dimanche 4 août 2013

Canicule (et remède)




Les commerçants du village se plaignent tous de la chaleur: la boulangère qui officie à quelques mètres des fournils, la marchande de primeurs qui a 60 plateaux de melons à décharger à 16h... Seule la fleuriste s'en tire bien grâce à la fraîcheur s'échappant de ses frigos. Sortie de chez moi les cheveux encore trempés après ma douche, je suis rentrée une demi-heure plus tard avec toutes mes petites courses, les cheveux complètement secs, et je n'ai pas été fâchée de retrouver ma clim' dont la pose était finalement une idée de génie. L'après-midi, luttant contre une torpeur qui m'incitait à faire la sieste, j'ai lu sur mon canapé puis, quand la température extérieure s'est enfin décidée à tomber vers 19h, je me suis transportée sur mon balcon. Le soir, je n'ai pu m'endormir que le ventilateur réglé sur minuteur et tourné vers moi, allongée en petite tenue par-dessus les draps. L'été dans le sud, quoi. 

Ce n'est pas que je ne souffre pas de la chaleur (passé 35°, je transpire et je crame comme tout le monde), c'est que j'aime toutes les petites choses qui l'accompagnent. Le bruyant crincrin des cigales dans les pins parasols. L'odeur de poussière et de sève mêlées. Le bleu uniforme du ciel et les ondulations qui montent du bitume, pareilles à des mirages. L'excuse parfaite pour porter une jolie capeline ou un crâne petit chapeau de paille. Les orteils gaiement vernis de rouge dans les sandales. Le parfum des fruits d'été dans la corbeille, l'explosion des tomates dégoulinantes de jus quand la peau cède sous les dents. Le thé glacé consommé par litres dès le réveil. Le linge à peine pendu et déjà presque sec. Le moindre souffle d'air éprouvé telle une caresse divine. L'impression que le monde tourne au ralenti et que les journées n'auront jamais de fin. L'indolence permise. La sensation d'être en vacances même quand on travaille. L'optimisme automatique dans la lumière qui inonde tout. 

Vendredi après-midi, après quelques heures de travail étonnamment productives, j'ai eu la flemme de me traîner jusqu'à l'arrêt de bus pour tenter de gagner une zone où il y aurait de la vie. Au lieu de ça, je suis allée m'installer dans un des fauteuils en bambou du bar de la place avec le bouquin du swap bonne humeur et un diabolo-menthe à 1,60€, servi avec le sourire et l'accent du Midi. Pendant une heure, j'ai lu à l'ombre des platanes où circulait une brise très légère et où il faisait divinement meilleur que dans les rues goudronnées. C'était un moment ordinaire et parfait comme je les chéris tant. 

1 commentaire:

mmarie a dit…

Cette terrasse a l'air simplement parfaite.
"Un moment ordinaire et parfait" : il faut que je les repère et les chérisse un peu mieux que je ne le fais pour l'instant.
(Et que je me décide à acheter un ventilo, moi la nordique dont les neurones fondent dès qu'on passe 25° ;-)