lundi 21 mai 2012

"Un jardin extraordinaire"


En voyage au bout du monde ou au volant de sa voiture, Maud Ritter sème le désordre partout où elle passe. Rien ne résiste à la tyrannie de son énergie. Mais il suffit d'une rencontre dans un train avec Fox, grand maigre aux allures d'évêque, pour réveiller chez elle les feux éteints de la séduction. 

Ni le titre de ce roman de Sophie Bassignac, ni l'illustration du bandeau, ni même la quatrième de couverture ci-dessus ne m'auraient convaincue d'acheter  "Un jardin extraordinaire". Mais il se trouve que j'en avais lu une critique très alléchante dans un magazine féminin quelques jours avant ma visite à la Fnac. Alors, je me suis autorisé ce craquage, et je ne l'ai pas regretté. 

"Un jardin extraordinaire" est de ces romans que l'on hésite à dévorer d'une traite ou à économiser pour le faire durer le plus longtemps possible. Sophie Bassignac a une écriture lumineuse et pleine de vie - presque autant que son héroïne, femme sublimement libre et solaire dont l'ennui est le pire ennemi. Son jardin éphémère, renouvelé à chaque saison, reflète le chaos magnifique qui bouillonne en son âme. Chacun de ses gestes un peu trop amples, chacun de ses mots prononcés avec un peu trop d'enthousiasme vibre d'une intensité presque douloureuse pour son entourage. Le moindre détail du quotidien peut susciter  en elle une émotion bouleversante. 

"(Maud) avala une grande rasade de grenadine à l'eau qui lui fit l'effet d'une bombe à fragmentation. Un saut vertigineux dans le vide la ramena directement en enfance, comme si rien ne s'était passé entre-temps. Aucune image précise, remarqua-t-elle, mais un état perdu et retrouvé qui lui fit habiter son corps de la tête aux pieds et sans douleur. A la terrasse du café, elle avait soudain dix ans, et personne ne le voyait." 

Si Maud existait pour de vrai, je la trouverais sûrement épuisante. En tant qu'héroïne de roman, elle est habitée par une grâce tout simplement inoubliable. 



Vernis 533-April de Chanel
Marque-page trouvé chez Bird on the wire

3 commentaires:

Cécile de Brest a dit…

Une fois de plus tu me tentes avec ce bouquin !
Je suis en train de lire en ce moment un livre qui me fait le même effet, je voudrais ne jamais le finir. Il s'agit de La couturière de
Frances de Pontes Peebles. Un roman extraordinaire, que j'ai acheté par hasard...

Anonyme a dit…

Oh j'adore le marque-page ! :)

pillapon

l'âne a dit…

J'aime le vernis et le marque-page !