dimanche 31 décembre 2017

C'était la semaine où... (#52)




...on a fêté Noël le 25 au soir chez la soeur de Chouchou. L'aînée de ses nièces, qui était mon Secret Santa, a eu l'excellente idée de m'offrir ce guide de city trips européens. On a bu du champagne belge (oui, ça existe!) et mangé ma première choucroute à la purée, et c'était très sympa.

...deux jours plus tard, on a remis ça chez Sunalee avec les Gron-Chevalier et M&M. Cocktails préparés à la demande par notre hôtesse, rillettes tueuses de végétarisme confectionnées par la mère de Gasparde, pizzas à la taille achetées en catastrophe chez Mamma Roma (Eccome no étant fermé contrairement à ce qu'ils m'avaient assuré le samedi précédent), salades variées, Christstollen von Carrefour, discussion qui a fait un détour inattendu par le Hitachi Magic Wand et échange de cadeaux à manger pour prolonger les réjouissances. Une soirée fort réussie de l'avis général. 

samedi 30 décembre 2017

Lectures de Décembre 2017




ROMANS
- Cette lumière que je vois (Sofie Laguna) ♥︎♥︎♥︎
- Christmas at the Little Beach Street Bakery (Jenny Colgan) ♥︎♥︎♥︎
- The dying game (Asa Avdic) ♥︎♥︎♥︎
- A semi-definitive list of worst nightmares (Krystal Sutherland) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- La femme d'argile et l'homme de feu (Helene Wecker) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Turtles all the way down (John Green) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Together (Julie Cohen) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- English animals (Laura Kaye)

BEDE/MANGA
- Chroniques d'une citoyenne engagée (Muriel Douru) ♥︎♥︎
- Les carnets de Cerise T5: Des premières neiges aux Perséides (Joris Chamblain/Aurélie Neyret) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- March comes in like a lion T7 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Flying witch T1 (Chihiro Ishizuka) ♥︎♥︎

mardi 26 décembre 2017

2017 dans le rétro




Janvier et février: Long tunnel de boulot dont la monotonie n'est rompue que par l'effroi de voir Donald Trump prendre ses fonctions et aussitôt tenter d'imposer des mesures iniques telles que le Muslim Ban. Le clavier de mon MacBook, que je viens juste de faire remplacer à grands frais, recommence aussitôt à déconner - d'abord la touche N, puis le 9. 

lundi 25 décembre 2017

Les conversations absurdes #22


MOI: Tu as vu? Je fais l'andouille sur Instagram! Je suis une andouille de Noël. 
CHOUCHOU, pragmatique: A circonférence égale, c'est toujours mieux que d'être un boudin de Noël.

dimanche 24 décembre 2017

C'était la semaine où... (#51)




...pour notre dernier escape game de l'année, à Cologne, j'ai voulu réserver une salle à thème "bibliothèque de Harry Potter": c'était 4 joueurs minimum. La salle "cirque steampunk"? 3 joueurs minimum. J'ai fini par trouver une salle faisable à 2 avec un thème pas déjà vu et revu, mais moins excitant que les autres. J'espère que ce sera bien quand même! 

...Sofia Helin a repris un Instagram de Chouchou sans le créditer. Je me doute que c'est par ignorance des usages plutôt qu'autre chose, mais zut.

samedi 23 décembre 2017

"Tortues à l'infini" (John Green)


C'est sûrement très snob de ma part, mais malgré mon amour pour la littérature jeunesse, je n'avais encore jamais rien lu de John Green, l'un des auteurs du genre qui a vendu le plus de livres ces dix dernières années. La faute au film tiré de "Nos étoiles contraires", dont on a tellement parlé que même sans l'avoir vu, j'en connais l'intrigue qui m'avait donné une impression d'insupportable sentimentalisme. Mais son nouveau roman, "Tortues à l'infini", qui met en scène une héroïne atteinte d'anxiété chronique, a réussi à éveiller ma curiosité.

Aza Holmes, seize ans, a perdu son père quand elle était enfant. Elle vit seule avec sa mère prof de maths et chérit comme des trésors la vieille Toyota Corolla de son père, baptisée Harold, ainsi que son téléphone sur lequel elle aime à revoir les photos prises avant sa mort. Aza souffre de troubles anxieux aigus, essentiellement focalisés sur les microbes et les germes. La moitié du temps, elle est absente au monde extérieur, entraînée par la spirale de ses pensées qui la persuadent que, puisque ses bactéries la contrôlent, elle n'est pas plus réelle qu'un personnage de roman. Malgré ça, elle entretient une relation très forte avec sa meilleure amie Daisy, feu follet passionné de Star Wars qui écrit des fan-fictions en ligne. Un jour, un magnat de l'industrie sur le point de se faire arrêter pour escroquerie disparaît dans leur ville. Aza se souvient qu'elle fréquentait autrefois un camp d'été avec son fils Davis, et Daisy, issue d'une famille pauvre, la convainc de renouer avec ce dernier pour tenter d'obtenir des renseignements qui leur permettront de toucher la récompense de cent mille dollars promise à quiconque permettra de retrouver le fuyard...

Si dans "A semi definitive list of worst nightmares", que j'ai lu peu de temps auparavant, le sujet de l'anxiété maladive était traité sur le mode du réalisme magique qui permettait d'en contrebalancer un peu la noirceur, ici, John Green opte pour une approche tellement réaliste-pas-magique-du-tout que, même si je n'en souffre plus moi-même, j'ai éprouvé un fort sentiment de claustrophobie tout au long de ma lecture. Parce que "Tortues à l'infini" est écrit du point de vue d'Aza, on se retrouve directement dans sa tête, pris entre la voix de sa raison qui tente de l'apaiser et la voix de son anxiété qui la pousse à avoir des comportements de plus en plus obsessionnels, de plus en plus extrêmes, de plus en plus déconnectés de la réalité. Les moments où elle finit par boire du gel anti-bactérien parce qu'il lui semble qu'elle est en train de pourrir de l'intérieur sont atrocement bien rendus, tout comme le rétrécissement progressif de la spirale de ses pensées, la sensation d'enfermement dans son propre esprit malade, l'impossibilité de toute fuite. Très réalistes aussi l'impuissance de l'entourage, la mère qui a déjà perdu son mari et ne sait pas quoi faire pour ne pas perdre aussi sa fille, la meilleure amie qui adore Aza mais doit supporter le fait que son angoisse l'empêche de s'intéresser vraiment à quoi que ce soit d'autre qu'elle-même, le désarroi de Davis qui, tombant amoureux d'Aza, doit accepter qu'il ne pourra jamais vraiment sortir avec elle parce que malgré toute sa patience et toutes ses attentions, l'état de la jeune fille ne va pas s'améliorer.

En vérité, c'est un roman dans lequel il ne se passe pas grand-chose: un embryon d'histoire d'amour touchante bien qu'avortée (ou plutôt, touchante parce qu'avortée), une histoire d'amitié assez jolie, la vague recherche d'un homme et d'un père défaillant sur tous les plans. Le véritable sujet de "Tortues à l'infini", c'est l'angoisse elle-même, si atroce pour celui ou celle qui la vit, si incompréhensible pour ceux qui ont la chance de ne pas en souffrir. Plus qu'un ouvrage de fiction, c'est presque un cas d'étude, qui se termine sans même offrir une note d'espoir - à peine un message de résilience. Du coup, je me demande à qui il peut bien plaire. Les personnes concernées risquent d'y voir un déclencheur; les personnes non concernées trouveront sans doute ça barbant. Mais moi, j'avoue: je l'ai beaucoup aimé. 

vendredi 22 décembre 2017

[BRUXELLES] Avant-première de "Bron/broen" saison 4 au Bozar




Du 14 au 19 décembre, le Bozar accueillait "Are you series", un festival international dédié aux séries télé. Grands fans de "Bron/broen" (sans conteste ma série préférée des dix dernières années), nous ne pouvions pas manquer cette occasion de voir en avant-première les deux premiers épisodes de la saison 4 qui sera diffusée à partir du 1er janvier, mais aussi de rencontrer les deux acteurs principaux Sofia Helin et Thure Lindhart. Nous nous sommes donc inscrits sur le site pour la projection gratuite de dimanche dernier. A partir de 19h, le Bozar offrait un apéro aux participants à l'événement - enfin, le bar était payant, mais on n'allait pas chipoter. Après avoir déposé nos manteaux au vestiaire, mangé deux bouts de quiche, bu un verre de vin blanc et fait des Photomaton dans la cabine publicitaire, nous sommes allés nous installer dans la salle une demi-heure avant le début pour être sûr d'avoir de bonnes places - j'aime bien être près de l'écran au cinéma, genre au 5ème rang, et là, en plus, c'était nécessaire pour avoir de bonnes photos de l'interview d'avant la projection. 

jeudi 21 décembre 2017

Le plaid islandais




Trois ans et demi que je n'avais pas touché un crochet. Non que je me sois lassée, mais au bout d'un moment, on ne sait plus trop quoi faire de sa propre production. Et puis, la belle laine revient cher. Et je ne suis pas assez sociable pour me joindre au très actif et très sympathique collectif de yarn bombing qui sévit à Bruxelles. Mais cette année, l'hiver approchant, j'ai eu très envie de me faire un mini-plaid, une petite couverture très douillette à poser sur mes jambes pendant que je lis.

mercredi 20 décembre 2017

"A semi definitive list of worst nightmares" (Krystal Sutherland)


Esther Solar n'est pas une fille comme les autres. Ce n'est pas seulement à cause de sa façon de s'habiller (toujours avec un déguisement: aujourd'hui, le Petit Chaperon Rouge), ou même de sa famille dont chaque membre souffre d'une obsession unique et maladive. Quand elle se fait détrousser par Jonah Smallwood, un ancien camarade de classe, celui-ci lui prend son téléphone et la liste de ses pires cauchemars. Il lui rend le premier, dans lequel il a tout effacé hormis son propre numéro. Et la seconde lui inspire un défi: affronter les peurs d'Esther ensemble, une par une, chaque dimanche durant l'année à venir...

C'est toujours difficile de parler d'un livre qu'on a adoré et qu'on voudrait forcer tout le monde à lire. Pourtant, au premier abord, "A semi-definitive list of worst nightmares" n'a rien d'un inoffensif roman jeunesse. Les Solar souffrent d'une malédiction qui les condamne à avoir une grande peur dans la vie, et à mourir de l'objet de cette grande peur. Esther n'a pas encore trouvé la sienne, mais elle souffre déjà d'une anxiété généralisée galopante. Eugene, son frère jumeau, voit des démons et des monstres dans le noir, raison pour laquelle toutes les lumières sont allumées en permanence chez eux. Dépressif, il s'automutile et nourrit des pensées suicidaires. Peter, le père, est tellement agoraphobe qu'il n'est pas sorti de la cave depuis six ans, y compris quand une série de petits AVC a commencé à le pétrifier. Rosemary, la mère, est paralysée par ses superstitions et accro aux jeux d'argent, de sorte que parfois, les meubles partent au mont-de-piété et qu'il n'y a plus rien à manger dans la maison. Autour d'eux, Jonah est battu par son père et Hephzibah, la meilleure amie d'Esther, refuse de parler pour une raison inconnue.

Rien de bien riant en somme, d'autant que les maladies mentales des Solar sont dépeintes d'une façon criante de vérité. Et pourtant... Ce roman est aussi plein de fantaisie, d'humour, de bienveillance et même d'espoir. Dans ma tête, j'entendais ce que je lisais récité par la voix du narrateur de "Pushing daisies", série télé trop courte à laquelle je trouvais le même genre d'atmosphère. Le style vif et ironique de Krystal Sutherland est un pur régal. J'ai été enchantée par sa façon d'inclure des tas de petites listes dans sa narration, agréablement intriguée par l'histoire de Reginald Solar, le grand-père inspecteur de police qui entretient une drôle de relation avec la Mort, et touchée en plein coeur par certaines des choses que dit l'auteure sur l'amour et la vulnérabilité. La fin, qui arrive beaucoup trop vite et a réussi à me surprendre, est un bijou de douceur amère ou d'amertume douce. J'espère que "A semi definitive list of worst nightmares" sera rapidement disponible en français pour que je puisse l'offrir et le recommander à l'infini.

mardi 19 décembre 2017

Les conversations absurdes #21


CHOUCHOU: D'ailleurs, la bataille de Waterloo a en réalité eu lieu à Braine-l'Alleud. Mais les Anglais n'arrivaient pas à prononcer ce nom-là.
MOI (chantant sur un air d'Abba): Et puis "Braine-l'alleud, I was defeated you won the war", ça sonnait moins bien.

lundi 18 décembre 2017

"Dark", la série fantastique qui retourne les méninges


Dans une petite ville d'Allemagne de l'Ouest perdue au coeur d'une épaisse forêt, plusieurs disparitions d'enfants exacerbent les tensions qui existent depuis toujours entre quatre familles locales. Très vite, il apparaît que le problème se répète tous les 33 ans, et qu'il est probablement lié à la centrale nucléaire voisine sous laquelle passe un dédale de souterrains...

J'ai lu plusieurs articles qui comparaient "Dark" à "Stranger things", alors que franchement, le seul point commun entre les deux séries, c'est qu'une partie de "Dark" se déroule dans les années 80 avec son cortège de tubes sautillants et d'objets emblématiques tels que le Rubik's Cube ou les Raiders. Et, oui, "Dark" aussi est une série fantastique - dans les deux sens du terme. Mais ici, l'élément surnaturel n'est pas une fin en soi: c'est juste un ressort narratif qui permet de mettre en scène un étourdissant ballet psychologique et d'illustrer le principe déterministe selon lequel l'Homme est incapable d'échapper à sa propre nature.

dimanche 17 décembre 2017

C'était la semaine où... (#50)




...je suis allée au Serendip Spa pour mon dernier massage de l'année, pas avec M. Oh cette fois mais avec une jeune femme qui, bien que tout à fait compétente, tenait absolument à me parler. Or, même si je n'ai pas eu le coeur de la rabrouer, je ne me détends bien que dans le silence. La prochaine fois, ce sera M. Oh ou rien. 

...comme je passais au Nong Cha me ravitailler en You Zi Hua Cha, j'ai eu une longue et intéressante conversation avec la propriétaire sur les pu'erh vieux, l'impossibilité de dater du thé chinois au-delà de 30 ou 40 ans et la très maigre probabilité qu'il en existe réellement qui ait un siècle. 

vendredi 15 décembre 2017

Le quizz des autres possibles




Le prénom que vous auriez voulu porter: Zoé. Ce n'est pas mon prénom préféré (cette palme-là revient à Gabrielle et Héloïse ex-aequo), mais je trouve que j'ai une tête et un caractère de Zoé, ne me demandez pas pourquoi. 

L'époque à laquelle vous auriez aimé naître: Juste après la Seconde Guerre Mondiale, comme mes parents. Le temps de devenir adulte, j'aurais bénéficié de droits corrects, de la pilule contraceptive, d'un confort domestique décent, du plein emploi et du tourisme de masse, sans savoir à me soucier du réchauffement climatique et autres limites de la croissance. 

mercredi 13 décembre 2017

"Je ne suis pas d'ici" (Yunbo) et "Je suis encore là-bas" (Samir Dahmani)


Aujourd'hui, je vous présente un duo de romans graphiques de deux auteurs différents, parus chez deux éditeurs différents et pourtant intimement liés. 

Dans "Je ne suis pas d'ici", Yunbo raconte, au travers du personnage d'Eun-mee, son expérience de jeune Coréenne venue en France pour étudier le graphisme - le décalage culturel, l'apprentissage de la langue, les difficultés d'adaptation sociale. Si je trouve son dessin en noir et blanc extrêmement beau, j'avoue que son expérience m'a laissé une forte impression de déjà-lu: depuis quelques années, les mémoires d'Asiatiques débarqués à Paris foisonnent dans les librairies, et ayant tendance à me jeter dessus, je commence à avoir un peu fait le tour du sujet. Néanmoins, contrairement à beaucoup d'autres auteurs, Yunbo ne se contente pas de pointer que nos toilettes sont horribles ou nos services postaux en-dessous de tout. Au lieu de l'angle humoristique souvent adopté sur ce thème, elle opte pour une approche intime qui la pousse à se représenter avec une tête de chien afin de mieux illustrer son profond sentiment d'être une étrangère parmi son entourage.

J'ai tout de même été beaucoup plus intéressée par "Je suis encore là-bas", pendant de "Je ne suis pas d'ici" dans lequel Samir Dahmani - le compagnon que Yunbo a rencontré en France et qui l'a ensuite suivie en Corée - explore le thème du retour d'une expatriée dans son pays natal, la nostalgie du pays d'accueil, l'impression de n'avoir jamais été "de là-bas" et, maintenant, de ne plus être "d'ici". Son héroïne, qui a pris goût à une certaine liberté loin de sa famille, ne parvient pas à redevenir une fille obéissante dont la priorité serait de se marier avant d'être considérée comme trop vieille. Son écartèlement entre ses deux cultures est encore exacerbé par l'arrivée à Séoul d'un artiste français auquel elle va servir d'interprète pendant un mois.

Si ces deux romans graphiques peuvent tout à fait être lus séparément, et s'ils possèdent chacun son propre style graphique et ses propres mérites, ils représentent les deux faces opposées du déracinement et, pour cette raison, il me semble plus intéressant de les lire ensemble.

Merci aux éditions Warum et Steinkis pour cette lecture croisée.

[MONS] David LaChapelle: After the Deluge aux Beaux-Arts




De David LaChapelle, je ne connaissais que ses photos les plus célèbres, celles où il mettait des célébrités en scène dans des images ultra-colorées et provocatrices. Mais ça, c'était avant qu'il ne visite la chapelle Sixtine, en 2006, et que son travail ne prenne un tournant radical pour s'orienter davantage vers le mysticisme et la nature. 

mardi 12 décembre 2017

"Noël à la petite boulangerie" (Jenny Colgan)


Après "La petite boulangerie du bout du monde" et "Une saison à la petite boulangerie", Jenny Colgan conclut les aventures de Polly Waterford, son fiancé apiculteur Huckle, leur macareux domestique Neil et leur couple d'amis honteusement riches Reuben et Kerensa. Comme toujours, il y aura du pain et des pâtisseries, beaucoup de pain et de pâtisseries répandant leur bonne odeur à travers toutes les pages; une île de Cornouailles à laquelle on ne peut accéder la moitié du temps, un phare impossible à chauffer et des conditions météos pas toujours miséricordieuses, surtout en plein hiver. Il y aura des éclats de rire nerveux provoqués par le comportement outrancier de la famille Finkel. Il y aura des querelles amicales et amoureuses qui se termineront forcément bien, et aucune allusion à une actualité plombante parce qu'on est dans un roman feel-good. Mais il y aura aussi quelques passages un peu plus profonds ou émouvants, une réflexion sur les erreurs que l'on commet et la difficulté de faire la paix avec le passé. Sans être de la grande littérature, les bouquins de Jenny Colgan font généralement très bien leur boulot, et ce "Noël à la petite boulangerie" (que j'ai lu en anglais) est idéal pour savourer sous un plaid par une froide soirée de décembre, avec un chocolat chaud à portée de main.

En 2017, la vie aura-t-elle eu plus d'imagination que moi?



Du temps où je tenais un journal papier, j'avais l'habitude, chaque fois que je commençais un nouveau carnet, de l'ouvrir vers le dernier quart et d'y noter mes grandes interrogations du moment en me demandant où j'en serais une fois arrivée à cette page, des mois plus tard. Puis je n'y pensais plus, et chaque fois que j'arrivais à la page en question, je m'émerveillais du chemin parcouru depuis le début de mon carnet, des préoccupations dont je me faisais une montagne et qui s'étaient envolées entre-temps, des choses qui me semblaient sans importance sur le coup et qui avaient pris une place énorme dans ma vie. L'évolution était presque toujours inattendue, parce qu'apparemment, la vie a beaucoup plus d'imagination que moi. 

dimanche 10 décembre 2017

C'était la semaine où... (#49)




...j'ai craqué et acheté mon premier guide sur Hong-Kong et Macao pour préparer les vacances de l'automne prochain. Depuis le temps que j'en rêve, je vais le mitonner aux petits oignons, ce voyage!

...la secrétaire de ma dentiste m'a appelée pour me dire de venir à 11h30 plutôt qu'à 11h45 au nouveau cabinet, mais je suis passée à 11h50. La machine à carte ne fonctionnait pas encore et je n'avais pas mon chéquier; j'ai dû payer en liquide. La feuille de soins ne pouvait ni être télétransmise directement à la CPAM, ni même émise tout de suite pour que je l'emporte. Et une fois à l'autre bout de la ville, je me suis aperçue qu'elle avait oublié de me rendre ma carte Vitale. Je n'ai même pas râlé: je suis prête à accepter bien pire que ça pour un détartrage sans douleur. 

jeudi 7 décembre 2017

Nouveaut(h)é: Chocolat-oranges confites de Maison Bourgeon




Cette année, j'ai été particulièrement sage dans mes achats de thé, me contentant de renouveler mon stock de Yu Zi Hua Cha et de deux ou trois autres variétés que je bois régulièrement. Pour le reste, j'ai tapé dans mes monstrueuses réserves - qui ont bien baissé mais restent encore trop importantes à mon goût. Et puis, en fin d'année, j'ai un peu craqué. 4 sachets de 50g chez Lupicia en octobre; un calendrier de l'Avent Theodor en novembre, et la semaine dernière, deux nouvelles variétés de la Maison Bourgeon. Mais c'est un fournisseur "de chez moi" (enfin, plus exactement, basé à Salon-de-Provence), et la vendeuse était tellement enthousiaste que je me suis laissée tenter. Je n'ai pas encore goûté l'infusion à droite sur la photo; en revanche, j'ai déjà bien pioché dans le paquet de thé noir chocolat-oranges confites que je m'en vais vous présenter.

mercredi 6 décembre 2017

"Les carnets de Cerise T5: Des premières neiges aux Perséides" (Joris Chamblain/Aurélie Neyret)


Pour ce dernier tome de ses aventures, le personnage mystérieux du carnet de Cerise, celui dont elle va s'efforcer de percer le secret, c'est... elle-même. Agée de maintenant 12 ans, la fillette se rend compte qu'elle a presque oublié son papa, mort quand elle était toute petite. Avec l'aide de sa maman, elle va tenter de reconstituer ses souvenirs de l'époque, de comprendre les sentiments qui perdurent dans son coeur depuis lors et la façon dont ils affectent son comportement. Et lorsqu'elle aura enfin fait la paix avec ce passé, sa maman lui offrira un avenir que Cerise n'imaginait même pas...

Depuis le début des "Carnets de Cerise", on sentait à quel point l'absence de son père pesait sur leur petite héroïne et troublait ses relations avec sa maman. Le problème construit petit à petit au fil des tomes précédents trouve ici une résolution à la hauteur de l'ensemble de la série, merveilleusement humaine et émouvante. Les auteurs racontent comment Cerise a rencontré les gens qui comptent le plus pour elle - ses amies Line et Erica, la romancière Annabelle Desjardins - et de quelle manière leurs vies en sont venues à s'emmêler. Ils offrent à la pré-adolescente un ultime retour sur les lieux importants de sa jeune existence avant de lui proposer un nouveau départ des plus excitants. La boucle bouclée, la série s'achève sur un vrai feu d'artifice... ou plutôt, une magnifique pluie de météores. Et ce cinquième et dernier tome confirme ce qu'on pressentait depuis le début: débordants d'imagination, d'aventure, d'amitié et de bienveillance, "Les carnets de Cerise" sont une oeuvre jeunesse absolument incontournable.

Envies de décembre




aller bruncher au Comptoir Rodin
préparer des potatoes avec cette recette
tester ce velouté de chou Romanesco
acheter ce set de raclette à la bougie
regarder la série de Zabou Breitman, "Paris etc"
prendre des places pour les prochains concerts des Brigitte et d'Etienne Daho
me procurer le grimoire de Willow Rosenberg
essayer le nouveau jeu de piste d'Escape Prod
réserver un escape game sympa à Cologne
me remettre au crochet pour réaliser ce "plaid islandais"
apprendre à faire des stories sur Instagram
remplacer mes produits ménagers par du vinaigre blanc
me trouver un MOOC (ou deux) à suivre pendant l'hiver

lundi 4 décembre 2017

2017, année faussement immobile




La fin de l'année approchant, et mes tendances naturelles étant ce qu'elles sont, j'ai commencé à dresser un bilan de 2017. Et au premier abord, il n'était pas très excitant. Je me suis dit que ça avait été une année où rien n'avait bougé dans ma vie. Je fais le même métier depuis 23 ans; je vis dans les mêmes apparts depuis respectivement 15 et 9 ans; je suis avec le même mec depuis 11 ans. Entre le 1er janvier et le 31 décembre, tout ce que j'aurai réussi à faire, c'est gagner quelques kilos surnuméraires, perdre quelques centimètres de cheveux et m'éloigner encore davantage de ma famille. Tu parles d'un accomplissement. 

dimanche 3 décembre 2017

"Les enfants de Venise" (Luca di Fulvio)


A l'automne 1515, en Italie. L'orphelin Mercurio est devenu bien malgré lui le chef d'une petite bande d'enfants voleurs. Le jour où l'un d'eux est tué par un marchand qu'ils avaient détroussé, les autres s'enfuient de Rome pour échapper à la justice. Dans leur errance, ils tombent sur une bande de soldats revenant victorieux de Marignan. Lanzafame, leur capitaine, a récemment pris sous sa protection un escroc juif qui se fait passer pour un médecin: Isacco da Negroponte. Celui-ci a une fille, Giuditta, dont Mercurio tombe aussitôt amoureux. Mais le sort les fait arriver séparément à Venise, où chacun va devoir se battre pour survivre et se défendre contre ses propres ennemis...

Après le génial "Le gang des rêves", j'avais hâte de découvrir le deuxième roman traduit en français de Luca di Fulvio. Qui, malgré une période et un cadre radicalement différents, présente d'ailleurs beaucoup de similitudes avec le premier. Ici aussi, il est question d'un amour impossible à première vue entre deux jeunes gens que tout sépare. Ici aussi, le garçon est acculé par la misère, forcé de mener une existence criminelle - mais malin, ambitieux et déterminé à réussir. Ici aussi, la fille est juive et sa religion fait partie des obstacles entre eux.

Pour autant, "Les enfants de Venise" n'a rien d'une pâle redite, bien au contraire. Luca di Fulvio campe la Venise du 16ème siècle avec un luxe de détails historiques qui transporte le lecteur dans le temps et l'espace. Sur les traces de personnages secondaires nombreux mais tous très vivants (mon préféré: Scarabello, le chef de gang à la fois cruel et capable de compassion), il dépeint la misère avec un réalisme saisissant, relate la création du ghetto de Venise et l'apparition de la syphilis - appelée "mal français" - qui fait des ravages dans les rangs des prostituées. Amour, haine, fanatisme religieux, cupidité, jalousie, désir de vengeance: il convoque toute la panoplie des passions humaines pour la mettre au service d'une histoire haletante dont les chapitres défilent à toute allure. Parfait mélange d'histoire, de romance, d'intrigue et d'action, "Les enfants de Venise" est ce genre de roman que je conseille à tous les amoureux de littérature. 

Merci aux éditions Slatkine & Cie pour cette lecture.

C'était la semaine où... (#48)




...malgré une pluie battante et le fait que Chouchou ne bossait pas à la maison ce jour-là, je suis allée finir la relecture du tome 3 d'"Archer & Bennett" au Living Room avec un monstrueux scone à l'abricot.

...mon TGV arrivait à Toulon à 18h40. Le bus et le TER que j'aurais pu prendre pour rallier Monpatelin partaient tous les deux à 18h40. Théoriquement, j'aurais donc dû les rater et devoir attendre l'un ou l'autre des suivants. Mais, magie de la ponctualité SNCF! Mon TGV avait à peine 10 mn de retard et le TER une bonne demi-heure; j'ai donc pu le prendre tranquillement et arriver chez moi plus tôt que si les trains avaient tous été à l'heure.

jeudi 30 novembre 2017

Lectures de Novembre 2017




ROMANS/MEMOIRE
- La fin de la solitude (Benedict Wells) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The ministry of utmost happiness (Arundhati Roy)
- Nous allons tous très bien, merci (Daryl Gregory) ♥︎♥︎♥︎
- Purity (Jonathan Franzen)
- Still life with tornado (A.S. King) ♥︎♥︎
- Par-delà les glaces (Gunilla Linn Persson) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The diary of a bookseller (Shaun Bythell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Deux milliards de battements de coeur (Genki Kawamura) ♥︎
- Les Bourgeois (Alice Ferney) ♥︎♥︎♥︎
- Journal intime d'un chat acariâtre: le retour (Frédéric Pouhier/ Susie Jouffa) ♥︎
- Les Wang contre le reste du monde (Jade Chang) ♥︎♥︎
- En attendant Bojangles (Olivier Bourdeaut) ♥︎♥︎♥︎
- Les enfants de Venise (Luca di Fulvio) ♥︎♥︎♥︎♥︎

BEDE
- Spinning (Tillie Walden) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Un pigeon à Paris T1 (Lina Foujita) ♥︎
- Les vieux fourneaux T4: La magicienne (Lupano/Cauuet) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- 13 Devil Street T2: 1940 (Benoît Vieillard) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le loup en slip T2: Le loup en slip se les gèle méchamment (Lupano/Itoïz/Cauuet) ♥︎♥︎♥︎
- Le mari de mon frère T4 (Gengoroh Tagame) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Je ne suis pas d'ici (Yunbo) ♥︎♥︎♥︎
- Je suis encore là-bas (Samir Dahmani) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Isabella Bird, femme exploratrice T1 (Taiga Sassa) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- The art of grace (Sarah L. Kaufman) ♥︎
- The no spend year: How you can spend less and live more (Michelle McGagh) ♥︎
- Who thought this was a good idea? (Alyssa Mastromonaco) ♥︎♥︎

mercredi 29 novembre 2017

Evitante




Je viens de finir le mémoire d'Alyssa Mastromonaco, qui fut la Depuy Chief of Staff de Barack Obama à la Maison Blanche. Bien que moins drôle et finalement moins intéressant qu'escompté, son aperçu des coulisses du gouvernement américain sous ce président pour qui j'éprouve une folle admiration m'a fait envie par certains côtés. Gérer efficacement de graves crises nationales, se dire qu'on a été vraiment utile, qu'on a servi tout un peuple en bossant dur - ça doit procurer une immense satisfaction. D'ailleurs, je m'intéresse suffisamment à la politique, et en particulier aux affaires sociales, pour avoir déjà caressé l'idée d'une carrière là-dedans. Mon sens de la justice et de l'équité est sans doute une des forces principales qui m'animent. Le problème, c'est que parallèlement, je suis une introvertie qui déteste être obligée de parler à des inconnus et dont le travail en groupe sape toute l'énergie. Compliqué de se mettre au service d'un public avec lequel on préfèrerait ne jamais être en contact direct. 

lundi 27 novembre 2017

Les conversations absurdes #20


Il est presque minuit. Dans leur lit, nos héros s'embrassent langoureusement, quand soudain, l'homme s'écarte de la femme.
CHOUCHOU, les sourcils froncés: Je devais faire quelque chose d'important.
MOI: Ah?
CHOUCHOU, fouillant sa mémoire: ...Ah oui, je devais me renseigner sur Poppée.
MOI: Qui ça?
CHOUCHOU, impassible: Poppée le marin. (Un bref silence interloqué.) Non, je déconne. Poppée, la deuxième épouse de Néron.
MOI: ...
L'homme se lève, retourne au salon, tape un moment sur son ordinateur et revient dans le lit. 
MOI: C'est bon, on peut recommencer à se faire des bisous, ou il faut aussi que tu vérifies le CV du 4ème meilleur ami de Socrate? 

dimanche 26 novembre 2017

C'était la semaine où... (#47)




...je me suis enfin décidée à regarder les vidéos de Humans Of New York. C'est une bénédiction mélangée: d'un côté, ça brise le coeur; de l'autre, ça redonne foi en l'humanité. Comme ses photos, mais en pire, parce que chaque épisode est centré autour d'un thème précis et bénéficie d'un montage aussi intelligent que subtil. Le monde a besoin de plus de Brandon Stanton.

...je suis tombée dans ma trad en cours sur un problème digne de "Hodor". Mais dix minutes plus tard, j'avais une solution satisfaisante (et un kilo en moins, perdu sous forme de transpiration).

"Isabella Bird, femme exploratrice T1" (Taiga Sassa)


En mai 1878, l'exploratrice anglaise Isabella Bird, qui a déjà exploré les Montagnes Rocheuses et l'archipel d'Hawaï, se lance dans un nouveau défi: remonter le long de l'archipel du Japon en empruntant des routes peu fréquentées, pour finir son périple sur l'île d'Ezo où elle espère rencontrer le peuple Aïnous.  En se basant sur les récits publiés par cette femme extraordinaire, Taiga Sassa propose un manga instructif sur les moeurs et les conditions de vue du peuple japonais au tout début de l'ère Meiji. L'Isabella qu'elle campe est sympathique en diable, pleine d'enthousiasme et d'énergie. Bien qu'issue  d'un milieu habitué au confort et bourré de préjugés, elle ne rechigne pas devant les difficultés du voyage, et surtout, elle manifeste curiosité et respect aux gens qu'elle rencontre, si différents d'elle soient-ils. Ce premier volume la voit débarquer à Yokohama où elle engage celui qui sera son unique compagnon de route, l'interprète Tsurikichi Ito, puis traverser successivement Edo, Kasukabe et Nikko en multipliant les découvertes. J'attends impatiemment la sortie du second, prévue pour début décembre. 

jeudi 23 novembre 2017

"Les Bourgeois" (Alice Ferney)


Ils se nomment Bourgeois, et leur patronyme est aussi un mode de vie. Ils sot huit frères et deux soeurs, nés à Paris entre 1920 et 1940. Ils grandissent dans la trace de la Grande Guerre et les prémices de la seconde. Aux places favorites de la société bourgeoise - l'armée, la marine, la médecine, le barreau, les affaires -, ils sont partie prenante des événements historiques et des évolutions sociales. De la décolonisation à l'après-Mai 68, leurs existences embrassent toute une époque. La marche du monde ne décourage jamais leur déploiement.

Une chronique familiale étroitement mêlée à l'histoire du XXème siècle en France, voilà qui me semblait alléchant. Très vite, j'ai été séduite par la belle plume quelque peu désuette d'Alice Ferney, et surtout par la grande lucidité avec laquelle elle observe ses personnages à travers le prisme d'événements toujours plus faciles à analyser avec le recul du temps écoulé. Elle pose sur tout et tous un regard perçant, dénué de complaisance mais jamais de compassion, à tel point qu'elle est parvenue à me rendre sympathiques ces gens aisés, de droite, catholiques et militaristes, pas franchement à l'avant-garde des luttes sociales. Car malgré leur rigidité morale et le fait qu'ils incarnent un patriarcat blanc triomphant, "Les Bourgeois" sont mus par une indomptable énergie, et honorables au meilleur sens du terme.

Toutefois, on s'attacherait davantage à eux s'ils étaient moins nombreux: dix enfants pour le couple fondateur, puis quarante petits-enfants, ça ne laisse guère de temps pour développer chacun à titre individuel. Certains passages ne sont que de longues énumérations de mariages et de naissances, et on peine d'autant plus à distinguer les uns des autres que les dialogues sont quasiment absents. Souvent, aussi, l'auteure se perd dans des détails historiques qui, s'ils témoignent de son érudition - ou de l'ampleur de ses recherches préalables - ne servent aucunement le récit. J'avoue n'avoir fait que survoler les chapitres arides consacrés à la guerre d'Indochine et aux soulèvements d'Algérie, lisant juste le nécessaire pour comprendre en quoi ces événements influaient sur la trajectoire des fils Bourgeois impliqués. Pour moi qui aime les petites histoires plus que la grande, c'était assez ennuyeux. En revanche, je me suis délectée des très justes considérations sur les liens familiaux, le passage du temps et l'aveuglement aux grandes catastrophes qui se préparent.

"1933, une porte vers l'horreur que les nations ont franchie sans savoir ce qu'elles trouveraient de l'autre côté du temps. L'année de l'accession d'Hitler au pouvoir, de l'entrée de François Mauriac à l'Académie Française, l'année à la fin de laquelle Edouard Daladier avait annoncé à la Chambre l'échec de la Conférence sur le désarmement en raison du retrait de l'Allemagne. Comme c'est vertigineux n'est-ce pas de coller ex post les événements remarquables les uns à la suite des autres  et de connaître, puisque tout est consommé, ceux qui furet prémonitoires des drames qu'on a traversés. Et comme on regrette que les avertissements confus qu'ils avaient donnés n'eussent pas été entendus dans le temps où ils pouvaient l'être. Appartenir à une époque, c'est être incapable d'en comprendre le sens, tout nous désigne que le temps où nous vivons forme une tache aveugle, l'angle mort de notre vision intelligente. Assise sur le banc de l'église, je n'avais pas pensé tout cela, je m'étais dit: 1933, une mauvaise année. Et j'avais imaginé la distance, à la fois spatiale et mentale, qui sépare les événements de la grande Histoire et ceux de la vie privée. Le 30 mai 1933, Mathilde Bourgeois avait mis au monde le septième de ses enfants, le petit Jérôme, il était vigoureux, on ne l'entendait pas, il tétait avidement, il faisait de bonnes nuits, et elle avait dû se réjouir de cela plutôt que de se dire: Ce nouveau chancelier, ce M. Hitler, est-il bien convenable pour l'Allemagne? C'est vrai, pensais-je, comment fait-on pour agir et réfléchir, a-t-on le temps de penser à ce qui arrive quand chaque jour apporte sur notre table sa charge de travail et qu'on l'abat, peut-on encore se soucier du monde une fois que l'on a fini de s'occuper de ceux qui habitent sa propre maison?" 

mercredi 22 novembre 2017

Une histoire de cheveux


Quand ma soeur et moi étions petites, ma mère nous coupait les cheveux courts parce que "c'était plus facile à entretenir". En vertu du même principe, elle nous faisait porter des knickers en velours (oui, bon, c'était les années 70). On en avait tellement marre d'être prises pour des garçons qu'on a prié et supplié jusqu'à ce qu'elle nous autorise à nous laisser pousser les cheveux. Je devais avoir une dizaine d'années, et depuis, je ne les ai plus jamais portés courts. A deux ou trois reprises, il m'est arrivé de les couper mi-longs; je l'ai toujours regretté dès ma sortie de chez le coiffeur. 

lundi 20 novembre 2017

C'était la semaine où... (#46)




...tout l'après-midi de lundi, j'ai pensé aux super rouleaux de printemps que j'allais commander le soir chez Knees to Chin pour manger devant "The Big Bang theory" et le "John Oliver Show". Deux minutes après que j'aie payé en ligne, le resto a annulé ma commande. C'est la deuxième fois que ça nous arrive en l'espace de quelques mois. Pas découragée, j'ai réitéré ma tentative le lendemain, et cette fois, c'est passé!

...après le 1348ème problème de livraison depuis le début de l'année (en général, ça vient du transporteur, mais là, il n'y avait pas d'adresse sur le colis, juste le nom et le code postal...), j'ai décidé de ne plus commander de livres papier sur Amazon. Même pas les romans en anglais difficiles à trouver chez Waterstones. Ce qui va faire du bien à mon karma.

dimanche 19 novembre 2017

Le besoin plutôt que l'envie



Depuis que je m'intéresse au minimalisme, je m'interroge beaucoup sur mes réflexes de consommation. Clairement, comme la plupart des gens qui ont la chance d'avoir des revenus suffisants, j'achète les choses non pas parce que j'en ai besoin, ou en tout cas pas seulement, mais plutôt parce que j'en ai envie. Résultat: un gaspillage d'argent et un intérieur encombré. Ainsi, depuis quelques années, je m'efforce de ne plus acquérir que des objets utiles (soit parce que je vais m'en servir souvent, soit parce que leur possession va vraiment m'apporter de la joie - un beau tableau que j'adore et qui m'émeut, par exemple, rentre tout à fait dans cette définition). 

samedi 18 novembre 2017

[ANVERS] "Ai Weiwei - Miroir" au Fotomuseum




Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Ai Weiwei est un artiste chinois engagé qui s'est attiré les foudres de son gouvernement, notamment pour la photo où on le voit faire un doigt d'honneur à la place Tian'anmen. Arrêté en 2011 et détenu plusieurs mois dans des conditions assez éprouvantes, il a été mis en liberté conditionnelle et n'a pas pu quitter son pays pendant les 4 années suivantes. De cette période, il a tiré une série de photos assez hallucinante dans laquelle il confronte les agents gouvernementaux chargés de sa surveillance (et visiblement peu discrets), montre les mouchards trouvés chez lui et le bouquet de fleurs fraîches qu'il laissait tous les matins dans le panier d'un vélo devant son immeuble pour protester pacifiquement contre son sort. 

jeudi 16 novembre 2017

"The diary of a bookseller" (Shaun Bythell)


"A dix heures, le premier client a passé la porte: "Les livres ne m'intéressent pas vraiment" fut suivi par "Laissez-moi vous dire ce que je pense de l'énergie nucléaire." A dix heures et demie, ma volonté de vivre n'était plus qu'un lointain souvenir."*

Comme son nom l'indique, "The diary of a bookseller" est le journal d'un libraire. Mais pas n'importe quel libraire: Shaun Bythell possède la plus grande bouquinerie d'Ecosse, située dans le petit village de Wigtown qui accueille chaque année un festival littéraire de renom au début de l'automne. Pendant un an, de février 2014 à février 2015, il a consigné les menus faits de son quotidien professionnel, notamment ses échanges avec les clients aux exigences outrancières ou farfelues, ainsi qu'avec sa vendeuse Nicky, excentrique Témoin de Jéhovah qui classe les livres de Darwin en fiction et se nourrit d'invendus récupérés dans la benne de la coopérative locale. 

Shaun étant Médaille d'Or Olympique de sarcasme et ne se laissant jamais influencer dans ses réactions par ce que d'autres considèreraient comme le B.A. BA de la diplomatie commerçante, cela peut donner des dialogues totalement hilarants - mais aussi, parfois, d'autres où l'auteur semble manquer d'humanité. Sorti de son entourage proche, il s'intéresse si peu aux gens qu'il ne s'aperçoit pas qu'un de ses clients les plus fidèles souffre de la maladie d'Alzheimer, alors même qu'il consigne au fil des mois quantité de détails hurlants. Par ailleurs, son style est assez sec, et beaucoup d'informations dénuées d'intérêt pour le lecteur se répètent d'un jour sur l'autre ou d'une semaine sur l'autre. Ceci peut s'expliquer par le fait que son journal n'était, à la base, pas destiné à la publication - mais à la place de son éditeur, j'aurais expurgé les mentions les plus ennuyeuses. 

Bref. Je ne voudrais pas donner l'impression que je n'ai pas aimé ce mémoire, car c'est tout le contraire. Les explications de Shaun sur la manière dont Amazon est en train de détruire le métier de libraire et dont il a dû s'adapter pour faire survivre son commerce sont hyper intéressantes. J'ai apprécié le récit en filigrane de la vie d'un petit village écossais, le passage des saisons et les fluctuations qu'elles engendrent. Je me suis imaginée fouillant pendant des heures dans cette immense bouquinerie dont les rayons recèlent des trésors. Des dizaines de fois, j'ai ri tout haut de la logique incompréhensible de Nicky ou d'une répartie particulièrement mordante de Shaun. En fait, je n'avais pas encore fini ma lecture que j'étais déjà abonnée à la page Facebook de The Book Shop, me demandais si je n'allais pas souscrire au Random Book Club, et inscrivais sur ma Bucket List qu'à mon prochain passage en Ecosse, je devrais absolument me rendre à Wigtown. 

*traduction par mes soins, cet ouvrage n'étant pas disponible en français pour le moment. 

mercredi 15 novembre 2017

Impressions irlandaises




Dans l'ensemble, nous avons eu la chance de jouir d'une météo assez belle, en ce début octobre, pour faire mentir la réputation du pays. 
J'ai adoré les trains confortables, peu chers et équipés de wifi gratuit (par contre, à Galway comme à Dublin, j'ai trouvé les bus et autres transports en commun urbains absolument hors de prix). 
J'ai aimé, comme toujours dans l'Union Européenne, le fait de ne pas avoir de frais bancaires et de me rendre compte en temps réel de ce que je dépensais. Et malgré les mises en garde, il ne m'a pas semblé que la vie était si chère que ça - pas plus qu'à Bruxelles, en tout cas, et clairement moins qu'à Paris!

mardi 14 novembre 2017

"Par-delà les glaces" (Gunilla Linn Persson)


Depuis que sept jeunes gens ont péri au cours d'une tempête durant l'hiver 1914, les habitants de la petite île d'Hustrun, au large des côtes suédoises, vouent une haine tenace à la famille Engström qu'ils tiennent pour responsable du drame. Aujourd'hui, ils ne sont plus très nombreux à vivre encore là toute l'année. Mais Ellinor Ingman, elle, n'a jamais pu partir. Suite au décès de son petit frère et au suicide de sa mère, elle s'est retrouvée coincée là avec son vieux père infirme. 

Elle est l'âme d'Hustrun, celle qui conduit le bateau-taxi assurant la liaison avec la côte, celle à qui les estivants envoient leurs enfants pour les occuper, celle à qui tout le monde vient emprunter ce qui lui manque. Celle que personne n'aide jamais et qui doit toujours se débrouiller seule. Jusqu'au jour où Hermann Engström, devenu un célèbre peintre d'oiseaux, revient à Hustrun pour la première fois depuis près de 40 ans. Ellinor est son grand amour de jeunesse, et il ne l'a jamais oubliée. En revanche, c'est à peine si elle semble se souvenir de lui...

C'est un roman lent et contemplatif que "Par-delà les glaces", qui s'attache à décrire la difficulté de la vie sur Hustrun - une île qui ne possède même pas l'électricité! - mais aussi l'âpre beauté de la nature sous ces froides latitudes. "Femme tout-terrain", Ellinor mène une existence ingrate, avec ses bêtes pour seule compagnie et la poésie pour seul réconfort. Elle a refoulé tous ses désirs et même une partie de son passé afin de se plier docilement aux caprices d'un père tyrannique. L'arrivée d'Hermann signale pour elle le début du dégel. Des flashbacks poignants dévoilent peu à peu ce qui s'est passé en 1914, plantant la toile de fond des événements actuels. Au passage, l'auteure souligne en filigrane combien l'histoire est écrite par les hommes, combien le rôle pourtant essentiel des femmes est longtemps demeuré invisible. 

dimanche 12 novembre 2017

C'était la semaine où... (#45)




...un bouquin que j'ai traduit a remporté le World Fantasy Award 2017, deux semaines avant la sortie en poche de la VF. Youhou!

...Amazon m'a signalé que le colis que j'attendais avait été remis à un de mes voisins à 10h44 (alors que j'étais chez moi et mes voisins tous au travail), tandis que le site Post.nl m'affirmait que le même colis m'attendait chez un fleuriste à l'autre bout de la ville. Les problèmes de livraison récurrents: une raison supplémentaire de commander de moins en moins souvent sur Amazon. 

vendredi 10 novembre 2017

Ici et maintenant #1




La dernière fois que vous avez ri aux éclats: Devant l'épisode "The trolley problem" de "The Good Place", et en lisant le tome 4 des "Vieux Fourneaux". Deux fois en l'espace d'une semaine, c'était inespéré. 

La dernière fois que vous avez pleuré: Je pleure très rarement, mais la dernière fois que les yeux m'ont piqué, c'était en pensant à Scarlett. Plus de 5 ans après sa mort, elle me manque toujours terriblement.

jeudi 9 novembre 2017

[BRUXELLES] Les brunchs du dimanche (52): Le Châtelain Brussels Hotel




Une invitation à tester le brunch au champagne d'un hôtel 5, ça ne se refuse pas. "Si jamais ton amoureux n'est pas disponible pour t'accompagner, fais-moi signe", m'a dit une amie deux jours plus tôt. Ce à quoi j'ai répondu: "Oh, il a vu les photos du buffet sur leur site internet. Même mourant, il viendra." 

mercredi 8 novembre 2017

Soupe de pois cassés à la Frankie




Les légumes secs, c'est le Bien: super intéressants sur le plan nutritionnel, ils calent autant que les féculents sans avoir les mêmes inconvénients glycémiques. Du coup, je suis toujours à la recherche de nouveaux moyens de les préparer. Récemment, j'ai testé cette soupe dont j'avais trouvé la recette dans un vieux numéro du magazine australien Frankie; je vous la livre traduite, adaptée aux mesures françaises et légèrement rectifiée par mes soins. 

mardi 7 novembre 2017

"La fin de la solitude" (Benedict Wells)


De nos jours, Jules se réveille à l'hôpital après un grave accident de moto. Immobilisé dans son lit, il a tout le loisir de repasser le fil de sa vie et les événements qui l'ont conduit là. C'est d'abord, dans son enfance, la mort de ses parents et l'entrée dans un pensionnat où il se retrouve séparé de son frère et de sa soeur aînés. Puis la rencontre avec sa meilleure amie Alva dont il tombe amoureux sans oser le lui dire. Plus tard, des années de dérive où il échoue à terminer ses études et trouver un métier qui lui plaît...

La vie est-elle un jeu sans gagnant ni perdant? Les bons et les mauvais événements qui nous arrivent finissent-ils toujours par s'équilibrer? Telle est la théorie d'Alva, elle aussi marquée par un drame familial précoce. Jules n'a pas d'avis. Il lui semble que la mort de ses parents l'a fait dévier sur une trajectoire qui n'est pas la sienne et qu'il se trouve désormais dans la mauvaise vie. Du coup, il peine à se l'approprier, à y tisser des liens, à y construire quoi que ce soit. 

Pour autant, "La fin de la solitude" n'est pas un roman déprimant. Emouvant, oui, mais pas déprimant. Benedict Wells dissèque les relations difficiles de deux frères et d'une soeur très différents, qui se comprennent rarement et ne savent pas toujours être là quand les autres ont besoin d'eux. Il brosse surtout le portrait d'un héros trop tôt privé de repères et, de ce fait, perpétuellement en quête de lui-même, d'une place dans le monde et d'un sens à son existence. Une recherche qui se clôt de façon poignante mais non dénuée d'espoir. Je suivrai avec intérêt les prochaines publications de l'auteur. 

[BRUXELLES] Robert Doisneau au Musée d'Ixelles



"Le baiser de l'Hôtel de ville" est sûrement l'une des photos les plus célèbres de l'histoire, et celle qui a fait connaître son auteur Robert Doisneau du grand public. Mais vous connaissez sans doute aussi "L'enfer", qui montre un policier en képi et pèlerine passant très sérieusement devant l'entrée d'un nightclub façonnée en forme de démon grimaçant, ou "Les deux frères" qui illustre l'affiche de la rétrospective que le musée d'Ixelles consacre actuellement à l'artiste. 

lundi 6 novembre 2017

C'était la semaine où... (#44)




...la nouvelle éditrice pour laquelle je vais enchaîner deux trads début 2018 m'a TELEPHONE pour qu'on s'accorde sur les dates de remise. Je ressemblais à un lapin pris dans les phares d'une voiture, mais je pense que ça ne s'est pas trop entendu dans ma voix.

...je me suis rendu compte qu'au bout de dix ans de pratique, je ne sais toujours pas quoi faire de mes boobs dans la posture du pigeon. Mais la longue séance de yin yoga entre la fin de ma journée de travail et la préparation du repas du soir, c'est tellement bon que je devrais en prendre l'habitude cet hiver.

dimanche 5 novembre 2017

"Spinning" (Tillie Walden)


Toute l'enfance de Tillie Walden a été dominée par le patinage. Elle se lève le matin à 5h pour aller s'entraîner avant l'école, retourne à la patinoire après la fin des cours et passe ses week-ends à sillonner le pays pour participer à des compétitions dans deux disciplines différentes. Et tout cela, elle le fait seule: même si elle s'entend bien avec son père, alors que ses relations avec sa mère semblent se résumer à des questions d'argent, ses parents ne l'accompagnent jamais nulle part, ce qui singularise Tillie par rapport aux autres fillettes très entourées par leur famille. A l'approche de l'adolescence, deux choses viennent renforcer sa solitude. D'abord, les Walden quittent le New Jersey où elle avait ses marques pour s'installer au Texas où tout fonctionne très différemment. Ensuite, Tillie qui se sait homosexuelle depuis l'âge de cinq ans commence à souffrir de ne pouvoir exprimer ses préférences et concrétiser ses attirances... 

Bien qu'attirée par la thématique de cet énorme pavé (400 pages, tout de même...), j'avoue avoir hésité à l'acheter à cause de son graphisme épuré, un peu simpliste pour moi au premier coup d'oeil. J'ai bien fait de passer outre cette réticence, car une fois plongée dans "Spinning", j'ai vite réalisé la sensibilité extrême des dessins de l'auteure, l'expressivité subtile mais immense de ses personnages. Du coup, j'ai dévoré très vite ce récit autobiographique débordant de sincérité et d'émotion. J'y ai retrouvé certaines situations que j'avais vécues au même âge, et bien que nous ayions des caractères très différents, j'ai parfaitement ressenti les incertitudes, les doutes et les craintes de Tillie qui peine à comprendre ce qu'elle veut et plus encore à en faire part à son entourage. Bien plus qu'une bédé sur le patinage, "Spinning" est un récit d'apprentissage remarquable - et très prometteur si l'on songe que son auteure a seulement 21 ans. 

Où je surmonte mon angoisse de la foule pour assister (enfin) à un concert de Metallica




Il en a fallu des choses pour arriver au Sportpaleis d'Anvers ce vendredi 3 novembre 2017 aux alentours de 20h20. Il a fallu que, longtemps après que j'avais lâché l'affaire en raison du prix des places et des problèmes techniques du site le jour de la mise en vente, fin mars, Chouchou s'obstine à se connecter et réussisse à nous obtenir deux fauteuils qui me semblaient plutôt mal placés. Il a fallu décider si on louait une voiture pour rentrer à Bruxelles juste après le spectacle, ou si on prenait une chambre d'hôtel à Anvers pour y passer la nuit et profiter d'une journée sur place le lendemain. Il a fallu que j'ignore l'angoisse qui grandissait en moi à l'approche de la date fatidique: la foule m'oppresse de plus en plus en vieillissant, et difficile de ne pas penser à l'attentat de Manchester il y a quelques mois. Je refuse de laisser la peur m'empêcher de faire les choses dont j'ai envie, mais d'un autre côté, j'aime bien arriver à respirer normalement et ne pas me sentir au bord de l'attaque de panique pendant des heures d'affilée. 

samedi 4 novembre 2017

Les conversations absurdes #19


CHOUCHOU, m'observant attentivement depuis l'oreiller voisin: Tu as un troisième oeil.
MOI, agacée: Ah, pitié, hein! Tu ne vas pas commencer à me bassiner avec ces conneries mystico-New Age, toi aussi!
CHOUCHOU, penaud: Euh, non, c'est juste que je louche. 

vendredi 3 novembre 2017

[TOULON] "Inside Moebius: L'alchimie du trait" à l'Hôtel des Arts




Si la vie culturelle à Toulon n'est pas toujours aussi riche que je le souhaiterais, il est quand même un très bel endroit qui organise régulièrement des expos magnifiques - et gratuites de surcroît: l'Hôtel des Arts, en bas de l'avenue de la gare et face au Pathé Liberté. Cette fois, l'occasion est encore plus exceptionnelle, puisqu'il s'agit de la toute première rétrospective consacrée à l'oeuvre du bédéaste Jean Giraud, plus connu sous le nom de Moebius et décédé en 2012 au terme d'une immense carrière internationale.