dimanche 28 août 2016

"Comment apprendre à s'aimer" (Yukiko Motoya)


"Il existe sans doute quelqu'un de mieux, c'est juste que nous ne l'avons pas encore rencontré. La personne avec laquelle nous partagerons réellement l'envie d'être ensemble, du fond du coeur, existe forcément. Je crois que nous devons continuer à chercher sans nous décourager." Au fil de ses apprentissages et de ses déceptions, Linde - femme imparfaite, on voudrait dire normale - découvre le fossé qui nous sépare irrémédiablement d'autrui et se heurte aux illusions d'un bonheur idéal. Elle a 16 ans, puis 28, 34, 47, 3 et enfin 63 ans; autant de moment qui invitent le lecteur à repenser l'ordinaire et le guident sur le chemin d'une vie plus légère, à travers les formes et les gestes du bonheur: faire griller du lard, respirer l'odeur du thé fumé ou porter un gilet à grosses mailles. Car le bonheur peut s'apprendre et "pour quelqu'un qui avait raté sa vie, il lui semblait qu'elle ne s'en sortait pas trop mal".

Très attirée par la couverture et la présentation de "Comment apprendre à s'aimer", j'en ai fait mon premier achat impulsif de la rentrée littéraire et l'ai lu d'un trait lors d'un voyage en Thalys. J'adore la représentation du quotidien en littérature, et le principe des instantanés à plusieurs âges de la vie d'une femme m'enthousiasmait beaucoup. Pourtant, je n'ai pas beaucoup apprécié Linde, archétype de l'éternelle insatisfaite qui passe ainsi à côté de sa vie. Personne n'est assez bien pour elle, ni amis ni mari. Les gens déçoivent perpétuellement ses trop grandes exigences et les espoirs flous qu'elle place en eux - son livreur de colis y compris. On ignore ce qu'elle fait comme métier ou si elle a des passions dans lesquelles elle s'épanouit parallèlement, et du coup, son existence semble plutôt vide et pathétique malgré ses efforts pour se convaincre du contraire. Bref, une lecture décevante.

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