mercredi 8 juin 2016

"A madness of angels" (Kate Griffin)


Matthew Swift, sorcier de son état, se réveille nu et contusionné sur le plancher de sa chambre. Problème: il était mort depuis deux ans, et sa maison est désormais occupée par d'autres gens. Il fuit en pleine nuit dans les rues de Londres, où il est attaqué par une monstrueuse créature faite de détritus. Qui souhaite se débarrasser de lui cette fois? Et surtout: qui l'a ressuscité, et pourquoi? Dans sa quête de réponses, Matthew rencontre un groupe d'opposants à la Tour, une organisation magique qui connaît une montée en puissance inquiétante. Leur but: éliminer Robert James Bakker, le chef de la Tour. Or, Matthew connaît extrêmement bien cet homme... 

Il était une fois une jeune fille du nom de Catherine Webb, qui publia son premier roman jeunesse à l'âge de quatorze ans. Quand, une décennie plus tard, elle décida de passer à l'urban fantasy, elle prit le pseudonyme de Kate Griffin sous lequel elle écrivit quatre aventures de Matthew Swift. Plus tard encore, elle produisit un chef-d'oeuvre intitulé "Les quinze premières vies d'Harry August" qu'elle signa Claire North. Et voilà comment, traductrice de Claire North, j'en suis venue à m'intéresser à la série de Kate Griffin. 

J'avoue avoir eu du mal à rentrer dans "A madness of angels": le prélude, qui dure une centaine de pages, m'a paru un peu poussif en raison de longues, très longues descriptions. Mais une fois dans le vif du sujet, quand Matthew cesse de subir et commence à prendre des initiatives, je suis tombée sous le charme de ce Londres à la fois glauque et ultra-vivant, qui m'a souvent rappelé l'atmosphère de "Neverwhere" de Neil Gaiman. J'ai aimé le fonctionnement de la magie de Matthew, si intimement liée aux énergies spécifiques de la ville et presque inopérante en campagne. Pour le reste, il s'agit d'une histoire de vengeance bien ficelée, mais à la structure assez classique et au déroulement sans grande surprise. Je trouve que l'auteure s'écoute vraiment écrire, et que "A madness of angels" aurait été plus rythmé et plus agréable à lire si son éditeur lui avait fait couper un bon quart des 600 pages qu'il compte. 

"I rode up to the 24th floor. The lift was clear glass, on the outer wall of the building, so I could see the city drop away beneath me. As on the London Eye that night, I was astounded by the beauty of its multicoloured spectrum: not juste the sodium orange of the suburban sprawl, but the white interiors of office blocks, green traffic lights, red aircraft beacons on the taller towers, purple floodlights washing over high walls, pooling beams of silver on enclosed courtyards, shimmering blues on fountains, or in the doors of clubs, the moving snakes of traffic, defined only by headlights, brakes, or indicators flashing on and off like an endless slithering column of eyes, and the reflected pinkish glare across the ceiling of the sky, except for where an aircraft's guiding lights sent out a cone of brightness, through the black scudding clouds heavy with rain as the wind carries them towards the sea. 
I could almost drink the magic of what I saw, almost lie back suspended on nothing but its intensity and float above the ground with the force of it, the sudden, overwhelming sense of it - and that, we knew, was all sorcery was; all, perhaps, that we were. An awareness, an understanding, a point of view. Take away that sense of the city's wonder and we were no more than insects, grey figures on a grey landscape scuttling along, unable to see the daily extraordinary things."

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