mercredi 31 août 2016

"L'architective: Les reliques perdues" (Mel Andoryss)


Armand est architective, capable de plonger dans l'âme des bâtiments afin de percer leurs secrets. C'est aussi un ado de 15 ans anxieux à l'idée que l'exercice de ses pouvoirs l'empêche d'être à l'heure pour sa rentrée en seconde. Malheureusement pour lui, cette année scolaire s'annonce mouvementée: en deux jours, il a déjà rencontré une jolie rouquine qui tord les murs et lui flanque une migraine d'enfer, et s'est fait enlever par deux pas beaux qui veulent le forcer à chercher pour eux de mystérieuses reliques...

J'ai entamé ce roman jeunesse un soir à 23h30: grave erreur de calcul, car je n'ai pu me résoudre à éteindre la lumière qu'après en avoir dévoré la première moitié, et si je n'avais pas dû bosser le lendemain, j'aurais sans doute continué ma lecture jusqu'à la fin. D'abord parce que le pouvoir d'Armand est très intrigant et se prête à raconter une histoire aussi originale qu'étonnamment émouvante. (Vous avez déjà eu envie de pleurer sur le sort d'une chapelle? Moi oui, maintenant.) Ensuite pour le trio de choc que notre jeune héros forme avec son meilleur ami Cédric-Axel-Lionel-Loïc, prodige en maths issu d'une famille nombreuse métisse, et sa nouvelle camarade Malaurie dont les étranges pouvoirs sont une malédiction pour elle. Enfin à cause de l'humour délicieux qui émaille les dialogues comme les monologues intérieurs d'Armand. Cerise sur le gâteau: du point de vue historique, tout est très bien documenté. Les amateurs d'aventures un peu ésotériques apprécieront - et, comme moi, trépigneront sans doute en attendant une suite. 

"Je ne sais pas si les fidèles qui fréquentent cette cathédrale ont la foi, mais le bâtiment, lui, mériterait d'être canonisé. Il se vit vraiment comme la maison de Dieu. Il aurait tort de se priver. On est chez lui, il se voit bien comme il veut."

Août 2016



[LILLE] Omega agency: La planque d'Ali




Lille compte pas moins de 6 salles d'escape game proposant une grosse douzaine d'énigmes différentes. Il y a donc de quoi faire. L'an dernier, nous n'avions pas du tout été séduits par La panic room de Get Out! Ne voulant pas rester sur cette mauvaise impression, nous avons redonné une chance à la capitale du Nord dimanche via la dernière-née Omega Agency, gérée par l'enthousiaste Florian et ouverte seulement depuis le mois de mai. Et cette fois, le fun fut bien au rendez-vous!

La planque d'Ali, choisie pour son thème égyptien, est sans doute de toutes les salles que nous avons testées une de celles qui a été montée avec le moins de moyens financiers. Ceci est largement compensé par une grande ingéniosité au niveau des énigmes et des mécanismes de jeu. On retrouve les classiques cadenas/codes, mais en petit nombre, avec à côté de ça beaucoup de fouille (toujours sympa, surtout pour les débutants) et d'excellents casse-tête que nous avons dû nous répartir en binômes pour résoudre. 

Le plus grand atout de La planque d'Ali, à mon sens, c'est sa grande fluidité qui fait que jamais aucun joueur ne se retrouve les bras croisés: à tout moment de l'heure, même si une partie de l'équipe bloque sur quelque chose, il y a toujours moyen d'avancer. Le déroulement est très peu linéaire - même si bien entendu toutes les énigmes convergent vers un même point. Nous sommes sortis à 40 secondes de la fin du chrono, tous très contents de notre expérience. Je ne veux pas parler pour mes camarades, mais personnellement je n'hésiterai pas à tester Opération Polonium, l'autre salle d'Omega Agency, lors d'une prochaine venue à Lille. 

La planque d'Ali convient à des équipes de 3 à 6 personnes et affiche un taux de réussite de 50%.

129 rue Nationale
59000 Lille

mardi 30 août 2016

"Le rouge vif de la rhubarbe" (Audur Ava Olafsdottir)


Agustina a 14 ans et des jambes qui ne la portent pas. Elle vit sur une île avec la vieille Nina, à la garde de qui sa mère biologiste l'a confiée pour continuer à parcourir le monde. Presque chaque jour, elle descend sur la grève pour contempler la mer ou monte jusqu'au jardin sauvage de rhubarbe où elle fut conçue. Malgré ses béquilles, elle rêve d'escalader les 844 mètres de la montagne qui surplombe son village...

C'est le quatrième roman d'Audur Ava Olafsdottir publié en France par les éditions Zulma, et après avoir adoré les trois premiers, j'en attendais énormément. Trop, sans doute, car il m'a un peu déçue. Si l'on retrouve la délicatesse de style de l'auteure, la lenteur et l'introspectivité qui caractérisent ses récits, la grâce et la poésie qu'elle sait insuffler au quotidien, l'attention qu'elle porte à la nature et au rythme des saisons, je n'ai pas réussi à m'intéresser à la petite vie, aux premières amours pudiques et aux modestes aspirations d'Agustina. Du coup, j'ai l'impression d'être passée à côté de ce "Rouge vif de la rhubarbe", qui ne m'aura guère marquée contrairement à ses prédécesseurs.

Open Museum #3: Zep au Palais des Beaux-Arts de Lille




Je ne peux pas dire que je sautais de joie à la perspective d'aller voir une expo consacrée à Zep, dont j'apprécie assez peu le sens de l'humour très pipi-caca. Mais il faut parfois faire des concessions culturelles dans un couple. Et puis le palais des Beaux-Arts de Lille a le bon goût de se trouver à quelques centaines de mètres de la maison-mère Méert, dans la ville où habite mon vieil ami Phil et où pullulent les escape games. Du coup, organiser un tir groupé le week-end dernier ne fut pas si pénible que ça. 

Et vous savez quoi? Les concessions culturelles, ça paye. Au minimum en reconnaissance bisoutesque du partenaire, et avec un peu de chance, en découverte plus agréable qu'on ne s'y attendait. Car l'Open Museum n'est pas une expo comme les autres. Pour sa troisième édition cette année - les deux premières ayant été consacrées au groupe musical Air et à Donald Duck! -, elle accueille un auteur de bédé ultra populaire dont le travail dispersé à travers la collection permanente va  jeter une lumière nouvelle sur celle-ci...

Ainsi, à coups de dessins inédits et de projections animées, Zep commente statues classiques, peinture religieuse ou porcelaine de Delft avec une irrévérence bon enfant. On s'amuse beaucoup à chercher ses oeuvres disséminées à travers les trois niveaux du musée, avec l'aide d'un dépliant qui donne des repères mais pas d'emplacement exact. 
- Je regarde par ici; toi, va par là.
- Trouvé! 
L'expérience se transforme vite en jeu de piste parfois assez corsé tant certaines zepperies sont bien planquées au milieu des pièces plus anciennes. Et il ne faut pas hésiter à rester longtemps devant les animations, car certaines sont multiples (par exemple, le triptyque sur la crucifixion). 



























J'ai trouvé l'idée vraiment géniale pour amener un public peu sensible aux beaux-arts (moi, par exemple) à découvrir des oeuvres vers lesquelles il ne serait pas allé spontanément. Le bâtiment est magnifique et vaut le coup d'oeil à lui seul; la démarche ludique à souhait devrait séduire pratiquement n'importe qui, et le prix d'entrée démocratique ne rebuter pratiquement personne. En résumé, une excellente initiative. Je suis déjà curieuse de voir ce que donnera l'Open Museum #4 l'an prochain. 

Place de la République
59000 Lille
Lundi 14h-18h
et du mercredi au dimanche 10h-18h
Tarif plein: 7€

lundi 29 août 2016

"Coquelicots d'Irak" (Brigitte Findakly/Lewis Trondheim)


Jusqu'ici, je ne connaissais Brigitte Findakly qu'en tant que coloriste et épouse de Lewis Trondheim. Dans "Coquelicots d'Irak", elle raconte sa jeunesse à Mossoul, la difficulté d'être issue d'une famille chrétienne dans un pays majoritairement musulman, les bouleversements politiques du début des années 70, les raisons qui poussèrent ses parents à émigrer en France - le pays d'origine de sa mère -, l'adaptation délicate à sa nouvelle vie et ses retours successifs en Irak où elle constate combien les conditions de vie se dégradent pour la population en général et pour les femmes en particulier. Son récit d'où ne ressortent ni jugement ni colère est entrecoupé de photos personnelles en noir et blanc, d'anecdotes culturelles et de bons souvenirs d'enfance qui apportent un contrepoint apaisant à la violence des événements historiques. Un témoignage plein de sensibilité, pré-publié sur le site du journal Le Monde où vous pouvez en lire des extraits.


Les joies de la semaine #34




Lundi: Claire North vient de finir les corrections de son prochain roman - bientôt dans ma PAT (Pile à Traduire)? / même le lendemain, il est encore très bon ce petit chou fraise-bergamote / le tournage de la saison 4 de Bron/broen commencera en novembre / je crois que la version aux champignons de mon risotto est ma préférée

Mardi: un nouvel escape game avec trois énigmes différentes vient d'ouvrir à Bruxelles, et ils acceptent immédiatement qu'on fasse un test gratuit contre un article / mon billet du jour en petite Une Humeurs de HelloCoton / en toute fin de soldes, trouver une jolie robe bleu marine à étoiles blanches pour 12,50€ seulement / le thé glacé maison du Stam / assis sur les marches de la statue de la place du Lux, manger un pad thai avec Chouchou

Mercredi: un grand merci à l'inventeur du Citrate de Bétaïne

Jeudi: le grand Relay de la gare du Midi vend l'agenda Flow 2017 / mon voisin de Thalys anglophone et bavard m'apprend l'existence du système TickUp / le thé Melody Nelson de Vert-Tiges: il m'en faut pour chez moi! / un massage de la nuque et du cuir chevelu vraiment divin chez Free Persephone /  un soleil rose vif se couche entre les éoliennes qui défilent par la vitre du train / comme mon Thalys a 1h de retard et que je n'ai pas dîné, Chouchou prévenu par texto me bricole un petit repas qui m'attend quand j'arrive enfin à la maison

Vendredi: afin de compenser le massage écourté d'hier, Free Persephone m'offre une Pause Zen lors de ma prochaine visite / pour me consoler de ma journée de travail foutue en l'air par une grosse migraine, je m'offre le très beau cactus boule repéré la semaine dernière chez Flower @ttitude / un cocktail Burning Passion chez Life Is Beautiful / ...et un dîner sur la terrasse du Peck 47 avec Chouchou, Gasparde et Bohemond

Samedi: un brunch maison avant de partir à Lille / vraiment super, l'expo Zep au palais des Beaux-Arts / le Furet du Nord a déjà mis en vente le dernier Ava Audur Olafsdottir qui n'était censé sortir que jeudi prochain / les tableaux d'Isabelle de Joantho vendus chez Carrés d'Artistes / la douche rafraîchissante qui sauve / le wok de tofu ail-gingembre de Phil, et le fabuleux trip de desserts fraise et chocolat préparé par Stéphanie

Dimanche: la canicule est enfin retombée / excellent travail d'équipe dans "La planque d'Ali" chez Omega Agency / le brunch en terrasse chez Méert: on frôle la perfection / Michel Rabagliati sera en dédicaces chez Tropismes le jeudi 8 septembre

dimanche 28 août 2016

"Comment apprendre à s'aimer" (Yukiko Motoya)


"Il existe sans doute quelqu'un de mieux, c'est juste que nous ne l'avons pas encore rencontré. La personne avec laquelle nous partagerons réellement l'envie d'être ensemble, du fond du coeur, existe forcément. Je crois que nous devons continuer à chercher sans nous décourager." Au fil de ses apprentissages et de ses déceptions, Linde - femme imparfaite, on voudrait dire normale - découvre le fossé qui nous sépare irrémédiablement d'autrui et se heurte aux illusions d'un bonheur idéal. Elle a 16 ans, puis 28, 34, 47, 3 et enfin 63 ans; autant de moment qui invitent le lecteur à repenser l'ordinaire et le guident sur le chemin d'une vie plus légère, à travers les formes et les gestes du bonheur: faire griller du lard, respirer l'odeur du thé fumé ou porter un gilet à grosses mailles. Car le bonheur peut s'apprendre et "pour quelqu'un qui avait raté sa vie, il lui semblait qu'elle ne s'en sortait pas trop mal".

Très attirée par la couverture et la présentation de "Comment apprendre à s'aimer", j'en ai fait mon premier achat impulsif de la rentrée littéraire et l'ai lu d'un trait lors d'un voyage en Thalys. J'adore la représentation du quotidien en littérature, et le principe des instantanés à plusieurs âges de la vie d'une femme m'enthousiasmait beaucoup. Pourtant, je n'ai pas beaucoup apprécié Linde, archétype de l'éternelle insatisfaite qui passe ainsi à côté de sa vie. Personne n'est assez bien pour elle, ni amis ni mari. Les gens déçoivent perpétuellement ses trop grandes exigences et les espoirs flous qu'elle place en eux - son livreur de colis y compris. On ignore ce qu'elle fait comme métier ou si elle a des passions dans lesquelles elle s'épanouit parallèlement, et du coup, son existence semble plutôt vide et pathétique malgré ses efforts pour se convaincre du contraire. Bref, une lecture décevante.

vendredi 26 août 2016

"Les Autodafeurs T1: Mon frère est un Gardien" (Marine Carteron)


"Je m'appelle Auguste Mars, j'ai 14 ans et je suis un dangereux délinquant. Enfin, ça, c'est ce qu'ont l'air de penser la police, le juge pour mineurs et la quasi-totalité des habitants de la ville. Evidemment, je suis innocent des charges de "violences aggravées, vol, effraction et incendie criminel" qui pèsent contre moi, mais pour le prouver, il faudrait que je révèle au monde l'existence de la Confrérie et du complot mené par les Autodafeurs; or, j'ai juré sur ma vie de garder le secret. Du coup, soit je trahis ma parole et je dévoile un secret vieux de vingt-cinq siècles (pas cool), soit je me tais et je passe pour un dangereux délinquant (pas cool non plus). Mais bon, pour que vous compreniez mieux comment j'en suis arrivé là, il faut que je reprenne depuis le début, c'est-à-dire là où tout a commencé.
PS: Ce que mon frère a oublié de vous dire, c'est qu'il n'en serait jamais arrivé là s'il m'avait écoutée; donc, en plus d'être un Gardien, c'est aussi un idiot. Césarine Mars"

L'été dernier, je craquais pour une pétillante trilogie des éditions du Rouergue mettant en scène un ado un peu spécial. Sans préméditation aucune, je recommence cette année, bien que dans un tout autre registre. Dans "Les Autodafeurs", il est question de Templiers, du pouvoir des livres et de la nécessité de protéger la vérité historique coûte que coûte - mais aussi de secrets de famille, de gentils grands-parents qui se révèlent être des machines de guerre, d'une petite soeur autiste Asperger qui pige tout avant tout le monde mais qu'on n'écoute pas.

L'histoire est racontée à la première personne, essentiellement par Gus qui s'exprime avec un curieux mélange de gouaille adolescente et d'érudition un peu pédante, avec ça et là des interventions écrites de Césarine qui déteste les chiffres de 1 à 21, prend tout au pied de la lettre et tient son aîné pour un parfait idiot. Leurs aventure rocambolesques les amènent à affronter des méchants très bêtes mais dénués de scrupules, et ce tome 1 s'achève par une explosion de violence comme on en voit rarement dans ce créneau de la littérature jeunesse. Les tomes suivants s'appellent respectivement "Ma soeur est une artiste de guerre" et "Nous sommes tous des propagateurs", et ils me font déjà envie!

jeudi 25 août 2016

"Grace and Frankie" saison 1


Epouses de deux avocats associés, Grace et Frankie se supportent à grand-peine depuis plusieurs décennies. Mais le jour où leurs maris respectifs annoncent qu'ils ont une liaison depuis vingt ans et qu'ils les quittent pour vivre enfin en couple, les deux femmes sont forcées d'emménager ensemble dans la maison de plage qu'ils avaient achetée en copropriété. L'une est la très chic fondatrice d'un empire cosmétique dont elle demeure l'image publique, l'autre une artiste au tempérament bohémien qui pratique la méditation et fume des pétards. La cohabitation s'annonce explosive... 

Dès le générique très réussi, qui présente les bases de la série sous forme d'une animation de figurines de gâteau de mariage, j'ai pensé que j'allais bien me marrer. Et j'étais passablement à côté de la plaque. Oh, certes, "Grace and Frankie" ne manque pas de moments drôles. Mais plus qu'une simple comédie, c'est l'histoire poignante de deux septuagénaires qui se retrouvent confrontées à une brusque solitude et réalisent que, sans leurs époux respectifs, elles sont devenues invisibles pour la société. Si le sujet n'est pas précisément hilarant, la série sait trouver l'équilibre délicat entre humour et émotion pour donner à l'ensemble un ton doux-amer plutôt que déprimant. Jane Fonda et Lily Tomlin, qui incarnent les deux héroïnes et sont également productrices associées, se montrent épatantes de bout en bout malgré un scénario parfois mollasson (problème qui, paraît-il, s'arrange dans la deuxième saison), et on ne tarde pas à s'attacher à elles. Franchement, si j'arrive à 70 ans avec la moitié de la sagesse bougonne de Frankie et une aussi belle crinière grise, je considèrerai que j'ai réussi ma vie. 

2 saisons de 13 épisodes chacune disponibles sur Netflix, et une 3ème prévue pour le printemps 2017.

mercredi 24 août 2016

"L'instant d'après" (Sarah Rayner)


Un lundi matin, dans le Brighton-Londres de 7h44, un homme s'écroule, foudroyé par une crise cardiaque.
Au cours de la semaine qui suit, Karen, la veuve, doit faire face à son deuil brutal, organiser les obsèques et gérer ses deux enfants encore trop petits pour comprendre ce qui se passe.
Sa meilleure amie Anna, rédactrice publicitaire, fait de son mieux pour la soutenir tandis qu'elle-même se débat dans une relation foireuse avec un type beaucoup plus jeune et alcoolique.
Enfin Lou, qui était assise à côté de Simon au moment de sa mort et exerce le métier de psychologue pour ados à problèmes, prend conscience de la brièveté de la vie et se dit qu'il serait peut-être temps pour elle d'assumer son homosexualité...

C'est toujours délicat d'aborder un sujet comme le deuil sans sombrer dans l'émotion facile, et malheureusement, je ne trouve pas que Sarah Rayner y soit parvenue. Ecriture pas déplaisante mais plutôt fade, héroïnes gentillettes, situations convenues... Un bouquin trop lisse qui ne m'a absolument pas convaincue. 

Les brunchs du dimanche (43): Seventy-Five




Dimanche, j'avais prévu d'aller faire le marché à Saint-Gilles et d'en profiter pour grignoter un bout dans le quartier. La météo m'a fait changer d'avis, mais j'avais quand même envie de sortir et de ne pas cuisiner mon déjeuner moi-même. Alors, je me suis rabattue sur une de nos adresses de brunchs à tester: le Seventy-Five, situé non loin de la gare Centrale et face à mon coiffeur adoré... 








Arrivés vers 13h45, nous avons eu la possibilité de nous installer soit à l'étage, très lumineux et très cosy, mais où avait lieu un mini concert, soit au rez-de-chaussée où il n'y avait personne d'autre, et comme je trouve la musique live très distrayante (mais pas au bon sens du terme) quand je mange, j'ai opté pour la seconde solution. 

La formule brunch coûte 20€; elle comprend une boisson froide à choisir (orange pressée ou Cava), une assiette salée contenant un croissant garni (option poulet, saumon ou végétarienne), un petit demi-bagel tartiné, une salade fraîcheur, des oeufs-bacon-saucisse et des pommes de terre sautées, et pour le sucré, des pancakes au caramel salé et à la chantilly. Chouchou a adoré; pour ma part, j'ai trouvé le service un poil lent et le contenu de l'assiette salée un rien juste. 





Sinon, la déco comme le personnel sont très sympathiques, et l'étage m'a paru super cosy. Je reviendrai peut-être, mais pour tester les burgers cette fois, car il paraît qu'ils sont fameux. A signaler: le Seventy-Five est aussi un bar à gin. 

Seventy-Five
Rue des Alexiens 75
1000 Bruxelles

mardi 23 août 2016

L'été du lâcher-prise




J'ignore si c'est le contrecoup d'un printemps passé sous angoisse extrême, mais au début de l'été, sans que je le recherche particulièrement ou fasse le moindre effort dans ce sens, quelque chose s'est dénoué en moi.
Le matin, j'ai parfois commencé à bosser à l'heure passée de 13 ou de 47 minutes, alors qu'en temps normal, je suis une psychorigide de l'heure pile ou de la demie. 
Je n'ai pas touché à ma compta pro. Je me suis contentée de télécharger mes justificatifs une fois de temps en temps, et de les rassembler dans un fichier marqué "Docs à imprimer", point. 
Je n'ai quasiment pas ouvert mon agenda. Je ne planifiais que ce qui devait absolument l'être; pour le reste, je faisais les choses quand l'envie me prenait, et si elle ne me prenait pas, je ne les faisais pas. 
J'ai stoppé les cours de JavaScript parce que ça me gonflait et que je n'en avais pas l'usage pour le moment. Je m'y remettrai peut-être plus tard, ou pas. 
Je ne me suis pas affolée pour préparer mon planning de boulot 2017. Je me suis dit que je contacterais tous mes éditeurs à la rentrée et que ça suffirait bien.
J'ai renoncé à m'énerver pour les bricoles qui traînaient dans l'appartement ou les corvées en attente. Soit je m'en suis chargée moi-même et je les ai oubliées aussitôt, soit j'ai attendu que Chouchou s'en occupe sans lui en vouloir de ne pas réagir aussi vite que je l'aurais souhaité. Contre quelques pauvres minutes de rangement ou de ménage par-ci par-là, j'ai gagné une atmosphère domestique délicieusement allégée. 
Je ne me suis pas énervée quand on n'avait toujours pas entamé la préparation du dîner à 19h30 (le moment auquel j'aime manger  en principe, pour avoir fini de digérer quand je me couche). Et plusieurs fois, on n'est passé à table que vers 21h. Mon colon a survécu.
Je me suis quand même disputée avec ma mère, mais j'ai réussi à dédramatiser à peu très tout le reste et à désamorcer les petits agacements qui me pourrissent l'humeur d'habitude. 
J'ai annulé des rendez-vous médicaux pris "par principe", en me disant que je n'avais pas de raison objective de flipper et qu'il fallait que je me détende un peu avec ce suivi obsessionnel. 
Deux fois, je me suis sciemment couchée sans me brosser les dents (négligence a priori impensable pour la maniaque de l'hygiène bucco-dentaire que je suis).
J'ai adoré nos vacances à Edimbourg et presque pas écrit dessus parce que j'avais la flemme. Je me suis autorisé ce "trou" dans mes archives bloguesques.
J'ai laissé tomber l'organisation de la troc party prévue en août parce que ça me prenait la tête. Par contre, j'ai souvent improvisé des activités et des sorties à la dernière minute.
Je ne me suis jamais forcée à socialiser quand je n'en avais pas envie.
J'ai fait très peu de choses pour la satisfaction du résultat, mais beaucoup pour le plaisir du processus.
Et maintenant, je me demande si je vais réussir à garder cet état d'esprit pendant la mauvaise saison. Je sais que ce sera difficile mais je vais m'y efforcer, parce que je trouve ça vachement plus confortable!

lundi 22 août 2016

Les joies de la semaine #33




Lundi: le câlin de Darklulu à la dépose-minute de l'aéroport de Blagnac / après m'être fait confisquer ma crème de douche Graine de Pastel par la sécurité, retrouver des produits de la marque à la boutique duty free / dans l'avion, des consignes de sécurité ultra-sarcastiques: l'humour belge a encore frappé / une gentille carte de Shermane dans notre boîte à lettres / pour clôturer les vacances, un dîner-lecture peinards au Peck 47 (délicieux scampis épicés au couscous perlé, à l'avocat et à la coriandre fraîche)

Mardi: remplir mon joli calendrier perpétuel Gwenaëlle Trolez avec les anniversaires des gens que j'aime / un goûter-lecture et shopping chez Filigranes / Enigma Escape relaie mon article sur sa page Facebook, ce qui me vaut presque 1000 visites de plus que d'habitude dans la journée

Mercredi: mon billet du jour en petite Une humeurs de HelloCoton / un cornet de fraises enrobées de chocolat Godiva, dégusté en descendant la rue de Rollebeek / le récit hilarant des vacances de mon coiffeur (gay urbain par excellence) en Ardèche - la traite des chèvres, les frelons dans les champs, le nid de scorpions devant les toilettes extérieures / "la préparatrice de copie la plus sévère a eu un plaisir fou à relire ta trad" / un chèque-cadeau Amazon

Jeudi: en me mettant au travail de bonne heure, j'ai terminé mon quota de pages à 11h30 / le paradis des cactus et des succulentes se trouve chez Flower @ttitude, rue Antoine Dansaert; j'en ressors avec un très bel astrophytum et la promesse de revenir chercher une grosse boule hérissée de piquants / un fabuleux cocktail "Under the garden" chez Life is Beautiful avec Gasparde

Vendredi: trouver le courage de faire une journée de boulot normale malgré une chtite gueule de bois / préparer un banana bread ultra moelleux pour le goûter / me plonger dans "Dark matter" de Blake Crouch

Samedi: à Namur, la librairie d'occasion Ramd'âm et sa machine à réveiller les livres / trouver chez l'Ensorceleuse une magnifique et très confortable robe Talia Benson en lin beige soldée à 30€ / une balade agréable dans les rues pavées du centre piéton, et une jolie moisson de photos / et un week-end dans un chalet suisse planifié pour le printemps 2017, un!

Dimanche: quelques pousses vertes pointent dans mon Chuppon / sur un coup de tête, prendre une voiture Cambio et partir bruncher au Seventy-Five / ...et puis tant qu'on y est, aller s'acheter des petits choux chez Chouconut pour le goûter / réserver un escape game à thème égyptien pour dimanche prochain à Lille

...et sans jour particulier: je suis légèrement bronzée, et ça me va plutôt bien / le joli sac Brontibay violine exhumé d'un fond de penderie / la sensation de profiter au maximum de cette fin d'été

dimanche 21 août 2016

Les choses que j'aime entendre




★ Le pas lourd caractéristique de Chouchou dans l'escalier, quand il rentre le soir
★ Le ronron paisible du lave-vaisselle dans la pièce voisine pendant qu'on s'endort
★ Les oiseaux qui gazouillent dehors quand je me réveille
★ La pluie qui tambourine sur les vitres quand je suis au chaud chez moi
★ Le clapotis des vagues venant mourir sur la plage
★ Le crépitement d'un feu de cheminée
★ Un train de marchandises qui passe pas loin 
★ Le coup de sonnette du facteur qui m'apporte une commande de bouquins
★ Un bon vieux morceau de rock des années 80 sur Classic 21 quand on va faire les courses en Cambio
★ La voix de ma soeur qui dit la même chose que moi en même temps que moi
★ La voix de ma soeur tout court, en fait
★ "Nous allons maintenant procéder à l'embarquement du vol Brussels Airlines 
à destination d'Oùjevais"
★ "Tu avais raison"

"La vie étonnante d'Ellis Spencer" (Justine Augier)


Dans ce futur-là, en pays de Naol, le doute et le rêve sont interdits. L'hyperactivité est un impératif absolu. Les enfants grandissent équipés d'une puce électronique sous-cutanée contrôlant leur état de santé et leurs moindres gestes. Aussi, la trop discrète et chétive Ellis Spencer est un grand sujet d'inquiétude pour ses parents. Placée à l'Académie du Succès, une école censée la remettre dans le rang, elle découvre qu'elle est pas la seule à être marginale...

Parfois, on fait d'excellentes découvertes dans les bouquineries, des livres dont on n'avait jamais entendu parler et qu'on n'aurait pas découvert autrement. Ainsi ce roman jeunesse dont la couverture a attiré mon oeil hier chez Ramd'âm, à Namur: une dystopie cauchemardesque pour les introvertis comme moi, où les vrais livres et le glandouillage sont interdits, où l'on encourage les gens à sociabiliser en permanence, à gueuler tout ce qui leur passe par la tête et à avoir un comportement assertif à chaque seconde. Trop calme et réfléchie, Ellis, 12 ans, est traitée comme une handicapée mentale que ses parents ont écartée du reste de la famille et que les étrangers considèrent avec pitié. L'auteur pousse à l'extrême certaines des dérives actuelles de l'éducation et de la société en général pour mieux les épingler.

"Mr White a parlé de la grandeur d'un pays dans lequel personne ne perdait de temps et tout le monde tentait de maximiser et de rentabiliser ses ressources personnelles. Dans lequel chacun était responsable de son chemin vers le succès. Dans lequel tout était transparent et la vérité triomphante. Dans lequel il n'y avait pas de place pour la paresse ni pour l'oisiveté, pas de place pour l'assistanat ni pour les pensées secrètes."

Bien entendu, il y aura une tentative de révolution... qui s'achèvera, de manière un peu frustrante, par une fin ouverte alors qu'on aurait voulu voir comment la Résistance allait renverser la vapeur et ramener la Naol vers un mode de vie plus humain. Néanmoins, "La vie étonnante d'Ellis Spencer" reste un bon roman pour éveiller en douceur les jeunes consciences à de nombreuses questions politiques et philosophiques.

vendredi 19 août 2016

Life is Beautiful, génial bar à cocktails




La semaine dernière pendant mon séjour à Toulouse, j'avais bavé devant les Instagrams de Sunalee, Gasparde et Ness qui testaient ensemble un nouveau bar à cocktails dans le centre de Bruxelles. Je me suis précipitée au Life is Beautiful (rien que ce nom...) dès mon retour de vacances ou presque. A 18h15, la petite terrasse donnant sur la rue Dansaert était déjà pleine mais la salle encore vide, ce qui m'a permis de discuter avec le charmant barman et de me faire conseiller. Il faut savoir que je bois des cocktails depuis peu, qu'il existe des tas d'ingrédients que je n'aime pas ou que je n'ai jamais goûtés mais dont je me méfie: résultat, je retombe toujours un peu sur les mêmes classiques de composition assez simple, genre mojito ou caïpiroska. Mais là, j'avais très envie d'essayer quelque chose de nouveau et de plus sophistiqué. 





Après avoir hésité ente le Burning passion et le Under the garden, j'ai fini par opter pour ce dernier dont la promesse fumé/fruité m'intriguait énormément. De son côté, Gasparde a pris un Mango blast et, histoire d'éponger l'alcool, un Pistacchio dukkah dip: de petites tranches de pain à tremper d'abord dans de l'huile d'olive, puis dans un mélange d'épices et de graines concassées. Je ne connaissais pas du tout, et j'ai trouvé ça vraiment délicieux. Moins cependant que mon cocktail qui, une fois enlevée la petite plante en pot servant de garniture, tabassait vraiment tout. Au début, il m'a semblé que mon verre avait une très petite contenance, mais vu le dosage d'alcool, j'ai eu bien assez. Et le mélange de goûts, assez étonnant au premier abord, m'a complètement enchantée. 




Même si le canapé du Berger m'a manqué, et même si la rue Dansaert n'est pas précisément à côté de chez moi, j'ai été séduite tant par la qualité de mon cocktail que par la gentillesse de la serveuse et du barman (qui nous a offert de délicieux shots vodka-basilic-citron avant qu'on s'en aille). Si la vie est belle, j'espère aussi que celle du Life is Beautiful sera très longue, car j'y retournerai avec beaucoup de plaisir. La fontaine à absinthe qui permet de servir des cocktails pour plusieurs personnes chuchote déjà mon nom... 

Rue Antoine Dansaert 161
1000 Bruxelles