mardi 19 juillet 2016

"The dandelion years" (Erica James)


Depuis l'accident de voiture qui coûta la vie à sa mère et à ses deux grands-mères lorsqu'elle n'avait que dix ans, Saskia Granger vit à Ashcombe, ravissante maison sise au coeur du Suffolk, en compagnie de son père et de ses deux grands-pères. Aucun des trois hommes ne s'est remarié, et à eux quatre, ils forment une cellule familiale peu commune mais bien organisée et débordante d'amour. 

Devenue adulte et d'un naturel peu sociable, Saskia exerce le métier de restauratrice de livres anciens dans un atelier situé au fond du jardin. Quand elle découvre un carnet intime caché à l'intérieur d'une vieille Bible, elle ne peut s'empêcher d'en dévorer le contenu malgré l'écriture abominable de l'auteur. Fils d'immigrés russes et diplômé de Cambridge, celui-ci raconte comment, durant la Deuxième Guerre Mondiale, il travailla à Bletchley Park où il rencontra l'amour de sa vie...

Acheté un peu au hasard pour profiter d'une offre "le second à moitié prix" chez Waterstones, ce roman a ensuite moisi dans ma PAL pendant plus d'un an avant que je ne me décide à lui laisser sa chance. Je n'avais jamais entendu parler de l'auteur, qui a pourtant à son actif une vingtaine de titres dont presque autant de best-sellers, et rétrospectivement, je trouve très curieux qu'elle ne soit pas traduite en français. Parce que "The dandelion years" est franchement excellent. Pour l'essentiel, j'ai adoré l'évocation du quotidien à Bletchley Park pendant la guerre, celui de ces hommes et de ces femmes qui se dévouaient nuit et jour pour tenter de décrypter les messages codés de l'ennemi. Les conditions de vie spartiates chez des particuliers transformés en logeurs souvent malgré eux, l'acharnement fiévreux à accomplir un travail qu'ils savaient crucial, le désespoir parfois quand ils ne parvenaient pas à empêcher les sous-marins allemands de couler un bâtiment anglais... Et à côté de ça, l'ivresse d'un premier amour partagé dans ses conditions si particulières, à une époque où de nombreux obstacles pouvaient se dresser entre deux tourtereaux. 

Par contraste, la moitié contemporaine du récit semble un peu plus fade, mais elle s'en tire encore assez bien grâce à l'atmosphère douillette d'Ashcombe, qui donne envie de tout lâcher pour aller s'installer illico dans la campagne anglaise. J'avoue avoir été séduite par l'arrangement domestique peu conventionnel de la famille Granger, ainsi que par le métier de Saskia, et touchée par les deuils respectifs des deux protagonistes principaux, l'impact qu'ils ont sur leurs choix de vie et leur personnalité même. Bref, encore un bouquin très plaisant que je vous recommande pour vos vacances si vous lisez l'anglais!

"- Now then, a toast to our very own dandelion years.
I cocked my head.
- What do you mean by that?
- It's how I think of the war and the effect it's having on everybody. The hopes and certainties we used to live by have been swept away. We live in a time where all it might take is one little puff and everything could be gone. You. Me. Everything we hold dear."

2 commentaires:

Grosquick a dit…

rien à voir mais alors que je me demandais qui étaient les petits personnages sur ta bannière, je constate que tu as vraiment un truc avec les lunettes :-) (PS qui se trouve entre Bernadette et Tristesse?)

ARMALITE a dit…

C'est Cosima de la série Orphan black.