mercredi 23 mai 2012

"Mauvais genre"


Ils sont six étudiants d'Oxford qui vivent ensemble dans une immense maison décrépite. Mark, le propriétaire des lieux, est riche à ne plus savoir quoi faire de son argent, passionné de théologie, gay et dépressif. James, le narrateur issu d'une famille modeste, a toujours été un élève brillant, mais une blessure au genou le fait décrocher sur le plan scolaire et réduit à néant ses espoirs sportifs. Emmanuella la belle Espagnole est l'objet initial de ses fantasmes, mais c'est avec Jess la violoniste qu'il connaîtra sa première relation sérieuse. Enfin, Franny, grande bosseuse qui n'a pas la langue dans sa poche, sort avec Simon dont la petite soeur Nicola va bouleverser l'existence de Mark... 

"Exceptionnellement décadent et comique", affirme Frédéric Beigbeder sur la couverture de "Mauvais genre". Sans doute était-il sous l'emprise de quelque substance illicite quand il a rédigé cet avis. J'ai cherché vainement une trace d'humour dans la prose de Naomi Alderman. Quant à la décadence annoncée, il semble qu'elle se résume à la bisexualité de certains personnages et à leur tendance à ne se coucher qu'une fois le jour levé. On a vu plus subversif - par exemple, dans "Le Maître des illusions" de Donna Tartt qui, à partir de la même situation de départ, développait une histoire autrement sulfureuse, malsaine et cruelle. Ici, le drame annoncé dès l'introduction m'a laissée totalement froide, et pas un instant je n'ai réussi à m'intéresser au sort des personnages. Je ne dirais pas que "Mauvais genre" est un bouquin à jeter, mais de mon point de vue, il souffre beaucoup de la comparaison avec ce qui reste l'un de mes romans préférés de tous les temps. 

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