dimanche 26 juin 2016

"La drôle de vie de Zelda Zonk" (Laurence Peyrin)


Les jours s'écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu'un grave accident de voiture la cloue sur un lit d'hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk. A ses côtés, et n'ayant rien d'autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d'une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s'il est encore possible de changer la sienne... 

J'ai un peu hésité à acheter ce roman couronné du Prix Maison de la Presse. Grosse snob littéraire que je suis, j'ai tendance à trouver consternants les bouquins qui cartonnent en termes de ventes (celui-ci, que j'ai détesté, ou celui-là qui m'est tombé des mains au bout de 70 pages, par exemple). Mais les gens qui cherchent à se réinventer, c'est un thème qui me parle, et au prix des poches, je ne prenais pas trop de risques.

L'excellente surprise que j'ai eu en commençant "La drôle de vie de Zelda Zonk", c'est que Laurence Peyrin écrit drôlement bien. J'ai aimé l'arrangement de vie peu conventionnel d'Hanna et son mari Jeff: ne pouvant avoir d'enfants, ils élèvent Patti, la nièce d'Hanna dont la mère hôtesse de l'air est trop occupée à parcourir le monde. Et j'ai adoré le mystère qui plane autour de Zelda Zonk: est-elle ou n'est-elle pas Marilyn Monroe ayant feint sa propre mort pour repartir à zéro loin du feu des projecteurs?

En revanche, je n'ai pas du tout apprécié que les velléités de changement de vie d'Hanna se traduisent par une liaison extra-conjugale archi-convenue et prévisible. Les histoires d'amour, ça me gonfle. Lorsque je lis: "Les yeux de Michael l'assassinèrent de leur éclat d'airain, sa mâchoire ombrée se contracta, sa main chaude serra son bras. Elle crut mourir, à le voir de si près (...). Il était beau à faire mal.", j'ai juste envie de pousser un gigantesque soupir. Un, parce que s'il y a une chose au monde que le fait de la mettre en mots affadit au lieu de la sublimer, c'est bien la passion amoureuse. Deux, parce que l'idée qu'une femme qui a besoin de se trouver aille le faire dans les bras d'un homme, je trouve ça confondant de manque d'imagination.

Ainsi, l'excellente impression que j'ai eue pendant les trois premiers quarts du bouquin a été gâchée par l'escapade parisienne d'Hanna qui m'a donné un sentiment de mille fois lu et relu. Et je passe sur la fin peu satisfaisante, apparemment conçue pour frustrer le lecteur en ménageant la possibilité d'une suite. Dommage, ça aurait pu être vraiment bien.

1 commentaire:

Boomerang a dit…

Aie, j'avais l'intention de l'acheter à l'occasion car je trouvais le résumé et l'histoire sympas, mais après avoir lu ta critique, j'avoue que j'hésite :$