vendredi 29 avril 2016

"La légèreté" (Catherine Meurisse)


Parce qu'elle ruminait une rupture récente dans son lit, Catherine Meurisse, 35 ans, dessinatrice, est arrivée en retard à la conférence de presse de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier. Ainsi, elle n'a pas été tuée avec ses amis - mais elle a quand même un peu perdu la vie elle aussi. Placée sous escorte policière constante, hébétée par l'ampleur des mouvements populaires, elle ne parvient absolument pas à digérer ce qui s'est passé et commence par faire de l'amnésie partielle, puis ce que les psys appellent de la dissociation. Afin de se retrouver et de reprendre goût à la vie, elle part séjourner à la Villa Médicis, en Italie, dans l'espoir d'y connaître l'éblouissement par la beauté connu sous le nom de "syndrome de Stendhal"...

Je craignais de me sentir un peu voyeuse à la lecture d'un témoignage si personnel concernant un événement tragique qui a été récupéré de toutes les manières possibles et imaginables au cours de l'année écoulée, mais non. Peut-être parce que malgré la franchise dont elle fait preuve dans son récit, Catherine Meurisse ne s'apitoie jamais sur elle-même, et aussi parce qu'au milieu de sa douleur surnagent une saine révolte et cet esprit mordant qu'elle partageait avec ses collègues. L'émotion sincère se mélange à l'humour noir, ses souvenirs du passé à sa quête présente de légèreté. Une oeuvre qui touche au bon sens du terme.





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