jeudi 31 décembre 2015

Décembre 2015



Chroniquer 2016




L'un des grands plaisirs d'une nouvelle année, c'est toute la papeterie qui va avec! Laissez-moi vous présenter celle que je vais utiliser en 2016:

- Un carnet de sac Sloane Stationery, avec une couverture bleu-pas-tout-à-fait marine, embossée sur le devant de la mention "Busy, busy, busy" au-dessus d'un dessin d'abeille. La tranche est dorée, les pages sans lignes et de couleur crème, et il y a un petit marque-page inclus. Il est presque trop beau pour se faire massacrer à l'intérieur du fouillis de mon sac; d'habitude, j'utilise pour cela des carnets moins chers et moins jolis. Mais je sais que j'aurai plus de plaisir à écrire dans celui-là, alors tant pis pour la perfection de son état à la fin!

- L'éphéméride de Flow Magazine, avec chaque jour un plaisir minuscule illustré par Deborah van der Schaaf. J'aime énormément le concept, qui rejoint tout à fait ma philosophie du quotidien. Je posterai sans doute les plus inspirants sur mon compte Instagram. 

- L'agenda Flow Magazine, dont le format est parfait pour moi, tout comme la présentation "une semaine sur une double page": à droite, les jours en présentation horizontale; à gauche, une grande page lignée, vierge à l'exception d'un petit dessin et d'une citation dans le bas, pour lister toutes les choses à faire sans qu'elles soient rattachées à un jour précis (ce qui est le cas de la plupart de mes tâches). Ca ne conviendrait pas aux gens qui ont besoin d'un planning avec des heures pour noter leurs rendez-vous, mais pour moi qui fait un peu la même chose tous les jours au boulot, c'est parfait. 

- L'agenda du Disque-Monde, consacrée en 2016 aux sorcières - mes personnages préférés de l'univers de Terry Pratchett. Cet agenda-là sera mon agenda "a posteriori", celui où je noterai ce que j'ai fait chaque jour, collerai mes petits souvenirs papier et quelques photos, décorerai avec des stickers et du masking tape, puis archiverai début 2017. 

Je dois encore choisir parmi ma réserve un carnet pour me servir d'art journal, mais je ne suis pas complètement décidée: est-ce que je veux utiliser un format cahier pour avoir plus de place, ou quelque chose de plus petit pour pouvoir le transporter facilement? Est-ce que je veux une reliure en spirale, parce que c'est plus pratique, ou une reliure cousue/collée, parce que c'est moins moche? La plupart des art journaleuses que je suis sur internet utilisent un Midori Traveler's Notebook et ne tarissent pas d'éloges à son sujet, mais le concept ne m'attire pas...

mercredi 30 décembre 2015

Luttes intérieures




Si je me fiais strictement à mes convictions, je devrais être végane. Je n'arrive même pas à rester tout à fait végétarienne. Je m'en veux de ça. 
Chaque fois que je croise un SDF dans la rue, j'ai envie de me mettre à pleurer ou à hurler en donnant des coups de pied dans les murs. Ce que je fais pour changer leur situation? Absolument rien. 
Je connais des gens qui m'aiment beaucoup et que je ne supporte pas, alors que je n'ai strictement rien à leur reprocher. J'endure chacune de nos rencontres en serrant les dents et en me demandant comment je peux être humainement difficile à ce point.
J'ai cessé de voir des amies après qu'elles ont eu des enfants, parce qu'elles ne parlaient plus que ça et que ça m'ennuyait à crever. J'ai masqué sur Facebook des contacts qui ne publiaient plus que des photos de leurs gamins ou des statuts en rapport avec eux. Je sais, c'est moche. 
Je me réjouis de ne pas habiter plus près de chez ma mère et de pouvoir laisser ma soeur et mon beau-frère gérer l'essentiel de ses problèmes. Bien sûr, je culpabilise à mort de m'en réjouir. 
Il faudrait que je fasse du sport régulièrement. Oui mais je déteste ça, j'ai l'impression de sentir crever mes neurones par milliers à chaque minute. Oui mais il faudrait quand même que je fasse du sport régulièrement. Oui mais je déteste ça. Etc, etc. 
J'alterne les périodes où je me sens complètement à l'aise dans mon corps, où j'assume gaiement mes kilos en trop, mes jambes de trois centimètres et demi, mes ailes de chauve-souris et mes mentons en voie de prolifération, et les périodes où j'ai envie de pleurer quand je me vois en photo. 
Je trouve l'art classique parfaitement soporifique, l'art moderne parfaitement incompréhensible, l'art contemporain parfaitement ridicule. Ca la fout un peu mal, pour quelqu'une qui se voudrait cultivée et esthète. 
Le cinéma m'emmerde (à quelques exceptions près). La musique, pareil. Je suis certaine que je passe à côté de plein de trucs, mais bon.
Je prêche la pensée positive alors que souvent, je pars dans des spirales de colère, de râlerie et de déprime dont j'ai un mal fou à m'extraire. Mais hé, je m'améliore au fil du temps. 
Je prête beaucoup plus attention à l'actualité depuis que je suis sur les réseaux sociaux. Et ça me mine. D'un côté, je veux me tenir informée du monde dans lequel je vis, être une citoyenne lucide et responsable. De l'autre, ça avive mes angoisses et augmente mon sentiment d'impuissance dans des proportions presque insupportables. 
Parfois ce monde me fatigue tellement que je rêve d'attraper une maladie foudroyante, un truc pas trop douloureux qui me laisserait juste le temps de dire dignement au revoir à mes proches avant de tirer le rideau et de n'avoir plus à me soucier de rien.
J'essaye d'être une bonne personne. Je n'y arrive pas toujours. J'espère que c'est l'intention qui compte.

Lectures 4ème trimestre 2015


ROMANS
- "We are not ourselves" (Matthew Thomas)
- "Christmas pudding" (Nancy Mitford) ♥︎♥︎
- "Les Suprêmes" (Edward Kelsey Moore) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The glass magician" (Charlie Holmberg) ♥︎♥︎♥︎
- "The magicians" (Lev Grossman)
- "Un goût de cannelle et d'espoir" (Sarah McCoy) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The master magician" (Charlie Holmberg) ♥︎♥︎♥︎
- "La fractale des raviolis" (Pierre Raufast) ♥︎
- "The hourglass factory" (Lucy Ribchester)
- "Merci bien pour la vie" (Sybille Berg)
- "La balade des pas perdus" (Brooke Davis) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Par bonheur, le lait" (Neil Gaiman) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Ca aussi, ça passera" (Milena Busquets) ♥︎♥︎♥︎
- "On ne voyait que le bonheur" (Grégoire Delacourt) ♥︎♥︎
- "Le liseur du 6h27" (Jean-Paul Didierlaurent) ♥︎♥︎
- "Les liens du mariage" (J. Courtney Sullivan) ♥︎♥︎♥︎
- "Broadway limited T1: Un dîner avec Cary Grant" (Malika Ferdjoukh) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Les nuits de laitue" (Vanessa Barbara) ♥︎♥︎♥︎
- "Transparence" (Alex Christofi) ♥︎♥︎
- "Ce qui était perdu" (Catherine O'Flynn) ♥︎♥︎♥︎
- "Les choses comme je les vois" (Roopa Farooki) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Je suis Pilgrim" (Terry Hayes)
- "Une époque exquise" (Dawn Powell)
- "Ici ça va" (Thomas Vinau) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Le journal de Frankie Pratt" (Caroline Preston) ♥︎♥︎♥︎
- "La Balance Brisée T3: Elémentale" (Lise Syven) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The Prince George diaries" (Clare Bennett) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La passe-miroir T1: Les fiancés de l'hiver" (Christelle Dabos) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The little Paris bookshop" (Nina George) ♥︎♥︎♥︎
- "Time travelling with a hamster" (Ross Welford) ♥︎♥︎
- "As chimney sweepers come to dust" (Alan Bradley) ♥︎♥︎
- "Avant l'ouragan" (Jewell Parker Rhodes) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Cent portes battant aux quatre vents" (Steinunn Sigurdardottir) ♥︎

BEDE/MANGA
- "Les beaux étés T1: Cap au Sud!" (Zidrou/Lafebre) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "California dreamin'" (Pénélope Bagieu) ♥︎♥︎♥︎
- "Chiisakobé T1" (Minetarô Mochizuki) ♥︎♥︎
- "Kuro T1" (Sugisaku) ♥︎♥︎
- "Petites niaiseuses" (Sandrine Martin) ♥︎♥︎♥︎
- "The ancient magus bride T3" (Koré Yamazaki) ♥︎♥︎♥︎
- "Hiver rouge" (Anneli Furmark) ♥︎♥︎
- "Daho: l'homme qui chante" (Alfred/Chauvel) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Facéties de chats" (Sébastien Pérez/Benjamin Lacombe) ♥︎
- "Les vieux fourneaux T3: Celui qui part" (Lupano/Cauuet) ♥︎♥︎♥︎
- "L'oiseau bleu" (Takashi Murakami) ♥︎♥︎♥︎
- "Paul dans le Nord" (Michel Rabagliati) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Spooky: les contes de travers" (Carine M/Elian Black'mor)
- "12 rue Royale" (Richez/Efix) ♥︎♥︎♥︎
- "Sorcière et ténèbres T1" (Hiroko Nagakura) ♥︎
- "Roji! T1" (Keisuke Kotobuki) ♥︎♥︎
- "Madame: l'année du chat" (Nancy Peña) ♥︎♥︎
- "Un bébé à livrer" (Benjamin Renner) ♥︎
- "What a wonderful world!" (Zep) ♥︎♥︎
- "Literary life" (Posy Simmonds) ♥︎
- "Fox's garden" (Camille Garoche) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Lady Mechanika" (Benitez/Steigerwald)
- "L'île Louvre" (Florent Chavouet) ♥︎♥︎♥︎
- "Si Dieu existe" (Joann Sfar) ♥︎♥︎

DIVERS
- "A bunch of pretty things I did not buy" (Sarah Lazarovic) ♥︎♥︎♥︎
- "The fox and the star" (Coralie Bickford-Smith) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The effortless everyday" (Katie Lee) ♥︎
- "Big magic" (Elizabeth Gilbert) ♥︎♥︎♥︎
- "A map of the world according to illustrators and storytellers" (Antonis Antoniou) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Au bonheur des listes" (Shaun Usher) - en cours de lecture
- "L'encyclopédie de cet idiot d'Albert" (Albert Lémant) ♥︎♥︎♥︎

A partir de janvier, ce récapitulatif de mes lectures deviendra mensuel, avec des liens vers les billets correspondants de l'Annexe. 

mardi 29 décembre 2015

"Jessica Jones"



Oui: encore du Marvel porté à l'écran; encore une histoire de super-héros. Mais ici, on oublie les combinaisons en lycra moulantes, les pouvoirs flashy, la nette prédominance masculine, les méchants manichéens qui veulent juste devenir maîtres du monde et les gentils altruistes qui cherchent juste à les en empêcher. Jessica Jones est détective privée, le genre alcoolique qui moisit dans un bureau miteux d'un quartier glauque de New York. Souffrant de syndrome post-traumatique, elle n'aspire à sauver personne d'autre qu'elle-même - ce qui n'est déjà pas simple quand tout lui rappelle avoir été manipulée de la plus horrible façon par l'effrayant Kilgrave. Pour la protéger, elle a éloigné d'elle l'unique personne qu'elle aime vraiment: sa soeur adoptive Trish, célèbre présentatrice d'une émission de radio à succès. Mais un jour, Kilgrave ressurgit dans sa vie d'une façon si choquante que Jessica n'a plus le choix. Pour se libérer de son emprise, elle va devoir le traquer et l'empêcher de nuire définitivement. Le problème, c'est que son ennemi peut obliger n'importe qui à exécuter ses volontés les plus atroces...

Parmi les gens de mon entourage qui ont regardé "Jessica Jones", je n'ai vu que deux types de réaction: on adore ou on déteste. Il faut dire que l'atmosphère de la série est excessivement noire - d'entrée de jeu, un générique très réussi donne le ton tout en rappelant les origines bédéesques du personnage; la première moitié des 13 épisodes a un rythme dont la lenteur peut agacer, et quand l'action commence enfin à se précipiter, ça devient très gore par moments. Donc, je comprends qu'on puisse ne pas accrocher. Mais à côté de ça, le thème du viol est traité d'une façon magistrale à travers les pouvoirs mentaux de Kilgrave. La notion de consentement, les effets à long terme sur les victimes sont explorés de manière imagée et particulièrement frappante. Je trouve que "Jessica Jones" mériterait d'être vu rien que pour ça. 

Cela dit, les autres éléments qui la composent ne déméritent pas. Krysten Ritter, jusque là surtout vue dans des rôles de jeunes femmes farfelues, campe une héroïne superbement tourmentée par ses démons; David Tennant alias Kilgrave réussit à être flippant à souhait tout en inspirant une pointe de doute et parfois même de pitié au spectateur; Rachael Taylor est parfaite en présentatrice radio sans pouvoirs, mais pourvue d'un coeur d'authentique héroïne et du tempérament badass qui va avec; Mike Colter ne fait pas précisément mal aux yeux et aura, en tant que Luke Cage, sa propre série Netflix un peu plus tard; Carrie-Anne Moss est l'avocate lesbienne über-bitch qu'on aime trouver aussi détestable qu'un homme de pouvoir le serait à sa place (dans le comics, son personnage est d'ailleurs de sexe masculin).

Certes, l'histoire comporte quelques incohérences et une intrigue secondaire dont je me serais personnellement passée, mais j'ai adoré la façon dont la tension s'épaissit d'épisode en épisode, et les dilemmes présentés sont parfois tout à fait épouvantables. C'est aussi très agréable d'avoir une série complète en 13 épisodes, sans devoir attendre un an pour obtenir des réponses aux questions laissées en suspens. Il est néanmoins possible que "Jessica Jones" revienne ultérieurement sur Netflix - et si c'est le cas, je serai au rendez-vous!

"Avant l'ouragan" (Jewell Parker Rhodes)


En Louisiane, tout le monde croit aux esprits. Lanesha, elle, a le don de les voir. 
"Tu es comme moi, ma chérie, tu as un don de double vue", lui a expliqué Mama Ya-Ya, la sale-femme qui l'a recueillie à sa naissance. 
Mama Ya-Ya savait qu'un ouragan approchait, bien avant que la radio et la télévision n'en parlent. 
Les dégâts seront incommensurables, répète le présentateur. Tous les habitants de La Nouvelle-Orléans doivent quitter la ville. 
Mama Ya-Ya est très âgée et ne possède pas de voiture, alors Lanesha a fait des provisions d'eau et de nourriture et cloué des planches sur les fenêtres. Elle ne sait pas ce qui l'attend, mais elle se prépare de toutes ses forces à survivre. 
Avec TaShon, le fils des voisins, avec le chien Spot qu'ils viennent d'adopter ensemble. 
Avec le fantôme silencieux de sa mère, qui est venu pour l'aider. 
Avec l'amour de Mama Ya-Ya, qui est incommensurable. 

C'est décidément de la littérature jeunesse que seront venus mes plus belles surprises en cette fin d'année.
Dans le District Neuf, un des quartiers les plus pauvres de la Nouvelle-Orléans (et de ceux qui ont le plus souffert du passage de l'ouragan Katrina), Lanesha est une orpheline de douze ans, rejetée par la famille riche de sa mère et élevée par une vieille femme qui voit des signes partout. Bonne élève, elle veut devenir ingénieure pour construire des ponts. Elle n'a pas d'amis, ni de beaux vêtements ou de jouets coûteux, mais jette un regard curieux et émerveillé sur tout ce qui l'entoure. C'est une héroïne touchante, pleine de volonté et d'espoir en toutes circonstances. Sa relation avec Mama Ya-Ya est magnifique, et le fait de voir les esprits lui confère beaucoup de sagesse et de sérénité par rapport à la mort.
Bien qu'a priori destiné aux 9-11 ans, "Avant l'ouragan" m'a remuée de la meilleure des façons avec son message positif et l'extraordinaire élan de vie qui le traverse de bout en bout. Je le recommande sans aucune modération, aux petits comme aux grands.

"- La météo annonce une grosse tempête, peut-être un ouragan. Qu'est-ce que j'avais dit? dit Mama Ya-Ya en éteignant le feu sous une casserole. Je le sentais. J'ai vu les oiseaux quitter leurs arbres, j'ai vu que l'eau mettait du temps à bouillir. Rentre tout de suite après les cours, Lanesha. Je vais avoir besoin de toi pour acheter des réserves. Du lait, du pain, du riz, des haricots et des bouteilles d'eau. 
- Tu crois que ce sera un autre Betsy? 
Avant ma naissance, l'ouragan Betsy a ravagé La Nouvelle-Orléans. J'ai vu des images d'archive au journal télévisé. Les gens n'avaient même plus d'eau potable ni de nourriture. Mama Ya-Ya nous veut prêtes à toute éventualité. 
Spot s'assied et mendie auprès de Mama Ya-Ya. Il a déjà eu son petit déjeuner mais elle lui donne un morceau de pain grillé, puis dépose une assiette devant moi. Fascinée par les couleurs vives de l'oeuf retourné, je perce le jaune et observe la rivière baveuse qui tourbillonne, puis l'arrose de sauce piquante rouge." 

"Au déjeuner, je mange un sandwich au thon et un jus de pomme à ma table. Je l'appelle "ma table" car personne ne vient se joindre à moi. Cependant, à l'inverse de TaShon, je n'essaie pas d'être invisible. Je suis installée au beau milieu de la cantine. Je n'ai pas honte de moi-même. En cours, c'est la même histoire: mes camarades m'évitent comme la peste. Dans mon ancienne école, lorsque les professeurs obligeaient un élève à se mettre à côté de moi, il se mettait à hurler: "Je ne veux pas, je ne veux pas!". 
Mes professeurs, croyant voir que la situation ne me dérangeait pas, ont fini par laisser tomber. En réalité, l'attitude de mes camarades me blesse, mais par fierté, je n'en montre rien. Au déjeuner, je lis; en classe, je me concentre sur le professeur et le tableau. J'efface de mon champ de vision les élèves et préfère imaginer que ce sont des fantômes, eux aussi."

lundi 28 décembre 2015

Intentions en vrac pour 2016




1. Passer plus souvent la journée à Paris en semaine,
pour voir mes contacts pros et visiter des expos XXXX
2. Refaire mon profil LinkedIn
3. Lire au moins un ouvrage de non-fiction par mois XXXXXX
4. Soutenir un projet créatif ou une cause qui me tient à coeur chaque mois XXXX
5. Faire venir l'électricien à Monpatelin pour résoudre tous les petits problèmes 
de prises et d'éclairage
6. Remettre le gaz dans ma cuisine
7. Suivre un MOOC sur la pleine conscience
8. ...ainsi que des cours de HTML et de CSS sur Code Academy
9. Décrocher une traduction de bouquin de développement personnel
10. Passer ma deuxième coloscopie
11. Prendre un second avis gynéco
12. Changer mes lunettes pour voir de loin
13. Tester la Zombie Room d'Enigma Escape, à Toulouse
14. ...et la nouvelle salle Sous-Marin de Hint Hunt à Paris avec les VIP
15. ...et puis aussi la Tour du Monde en 80 Jours de Leavin' Room
16. Privilégier le vin blanc
17. Goûter de nouveaux cocktails
18. Mettre des sous de côté pour le ravalement de façade de ma résidence
19. Retourner en Suisse (pour mon anniversaire?)
20. Aller en Ecosse en juin
21. Fêter dignement nos dix ans de relation avec Chouchou
22. Me refaire un ombré hair, mais dans les tons roux
23. Couper mes cheveux en carré flou
24. Monter dans le ballon de Paris au parc André Citroën
25. Organiser deux troc parties, une en janvier et l'autre pendant l'été
26. Tenir un art journal
27. Virer les fournitures de scrapbooking qui ne me serviront plus
28. Essayer un cours d'aerial yoga
29. Refaire un stage de carnets de voyage avec mon amie Antonia
30. Créer (et alimenter) un compte Instagram pour l'Annexe
31. Bruncher avec Garulfo
32. Utiliser Facebook pour échanger plus souvent avec ma soeur et David
33. Changer de conseiller bancaire
34. Envoyer plus souvent des cartes postales ou de voeux à mes amis
35. Initier une pratique quotidienne de yoga
36. Changer la bannière du blog fin juin et fin décembre
37. Acheter un nouveau grille-pain pour Monpatelin
38. ...et une poêle en céramique pour Bruxelles
39. Aller à une réunion du collectif Yarn Bombing Bruxelles
40. Rencontrer Jenny Trinity lors de mon prochain passage à Toulouse
41. Tester un kit de pleurotes roses à faire pousser chez soi
42. Planter des herbes aromatiques sur mon rebord de fenêtre à Bruxelles
43. Faire un gros tri dans mes sacs à main
44. Organiser une nouvelle ronde de poches
45. Refaire une fournée d'enveloppes-mystère
46. Proposer un nouveau challenge Instagram sur 30 jours
47. ...et un atelier à thème en 30 jours aussi sur le blog
48. Donner mon sang
49. Elargir mon répertoire culinaire
50. Réorganiser ma bibliothèque iTunes

"L'île Louvre" (Florent Chavouet)


Après une brève incursion dans la fiction avec "Petites coupures à Shioguni", Florent Chavouet revient au style d'album descriptif qui l'a fait connaître. Cette fois, cependant, nous ne sommes pas au Japon mais dans le plus grand musée du monde, dont l'auteur a longuement exploré les coulisses et observé les visiteurs. On retrouve avec bonheur le charme de ses dessins aux crayons de couleur et de ses perspectives fabuleuses. On rit des remarques savoureuses ou absurdes qu'il a relevées. ("Bonjour, où est Le dernier soupir, s'il vous plaît?" "Vous voulez dire Le dernier souper ou La Cène, je suppose. Ce tableau est à Milan, en Italie." "Oui oui c'est ça. Mais c'est où Milan sur le plan?") "L'île Louvre" est donc un bon album, dont j'avoue néanmoins qu'il ne me laissera guère de souvenirs tant son sujet de base m'intéressait peu. Mais les amateurs de musées et d'art classique devraient adorer.




dimanche 27 décembre 2015

Les brèves de la semaine #50




- Lundi, je reçois mon sac Nicky de Sabrina. Il est un peu plus petit que je l'imaginais, mais vraiment beau. J'hésite à le garder et fais un test de remplissage. J'arrive à y caser mes essentiels, à l'exception de ma petite trousse de toilette dont je ne me sers quasiment jamais. Reste à l'imperméabiliser avant de l'exposer à l'humidité bruxelloise. 

- En publiant sur mon mur Facebook l'annonce qu'Hermione sera interprétée par une actrice noire dans la pièce "Harry Potter and the cursed child", je déclenche involontairement une discussion houleuse sur la colorblindness. Pulvérisé, le record de popularité précédemment détenu par le débat sur le légume le plus haïssable de la Création!

- Mardi midi, le facteur m'apporte deux nouvelles cartes de voeux, dont l'une contient un morceau de gruyère suisse (♥︎), ainsi que le premier tome de la série de thrillers australiens que je traduirai à partir du printemps prochain.

- L'après-midi, j'erre comme une âme en peine dans le centre-ville, histoire de faire mes 10 000 pas quotidiens. Le café Wittamer où je voulais m'installer pour lire avec une pâtisserie est fermé; les autres endroits où j'envisage de me poser sont blindés de monde et l'atmosphère des fêtes me déprime plus que jamais.

- La Poste signale comme livré au 11 décembre le colis d'une participante au Secret Santa qui n'a jamais rien reçu. Ils me fatiguent, mais ils me fatiguent...

- Mercredi après-midi, je donne rendez-vous à Crevette Dread du collectif Yarn Bombing Bruxelles pour lui remettre les deux tiers de mon stock de laine en rab', vu que je ne crochète plus depuis deux ans et que ça m'encombre inutilement. On papote un moment des activités du collectif, et comme leur lieu de réunion n'est pas loin de chez moi, il est possible que j'aille y faire un tour un lundi soir de début 2016 - si j'arrive à surmonter ma phobie sociale.

- Jeudi soir, nous mangeons un plat Picard et un gâteau Méert devant deux épisodes bien gore de Jessica Jones. A 21h30, nous bâillons de concert. A 22h, nous sommes couchés. A 22h30, j'éteins la lumière. A minuit, je suis réveillée en sursaut par un feu d'artifice tout proche, et je me donne un tour de reins. Joyeux Noël.

- Vendredi, un sac poubelle de 100 litres à la main, Chouchou commente sur un ton désabusé: "Y'a rien qui évolue dans nos vies, y'a que les poubelles qui se remplissent." Ce qui, au propre comme au figuré, résume assez bien mon sentiment sur l'année touchant à sa fin. D'ailleurs, je passe la journée à faire du rangement et du ménage.

- Samedi après-midi, pour me tirer de mon marasme, je décide d'aller voir l'expo "2050: une brève histoire de l'avenir". Effectivement, c'est bref: 20 mn à déambuler parmi des oeuvres superficielles au possible pour 14,50€, ça fait un peu chérot. Si encore c'était bien - mais non, le propos est délibérément nihiliste, socialement irresponsable et moralement suffoquant. Je ressors de là avec une furieuse envie de faire bouffer ses tripes à un curateur.

- En théorie, j'ai bien mérité de m'écrouler sur mon canapé avec un repas indien de chez Marks & Spencer. Dans la pratique, il n'y en a plus au magasin. L'espace d'une seconde, j'envisage de m'asseoir au milieu du food court et de me mettre à pleurer que j'en ai marre de cette semaine de merde venant clôturer une année de merde. Un reste de dignité me retient.

- Au final, ce sera un pad thai du Tom Yam (qui a été racheté par Walkin Thai depuis notre dernière commande) devant le series finale de "Downton Abbey". Je n'aurais jamais cru que Thomas le valet parviendrait un jour à me tirer une petite larme. La série me manquera; même à son plus inepte, elle restait toujours plaisante à regarder.

- Dimanche, je lance un concours sur ma page Instagram (lien dans la colonne de droite) pour fêter mes 500 followers. En jeu: l'agenda Mr Wonderful 2016, que j'avais commandé pour moi, qui ne correspond finalement pas à mes besoins mais qui est bien trop joli pour que personne ne s'en serve! Concours ouvert à tous les résidents d'Europe jusqu'à lundi (demain) minuit. 

- Ce soir, nous dînons avec la famille de Chouchou. Ca me fera une occasion d'étrenner ma nouvelle robe rouge Cora Kemperman dont je suis totalement amoureuse.

Bonne fin de week-end et excellente semaine à tous.

samedi 26 décembre 2015

2015 dans le rétro




Janvier: Sous le soleil de Porto, 2015 commence par un moment magique dans la cour d'un salon de thé. Rude retour à la réalité avec l'attentat contre Charlie Hebdo - mais de ce carnage naît une mobilisation qui fait chaud au coeur. Contre toute attente, je me prends au "jeu" du 30 Day Shred, même si le retour de mes règles après presque 8 ans d'absence me provoque une sacrée angoisse.

Février:  Plein de chouettes moments entre amis - un après-midi à papoter autour d'un thé chez Sara et Yal; une troc party secrète; un dîner avec Fleur au Bistro des Artistes; un goûter avec Kiki et sa fille; un déjeuner parisien avec Béné. Suspension momentanée des publications de Delpierre, qui me règle tout de même le solde de ma dernière trad. Toujours à fond dans le fitness, j'attaque le Ripped in 30. Ma mère se fait arnaquer d'une somme très importante par un faux ouvrier; heureusement que ma soeur et mon beau-frère veillent au grain.

Mars: Je m'inscris enfin sur LinkedIn. Atteint de la maladie d'Alzheimer, Terry Pratchett décède à l'âge de 66 ans. Pour la première fois depuis plus de 3 ans, Chouchou descend à Monpatelin. Je fête mon anniversaire pendant 4 jours d'affilée sur Toulon et Paris, avec 2 escape games et plein de vieux potes (voir Fanfan avec un bébé, ça me fait tout drôle!). J'adore mes nouvelles lunettes de près, d'énormes hublots rouges Caroline Abram.

Avril: Trolls & Légendes, royaume de l'interminable file d'attente pour la seconde et dernière fois - mais j'ai quand même pu parler brièvement à David Petersen et Trudi Canavan. Pour les 45 ans de Chouchou, je lui offre une déclaration d'amour en bocal. La découverte d'une boule dure dans ma nuque m'affole pour rien: ce n'est qu'une touffe de cheveux incarnée! Mon médecin m'apprend que le fitness n'est pas du tout une activité adaptée à mon âge et à mon objectif - gros découragement.

Mai: Cette année, ce n'est pas un mois sabbatique, mais je profite d'une date de remise calculée large pour me la jouer très cool niveau boulot. Un beau (et calorique!) week-end de 4 jours à Lausanne, qui nous voit entre autres choses tester un escape game suisse. Nuit magique à la Maison Flagey, merveille Art Déco transformée en chambres d'hôtes. Mon blog a déjà 10 ans. J'investis dans un tracker d'activité. Je rentre des Imaginales passablement déprimée, avec une impression de fin d'époque.

Juin: Un samedi ensoleillé à Maastricht (visite d'une librairie installée dans une église, pause lecture chez Zondag, délicieux burgers avant de prendre le train du retour). Ma tante a un cancer du sein, tandis que ma deuxième mammo est nickel. Un dîner à la terrasse des Têtes d'Ail avec Fleur. Horreur: j'ai une souris à Monpatelin! La Cour Suprême des USA légalise enfin le mariage pour tous dans l'ensemble du pays. Une journée sympa à Paris (Walaku avec Kettch, Hélie et Mélu, Betjeman & Barton avec mes lectrices), qui se termine malheureusement par une panne de Thalys. Chouchou trouve du sang dans ses urines.

Juillet: La Grèce dit "Non" au plan d'austérité, mais se fait quand même ratatiner par l'UE. L'opération de ma tante se passe aussi bien que possible, et Chouchou a juste un gros calcul dans un rein, ouf! Je fais changer l'escalier de ma mezzanine par Jean-Michel.

Août: Pour la première fois, Chouchou et moi en venons aux mains lors d'une dispute particulièrement violente. Je suis choquée, et nous procédons à un audit complet de notre couple dans la foulée. Les vacances en famille se passent mieux que prévu, avec notamment deux escape games très réussis. Contente de me réconcilier avec Sunalee après presque un an de brouille. Le chat de ma mère se fait écraser; elle reprend aussitôt une petite minette tricolore de 2 ans dans un refuge. Le mois se termine mieux qu'il n'a commencé avec une chouette journée en amoureux à Mons.

Septembre: Je réussis à capturer "ma" souris et à m'en débarrasser sans lui faire de mal: grosse victoire sur ma phobie. Début de mes deux premiers MOOC, "The science of happiness" et "The science of everyday thinking"; je suis ravie de me remettre à étudier. Les réfugiés affluent au camp du parc Maximilien et les pouvoirs publics ne font rien. Une journée à Lille avec Philippe et Stéphanie: l'escape game local est nul, mais nous nous rattrapons avec un délicieux goûter chez Meert. De nos vacances à Budapest, je retiendrai surtout les fabuleux chocolats chauds et les trois escape games géniaux qui me donnent envie de revenir juste pour en faire d'autres.

Octobre: Deux mauvaises nouvelles pro coup sur coup, et mon planning du premier 2016 se retrouve brusquement désert - panique à bord. Vendre l'appart'? Me reconvertir dans le coaching pensée positive/pleine conscience? Pour nos 9 ans, vol de découverte à l'Airspace Indoor Skydiving de Charleroi. Le cancer de Yal l'emporte par une douce matinée d'automne.

Novembre: L'adieu à Yal nous rassemble autour de son cercueil en carton - dont je publie une photo qui me vaut une salve d'insultes. Une belle journée à Paris (déjeuner avec Béné, expos Benjamin Lacombe et Hey! III, goûter avec Shermane), et le lendemain, l'horreur absolue des attentats du vendredi 13. Bruxelles en état d'alerte terroriste maximum; heureusement que les lolcats sont sur Twitter pour détendre un peu l'atmosphère. Dans ce climat triste et angoissant, je dois le salut de mon moral à mes copines amies et aux chouettes moments passés avec elles: un apéro avec Gasparde, un lunch/shopping/goûter avec Gaby, un dîner avec Fleur. "Ici" est nommé meilleure BD de l'année par le magazine LIRE.

Décembre: Star Wars VII: l'expo de statues de glace à Liège me suffira, merci. Avec des températures qui tournent autour de 15°, ce mois est anormalement doux, même si je ne songe pas à m'en plaindre. Des fêtes de fin d'année déprimantes, marquées par les soucis de boulot de Chouchou.

"La passe-miroir T1: Les fiancés de l'hiver" (Christelle Dabos)


Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers: elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel

Ouah. 
OUAH. 
OUAAAAAAAAAAH. 
Pour un peu, j'en perdrais ma capacité à former des phrases cohérentes. 
Je ne comprends pas comment j'ai attendu si longtemps pour découvrir le premier tome de "La passe-miroir", lauréat du concours du premier roman jeunesse organisé en 2012-2013 par Gallimard. J'avais bien aperçu quelques critiques dans divers blogs de lecture, et Amazon me le recommandait avec insistance, mais j'ai fait une indigestion de fantasy il y a bien longtemps, et depuis, je suis devenue très, très sélective sur mes lectures en la matière. Au cours de la dernière décennie, seuls ont trouvé grâce à mes yeux la série des Kushiel de Jacqueline Carey et celle des Salauds-Gentilhommes de Scott Lynch. Alors, de la fantasy jeunesse écrite par une auteure française, ça ne m'attirait pas plus que ça a priori.

Et puis, par curiosité et parce que je ne cessais d'en entendre beaucoup de bien, je me suis plongée dans les 500 pages des "Fiancés de l'hiver". Et dès le premier chapitre, j'ai été complètement happée par l'univers riche et original de Christelle Dabos. La Terre, ronde autrefois, a volé en éclats pour donner naissance à différentes arches, mondes fragmentaires sur lesquels règnent des esprits de famille immortels. Les descendants humains de ces esprits sont dotés de pouvoirs qui diffèrent sur chaque arche, voire à l'intérieur de chaque clan. Ainsi, sur Anima, ce sont des animistes qui communiquent avec les objets et savent les faire se mouvoir par leurs propres moyens. Au Pôle, on trouve les Dragons capables de donner des coups de griffes mentaux, les Mirages qui sont des créateurs d'illusions ultra-réalistes, et bien d'autres encore qu'on ne découvre qu'au fil des chapitres.

Dans ce monde steampunkisant complexe évolue Ophélie, une héroïne très différente de celles qu'on trouve habituellement dans les romans de fantasy: maladroite en diable depuis un accident de miroir survenu alors qu'elle avait 13 ans, toujours vêtue de vieux habits élimés, de bottines dépareillées et d'une immense écharpe-golem qui se comporte comme un chat, si discrète qu'on l'entend à peine quand elle parle, pas romantique pour deux sous mais terriblement obstinée sous son apparente fadeur. Elle est entourée de personnages secondaires tout aussi bien campés: Thorn, son taciturne et mystérieux fiancé dont elle ne parvient pas à comprendre les motivations; la tante Berenilde, favorite d'entre les favorites, la beauté et le charme incarnés mais une redoutable manipulatrice; l'ambassadeur Archibald, déroutant de franchise et dont le passe-temps favori consiste à cocufier tous les époux de son entourage; Renard, le valet roux intéressé mais bon camarade; Gaëlle, la mécanicienne qui a de bonnes raisons de dissimuler un de ses yeux en permanence...

Outre cet univers passionnant et ces personnages formidables, "Les fiancés de l'hiver" possède deux énormes atouts. D'abord, une intrigue savamment tissée. Prise dans les manigances de la cour du Pôle, Ophélie ignore à qui elle peut se fier; les gens les plus attentionnés envers elle nourrissent souvent des intentions cachées, tandis que ceux dont elle se méfie au premier abord se révèlent des alliés potentiels - ou pas. Nul n'est tout noir ou tout blanc: chacun sert ses propres intérêts, et pour une étrangère au Pôle, il est très difficile d'en démêler les fils. Ensuite, Christelle Dabos écrit fichtrement bien, avec un style maîtrisé et plein de fantaisie qui fait jaillir les images sous les yeux du lecteur. Sa façon d'employer ça et là de vieux mots un peu désuets donne énormément de saveur à la narration. Bref, vous l'aurez compris, je suis totalement sous le charme de "La passe-miroir", qui ne m'a tenu trois jours que parce que je bossais en même temps et me forçais à me rationner. C'est certainement ma meilleure lecture de l'année, et une des meilleures lectures de fantasy de ma vie. Avant même de rédiger ce billet, je l'avais déjà fait acheter à trois personnes de mon entourage. Quant à moi, je dois patienter jusqu'à début janvier pour lire le tome 2 paru en novembre dernier. 

vendredi 25 décembre 2015

Nouveaut(h)é: Fuka-Mushi Sencha d'Unami




A cause de mes goûts hyper spécifiques et de mon placard déjà plein, j'achète de moins en moins de nouveaux thés. Mais il y a quelques semaines, je me suis rendue au salon de thé Unami pour un goûter-lecture, et j'ai testé un Sencha de catégorie 3 (sur 4) tellement délicieux qu'en partant, j'en ai pris un sachet de 100g pour la maison.

Très délicat, le Fuka-Mushi s'infuse à 70° pendant seulement une minute - mais peut être réutilisé jusqu'à trois ou quatre fois. Il donne une infusion d'un vert-jaune clair, hyper légère en théine, ce qui en fait un excellent compagnon du soir: en boire après le dîner ne m'empêche absolument pas de dormir. Son goût est frais, très légèrement herbacé et pas du tout amer. Il est préférable de le conserver au frigo dans son sachet d'origine, et ses aiguilles sont si fines qu'elles tombent facilement en poussière: mieux vaut donc le préparer avec un filtre jetable que dans un filtre métallique qui laisserait passer des particules dans les tasses. Bien qu'il ne soit pas donné (19,90€ les 100g), Chouchou et moi l'aimons tellement qu'il deviendra sans doute un de nos basiques. 




Ce thé peut être commandé en ligne ici

jeudi 24 décembre 2015

"The affair" saison 2


Dans la première saison de "The affair", Noah Solloway, un écrivain new-yorkais marié et père de quatre enfants, entamait une liaison de vacances avec Alison Bailey, une serveuse de Montauk paumée depuis la mort de son jeune fils. Dans la deuxième saison, les héros ont quitté leurs conjoints respectifs pour refaire leur vie ensemble. Assez vite, il apparaît que sorti de leur passion charnelle, ces deux-là n'ont pas grand-chose à faire ensemble, et leur relation de couple "installé" devient aussi problématique sinon davantage que celle qu'ils avaient avec leur partenaire précédent. Parallèlement, quelques années plus tard, l'enquête sur la mort de Scott Lockhart se poursuit, et l'avocat engagé pour défendre Noah met à jour des éléments très troublants...

La grande nouveauté de cette deuxième saison, c'est que deux nouveaux points de vue viennent s'ajouter à ceux de Noah et d'Alison: ceux de leurs ex Helen et Cole. Excellente idée, car cela permet d'éviter que le concept ne s'enlise en présentant l'autre son de cloche sur l'échec de chaque mariage et les conséquences de l'infidélité pour les deux conjoints abandonnés. Helen s'humanise considérablement, tandis que Cole apparaît comme un être tourmenté et plus complexe qu'au premier abord. Au final, ils sont les grands gagnants de cette deuxième saison, à la fois dans leur vie personnelle et dans l'estime du spectateur. Pendant ce temps, on désespère de voir Noah et Alison se fourvoyer avec une constance admirable, en prenant toujours la pire décision possible. Noah, que je trouvais juste agaçant dans la première saison, se conduit jusqu'à la dernière minute de la deuxième comme un insupportable connard guidé uniquement par son orgueil et sa libido. Alison demeure insondable mais devient un peu pénible dans sa passivité, son silence et sa propension à s'attirer des ennuis. Ensemble, ils sont incroyablement tête-à-claques.

Outre le fait qu'elle aborde la deuxième étape de leur histoire - après la liaison clandestine, l'officialisation et la reconnaissance de leur couple -, cette saison s'attaque franchement à l'aspect procedural qui n'avait été qu'effleuré jusque là. Nous savons désormais qui est mort à Montauk; reste à découvrir les circonstances du crime, l'identité de l'assassin et son mobile. Je craignais que les scénaristes, ayant une troisième saison assurée, ne nous fassent languir jusque là, mais non: le finale apporte la réponse à toutes ces questions, une réponse qui place les héros dans une situation ultra-délicate. Comment vont-ils se sortir de là? Je pense que la troisième saison aura fort à faire pour nous le montrer. En résumé, cette deuxième saison amorce un virage assez radical, accompagné d'un changement de ton et d'atmosphère qui peut désarçonner. Mais de mon point de vue, elle reste assez intrigante et bien ficelée pour conserver tout mon intérêt.

mercredi 23 décembre 2015

"Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une" (Raphaëlle Giordano)


Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l'impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts? Tout ce qu'elle veut, c'est retrouver le chemin de la joie et de l'épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l'y aider, elle n'hésite pas longtemps: elle fonce. A travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves...

Coach en créativité et en développement personnel, auteur de "Mon carnet de coaching 100% bonheur", Raphaëlle Giordano a eu l'excellente idée de proposer un tour d'horizon assez exhaustif des méthodes permettant de prendre sa vie en main pour plus de bien-être et de bonheur - ceci, non pas sous la forme un peu barbante d'un manuel, mais sous celle d'une thérapie romancée et ultra-ludique. On peut très facilement s'identifier à Camille qui, sans avoir de réel problème, a laissé la pression du quotidien éteindre sa joie de vivre en minant ses relations avec son mari et son fils, ou en la maintenant dans un boulot qui ne l'excite plus. Bien que sceptique à la base, elle va se prêter au jeu et, malgré les moments de découragement, franchir un à un les obstacles qui la séparent d'une meilleure version d'elle, plus sereine et épanouie. A la fin, un vade-mecum récapitule toutes les méthodes abordées afin que le lecteur puisse s'y référer plus facilement. 

Soyons honnêtes: j'ai bien failli être rebutée, d'abord par le titre à rallonge vaguement sentencieux, puis par les trente premières pages que j'ai trouvées atrocement mal écrites, avec entre autres défauts une profusion d'images toutes moins judicieuses les unes que les autres. Mais dès qu'on entre dans la thérapie de Camille proprement dite, "Ta deuxieme vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une" devient franchement intéressant. C'est une excellente première approche du développement personnel pour les néophytes, un moyen de dédramatiser le concept et de le rendre accessible à tous. Sans aller jusqu'à chambouler sa vie de fond en comble comme Camille le fait au fil des pages, chacun pourra y piocher les méthodes les plus appropriées à son cas, les explorer davantage sur internet ou par le biais d'ouvrages spécifiques, voire les mettre en application seul.

"- Pour l'instant, agissez déjà sur votre vie de couple, devenez moteur de la relation, donnez plus!
- On en revient un peu à la case départ, vous ne trouvez pas? Pourquoi ce serait toujours à moi de faire des efforts? Pourquoi pas lui? 
- Parce que nourrir positivement la relation vous reviendra au centuple. "Faire du bien aux autres, c'est de l'égoïsme éclairé", disait Aristote. Et puis, pensez que pour l'instant, c'est vous qui avez un temps d'avance en développement personnel. C'est donc à vous de lui montrer le chemin. Peut-être aussi vous est-il plus naturel de prendre des initiatives? (...) Convenez que mieux vaut renoncer à être dans le classique duel du "qui fait quoi", cette compétitivité négative pour déterminer lequel, dans le couple, est le plus méritoire. (...) Partez du principe que l'autre essaie de donner le mieux de ce qu'il peut dans la relation à l'instant T, et retenez ce qu'il apporte de positif au lieu de vous concentrer sur ce qui vous déçoit, parce que ça ne correspond pas tout à fait à vos attentes. On récolte ce que l'on sème. (...) Semez du reproche, et vous récolterez rancoeur et désenchantement. Semez de l'amour et de la reconnaissance, et vous récolterez tendresse et gratitude."

La boîte d'Hortense, édition de Noël




Pour égayer un peu cette morne fin d'année, et parce que je n'avais plus fait ça depuis longtemps, j'ai eu envie de me commander une box surprise. J'ai un instant envisagé de prendre une édition spéciale de la Thé Box, mais frais de port compris, elle revenait à plus de 40 euros - pour un contenu dont je n'aimerais sans doute que la moitié dans le meilleur des cas, vu que les thés de Noël contiennent généralement de la cannelle, ça me semblait un peu gaspillé. 

Au final, j'ai arrêté mon choix sur l'édition spéciale de la Boîte d'Hortense, box belge à laquelle j'ai été abonnée trois mois et grâce à qui j'avais fait quelques découvertes sympathiques. Le site indiquait "envoi à partir du 20 décembre"; j'ai reçu ma box le lundi 21. Surprise: au lieu de la boîte ronde habituelle, c'était une boîte carrée plus classique - mais plus facile à ouvrir et plus pratique à ranger. Voici que j'ai trouvé à l'intérieur.




- Deux sachets de thé: une infusion ayurvédique aux épices Yogi Tea et un "Sonnenschein Tee" de la marque Alnatura que je suppose être une tisane à la verveine, mais sans certitude étant donné l'absence d'indication en français ou dans une autre langue que je comprends. 
- Un paquet de petites baguettes de sablé pur beurre au chocolat noir et pointe de sel Michel et Augustin, dont je suis au regret d'avouer qu'il a été englouti dans les cinq minutes suivant la prise de la photo ci-dessus - et comme tous les produits de la marque, ils étaient SUPER BONS.
- Un bâtonnet de sucre candi à tremper dans une boisson chaude. 
- Trois bougies chauffe-plat parfumées "pain au raisin, "oliban" (?) et "pomme d'amour", qui bien que glissées dans un sachet fermé embaumaient toute la boîte. 
- Un shampoing sec au lait d'avoine Klorane en format voyage - un produit que j'utilise déjà, que j'adore et dont je fais une grande consommation. Le petit pschitt sera parfait pour emporter en week-end. 
- Une lotion pour le corps de la marque belge Rainpharma, que je ne connais pas, parfumée à la lavande, au santal et au pamplemousse, sans silicones ni huiles minérales. Je testerai volontiers, l'odeur devrait me plaire. 
- Un masque hydratant-régénérant de la marque bio Fun'Ethic. Je l'essaierai avec prudence pour cause de peau ultra-réactive, mais je l'essaierai quand même. 
- Un tube de crème pour les mains au muguet d'Institut Karité. Je n'utilise pas du tout ce type de produit, il part donc sans tarder dans le sac de la prochaine troc party et ne sera pas perdu pour autant. 
- Un mascara noir Sexy Pulp d'Yves Rocher. Comme je ne me maquille plus, même remarque que précédemment. 

Dans l'ensemble, bien que très difficile en gourmandises et en cosmétiques, je suis contente de cette box dont la plupart des produits me serviront (ou finiront dans mon estomac). Je trouve le contenu plutôt généreux, et je serai contente de découvrir à cette occasion de nouvelles marques belges et/ou bio. 


mardi 22 décembre 2015

Pop Art in Belgium!


Samedi après-midi, après avoir acheté nos billets sur internet pour les payer 8€ au lieu de 10, nous nous sommes enfin décidés à aller visiter l'expo Pop Art in Belgium à l'ING Art Center. Pour les non-initiés, le Pop Art est un courant né en Grande-Bretagne dans les années 1960, caractérisé par le détournement ou l'exagération d'objets du quotidien dans le but d'explorer le fonctionnement et les ramifications de la société de consommation. Ses deux représentants les plus connus sont sans doute Andy Warhol et Roy Lichtenstein - même si leur nom ne vous dit rien, je vous garantis que vous avez déjà eu l'occasion de contempler certaines de leurs oeuvres. 

L'exposition met en évidence les influences étrangères sur les artistes belges du mouvement Pop Art, et la façon dont ceux-ci s'en sont approprié les codes. Elle comporte plus de 140 oeuvres, dont quelques vidéos, réparties sur deux étages en fonction de différents thèmes: vie quotidienne, érotisme, urbanisation, célébrité, guerre, féminisme... Au-delà des pièces d'artistes anglais que je connaissais déjà, j'avoue être restée un peu perplexe devant la production locale, notamment celle de Marcel Broodthaers dont le travail trahit une obsession perturbante pour les moules (le truc qu'on mange avec des frites, hein) (je préfère préciser, on ne sait jamais: il y a aussi des pièces très cul dans le lot). Disons que globalement, je ne me suis pas sentie interpelée ou émue, alors qu'en principe je suis assez amatrice de Pop Art. Encore un peu trop hermétique à la belgitude, sans doute. Au final, ce que j'ai le plus aimé, c'est le Photomaton où Chouchou et moi avons fait les andouilles pendant quelques minutes. 








ING Art Center
Place Royale 6
1000 Bruxelles
jusqu'au 14 février 2016
Fermeture hebdomadaire le lundi



lundi 21 décembre 2015

Permafungi: des pleurotes à l'assaut de ma cuisine!


J'avais envie d'essayer un des kits pour faire pousser des pleurotes chez soi qui fleurissent un peu partout en ce moment. Problème: la plupart d'entre eux reviennent une trentaine d'euros, sans les frais de port éventuels, ce qui me semblait un peu cher pour une expérience dont je n'étais même pas certaine qu'elle aboutirait (j'ai la main tellement pas verte que ça en est risible). Du coup, j'avais remisé mon envie au placard quand j'ai découvert qu'eFarmz en vendait pour la modeste somme de 14,95€. Comme je devais leur passer une commande de fruits et légumes de toute façon, j'en ai profité pour glisser un kit Permafungi dans mon panier! 




Je l'ai mis en culture dimanche dernier, en suivant bien les instructions: ôter la fenêtre de carton découpée sur la face avant de l'emballage, pratiquer une croix au cutter dans le plastique, placer en lumière du jour indirecte dans une pièce à la température comprise entre 15 et 25°, pulvériser à l'eau froide au moins deux fois par jour grâce au flacon fourni avec le kit. 




Il était indiqué que la première récolte devait survenir sous une dizaine de jours. Mais malgré 4 à 5 arrosages quotidiens, jusqu'à mercredi matin, je n'ai noté aucun changement au niveau de la surface blanche. Mercredi soir, enfin, un très léger renflement est apparu dans le coin supérieur droit. 




Jeudi matin, en me levant, j'ai constaté que ça y était, mes champignons avaient pris! A ce stade-là, ça ressemblait à des pousses de chou-fleur plus qu'autre chose, mais bon. Je les ai surveillés dans la journée, et vus évoluer sensiblement d'heure en heure. Le soir, déjà, la tête des excroissances commençait à brunir. 




Vendredi matin, on distinguait très bien les ébauches de champignons. Je trouvais à la fois merveilleux et limite flippant la vitesse à laquelle mes pleurotes se développaient!




Samedi matin, les lamelles étaient bien dessinées et les champignons commençaient à redresser leur tête. 




Dimanche matin, j'ai constaté qu'ils n'avaient presque plus grandi depuis la veille au soir, signe qu'ils étaient mûrs pour la récolte, et je me suis dit: "Ce soir, vous passez à la casserole!".




La récolte faite, Chouchou s'est attelé à la confection d'un risotto. Et je ne sais pas si c'est parce que le Riesling était de meilleure qualité que d'habitude, parce que Chouchou a exceptionnellement utilisé un mélange bouillon de poulet-bouillon de légumes ou parce qu'il a, pour une fois, omis les oignons dont je ne raffole pas dans ce plat, mais jamais ça n'avait été aussi subtil et aussi bon. Je ne suis peut-être pas objective, mais "mes" pleurotes avaient bien meilleur goût que celle que nous achetons d'habitude chez Delhaize. Bref, c'était une grosse réussite.




Et nous espérons bien remettre ça le week-end prochain puisqu'apparemment, le kit permet d'obtenir jusqu'à 3 récoltes d'affilée, pour 600g de pleurotes en tout. Alors bon, à 7€ la livre (non-bio, certes) sur le marché Flagey, on ne s'amusera pas à cultiver ses champignons dans le but de faire des économies. Mais j'ai trouvé l'expérience à la fois amusante et instructive (d'autant que jusqu'ici, j'aurais mis ma main à couper que le nom était du genre féminin!), et il me semble que ça pourrait faire un cadeau très sympa, notamment pour une famille avec enfants.

Les kits Permafungi sont disponibles chez Efamrz  ou sur le site propre de la marque, mais j'ai également vu le blanc à l'Exki place du Luxembourg où il coûte 17,95€, et chez Filigranes où il est à 18,95€. Hors de Belgique, on peut commander des kits similaires (mais plus chers) de pleurotes gris, roses ou jaunes chez Prêt-à-Pousser

"Ce qui était perdu" (Catherine O'Flynn)


1984. Kate Meany est une petite fille hors du commun. Au lieu de fréquenter les enfants de son âge, elle joue les apprenties détective avec sa peluche dans les rues de Birmingham et les allées de Green Oaks, le tout nouveau centre commercial. Le reste du temps, elle s'amuse avec son seul ami, un jeune homme qui travaille dans un magasin du quartier, à scruter les clients et imaginer leurs troubles secrets. Jusqu'au jour où elle disparaît...
2003. Depuis des années, Kurt, agent de sécurité, contemple les masses somnambuliques venues tromper leur ennui ans l'immense centre commercial. Une nuit, il aperçoit l'image furtive d'une petite fille sur un écran de contrôle. Lisa, employée chez un disquaire, trouve quant à elle une peluche dans un couloir de service. Ensemble, ils se lancent à la recherche de la fillette. Dans les entrailles labyrinthiques de Green Oaks, ils vont tenter de retrouver ce qui était perdu: l'enfance, l'innocence, l'envie de vivre. 

Pendant les cent premières pages, je me suis passionnée pour les aventures urbaines de Kate Meany. Cette fillette solitaire, pas très chanceuse dans la vie mais attachante de par sa vocation précoce d'enquêteuse, me faisait penser à une petite Fantômette obstinée. Du coup, sans être vraiment léger, "Ce qui était perdu" remuait alors en moi une nostalgie de l'enfance dont je ne suis pourtant pas coutumière, et je trouvais sa lecture plutôt agréable.

Puis le roman a fait un bond de vingt ans dans le futur pour devenir une sorte de docu-fiction sur l'aliénation des temps modernes, ayant pour cadre les couloirs d'un gigantesque centre commercial où clients  et employés errent en traînant les pieds comme des zombies. Et j'ai commencé à le trouver très juste, mais aussi très plombant. Seules lueurs dans sa monotonie abrutissante: les apparitions qui louchaient du côté de l'histoire de fantôme.

Si j'ai beaucoup aimé les deux parties chacune pour ses propres mérites, j'ai du mal à considérer l'ensemble comme un tout cohérent. Surtout vers la fin, lorsque des fils oubliés depuis belle lurette se rattachent in extremis pour expliquer la disparition de Kate - même si celle-ci hante en filigrane toute la seconde moitié de l'histoire. J'ai conscience que la différence de ton est justement là pour exprimer d'une part l'innocence de l'enfance et d'autre part la désillusion de l'âge adulte, mais de mon point de vue, le contraste entre les deux est trop brutal. Malgré cela, le premier roman de Catherine O'Flynn m'a fait une très forte impression - assez pour que je jette un coup d'oeil à ce que l'auteure a écrit ensuite.

"D'après Adrian, quiconque demandait des bonbons citron-chocolat était un assassin: il les avait lui-même en horreur et pensait que personne ne pouvait à la fois vivre dans le respect des lois et aimer une combinaison aussi improbable. "Ces gens-là vivent en dehors des normes de la société, Kate. Leur boussole morale est devenue complètement folle. Ils n'ont plus de repères." (...) Kate s'efforçait de fonder ses soupçons sur des éléments plus tangibles, mais elle-même ne pouvait s'empêcher de nourrir des doutes sur les mangeurs de chips aux crevettes. Ils s'accordaient pourtant sur le fait que dans l'ensemble, les acheteurs de Kit Kat étaient du côté des forces du bien."

"Il y avait quelque chose dans l'atmosphère de Green Oaks qui rendait tout le monde accro à la fadeur artificielle et aux calories de la nourriture reconstituée. Certains de ses collègues y laissaient tellement d'argent qu'elle se demandait s'il ne serait pas plus simple pour eux d'être payés toutes les semaines en injections intraveineuses d'amidon modifié et de graisses hydrogénées. Elle imaginait sans trop de peine des employés élevés en batterie, sous perfusion, avant d'être flanqués derrière un comptoir, et Crawford se frottant les mains devant l'augmentation du rendement."

dimanche 20 décembre 2015

Ne nous quittons pas fâchées, 2015




Je pense qu'on est tous d'accord pour dire que 2015 a été une année merdique. Aux attentats de Paris en janvier et en novembre, à la crise des réfugiés, à l'attitude intolérable de la classe politique vis-à-vis des défis économiques et humains qui se posent aujourd'hui sont venus s'ajouter, en ce qui me concerne, les maladies et les décès dans mon entourage, une conjoncture professionnelle de plus en plus difficile, une grosse crise de couple cet été, des finances qui nous ont empêchés de voyager comme nous aurions aimé le faire - et j'en passe. Mais cela ne doit pas occulter le fait que cette année a aussi apporté son lot de jolis moments, de grandes satisfactions et même de bonnes nouvelles. Il m'a semblé intéressant d'en dresser la liste pour ne pas rester sur une impression trop négative. 

En 2015, donc...

★ J'ai eu la joie de recommencer à travailler avec une éditrice que j'aime beaucoup et qui, tout juste embauchée dans une nouvelle maison, m'a proposé plusieurs traductions très enthousiasmantes: deux romans jeunesse géniaux cet automne, une série de thrillers australiens et un Gossip Girl futuriste intrigant à partir de l'an prochain. 
★ Nous avons passé un chouette week-end à Paris,  quatre jours fabuleux dans la région de Lausanne avec nos amis suisses, et une belle semaine à Budapest en amoureux. Peu de déplacements, donc, mais que du bon!
★ Nous avons testé pas moins de dix escape games dans quatre pays différents, et huit d'entre eux étaient vraiment super. J'ai été ravie de faire découvrir ce type de jeu à ma soeur, mon beau-frère et l'aîné de mes neveux, qui se sont bien amusés à en essayer deux avec nous.
★ Grâce au blog, j'ai fait deux autres expériences inoubliables: une nuit dans une maison d'hôtes Art Nouveau à Bruxelles, et un vol en simulateur de chute libre près de Charleroi. 
★ J'ai suivi mes deux premiers MOOC; j'ai trouvé ça très excitant et appris plein de nouvelles choses. Je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin. 
★ J'ai beaucoup progressé dans mon rapport aux autres. Je suis devenue plus compréhensive, plus tolérante, moins sur la défensive. C'est une grosse victoire personnelle. 
★ J'ai investi dans ma vie sociale et partagé plein de bons moments avec mes amis, que ce soit dans une salle dont nous devions sortir en moins de soixante minutes, un resto, un salon de thé ou un bar à cocktails. Je suis ravie de revoir les VIP de temps en temps, ainsi que mon amie d'adolescence Fleur, de m'être réconciliée avec Sunalee et d'avoir multiplié les contacts sur Facebook ou par courrier conventionnel avec les gens qui vivent loin de moi.  
★ Je me suis enfin décidée à créer le blog de lecture auquel je songeais depuis des années, ce qui m'a incitée à lire encore davantage (toujours une bonne chose, de mon point de vue!) et m'a rendue bizarrement plus prolixe sur un tas d'autres sujets sans rapport avec la littérature, afin de continuer à alimenter Le rose et le noir.
★ Je me suis réjouie très fort de la naissance de la fille de Sophie-Grosquick et de la grossesse de Ness, ainsi que (dans un tout autre registre) de la légalisation du mariage homosexuel dans l'ensemble des Etats-Unis. 

Et vous? Que garderez-vous de positif de cette année? 

Les brèves de la semaine #49




- Lundi, j'entame avec une pointe d'appréhension une nouvelle trad, le troisième tome d'une série de thrillers dont je n'ai pas fait les deux premiers. J'espère réussir à coller au niveau du ton...

- Je reçois la confirmation d'une autre trad que j'espérais vraiment faire en début d'année prochaine, et je suis joie. Du coup, petit point planning: je risque d'avoir... trop de travail en 2016. Enfin, j'arriverai à tout caser sans problème, mais certainement pas à prendre les longs congés dont je rêvais. Je préfère ça que l'inverse - mais l'univers est farceur, quand même.

- Plus moyen d'envoyer un mail à partir de l'adresse de L'Annexe sans vérifier mon compte, c'est-à-dire, donner mon numéro de téléphone sous prétexte d'"éviter les courriels indésirables". Et mon séant majestueux, c'est de la volaille élevée en batterie? Note à moi-même: remplacer le compte Hotmail de L'Annexe par un compte Gmail. 

- J'avais lu énormément de bien sur "Je suis Pilgrim"; pourtant, il me tombe des mains au bout de soixante-cinq pages. Ca a beau être soi-disant un thriller de génie, l'espionnage, je trouve ça super chiant. 

- Mardi, je reçois mon agenda Mr Wonderful, super joliment emballé et le jour promis, avec une sucette-smiley en bonus.

- Pendant que je bouquine tranquillement au M&S Café, je tombe sur ce passage: "Mon frère est un morceau de mon coeur. Il le sait. Nous sommes le même air joué par deux instruments différents". Je le relis une, deux, dix fois en pensant à ma soeur avec les larmes aux yeux.

- Pour fêter le remplissage de mon planning 2016, je m'offre une bougie parfumée "La Petite Fontaine" chez & others stories, et je me décide à commander le sac Sabrina qui me fait de l'oeil (après avoir beaucoup hésité entre le rouge en cuir lisse et le violet en nubuck).

- Mercredi, Chouchou lance un GoFundMe pour remplacer son appareil photo perdu au retour de notre voyage à Budapest - avec du Mini-MTLM et des séances de portraits à la clé!

- Coup de coeur pour un des cocktails du moment au Berger: l'Ecstasy, mélange de vodka, Cointreau, liqueur de fraise, jus d'ananas et citron vert. Par contre, le buffet italien du jour est klaffi de fromage - moi j'aime beaucoup, mais Gasparde ne peut quasiment rien manger.

- Jeudi, je me réveille avec une Migraine de l'Enfer (non, pas une gueule de bois): ça faisait longtemps. J'arrive à entamer ma journée normalement, mais après avoir avalé une demi-tartine, je dois filer aux toilettes pour vomir. Je passe l'heure et demie suivante à comater sous la couette et, malgré un emploi du temps assez chargé au niveau professionnel, décide de m'accorder exceptionnellement une journée de congé maladie.

- Le midi, je trouve dans ma boîte à lettres le 3ème tome de la Balance Brisée dédicacé par l'auteure et envoyé par BBL, ainsi qu'un renard porte-bonheur cadeau d'Autre Moi. Ce qui rachète assez bien ma matinée pourrie.

- Vendredi en fin d'après-midi, longue conversation Facebook sur le thème "Quel est selon vous le légume le plus haïssable de la Création?". Pour ma part, je suis Team Fenouil. Ca chauffe sévère entre les anti-salsifis et les anti-endives, tandis que les épinards si souvent décriés brillent par leur absence au classement. Fifo cite "les bigorneaux", au prétexte que c'est un fruit (de mer) et qu'on le prépare en plat salé - c'est donc un légume. Jeanne avance qu'elle déteste tous les légumes sauf le canard: dans sa famille on le sert toujours avec des frites; la pomme de terre ne pouvant être considérée comme un légume, forcément, ça tombe sur le canard. Mes amis sont barjots - mais ils ont des convictions légumières d'une vigueur admirable.

- Dans la soirée, je commence à me sentir mal. Dire je pourrais être à Zaventem, sur le point d'embarquer dans le vol pour Toulouse... C'est très dur de ne pas déprimer.

- Samedi matin, alléchée par un Instagram de Shermane, je passe une commande de thés japonais sur le site de Lupicia. Les petites boîtes en édition limitées sont franchement craquantes!

- Dimanche midi, en faisant quelques courses sur le marché Flagey, nous découvrons un nouveau food truck végétarien qui propose plein de choses alléchantes: le Sin Street Food. Nous nous installons autour d'une table minuscule, avec des seaux en plastique retournés en guise de sièges, pour dévorer nos délicieux burgers Big Sin. Il fait très doux pour un mois de décembre, et c'est un chouette lunch improvisé en "terrasse".

Bonne fin de week-end et excellente semaine à tous!