'un pour l'autre et que leur amour doit s'accomplir d'une façon ou d'une autre, à un moment ou à un autre. Je ne crois pas à la prédestination ni aux âmes soeurs, mais en tant que prétexte littéraire, ici, cela fonctionne très bien. J'aime aussi le fait que, si la Version Une pourrait d'abord être considérée comme "la bonne", et les autres comme de regrettables erreurs de parcours, il apparaît assez vite que pour Eva et Jim, il n'existe pas de moyen de réussir sur tous les plans. Aucun choix ne leur permet de cocher toutes les cases: heureux en amour et en famille, accomplis sur le plan créatif et professionnel... Dans chaque version, les écueils sont différents, mais il est impossible de les éviter tous. On pourrait trouver cette vision des choses un peu décourageante; personnellement, elle me semble juste réaliste et touchante. 

D'habitude, j'accroche fort à un roman quand je reconnais certains de mes traits de caractère ou de mes préoccupations personnelles chez les héros; ici, ce n'est pas franchement le cas. Ce dans quoi je me suis reconnue - ce dans quoi tout lecteur devrait se reconnaître -, c'est dans l'universalité des situations, la valse perpétuelle des choix décisifs, des satisfactions et des regrets, des triomphes et des erreurs, des anniversaires en famille et des deuils successifs. Laura Barnett évoque nombre de sujets douloureux: ici, la maladie mentale et le suicide, là, l'échec et l'alcoolisme; ici, le sentiment que la vie s'écroule quand un conjoint tombe amoureux de quelqu'un d'autre, là, la difficulté de devenir le soignant de l'être aimé dont l'état se dégrade un peu plus chaque jour. Elle réussit à mettre des mots très justes sur toutes les formes de chagrin, sans jamais tomber dans le misérabilisme ou la dramatisation. Bien que je l'aie terminé en larmes, "Quoi qu'il arrive" (en VO: "The versions of us") n'est pas un roman que l'on referme en voyant la vie en noir; il donne, au contraire, le sentiment libérateur que quoi que l'on fasse, on n'aura jamais tout bon - mais jamais tout mauvais non plus, et qu'au final, aucun chemin ne vaut réellement mieux que les autres: ils sont juste tous différents.

Article publié à l'origine en juin 2015, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date

mercredi 22 mars 2017

"Sorcières associées" (Alex Evans)


Dans la cité millénaire de Jarta, la magie refait surface à tous les coins de rue. Les maisons closes sont tenues par des succubes, les cimetières grouillent de goules. Pour Tanit et Padmé, sorcières associées, le travail ne manque pas. Mais voilà qu'un vampire sollicite leur aide après avoir été envoûté par un inconnu, tandis que d'étranges incidents surviennent dans une usine dont les ouvriers sont des zombies... Tanit et Padmé pensaient mener des enquêtes de routine, mais leurs découvertes vont les entraîner bien au-delà de ce qu'elles imaginaient. En effet, à Jarta, les créatures de l'ombre ne sont pas les plus dangereuses...

Chouette découverte que ce roman d'Alex Evans paru dans la nouvelle collection Bad Wolf d'ActuSF. Les deux protagonistes (dont j'ai parfois eu du mal à distinguer les "voix", même si Tanit est du genre à jurer beaucoup et à employer plus d'argot que Padmé) enquêtent en parallèle sur des affaires aussi variées qu'intrigantes - et qui, on s'en doute, vont se révéler liées entre elles. Si le monde est presque trop touffu, et si on se perd un peu entre les différentes cultures présentées, la cité de Jarta offre un cadre agréablement animé et métissé. Tanit et Padmé ont toutes les deux un lourd passé pour avoir combattu dans les camps opposés d'une guerre récurrente; avant d'ouvrir ensemble un cabinet de sorcellerie, la première était une espionne et la seconde une chirurgienne, des compétences qu'elles continuent à mettre à profit dans leur nouvelle vie et qui donnent un relief agréable à leurs personnages. L'action avance sans temps morts ni à-coups, et pour ma plus grande joie, l'auteure nous épargne le poncif fantasy-esque de la grosse bataille finale. Malgré quelques tentatives de drague, elle n'encombre pas non plus ses héroïnes hautes en couleur avec une bête histoire d'amour, et j'ai beaucoup apprécié sa critique sous-jacente du capitalisme effréné. Bref, j'espère bien retrouver Tanit et Padmé dans d'autres aventures!

[LISBONNE] 5 bonnes adresses pour manger et boire, plus un point budget


A CULTURA DO HAMBURGUER




C'est par commodité que nous avons fait notre premier repas du séjour dans ce burger joint: il était situé à côté de la station de métro Baixa-Chiado, la plus proche de notre appartement Air BnB, et ouvert le dimanche. Nous ne l'avons pas regretté. Déco charmante, personnel dynamique et souriant, carte variée et originale, burgers fabuleux et addition ridicule: moins de 20€ pour deux sandwichs-frites et deux limonades maison. Par contre, comme beaucoup de petits commerces à Lisbonne, ils n'acceptent pas les cartes de paiement étrangères. 

A cultura do hamburguer
Rua das Salgadeiras 38
Métro Baixa-Chiado (sortie Bairro Alto)
Ouvert tous les jours de midi à minuit


A TABERNA DA RUA DAS FLORES









Cuisine portugaise traditionnelle, confectionnée avec les meilleurs produits frais disponibles sur le marché ce jour-là. Ambiance bonne enfant. La patronne et ses employées parlent bien anglais et expliquent volontiers chacun des plats de la carte. Nous avons mangé une délicieuse soupe de champignons en entrée, puis des espèces de frittatas d'espadon accompagnées d'une julienne de légumes pour Chouchou et une sorte de soupe de pain aux asperges sauvages pour moi. En dessert: gâteau au chocolat pour lui, petits fromages de brebis aux amandes, tellement fondants qu'ils se mangeaient à la petite cuillère et sans pain, pour moi. Plus une eau gazeuse et un verre de très bon vin blanc local. Montant de l'addition: 37€ (là encore, à régler en cash car ils ne prennent pas les cartes de paiement étrangères). C'était un super repas, et on vous conseille vivement cette adresse - où Gérard Depardieu était passé quelques jours avant nous, à en croire le compte Instagram de la patronne! Rançon du succès: lorsque nous sommes repartis vers 13h30, il y avait la queue sur le trottoir... Pour le déjeuner, mieux vaut venir dès l'ouverture. 

A taberna da rua das flores
Rua das flores 103
Métro Baixa-Chiado
Ouvert du lundi au vendredi, de midi à 23h30
et le samedi de 18h à 23h30


CONFEITERIA NACIONAL







Comme tous les touristes à Lisbonne, nous sommes passés acheter des pastéis de nata à la pâtisserie historique de Bélem - mais la salle n'était guère avenante, et nous avons demandé des gâteaux à emporter. J'ai de loin préféré le goûter pris le surlendemain à la Confeiteria Nacional, au retour d'une expédition décevante à Cascais. La salle du haut était pleine, mais nous avons eu la chance qu'à notre arrivée, une table se libère pile devant une des fenêtres donnant sur la Praça da Figueira. Nous avons été servis rapidement: un chocolat chaud pour moi, un thé vert pour Chouchou, deux pastéis de nata chacun, et nous avons savouré le tout en prenant notre temps, sans jamais avoir l'impression que le personnel attendait notre départ. Montant de l'addition: 10,25€ - et en plus, on a pu payer avec une Visa!

Praça da Figueira 18B
1100-241 Lisbonne
Ouvert tous les jours de 8h à 20h
sauf le dimanche: de 9h à 20h


MEMMO ALFAMA HOTEL






Si les bars à cocktails sont très nombreux à Lisbonne, beaucoup d'entre eux ouvrent assez tard pour Mamie Armalite, diffusent le genre de musique qui fait saigner ses oreilles ou sont dépourvus de la terrasse à laquelle aspirait son petit coeur assoiffé de lumière naturelle et de beaux panoramas. (Mamie Armalite va maintenant cesser de parler d'elle à la troisième personne et recommencer à s'exprimer normalement.) En cherchant bien, nous avons tout de même réussi à dénicher un endroit délicieux: le bar sur le toit de l'Hôtel Memmo, non loin de la Praça do Comércio, à deux pas d'un des arrêts du mythique tram 28. Petites terrasses en cascade, mini-piscine, calme absolu et vue imprenable sur le quartier de l'Alfama. Certes, la carte des cocktails se limitait à une poignée de classiques et à un Rose Punch sans alcool que la serveuse a automatiquement posé devant moi alors que non, il était pour Chouchou. Et certes, 9,50€ pour un Bellini à base de prosecco, c'est un poil chérot pour Lisbonne. Mais nous avons passé un moment merveilleux à regarder la nuit tomber en grignotant des chips de patate douce trempées dans une sauce au yaourt. Et ici aussi, nous avons pu payer avec une carte étrangère. 

Traversa Merceeiras, 27
1100-348 Lisbonne


PARK





Pour notre dernier soir, nous avions décidé d'aller boire un verre dans un endroit hors du commun: un bar situé au 6ème et dernier étage d'un parking du Bairro Alto. Arrivés vers 17h, nous avons trouvé la terrasse végétalisée déjà grouillante de jeunes qui auraient pu être nos enfants et qui clopaient comme s'ils avaient décidé de mourir longtemps avant nous. En plus, il y avait un DJ qui diffusait... je ne sais pas trop, du rap? Un truc tympanocrevant. Et toutes les bonnes places face au panorama étaient déjà prises, évidemment. Dommage, parce que la carte des cocktails était bien fournie, pleine de choses alléchantes à des prix hyper raisonnables: 7€ pour mon Sunset Park à base de vodka, 6€ pour le Virgin Mojito aux vraies fraises de Chouchou. Sans la fumée de cigarette, j'aurais volontiers traîné dans ce chouette endroit jusqu'au coucher du soleil, mais d'autres seront peut-être moins chochottes. 

Calçada do Combro, 58
1200-115 Lisbonne
Ouvert du lundi au vendredi de 13h à 23h30
et le samedi de 12h30 à 2h


BUDGET

2 billets A/R Bruxelles-Lisbonne en Check & Go (bagage cabine seulement) 
sur Brussels Airlines, réservés fin novembre pour un départ mi-mars: 152€
5 nuits dans un T2 du Bairro Alto, réservé sur Air BnB: 324€
2 guides de voyage (Un grand week-end à... + Cartoville): 18€
1 escape game chez Escape Hunt, réservé 15 jours avant le départ: 50€
Dépenses sur place (nourriture, boissons, transports, visites - mais pas shopping perso): 432€
- soit 43,20€ par personne et par jour

Total: 976€

mardi 21 mars 2017

"Nous autres simples mortels" (Patrick Ness)


Tout le monde ne peut pas être l'Elu(e). 
Au fil des générations, les indie kids au prénom et à la destinée hors du commun ont repoussé une vague de zombies, une autre de fantômes mangeurs d'âmes, et ont mis fin à une épidémie de romance vampirique. Cette fois, ils luttent contre la Cour des Immortels qui à coups de faisceaux de lumière bleue explosive tente de prendre possession de la Terre. 
Mais ceci n'est pas leur histoire. 
"Nous autres simples mortels" (en VO: "The rest of us just live here") est l'histoire de la majorité généralement invisible dans les histoires fantastiques, celle des jeunes gens ordinaires qui assistent à ces combats épiques en simples spectateurs tout en essayant de survivre aux maux habituels de l'adolescence. 
Il y a Mikey, le narrateur, bouffé par des troubles obsessionnels compulsifs. Il y a sa soeur Mel, toujours à la limite de retomber dans l'anorexie qui l'a déjà tuée une fois. Il y a leurs amis Jared, joueur de foot américain bien en peine de vivre son homosexualité dans leur petite ville de province, et Henna, fille de missionnaires très stricts qui veulent l'entraîner dans la Centrafrique en guerre pendant les grandes vacances. Tous disent n'aspirer qu'à survivre à leur remise de diplômes et pouvoir enfin partir à la fac, mais Mikey voit venir avec angoisse le moment où leur petite bande se dispersera. 
Et pendant qu'ils gèrent leurs problèmes scolaires, familiaux et amoureux, l'en-tête de chaque chapitre raconte en quelques phrases lapidaires les retournements de situation abracadabrants de la bataille entre les indie kids et la Cour des Immortels, de sorte que les héros habituels des romans fantastiques sont réduits au rôle d'ombres chinoises s'agitant à l'arrière-plan.
Dans un univers qui rappelle fortement le Buffyverse, Patrick Ness se moque gentiment des codes du genre en soulignant leur absurdité (les adultes qui ne voient jamais rien, sont frappés d'amnésie sélective ou imputent les explosions bizarres à une énième "fuite de gaz"). Par contraste, sa peinture des troubles de l'adolescence est hyper-réaliste, voire poignante par moments. La juxtaposition des deux produit un roman original et rafraîchissant, qui mérite d'être découvert.

Article publié à l'origine en juillet 2016, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date

[LISBONNE] Où je rencontre Albert le poulpe à l'Oceanario




Les attractions avec des animaux, c'est un peu comme la consommation de viande et de poisson. Sur le principe, je suis contre; dans la pratique, je craque une fois de temps en temps. Il se trouve que Lisbonne peut se vanter d'abriter le plus grand aquarium public d'Europe, conçu pour l'Exposition Universelle de 1998 qui avait comme thème: "L'océan, avenir de l'humanité". Or, je nourris une passion gigantesque - bien que platonique, je vous rassure - pour les poulpes et les méduses. Mercredi dernier, je ne me suis donc guère fait prier pour me traîner en métro jusqu'au Parc des Nations et m'acquitter des 15€ du prix d'entrée (ce qui est franchement cher pour Lisbonne)...



















Inutile de préciser que j'ai passé un très long moment à tenter de prendre des photos potables des deux espèces de méduses présentes sur les lieux, et un moment plus long encore à admirer les déplacements d'Albert le poulpe géant (non, ce n'est probablement pas son nom de baptême, mais je trouvais qu'il avait une tête à s'appeler Albert). Le ridicule n'ayant jamais tué personne, j'ai même essayé de reproduire le déplacement des raies. Chouchou, de son côté, s'est sagement contenté de mitrailler son Patronus: la loutre de mer. 

En tout, nous avons dû passer plus de deux heures sur place, incluant un déjeuner étonnamment bon pour moins de 10€ par personne dans une cafétéria super stylée. En sortant, nous avons pris le téléphérique qui longe tout le Parc des Nations pour offrir une vue d'ensemble sur celui-ci et sur la baie voisine traversée par l'impressionnant Pont Vasco de Gama (le plus long d'Europe avec ses 17 km et des poussières). Malgré le facteur culpabilité toujours présent, ce fut une excellente visite. 

Doco dos Olivais
Parque das Nações
1990-005 Lisbonne
Ouvert tous les jours de 10h à 19h en hiver, 
et de 10h à 20h en été
Métro Oriente (ligne rouge)

lundi 20 mars 2017

"Alex Woods face à l'univers" (Gavin Extence)


A l'âge de 11 ans, Alex est touché par la chute d'un météore et survit à peu près indemne - à ceci près qu'il devient épileptique, et une curiosité pour tous les scientifiques du monde. Tandis qu'il s'efforce d'apprendre à contrôler sa maladie, il fait la connaissance d'Isaac Petersen. Ce vieux monsieur qui a combattu au Vietnam est revenu blessé à la jambe et fervent pacifiste, mais aussi quelque peu misanthrope. Pourtant, une amitié très forte se développe entre lui et l'adolescent dépourvu de père autant que de copains de son âge. M. Petersen fait découvrir Kurt Vonnegut  et la musique classique à Alex; il lui enseigne quelques vérités essentielles et lui apprend à conduire. Aussi, quand il apparaît que son vieil ami est atteint d'une maladie incurable, Alex décide de l'accompagner jusqu'au bout de son voyage...

D'accord, le suicide assisté, ce n'est pas ce qui se fait de plus gai comme thème de roman (du moins le vieux monsieur ne se meurt-il pas d'un cancer, OUF!). Mais en vérité, ce n'est que le prétexte à raconter une amitié hors-normes et l'initiation à la vie du jeune narrateur. Mélange de grande précocité et d'attendrissante candeur, Alex m'a beaucoup fait penser au prodigieux T. S. Spivet. Et j'ai ri de ses mésaventures au moins aussi souvent que j'ai eu la gorge nouée. Les romans intelligents, drôles et émouvants à la fois ne courent pas les rues. Si vous n'êtes pas rebuté par le sujet, je vous conseille vraiment de vous pencher sur  "Alex Woods face à l'univers" (en VO: "Universe Versus Alex Woods").

Article publié à l'origine en juin 2013, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date