jeudi 29 septembre 2016

"Les deux pigeons" (Alexandre Postel)


Comme les pigeons de la fable, Théodore et Dorothée s'aiment d'amour tendre. Cela ne les empêche pas de s'interroger: comment se divertir? Se nourrir? Que faire de ces deux corps? A quoi se consacrer? Faut-il fonder une famille, travailler, s'indigner? Comment font les autres? Autant de questions qui surgissent au fil de cette odyssée des manières de vivre. 

Lui-même trentenaire, l'auteur passe au crible les questions existentielles qui taraudent sa génération - ou du moins, la frange blanche éduquée appartenant à la classe moyenne supérieure de sa génération. Ce portrait, pourtant réalisé sans méchanceté et même avec une certaine tendresse, fait un peu froid dans le dos quand on réalise la vacuité aspirationnelle (j'invente des expressions si je veux) que l'on partage avec les héros: pleins de bonne volonté, soucieux de bien faire, mais aussi nombrilistes, velléitaires et un peu lâches. On finit par mépriser chez eux ce dont on a vaguement honte chez nous. Ou bien, c'est juste moi. Héritier spirituel du roman de Georges Pérec "Les choses" qui dénonçait le consumérisme dans les années 60, "Les deux pigeons" m'a mise mal à l'aise de la meilleure des façons.

"Ils renièrent les plats surgelés, se préoccupèrent de leur santé. Ils apprirent que l'aspartame provoque des naissances prématurées, que la charcuterie favorise le cancer du rube digestif, les laitages le cancer de la prostate, les sodas le cancer du pancréas. Toutes les céréales raffinées sont cancérigènes. Le fructose rend diabétique. Les carottes réduisent les risques de cancer colorectal, mais les aggravent chez les fumeurs. Le soja protège le sein tout en menaçant l'utérus. Seuls les oméga-3 sont salubres, mais attention! Le saumon d'élevage est gavé d'insecticides."

Lectures de Septembre 2016




ROMANS
- "Les bottes suédoises" (Henning Mankell) ♥︎♥︎♥︎
- "Furiously happy" (Jenny Lawson) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Miss you" (Kate Eberlen) ♥︎♥︎♥︎
- "La dictature des ronces" (Guillaume Siaudeau) ♥︎♥︎♥︎
- "Six of crows" (Leigh Bardugo) ♥︎♥︎
- "Les deux pigeons" (Alexandre Postel) ♥︎♥︎♥︎
- "Les pluies T1" (Vincent Villeminot) ♥︎♥︎
- "Le jardin arc-en-ciel" (Ito Ogawa) ♥︎♥︎
- "Neverwhere" (Neil Gaiman)* ♥︎♥︎♥︎
- "Le jour avant le bonheur" (Erri de Luca) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Album" (Gudrun Eva Minervudottir) ♥︎
- "Tante Mame" (Patrick Dennis)
- "Agatha Raisin enquête T1: La quiche fatale" (M.C. Beaton) ♥︎♥︎♥︎
- "Idaho" (Andria Williams) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The book of lies" (Teri Terry) ♥︎♥︎
- "Comme dans un film" (Régis de Sa Moreira) ♥︎♥︎♥︎
- "How to find love in a bookshop" (Veronica Henry) ♥︎♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- "La femme qui prenait son mari pour un chapeau" (Fiamma Luzzati) ♥︎
- "Un bruit étrange et beau" (Zep) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Le mari de mon frère T1" (Gengoroh Tagame) ♥︎♥︎♥︎
- "The ancient magus bride T5" (Koré Yamazaki) ♥︎♥︎♥︎
- "Culottées T1" (Pénélope Bagieu) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Le jour où le bus est reparti sans elle" (Marko/Béka) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- "Meditation made easy" (Preston Bentley) ♥︎♥︎♥︎♥︎

mardi 27 septembre 2016

J'ai (enfin) testé: l'aerial yoga chez Santidas Yoga




J'en rêvais depuis le printemps 2014: samedi, avec Chouchou, je suis allée tester un cours d'aerial yoga chez Santidas Yoga, près du métro Art-Lois. Le principe? Exécuter des postures de yoga classiques, mais en suspension dans les airs ou avec le soutien partiel d'une sorte de grand hamac. Les photos vues sur internet me laissaient penser que ce serait tout à fait mon genre d'activité, physique et ludique à la fois. Et de fait, j'ai absolument adoré! Même si je suis arrivée pas du tout habillée comme il aurait fallu: j'étais en brassière de fitness, il me fallait un T-shirt pour éviter les brûlures dues au frottement du tissu sous les aisselles; j'étais pieds nus et il me fallait des chaussettes pour pouvoir glisser sur le plancher lors de certains mouvements. Par chance, j'ai pu emprunter le premier à Chouchou qui en avait un de rechange, et les secondes à la salle qui doit avoir l'habitude que les nouveaux élèves viennent sans. Pour le reste, j'avais misé sur un collant de fitness plutôt qu'un pantalon de yoga, et c'était un bon choix car le pantalon de yoga plus flottant m'aurait sans doute un peu gênée. 

Le cours commence très doucement. Après que Santi, notre professeur, a ajusté la hauteur des hamacs en fonction de celle des participants (en principe, la courbe du bas doit arriver au niveau des hanches), nous grimpons dedans et nous replions complètement à l'intérieur, de sorte qu'ils forment un cocon autour de nous. C'est très étrange au début. On se balance un peu, on n'a pas l'habitude et on craint d'avoir mal au coeur - mais finalement, ça va. Après cette première prise de contact, on attaque les postures proprement dites. Au début, je trouve ça gentillet et pas très tonique, mais plus le cours avance, plus ça se complique. L'équilibre est pas mal sollicité, et ça tire énormément sur les bras pour moi qui ai autant de force qu'un spaghetti trop cuit à ce niveau. Il ne faut pas non plus avoir peur de décoller du sol pour se lancer dans les airs sans rien maîtriser au début (cela dit, on est à moins d'un mètre de hauteur, donc rien de très effrayant). Santi passe dans les rangs pour nous aider, rectifier notre position si nécessaire ou nous permettre de l'approfondir si elle sent qu'il y a de la marge. Comme en yoga classique, chacun a toujours le moyen d'adapter l'exercice en fonction de son niveau de souplesse. Par contre, même s'il n'y a pas de pré-requis pour assister au cours, j'ai trouvé que maîtriser déjà les postures de base était un vrai plus pour réussir à les exécuter correctement avec la difficulté supplémentaire de la suspension. 





Le clou de la séance, c'est une inversion: on se retrouve la tête en bas, les jambes repliées avec les plantes de pied qui se touchent en position du papillon, et on reste aussi longtemps qu'on veut/peut. La prof demande comment on se sent, et je réponds: "Comme Batman!". J'échange un regard avec Chouchou qui se balance dans le hamac voisin, et on jubile comme deux andouilles. Après ça, on remonte dans le hamac, en position allongée cette fois, pour la phase de retour au calme. C'est vraiment spécial mais je trouve ça très plaisant. Et je suis beaucoup plus crevée que je ne m'y attendais; d'ailleurs le lendemain, je me lèverai avec de grosses courbatures aux épaules et derrière les cuisses. Chouchou, qui a des problèmes de dos, rapporte que la séance lui a fait un bien immense en étirant et en réalignant ses vertèbres. Une fois n'est pas coutume, je suis totalement conquise! Le soir même, j'achète une carte sur internet et je réserve ma place pour le cours suivant - il n'y a que six hamacs, donc la salle ne peut pas accueillir davantage d'élèves. Maintenant, il va falloir envisager de muscler mes biceps en chamallow pour soulever tout ça un peu plus gracieusement...

Rue de la Loi 28
1040 Bruxelles
Métro Arts-Loi
Mardi 13h30, jeudi 19h30, samedi 12h30
Les cours durent une heure et doivent être réservés à l'avance;
ils sont payables sur place en liquide ou par carte sur internet
Un cours seul: 15€
Une carte de 10 cours: 120€

lundi 26 septembre 2016

Les brunchs du dimanche (45): Madame Chapeau




Non loin du Manneken Pis a récemment ouvert un restaurant dédié à un incontournable de la gastronomie belge: le stoemp (prononcer "stoump"), cette purée qui mélange de la pomme de terre à un autre légume et à une quantité spectaculaire de beurre, et que l'on accompagne généralement de saucisse parce qu'à ce stade, on n'est plus à 2000 calories près. "Madame Chapeau" porte le nom d'n personnage du folklore local dont on peut d'ailleurs admirer la statue tout près. Et le dimanche de midi à 16h, on peut y déguster un des brunchs les plus copieux et les plus variés qu'il m'ait été donné de voir. 







Pour 25€, on a droit à une boisson chaude (café, thé Palais des Thés) ou froide (vin pour ceux qui le désirent) et un accès illimité au buffet. En sucré, nous avons particulièrement aimé les mini-viennoiseries et le pain perdu; en salé, les plats chauds délicieux: saucisses, boulettes, champignons persillés et courgettes à la crème. Il y avait également un classique assortiment froid de charcuterie, de saumon fumé, de fromages et de salades composées. 

Outre le contenu de ce buffet, qui aurait déjà amplement suffi à rassasier son homme, le serveur est régulièrement venu nous proposer des spécialités préparées sur demande par la cuisine: d'abord des oeufs brouillés nature ou à la truffe, puis le fameux stoemp qu'il aurait vraiment été dommage de ne pas goûter (au choix: carotte, poireau, chicon ou épinards), et enfin des crêpes maison. De quoi satisfaire même les appétits les plus exigeants!




Petit détail qui parachève la belgitude de l'endroit: sur les murs des toilettes sont affichés des termes de brusseleir avec leur traduction en français. Nous avons très bien mangé et nous reviendrons sûrement déguster un stoemp-saucisses seuls ou avec des invités de passage à Bruxelles. 

Rue du marché au charbon 94
1000 Bruxelles

dimanche 25 septembre 2016

Les joies de la semaine #38




Lundi: et c'est encore Lady Pops qui arrive à me rassurer quand je suis à deux doigts de paniquer

Mardi: cheveux blancs coupés courts, silhouette bronzée et élancée, ample robe rouge à pois blancs: elle est si belle la vieille dame assise en face de moi dans la salle d'attente / la compassion de Gentil Généraliste qui tend le bras par-dessus son bureau pour presser le mien doucement et qui, malgré des patients attendant jusque dans le couloir de son nouveau cabinet, continue à me parler tant qu'il n'a réussi à me convaincre que ça n'est sans doute pas grave / mon billet d'hier en petite Une humeurs de HelloCoton / réussi à installer ma nouvelle imprimante toute seule

Mercredi: maux de ventre en sourdine aujourd'hui / après avoir rangé et nettoyé tout l'appart', m'accorder un bain aux chandelles / résoudre mon problème d'agenda-à-garder 2017 en décidant d'utiliser un beau carnet vierge et d'opter pour le free style

Jeudi: avoir le temps de faire un vrais repas pendant ma correspondance à Paris / alors que je désespère de trouver une lecture pour le Thalys, tomber sur le premier tome d'Agatha Raisin bien planqué sous une pile de tomes 2 en VF

Vendredi: ravie d'avoir terminé la trad pénible sur laquelle je bossais depuis début juin / commencer "The good place", la nouvelle série avec Kristen Bell

Samedi:  commander cette jupe pour laquelle j'ai eu un coup de coeur, en espérant qu'elle m'ira / bonne pêche chez Pêle-Mêle avec deux romans grand format qui étaient sur ma LAA (Liste à Acheter) / Chouchou et moi sortons tous les deux absolument enchantés de notre premier cours d'aerial yoga / promenade-shopping en solo dans le centre: deux bouquins et un superbe tote bag renard chez Waterstones, un T-shirt rayé rouge et blanc chez Promod, un pull gris à étoiles chez Naf-Naf, la dernière bédé de Pénélope chez Brüsel, une robe Sugarhill noire à motif champignons - me voilà rhabillée pour l'automne!

Dimanche: un délicieux brunch chez Madame Chapeau / remonter chez nous à pied par une météo de début d'automne idéale / faire une pause au musée Belvue pour prendre un verre et bouquiner un peu dans leur joli jardin / le brun vernissé des premiers marrons gisant au milieu des feuilles mortes

...et sans jour particulier: cette vidéo ("Chaque être humain est un artiste; sa plus grande oeuvre c'est sa vie") / le masque de nuit TonyMoly au bambou, acheté pour sa mignonne boîte panda, a une odeur fraîche super agréable et fait la peau toute lisse / d'après cette astrologie revisitée, je suis cactus ascendant pizza: c'est tout à fait moi!

samedi 24 septembre 2016

"Culottées 1" (Pénélope Bagieu)


Quand Pénélope Bagieu a commencé, l'an dernier à la même période, un blog sur le site internet du journal Le Monde où elle publiait chaque semaine la biographie dessinée d'une femme qui n'en avait fait qu'à sa tête, j'ai mis un certain temps à aller voir de quoi il retournait parce que le principe ne m'enthousiasmait pas plus que ça. Ce que j'aime lire, moi, c'est de la fiction, et ce que je préfère chez cette auteure, c'est quand elle raconte sa propre vie (ou qu'elle dénonce le chalutage en eaux profondes et le racisme dans le milieu de la pub).

Hé bien, j'avais grand tort. Un jour, parce que je m'ennuyais un peu, j'ai fini par cliquer sur le lien menant à une de ses histoires. J'ai tellement aimé que j'ai rattrapé tout mon retard d'un coup, suivi fidèlement son blog à partir de là, et un an plus tard, alors que j'en ai déjà lu tout le contenu et que je ne conserve désormais plus que très peu de bouquins, je viens quand même d'acheter l'album qui rassemble 15 portraits de la première "saison" des Culottées - la seconde vient juste de débuter.

Il faut dire que c'est un très bel objet avec sa couverture turquoise embossée de rouge métallisé; de plus, une illustration double page inédite (et très chouette) a été rajoutée à la fin de chaque chapitre. Et puis, évitant l'écueil du féminisme blanc, l'auteure a eu l'excellente idée de choisir des "femmes qui ne font que ce qu'elles veulent" à travers le monde entier et une large période historique. Ainsi, la célèbre Joséphine Baker côtoie la maman finlandaise des Moomins, Tove Jansson, mais aussi Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba au début du XVIIème siècle, Las Mariposas, soeurs révolutionnaires et martyres en République Dominicaine, Lozen, guerrière indienne et chamane au XIXème siècle, Agnodice, gynécologue plus de trois siècles avant Jésus-Christ, Christine Jorgensen, célèbre transexuelle, ou Wu Zetian, impératrice chinoise au VIIème siècle.

On découvre aussi des destinées plus modestes mais témoignant du même courage qui poussa un jour d'illustres inconnues à se dresser contre les conventions établies pour s'assumer telles qu'elles étaient, réaliser leurs rêves apparemment impossibles ou lutter contre une injustice malgré le danger. Tout cela raconté avec un humour jubilatoire. Bref, "Culottées" est un ouvrage formidable que toute féministe amatrice de bédé se doit non seulement de posséder, mais d'offrir à ses copines féministes non amatrices de bédé qui risqueraient de passer à côté, les pauvres.

mercredi 21 septembre 2016

"Le jardin arc-en-ciel" (Ito Ogawa)


Fraîchement divorcée et maman d'un petit Sôsuke, Izumi sauve la vie de Chiyoko, dix-neuf ans, lycéenne de bonne famille qui s'apprêtait à se suicider. Un amour presque immédiat naît entre les deux femmes, qui décident de fuguer ensemble. Elles fusionnent leurs noms de famille pour en former un nouveau et s'installent dans une vieille maison délabrée, à la lisière d'un petit village de montagne si reculé qu'elles le surnomment Machu Picchu. Puis Chiyoko découvre qu'elle est enceinte...

Après "Le restaurant de l'amour retrouvé", que j'avais beaucoup aimé, et "Le ruban" auquel j'avais un peu moins accroché, "Le jardin arc-en-ciel" est le troisième roman d'Ito Ogawa publié en français. Tour à tour, les quatre membres de la famille recomposée Takashima prennent la parole pour raconter leur histoire sur une période de seize ans. Izumi et Chiyoko ont des visions très différentes de la façon dont elles doivent se présenter au monde en tant que couple de lesbiennes, et se disputent souvent sans jamais que leur relation soit remise en cause. Petit à petit, elles parviennent à se faire accepter par une communauté d'abord hostile et trouvent même un moyen de partager leur bonheur en aidant les gens qu'elles attirent dans leur maison d'hôtes.

Un plaidoyer pour la tolérance qui ne m'a que modérément touchée: parce que la narration est centrée sur les luttes intérieures des quatre personnages, il m'a manqué des récits de rencontres et d'échanges avec les clients qui fréquentent le fameux "jardin arc-en-ciel" pour en ressentir l'atmosphère et avoir vraiment l'impression qu'Izumi et Chiyoko avaient réussi à créer quelque chose d'exceptionnel. Sans compter le fait que j'ai détesté la fin larmoyante à souhait. Mais je suis à peu près certaine que beaucoup d'autres lecteurs trouveront ce roman très beau malgré tout ça.

mardi 20 septembre 2016

"Le jour avant le bonheur" (Erri de Luca)


A Naples, dans les années 50, un jeune garçon orphelin grandit sous la protection de Don Gaetano, le concierge de l'immeuble dans lequel il occupe un réduit. Le vieil homme lui raconte des anecdotes de la guerre, lui parle du Juif qu'il a caché dans le sous-sol et lui raconte son exil temporaire en Argentine; il lui apprend à jouer aux cartes et à effectuer de menues réparations pour gagner sa croûte, le régale de ses fameuses "pâtespatates", veille sur ses premières amours avec une fille un peu cinglée fiancée à un mafieux et lui offre un couteau au cas où il aurait à se défendre un jour.

Autour d'eux évoluent les autres habitants de l'immeuble, un peuple haut en couleurs avec qui la vie n'est pas toujours tendre, depuis le vieillard sans argent pour faire soigner sa femme malade jusqu'au gamin qui succombe sous les coups de son père. Et puis surtout, il y a la ville, ses rues balayées par le vent et baignées par le soleil, la mer toute proche et ce qu'on peut y pêcher pour améliorer l'ordinaire, l'école publique qui entre ses murs rend les pauvres égaux aux riches... Sans misérabilisme aucun, Erri de Luca signe avec "Le jour avant le bonheur" un roman d'initiation lumineux et débordant d'humanité, dont on regrette qu'il se termine si vite.

Pimpe ton Château-Lapompe



Mon dernier bilan sanguin a révélé une légère anémie, probablement une carence en fer. Mon généraliste m'a laissé le choix: ou il me prescrivait des comprimés de fer, ou je réduisais ma consommation de thé à deux tasses par jour (actuellement, je dois être à 5 ou 6 grands mugs). J'ai voulu jouer les dures-à-cuire: "Non mais ça va, je suis pas droguée non plus, je préfère éviter de prendre des cachets tant que c'est possible."

Là il est midi, j'ai déjà atteint mon quota autorisé en ayant passé deux heures et demie bloquée dans une salle d'attente, et je fais beaucoup moins la maligne. 

Deux tasses par jour, c'est misérable. Il m'en faut évidemment une au réveil, sinon je n'arriverai jamais à démarrer, mais à quel moment m'autoriser l'autre? Quand je me mets au travail en milieu de matinée pour m'encourager? Quand je me remets au travail après ma pause déjeuner, pour éviter de m'endormir? Quand j'ai fini de travailler, en guise de récompense? 

Et surtout, je vais boire quoi, le reste du temps? Les sodas et les jus de fruits bourrés de sucre, pas question. Les laits végétaux que Chouchou consomme en quantité ahurissante, je trouve ça dégueu. Les tisanes, je n'en raffole pas; ça peut encore passer le soir, mais c'est tout. Et l'eau seule, bof. Il va sans doute falloir que je prenne l'habitude d'acheter des citrons, de la menthe et des concombres bios et de les mettre à infuser dans une carafe le soir pour le lendemain. D'autres idées?

lundi 19 septembre 2016

Les enfants des autres



Je n'ai jamais voulu d'enfants, et je me suis toujours trouvée devant ceux des autres un peu comme une poule devant un couteau à huîtres: très perplexe et tout à fait incapable de communiquer avec eux. Leurs braillements, leur agitation me fatiguaient. Je me crispais dès qu'un bébé se mettait à hurler dans le train ou l'avion, et je rêvais de restaurants interdits aux moins de 12 ans. Il m'est arrivé de cesser de voir des amis juste parce qu'ils avaient eu des enfants et que je ne supportais plus que toutes leurs conversations tournent autour de ça. Quand mes neveux sont nés, je me suis réjouie du bonheur de ma soeur et de mon beau-frère, et j'ai trouvé ça chouette que la famille s'agrandisse, mais je n'éprouvais pas du tout l'envie de gâtifier devant eux ou de me mettre à quatre pattes pour jouer aux cubes, et il aurait fallu me coller un flingue sur la tempe pour que j'accepte de les garder tant qu'ils n'ont pas été propres et capables de dire où ils avaient mal le cas échéant - j'aurais eu beaucoup trop peur de faire une connerie par ignorance. 

Mais ces dernières années, j'ai commencé à me dire que ben oui, les bébés pleurent et les jeunes enfants courent partout, c'est normal. Quand d'autres gens lèvent les yeux au ciel ou soupirent bruyamment à cause de ça dans les lieux publics, j'ai envie de leur assener: "On vit en communauté et c'est vous l'adulte, comportez-vous comme tel". Je ne soupçonne plus les parents d'être trop laxistes ou de manquer d'autorité: j'ai bien compris que même avec la meilleure volonté du monde, parfois, il n'y a rien à faire pour empêcher un enfant de se rouler par terre en écumant de rage au rayons bonbecs de Carrefour. Mes voisins d'en face ont une petite fille qui a longtemps hurlé à crever les tympans de toute la population de Monpatelin chaque jour vers 18h et 1 heure du matin; ma première pensée n'a pas été de rouspéter qu'elle me réveillait la nuit mais de plaindre ses pauvres parents qui n'avaient sûrement pas signé pour ça. (OK, ma seconde pensée a été d'en faire des statuts sarcastiques sur Facebook en surnommant la gosse la Fille de Satan, mais bon.) 

Là, ça commence presque à devenir inquiétant. Je me suis monstrueusement amusée avec mes neveux pendant nos dernières vacances à Toulouse; maintenant qu'ils ont quinze et dix ans, j'adore faire des trucs et discuter avec eux (même si je ne comprends pas toujours leur vocabulaire de djeûns et si leurs goûts musicaux me font saigner les oreilles). Quand ils m'ont dit au revoir devant l'aéroport de Blagnac le jour du départ, mon coeur s'est brisé un tout petit peu, et ils ont commencé à me manquer à peine la sécurité franchie. Indépendamment de nos liens de sang, j'aime les personnes qu'ils sont en train de devenir: Attila complètement dans la lune mais super gentil et affectueux, Darklulu intelligent, angoissé et hyper déterminé à faire tout comme les grands. Du coup, j'ai décidé qu'on passerait Noël à Toulouse cette année pour profiter encore d'eux. 

Vendredi dernier, mon amie d'enfance Fleur, que je vois seule à seule au resto d'habitude, m'a invitée à dîner chez elle pour rencontrer son compagnon et leurs deux filles. Quand je suis arrivée, l'aînée m'a offert un bracelet en élastiques fluos et la cadette un collage de photos d'animaux sur lequel elle avait péniblement épelé son nom en grosses majuscules d'élève-de-CP-depuis-une-semaine. Elles m'ont entraînée dans leurs chambres pour me montrer leurs petits trésors et bombardée de questions pendant le dîner. La grande a même demandé à sa mère si je ne pourrais pas, un jour, venir faire une soirée pyjama avec elles et dormir là. Bon, j'imagine que ce n'est pas mon fluide personnel qui les a ensorcelées et que ce sont juste des gamines sociables en général, mais ça m'a quand même touchée, et j'ai au final sans doute passé une soirée plus agréable avec toute la famille que si on avait été juste entre adultes. 

Le lendemain, je devais prendre une glace sur le port avec un autre couple d'amis et leur petite fille. "Oui alors tu verras, elle est très vivante" m'a dit Gaby comme si elle s'excusait par avance. Mais bon, ça ne doit pas être super marrant pour une gosse de trois ans de rester assise pendant deux heures autour d'une table avec trois adultes qui parlent de trucs sans intérêt pour elle, devant des glaces auxquelles elle ne peut même pas goûter pour cause d'allergie au lactose. Moi j'ai surtout retenu que mes vieux potes de jeu de rôles étaient devenus des parents de compète, clairement gagas de leur progéniture, attentifs à ses besoins mais fermes quand il s'agit de la cadrer, et que ça ne les empêchait pas de s'intéresser encore à plein d'autres trucs et d'être restés très fun. 

Rentrée chez moi, je me suis quand même demandé pourquoi mon attitude vis-à-vis des enfants des autres avait autant changé ces dernières années, et la réponse m'est apparue presque immédiatement. Entre, disons, l'âge de 25 et 40 ans,  si on m'avait filé dix euros chaque fois que quelqu'un me demandait pourquoi je ne voulais pas d'enfants et m'affirmait que je passais à côté de "la plus belle chose dans la vie d'une fâme", je serais aujourd'hui en train de vous écrire depuis le bord d'une piscine à débordements avec vue sur la baie de Hong-Kong. Ce genre de question - répétée ad nauseam par ma mère et posée fort indiscrètement par des gens que je venais de rencontrer une heure plus tôt - me mettait dans une rage noire. J'en avais assez de me justifier sur mon non-désir de maternité et je le manifestais en mettant le plus de distance possible entre moi et les enfants des autres. 

Et puis j'ai eu 40 ans, et on a cessé de m'emmerder avec ça. "On" a accepté que, si incroyable que ça puisse paraître, j'étais une nullipare parfaitement heureuse de son sort, et que toute façon, même si je regrettais, il était trop tard pour changer d'avis. J'ai pu me détendre dans mes rapports avec les enfants des autres parce que ce n'était pas comme si, en me voyant interagir gentiment avec eux, on risquait encore de me dire: "Tu vois bien, tu ferais une super maman" ou "Allez, avoue qu'en fait, tu en as un peu envie!". Je suis désormais assez vieille pour ne plus avoir à montrer les dents à leur propos, et du coup, ils me sont devenus nettement plus tolérables, voire plaisants à fréquenter pour certains spécimens. 

Ou bien, c'est juste la vieillerie qui me fait ramollir, ma pauv' Lucette. 

dimanche 18 septembre 2016

Les joies de la semaine #37




Lundi: mon TGV arrive à l'heure, et je parviens pour une fois à attraper le bus de 18h55 / première année paire depuis des lustres où le service de la redevance ne menace pas de m'imposer par défaut sans réponse sous 8 jours à un avis de passage laissé dans ma boîte trois semaines auparavant

Mardi: la consultation pré-opératoire s'est déroulé aussi bien que possible; j'ai même papoté blogs avec ma gastro-entérologue qui en tient un sur le tricot / agréablement surprise par "Un bruit étrange et beau" / sans doute le dernier punch-lecture de l'année à la terrasse du bar de la Place

Mercredi: gaufres Picard + fromage blanc + fraises de Haute-Loire pour le petit dej' / pas désagréable, cette journée grise et pluvieuse où je ne dois pas sortir de chez moi / le thé Melody Nelson de Vert-Tiges est aussi bon que dans mon souvenir

Jeudi: les nuages spectaculaires que j'admire toute la journée par la fenêtre de mon bureau 

Vendredi: Gentil Généraliste me represcrit du Xanax / ...et je découvre qu'il fait les frottis, ce qui m'évitera de retourner me faire massacrer par ma gynéco que je ne supporte plus / ressortir ma robe Cop Copine en toile parachute tricolore et me rendre compte qu'elle me va toujours super bien / une soirée très agréable chez Fleur avec son compagnon et leurs deux adorables petites filles, qui m'offrent un bracelet en élastiques et un collage de photos de... termites

Samedi: trouver au magasin d'usine Cotélac une ravissante LBD qui deviendra sans doute une de mes fringues préférées de cet automne / les pâtes à la truffe d'été sur la terrasse de Marco / le goûter au Chamo avec Gaby, Seb et leur mini-danseuse

Dimanche: première journée sans gros maux de ventre depuis une semaine / installer ce joli wall sticker pour planquer les deux "trous" dans la peinture de ma porte de penderie

...et sans jour particulier: le bouquet de gerberas multicolores dans ma carafe Hannah Turner / plus de 20 ans après, "Neverwhere" m'emballe presque autant qu'à ma première lecture / l'odeur de ma bougie Pomelo & sea salt de chez Anthropologie

jeudi 15 septembre 2016

Ma première commande chez Vert-Tiges




C'est lors de mon dernier passage chez Free Persephone, à Paris, que j'ai découvert Melody Nelson: non pas une chanson de Gainsbourg, mais un thé vert aromatisé à l'orange, à la fraise et aux fleurs de pied-de-chat. Je l'ai trouvé si frais et agréable à boire que j'ai voulu me rendre immédiatement dans une boutique de la marque pour en acheter. Une petite recherche internet m'a vite appris qu'hélas, on ne pouvait se procurer ce thé que sur le site de la société Vert-Tiges, basée à Fécamps. 

Qu'à cela ne tienne. Le soir même, je passais une commande de six paquets de thé en vrac: deux Melody Nelson (un pour Bruxelles, un pour Monpatelin), un sencha fukuyu parce que c'est un classique dont je ne me lasse jamais, un thé noir au chocolat, un Fée Clochette (mélange de thés noirs de Chine et d'Inde aromatisé au chocolat, au caramel et aux fruits) et un Mistral d'Ete (thé blanc à la myrte, au gingembre et au citron de Provence). 

Avec un total de 32€, j'avais droit à l'envoi gratuit en Colissimo. Ma commande a été expédiée dès le lendemain, bien emballée et accompagnée en cadeau d'une fleur de thé. J'ai apprécié l'étiquetage très complets des paquets hermétiques sur lesquels figurent, en plus de la composition (ne ricanez pas, ce n'est pas toujours le cas...) le temps et la température d'infusion, le meilleur moment de la journée pour boire cette variété et une date limite de consommation pour une saveur optimale. Exemple ici avec Melody Nelson:





Très satisfaire de cette première commande, je ne peux que vous recommander de jeter un coup d'oeil au site de Vert-Tiges. Les prix sont très doux et beaucoup de mélanges ont une composition très tentante! Et puis cette semaine, les frais de port sont offerts à partir de 19,90€...

"Le mari de mon frère" (Gengoroh Tagame)


Yaichi vit seul avec sa fille Kana lorsqu'un jour, un gigantesque gaijin barbu frappe à sa porte. Mike était le mari de Ryôji, le frère jumeau de Yaichi avec lequel ce dernier avait perdu contact depuis son installation au Canada, dix ans plus tôt. Ryôji étant décédé le mois précédent, Mike a décidé d'entreprendre un voyage au Japon sur les traces de son passé. Si Yaichi est horriblement gêné face à ce beau-frère qu'il rencontre pour la première fois et vis-à-vis duquel il ne sait comment se comporter, Kana accepte tout de suite son oncle avec le naturel affectueux d'une enfant...

Excellente surprise que cette nouvelle série signée Gengoroh Tagame, qui aborde le sujet de l'homosexualité par un angle très frais, plein d'humour autant que d'émotion. Yaichi nourrit à l'égard de son beau-frère tous les préjugés classiques vis-à-vis des gays, même si sa réserve japonaise l'empêche de les exprimer franchement. Avec son absence d'idées préconçues, sa spontanéité de petite fille qui n'hésite pas à poser des questions embarrassantes mais accepte les réponses comme si elles allaient de soi, Kana sert de pont entre les deux hommes, entre lesquels le fossé  va se combler petit à petit. Un premier tome formidable qui donne de grands espoirs pour la suite. Le deuxième paraîtra en français au mois de novembre. 

mercredi 14 septembre 2016

"Meditation made easy", pour les gens qui pensent que la méditation, ce n'est pas pour eux!




Pendant très longtemps, j'ai pensé que la méditation, ce n'était pas pour moi. Rester immobile en essayant de ne penser à rien, un, ça avait l'air indiciblement chiant, deux, je savais que je n'y arriverais pas (et je n'avais aucune envie d'essayer). Et puis à une époque où j'allais vraiment très mal, assez pour être prête à tester la thérapie - avant de conclure que non, décidément, ce n'était pas mon truc -, j'ai découvert les techniques de visualisation enseignées par le Dr. Catherine Shainberg*. Je suis loin d'avoir accroché à tout, mais les trois stages que j'ai faits avec elle m'ont quand même changé la vie en me fournissant des outils précieux pour gérer mes angoisses.

Plus tard, grâce à Chouchou, j'ai testé la cohérence cardiaque, et ça m'a beaucoup aidée aussi. Désormais, je sais qu'il n'existe pas qu'une seule sorte de méditation correspondant à l'image qu'on s'en fait traditionnellement. Faire le vide dans son esprit n'est qu'une technique parmi d'autres, et il serait dommage de rejeter d'entrée de jeu le concept de méditation sans savoir qu'il existe des formes beaucoup plus accessibles, à la portée de toute personne prête à consacrer cinq minutes à son équilibre mental. Même pas cinq minutes par jour, hein, bien qu'une pratique régulière soit réputée diantrement efficace, mais juste cinq minutes quand on en éprouve le besoin.

Aux gens intéressés mais qui ne sauraient pas trop par où commencer, j'aimerais recommander ce petit livre de Preston Bentley, "Meditation Made Easy", qui n'est hélas pas disponible en français à l'heure actuelle. (Pour être honnête, je l'aime tellement que j'ai envisagé de le traduire pendant mon temps libre pour aller ensuite le proposer à un éditeur d'ouvrages de développement personnel, même si ce n'est pas du tout la procédure habituelle!). Dans la première partie, l'auteur aborde les bases de la méditation; notamment, il démonte les idées reçues à ce sujet, explique quelques grands principes et les moyens de se préparer à méditer.

Dans la deuxième partie, il propose une grosse cinquantaine d'exercices pratiques hyper ciblés pour se préparer à affronter une nouvelle journée, nettoyer son énergie après avoir été confronté à une personne négative, négocier un obstacle, s'arracher à une spirale mentale descendante, lâcher prise sur le passé pour envisager l'avenir sous un jour meilleur, chasser la tension des épaules et du haut du dos, stimuler la digestion... Ces exercices se fondent tantôt sur le contrôle de la respiration, tantôt sur des postures simples de yoga, tantôt sur de la visualisation. Plus facile, tu meurs. Enfin, la troisième partie se penche sur la pleine conscience et la manière de la pratiquer au quotidien afin que même les activités les plus banales (prendre une douche, couper des légumes, faire le ménage...) deviennent une forme ressourçante de méditation. Pour une première approche terre-à-terre, c'est absolument parfait!

*Si le sujet vous intéresse, cliquez sur le tag "bien-être" et remontez dans mes archives jusqu'à une série de 8 billets datés de novembre 2010 et intitulés "Rêve et prophétie"

"Six of crows" (Leigh Bardugo)


Bien qu'il n'ait que dix-sept ans, Kaz Brekker, si impitoyable qu'on le surnomme Dirtyhands, est l'un des chefs de gang les plus redoutés des bas-fonds de Ketterdam. Un jour, un riche marchand mandaté par le Conseil de la Ville lui propose une mission quasi impossible, mais très richement récompensée. Kaz recrute donc une équipe de jeunes hors-la-loi aux talents bien particuliers: Inej, espionne aussi furtive qu'une ombre, Jesper, tireur d'élite excité par le danger, Nina, redoutable Grisha capable d'arrêter le coeur de ses ennemis à distance, Matthias, fier guerrier du nord, et Wylan, fugueur expert en démolition. Durant leur périple, ces personnages d'origines diverses, issus de cultures parfois antagonistes, vont finir par se rapprocher pour former une vraie famille. C'est qu'il leur faudra une entente parfaite pour survivre aux pièges de la Cour des Glaces...

Si je n'avais jamais entendu parler de Leigh Bardugo ni de sa série consacrée aux Grisha et située dans le même monde, la promesse d'un "croisement entre Game of Thrones et Ocean's Eleven" ne pouvait que me mettre l'eau à la bouche. Hélas, le scénario n'est pas à la hauteur de ces illustres comparaisons - pour tout dire, je l'ai même trouvé franchement prévisible d'un bout à l'autre. Rien à voir avec, par exemple, les premiers tomes des Salauds Gentilshommes. Les pseudo retournements de situation se voient venir à des kilomètres. Pour autant, "Six of crows" se lit sans déplaisir grâce à ses personnages attachants. (Seulement cinq d'entre eux ont des chapitres écrits de leur point de vue, ce que je trouve dommage car il me semble qu'avec un peu de doigté, il y avait tout à fait moyen d'inclure le sixième sans trahir ses secrets.) La ville de Ketterdam, largement inspirée d'Amsterdam, offre une toile de fond intéressante qu'on regrette de quitter pour la contrée pseudo-scandinave de Fjerda. Bref, un roman qui ne mérite pas sa réputation mais qui plaira sans doute aux lecteurs de fantasy pas encore trop blasés.

mardi 13 septembre 2016

Les super-héros ne portent pas toujours de cape




- Tiens, elle n'est pas là votre dame aujourd'hui?
- Non, elle a des petits soucis de santé depuis deux-trois mois, alors je suis tout seul pour gérer la boutique.
- Ca doit être bien fatigant.
- Ben... je suis debout tous les matins à 3h30, et les deux seules demi-journées où je ferme, le dimanche après-midi et le jeudi après-midi, je m'occupe de ma mère qui est très vieille et qui a un cancer maintenant.
- Ah oui, quand même. J'espère au moins que vous faites une petite sieste entre midi et deux pour vous rattraper.
- Entre midi et deux, j'ai les livraisons.
- Quelles livraisons?
- Vous savez, il y a beaucoup de personnes âgées sur la commune, et puis des gens malades ou handicapés qui ne peuvent pas venir au magasin, alors on les livre, ça fait partie du service. Certains se sentent obligés de commander beaucoup trop, je suis obligé de leur dire: "Ne prenez pas tant, vous allez gaspiller, je préfère passer deux fois pour des quantités plus petites!"
- ...C'est vraiment très gentil de votre part.
- Oh c'est normal, seulement là, y'a mon camion qui m'a lâché. Le garagiste m'a prêté une fourgonnette, mais on en rentre quatre fois moins dedans, et en été, les melons, les pastèques, ça prend de la place."
- Vous devez faire drôlement d'exercice, à déplacer tout ça.
- 10 tonnes depuis le début de la saison. A charger chez le fournisseur, décharger ici, recharger parfois pour le livrer ailleurs. Non mais là, je pense que ça a été le pire été de ma vie.
Tout ça dit très doucement, avec l'ébauche d'un sourire jamais bien loin.

Mon primeur est un super-héros du quotidien. 

"Un bruit étrange et beau" (Zep)


Depuis 24 ans, Don Marcus vit en reclus à la chartreuse de Valsainte avec huit autres moines qui, comme lui, ont fait voeu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. L'essentiel de son existence se déroule dans la solitude et le silence de sa cellule, et cela lui convient si bien que lorsqu'un décès dans sa famille le contraint à se rendre à Paris pour la lecture du testament, il commence par refuser avant que son supérieur ne lui fasse comprendre que l'argent de la défunte serait bien utile pour réparer le toit de l'aile sud. A contrecoeur, Marcus prend donc le train pour la capitale. Il y rencontre Mery, une jeune femme condamnée à brève échéance par une maladie cardiaque...

"Un bruit étrange et beau" aurait aussi pu s'appeler "La tentation de Marcus". Sa tante trouvait qu'il gaspillait son existence en s'enfermant pour consacrer son existence à Dieu; son cousin pense que c'est une façon de rester un enfant et de laisser d'autres décider à sa place parce que le monde lui fait peur.  Marcus ne se justifie pas, mais rendu à la vie extérieure pendant quelques jours, il voit ressurgir les souvenirs qui se sont effacés durant sa longue réclusion et goûte la possibilité d'un amour des plus terrestres.

Par le biais de planches monochromes aux décors aussi épurés que ses dialogues, Zep dresse le beau portrait d'un homme qui suit un chemin à part, un homme dont la foi n'est pas inébranlable mais qui considère que croire est un choix sans cesse renouvelé (théorie intéressante que j'ai entendue pour la première fois le week-end dernier dans la bouche d'un moine bouddhiste). Ce n'est pas nécessairement le registre dans lequel on attend cet auteur surtout connu pour les frasques de son jeune héros Titeuf, mais pour une surprise, cette histoire humaine et profonde est une très belle surprise. A voir également: l'expo Open Museum, jusqu'au 31 octobre au Palais des Beaux-Arts de Lille.




J'ai reçu cette bédé de l'agence d'attachés de presse chargée de sa promotion, en échange d'un article. Ce qui ne change rien à la sincérité de mon avis. 

lundi 12 septembre 2016

Les joies de la semaine #36




Lundi: deuxième présentation spontanée du colis dont j'ai raté la livraison samedi / séduite dès la toute première page par "Miss you" de Kate Eberlen / 666 abonnés Instagram / entamé mon "Journal de santé physique et mentale" dans le carnet vert d'eau rapporté d'Amsterdam

Mardi: papoter avec une charmante journaliste et les blogueuses déjà rencontrées au précédent déjeuner presse Sushi Shop / Chouchou qui se promène dans l'appartement avec juste un T-shirt, un boxer et les chaussettes Hokusai que je lui ai offertes le week-end dernier

Mercredi: les travaux très bruyants derrière chez nous semblent terminés / un lunch-lecture chez God Save the Cream / un petit craquage rentrée littéraire à la Fnac / enfin pris mon courage à deux mains, et un rendez-vous avec ma gastro-entérologue pour la consultation de pré-coloscopie

Jeudi: levée de bonne heure, et fini de bosser de même / arrivée en avance chez Tropismes pour la dédicace du très sympathique Michel Rabagliati et première à passer / profiter des promos Etam pour me racheter deux soutifs et trois shortys assortis / un thé glacé à la fraise à la terrasse du Stam avec le dernier Guillaume Siaudeau

Vendredi: discuter de mes angoisses avec Chouchou me rassure toujours / retourner à la Fnac pour échanger la bédé que je n'ai pas du tout aimée contre un roman que j'ai très envie de lire / une box Monsieur Madame devant deux épisodes de "Grace and Frankie" / craquer et réserver des billets d'avion pour passer Noël à Toulouse

Samedi: trouvé un cours d'aerial yoga à 15 mn à pied de chez nous, avec des horaires et des tarifs qui me conviennent / descendre chercher des couques avec les cheveux encore mouillés sur les épaules / finir la journée avec 13,5 trucs barrés sur les 14 de ma To Do List (et le 0,5 qui reste, c'est me vernir les ongles des pieds, donc bon)

Dimanche: attaquer la journée par une heure de méditation bouddhiste au Serendip Spa / "Believing is a conscious, personal choice" (Shaku Jinsen) / un délicieux brunch au Little Tokyo avec Gasparde et Bohemond / tester la salle "Spaceship" de Let me out / trouver une solution fort acceptable à un dilemme bien embêtant

...et sans jour particulier: ce gif qui me fait mourir de rire / la chaîne Youtube de la Reine des Robots Merdiques

dimanche 11 septembre 2016

[BRUXELLES] Let me out: des escapes games accessibles à tous




On ne va pas se mentir: les escape games, c'est formidable, mais avec un budget généralement compris entre 25 et 30€ par personne (tarifs moyens constatés en France et en Belgique), ça reste un loisir assez peu démocratique. C'est pourquoi Let me out, ouvert à Bruxelles depuis maintenant un an, pratique délibérément une politique de prix accessibles. 60€ de l'heure pour une réservation sur leur site, soit 15€ par personne pour une équipe de quatre, voire 44,99€ seulement en passant par Groupon

Voilà qui devrait permettre même aux petits budgets de tenter une des trois aventures proposées:
- La prison, un classique pour les purs débutants
- Le vaisseau spatial, pour les "faux" débutants ayant déjà un ou deux escape games à leur actif
- Alice au pays des merveilles, de niveau débutant à intermédiaire (avec un début de partie particulièrement original, mais chut!)

Pour l'instant, donc, pas de salle pour les joueurs très expérimentés, car cela ne correspondrait pas à la clientèle de Let me out. Mais celle-ci étant amenée à évoluer au fur et à mesure que de plus en plus de gens auront testé les escape games, Bruno, Grazyna et Stéphane réfléchissent déjà aux scénarios de leurs prochaines énigmes. 

Chacune des salles est conçue pour des équipes de 2 à 4 personnes, et ça aussi, c'est assez peu courant en France et en Belgique où on navigue plutôt entre 3 et 5. Donc, si vous avez envie de jouer juste avec votre chéri(e), pas de souci! Pour les team buildings, paraît-il nombreux, il est possible de faire jouer 3 équipes simultanément en réservant toutes les salles. L'accueil est bien assez vaste et confortable pour douze personnes plus les game masters, et il y a même moyen d'acheter des rafraîchissements pour les joueurs desséchés par toutes ces émotions. 

Dernier détail que je trouve personnellement très sympa: si une équipe n'a pas réussi à sortir dans le temps imparti de 60 minutes et si elle désire quand même aller jusqu'au bout du scénario, le game master lui permet de terminer le jeu au lieu d'ouvrir la porte immédiatement. 

Alors, plus de raisons de ne pas tenter enfin l'aventure escape game!




Place de la Liberté 3
1000 Bruxelles

samedi 10 septembre 2016

Mes résolutions forme de la rentrée




Y aller mollo sur les objectifs, lâcher prise, ça m'a fait un bien fou pendant tout l'été, et je compte bien continuer autant que possible. N'empêche que le délabrement me guette. J'ai repris tout le poids perdu péniblement l'an dernier, et même si je me sens étonnamment bien dans ma peau malgré ça, je suis en danger de ne plus rentrer dans mes fringues. Surtout, depuis plusieurs mois, mon corps m'envoie des signaux pour que je me reprenne un peu en main. La souplesse dont j'ai toujours été fière se barre à la vitesse grand V; je bouge si peu et je passe tant de temps assise devant mon ordinateur avec le haut du dos et la nuque contractés qu'au moindre effort, mes mains et mes jambes commencent à trembloter. Comme la moindre alerte physique me plonge dans des crises d'angoisse horribles (je m'imagine tout de suite avec un cancer généralisé ou une maladie neurodégénérative), j'ai pris diverses petites mesures pour me retaper.

1. Reprendre une activité physique régulière
Je sais d'expérience que les salles de sport ne me conviennent pas, que la piscine me gonfle, que le fitness quotidien m'ennuie sans m'apporter les résultats escomptés. La seule activité physique que j'aime vraiment, c'est le yoga, et pour tout un tas de mauvaises raisons, je n'ai pas pratiqué depuis plus d'un an. Alors que deux cours hebdomadaires d'intensité modérée me feraient tellement de bien, physiquement aussi bien que mentalement. Seule contrainte, ça doit être dans un endroit où je ne suis pas obligée de prendre un abonnement à l'année, mais où je peux payer au coup par coup. J'en ai trouvé deux qui me tentent à proximité de chez moi: une école qui propose des cours d'aerial yoga, discipline nouvelle que je projette de tester depuis un an et demi, et le Serendip Spa dont le programme en la matière est désormais très varié - je suis intéressée par le Vinyasa pour le mouvement et le Candlelit pour la relaxation. Je vais faire un cours d'essai de chaque avant de me décider, sachant qu'en l'absence d'engagement à l'année, je peux aussi panacher et alterner les deux. 
Par ailleurs, comme j'ai cessée d'être motivée pour marcher dès lors que je n'ai plus porté mon bracelet Up (parce qu'il me gênait, et parce que le bouton était cassé), j'ai investi une quinzaine d'euros dans un podomètre clipable à mes vêtements lorsque je sors. 

2. Tenir un journal de forme physique et mentale
Depuis le début du mois, chaque jour, je note dans un carnet mon humeur sous forme de couleurs définies dans cet article, mais aussi mes petits bobos, les médicaments et compléments alimentaires que je prends (en ce moment et en attendant ma prochaine prise de sang pour détecter d'éventuelles carences, je fais une petite cure de magnésium, dont le manque peut justement entraîner angoisses et tremblements), et bientôt, donc, mon activité physique. Il serait sans doute judicieux de prendre mon alimentation en compte, mais je n'ai pas encore trouvé de moyen simple et graphique de le faire. L'objectif est de mettre en évidence les liens de causalité entre ce que je fais et comment je me sens, pour tenter d'éviter les fameuses crises d'angoisse qui me pourrissent la vie. Quand j'aurai suffisamment de données pour que ce soit intéressant, je consacrerai un article à cette "méthode" bricolée maison. 

3. Glander le moins possible sur internet
La position assise devant un ordinateur est vraiment mauvaise pour mon dos et pour mes yeux. J'essaie donc de diminuer le temps passé sur internet hors de mes heures de boulot, de me lever le plus souvent possible pour effectuer de petites tâches physiques dans l'appartement (plier mon linge, vider le lave-vaisselle, ranger des bricoles qui traînent, n'importe quoi pourvu que ça me maintienne debout et en mouvement pendant au moins cinq minutes), de saisir tous les prétextes pour sortir (faire de petites courses pour le repas du soir, aller bouquiner dans un salon de thé, passer dans une librairie pour feuilleter les nouveautés...). 

4. Investir du temps et des sous dans mon bien-être
Pour remédier à ces problèmes dans la nuque et le haut du dos, j'ai également décidé de ne plus hésiter à faire des séances d'ostéopathie (d'autant que j'ai découvert récemment que ma mutuelle me les remboursait à 80%) ou des massages décontractants lorsque mon budget me le permet, parce que ce sont toujours des sous bien investis! En novembre, par exemple, j'ai rendez-vous pour tester la réflexologie oculaire chez Free Persephone, et je suis très impatiente de voir ce que ça donnera. 

5. Intégrer la méditation à mon quotidien
Des années que j'en parle sans réussir à instaurer une pratique régulière alors que je SAIS à quel point ça me fait du bien en m'aidant à tenir mes angoisses à distance et à rester zen dans la vie de tous les jours. J'ai acheté ce petit bouquin très chouette qui propose une flopée d'exercices pratiques ciblés, et demain matin, Chouchou et moi testons la méditation bouddhiste au Serendip Spa. C'est un peu comme pour le sport, je crois qu'il faut parfois tâtonner longtemps avant de trouver le truc précis qui nous convient et qui s'insèrera sans forcer à notre mode de vie.

Et vous, envie de faire bouger quelque chose dans votre vie en cette période de rentrée? 

"La dictature des ronces" (Guillaume Siaudeau)


Cela fait un moment que son canapé est devenu le compagnon privilégié de ses journées d'ennui. Un appel pourtant va réussir à l'en sortir: son ami Henry a besoin qu'il s'occupe de son jardin et de son chien pendant son absence. Un mois de vacances sur la mystérieuse et très retirée île de Sainte-Pélagie, pourquoi pas? Ce n'est pas le maire insulaire qui va le dissuader, malgré la mise en garde de ce nain fumeur de cubains: "Ici les gens sont devenus cinglés". L'atmosphère de folie douce de l'île va faire souffler un vent de tempête sur sa morne vie. Et c'est le fond des chaussures tapissé de sable qu'il rentrera chez lui... ou pas. 

Le gamin aveugle qui au moindre bruit croit reconnaître le pas de son père disparu en mer. Les vendeurs d'encyclopédies qui sonnent chez les gens à 3h du matin pour être certains de les trouver. Le lanceur alcoolique de couteaux en mousse. La bibliothécaire qui ne prête que des livres tristes à pleurer et les accompagne toujours d'un Kleenex. Les deux pochards qui vont ramasser des étoiles filantes la nuit. Le vieux voisin qui a assuré son emménagement sur l'île d'une façon très radicale. Durant son mois de gardiennage, le narrateur va avoir affaire à de bien étranges personnages. Mais le plus envoûtant de tous, c'est Sainte-Pélagie elle-même, avec sa mer caressante comme une femme et ses brusques chutes de neige en été. Les chapitres courts peignent des instantanés farfelus, dont le côté décalé inquiète aussi souvent qu'il réjouit, et à l'instar du narrateur, on trouve que la fin arrive beaucoup trop vite. Plus maîtrisé que "Tarte aux pommes et fin du monde", "La Dictature des ronces" confirme le talent de conteur de Guillaume Siaudeau. 

vendredi 9 septembre 2016

J'ai testé pour vous: la box Sushi Shop "Monsieur Madame"




Cette année, après l'Euro, la seconde box en édition limitée de Sushi Shop a pour thème les petits personnages pour enfants Monsieur Madame. Surprenant à première vue, mais pas bête: il faut bien commencer à initier la clientèle de demain aux plaisirs des sushi, maki et autre California rolls, quand même autrement plus sains qu'un menu Big Mac avec sa maxi portion de frites.




Cela dit, étant adulte et nullipare, j'avoue me ficher royalement de la déco de la box, si mignonne soit-elle: ce qui m'intéresse, c'est son contenu! Comme d'habitude, on y trouve des classiques de la maison:
- sushi saumon
- sushi saumon teriyaki
- California chicken Caesar (ceux dont je raffole et que je glisse dans chacune de mes commandes)
- maki salmon roll
- maki thon spicy
- spring crevettes
mais aussi trois créations originales que je vous propose d'examiner en détail.




LE SPRING TATAKI SAUMON
Il s'agit d'un morceau de saumon saisi sur le bord mais cru à l'intérieur, accompagné de ciboulette, de coriandre, d'une sauce sésame et de mayonnaise japonaise, niché dans une boulette de riz elle-même enveloppée d'une feuille de chicorée rouge. La légère amertume de la salade et la fraîcheur de l'accompagnement apportent une touche d'originalité bienvenue. 

LE CALIFORNIA VEGGIE
Sur le papier, j'aimais énormément le concept de cette recette végétarienne: concombre, betterave, avocat, carotte, roquette, chioggia, sauces estragon, goma ponzu et sésame, et saupoudrage de quinoa à l'extérieur de la boulette de riz. En bouche, je n'aime pas le goût de l'estragon et je trouve le croquant de la carotte malvenu - pour moi, un sushi ou assimilé doit être moelleux. Cela dit, lors du déjeuner presse, tous les autres convives à ma table étaient complètement emballés; j'imagine donc que je fais partie d'une minorité!

LE SUSHI THON SPICY
Pour le coup, c'est un peu l'inverse qui s'est produit avec ce sushi. En principe, je ne raffole pas du poisson cru, non à cause du goût mais à cause de la texture (c'est l'une des raisons pour lesquelles je suis fan de Sushi Shop qui propose des tas de garnitures alternatives). Là, le thon a été préparé d'une manière qui le rend légèrement "mousseux" et casse le côté écoeurant que je lui trouve d'habitude. Accompagné de masago, de ciboulette et d'une sauce un peu épicée, c'est pour moi la très bonne surprise de cette box. 

La box Monsieur Madame est disponible dans tous les points de vente Sushi Shop à travers le monde. Elle contient 42 pièces - assez pour deux gros appétits ou trois appétits moyens - et coûte 45€. Les baguettes Monsieur Madame (2 modèles différents) sont vendues 2,90€ avec la box ou 4,90€ seules. 




jeudi 8 septembre 2016

[AMSTERDAM] Shopping original dans le quartier des Neuf Ruelles


Entre mon goût de plus en plus prononcé pour le minimalisme, l'uniformisation de l'offre et les restrictions budgétaires qui me poussent à mieux cibler mes dépenses, j 'ai tout à fait perdu l'habitude des grosses virées shopping. Quand je m'achète une plante en pot, un sachet de bon thé et un T-shirt en soldes, j'ai l'impression d'avoir fait sauter la banque (les bouquins ne comptent pas, n'ont jamais compté et ne compteront jamais). Aussi, je ne sais pas trop comment expliquer ce qui m'est arrivé samedi dernier pendant qu'on se baladait au bord des canaux côté Jordaan, à Amsterdam. Je plaide la folie temporaire - sans doute un truc dans l'atmosphère locale des Pays-Bas -, et le fait que les boutiques du quartier des Neuf Ruelles sont réputées pour leur originalité. Petite présentation de mes préférées...


♥︎ THE OTHERIST ♥︎













C'est mon énorme coup de coeur du week-end, une sorte de cabinet de curiosités où l'on peut trouver des plantes aériennes, des objets anatomiques, des papillons sous verre, des insectes mécaniques, des crânes en porcelaine, des bijoux inhabituels, des brols déco creepy juste ce qu'il faut... Le monsieur qui tient la boutique depuis dix ans est d'une gentillesse absolue. Et pour ceux qui n'auraient pas la chance de passer prochainement à Amsterdam, il vend certains de ses trésors en ligne. Rien n'est donné, mais tout est très, très beau et passablement unique. 

Leliegracht 6
1015 DE Amsterdam


♥︎ NIKKI NIK 
SOCKS WE LOVE ♥︎






Comme je raffole de collants à motifs, j'étais obligée d'entrer dans ce double magasin en L, dont la première partie est dédiée aux vêtements de femme neufs ou d'occasion, dans un style un peu rétro, et la seconde à une incroyable variété de collants et de chaussettes H ou F. Le stock est riche et les articles pas mal entassés les uns sur les autres, il faut consacrer un peu de temps à fouiller! J'ai craqué pour un cardigan rouge et noir à motif de lunettes rétro, une jupe Noa Noa turquoise à pois (qui est trop large à la taille et que je ferai retoucher par ma couturière, mais c'était une occasion et une taille L), et deux paires de collants dont un très épais pour lequel je comptais prendre du L, mais Nicole, l'adorable propriétaire qui a l'oeil et connaît bien ses marques, m'a juré que le S me suffirait. J'ai essayé, et elle avait raison. En bonus, j'ai embarqué des chaussettes Hokusai pour Chouchou qui s'était montré d'une patience exemplaire! Chaussettes et collants peuvent être achetés en ligne ici




Gasthuismolensteeg 5
1016 AM Amsterdam


♥︎ISLAND REMEDY STORE 
by ARUBA ALOE♥︎

Une boutique entièrement dédiée à des cosmétiques à base d'aloe vera, cette plante (c'est même un cactus!) aux vertus médicinales multiples. Aimant beaucoup son odeur, je me suis laissée tenter par un gel hydratant à la vitamine E, super frais sur la peau et que je compte mettre le soir avant de me coucher ainsi que me l'a suggéré la vendeuse. Les produits solaires avaient l'air super également, mais comme on arrive à la fin de l'été malgré ce que les températures peuvent laisser croire, ce sera pour une autre fois! Tentée? La boutique en ligne est ici.



Runstraat 25
1016 GJ Amsterdam


♥︎ AMSTERDAM DUCK STORE ♥︎




Pour finir de façon ludique, une boutique spécialisée dans le canard en plastique déguisé en tout et n'importe quoi. Le choix fut rude, mais j'ai fini par me décider pour un Dracula tandis que Chouchou réclamait un Dark Batman à cors et à cris. Oui, nous sommes de grands enfants (mais nous ne sommes pas les seuls vu l'affluence). A noter qu'ici, on paye uniquement en carte de crédit: pas de cash, pas de braquage, clame une affichette à l'entrée! Après avoir fait un tour sur le site en ligne, je regrette presque de ne pas avoir pris plutôt une licorne...




Oude Leliestraat 16
1015 AW Amsterdam