samedi 23 juin 2012

Où fouiller en moi me donne la migraine (et des pulsions étranges)


Je viens de prendre mon troisième Doliprane 1000 en 24h. Alors que je déteste les médocs et que j'en consomme toujours le moins possible. Mais hier, je suis sortie de l'atelier à 18h passées avec un sérieux début de migraine. Le temps d'arriver chez moi, j'avais la tête dans un étau et alors que je venais de passer la journée assise, je me sentais vidée comme si je venais de courir un semi-marathon. A grand regret, j'ai laissé Chouchou se rendre seul à la première édition bruxelloise de Dr. Sketchy, et je n'ai pas réussi à faire quoi que ce soit de productif dans les trois heures qu'a duré son absence - juste lu les 40 dernières pages de "Jennifer Strange, dresseuse de quarkons" (un vrai régal). 

Je me suis réveillée ce matin avec la même migraine tenace, et traînée jusqu'au Serendip Spa presque à contrecoeur. C'est à peine si le chausson aux pommes acheté en cours de route pour remplacer mon petit déjeuner habituel m'a fourni assez d'énergie pour arriver à destination. Une fois que nous avons commencé à travailler, mon mal de tête s'est envolé, ce qui m'a permis de faire quelques découvertes assez perturbantes, et notamment que tout au fond de moi, je pensais qu'il n'y avait en ce monde aucun trésor qui vaille la peine d'être trouvé - mais que par contre, c'était un scandale de massacrer un beau sac en cuir en le jetant à la mer. Pour la joie de vivre et le détachement des choses matérielles, on repassera. 

J'ai déjeuné chez Exki avec une demi-douzaine d'autres stagiaires d'autant de nationalités différentes, ce qui a donné une conversation très intéressante - et un grand éclat de rire de ma part quand l'Australienne, à qui on demandait quelle différence elle voyait entre Sydney et Bruxelles, a répondu spontanément: "Votre architecture est tellement plus homogène!". 

Contrairement à hier, j'ai fait très attention à manger peu pour ne pas somnoler pendant une bonne partie de l'après-midi. Raté: à peine avions-nous repris le travail que j'ai senti mes yeux commencer à se fermer tout seuls! Je n'avais décidément pas envie d'aller là où Catherine essayait de nous conduire. Mais elle m'a forcée à faire le voyage quand même, à couper plusieurs cordons liés à des événements ou des personnes de mon passé qui m'empêchaient d'avancer. A un moment, j'ai failli me lever et quitter la salle. Je suis restée, j'ai fini l'exercice, et j'en ai payé le prix: ma migraine est revenue à la charge. 

La fin de l'après-midi a été extrêmement pénible, surtout quand il a fallu reproduire certains des douze travaux d'Hercule. Sommées de faire taire les harpies qui les insultaient, mes petites camarades leur ont donné à manger ou attaché le bec, les ont capturées et livrées à un zoo ou leur ont joué de la musique pour les faire danser. Moi? Je les ai descendues à coups de pierre, rôties au feu de bois et bouffées pour leur apprendre à m'emmerder. Et quand il a fallu me procurer la ceinture d'or, au lieu de la voler comme toute personne normalement constituée, j'ai fait un cunni à Vénus pour la convaincre de me la donner. Je suis ravie d'avoir découvert que confrontée à un problème, mes deux solutions préférentielles sont la violence et la prostitution. Et que je ne suis même pas assez maligne pour me faire payer AVANT de coucher.

A peine Catherine nous avait-elle donné congé que j'ai filé sans dire au revoir à personne pour rentrer à la maison. Chouchou m'a préparé des gyozas que nous avons mangés devant un épisode de "Brothers & Sisters". Là, il est 21h et je rédige ce post depuis mon lit. Je n'ai aucune envie de retourner au stage demain. Chouchou, beaucoup plus habitué que moi à ce genre de torture mentale, m'assure que migraine et épuisement physique sont tout à fait normaux. Je n'ose même pas imaginer dans quel état je serai lundi matin pour reprendre le boulot.

Photo sous Licence Creative Commons par Sasha Wolff

1 commentaire:

La princesse a dit…

Pour ton mal de tête, je confirme ce que te dit Chouchou : épuisement physique ou forte tension nerveuse : méchant mal de crâne assuré.

Et aussi, tu dis toi meme que tu n'avais pas envie d'aller là ou Catherine vous amenait..."Si ça fait mal d'y aller, alors je veux pas y aller, j'évite"
En tous cas, des bisous pour demain, et ça ira surement lundi.