mardi 15 février 2011

Un léopard peut-il changer ses taches?

Pendant très longtemps, j'ai été attirée par une sous-espèce assez particulière de gens brillants: les cyniques spirituels, ceux qui voyaient immédiatement la faille dans le raisonnement d'un interlocuteur et étaient capables de le "casser" d'une réplique imparable. Dotée moi-même d'un bon sens de la répartie et d'un certain mépris intellectuel vis-à-vis de mes congénères, j'ai souvent pratiqué cet exercice sans me soucier de la peine que je pouvais faire à autrui ou de l'image de peste que je pouvais donner de moi. Je n'étais pas sciemment cruelle: juste incapable de résister à un bon mot. (Et à ma décharge, mon humour parfois assez noir s'exerçait aussi volontiers à mon propre détriment.)

Et puis le temps passe, bordel. Le temps passe toujours trop vite, hélas. Nos amis souvent, les plus chers, les meilleurs, sont partis, sont loin, sont malades, sont morts. Parfois dans la nuit, on ne sait plus très bien qui on est. On ne sait plus où l'on va. Parfois l'angoisse nous prend le coeur. Oui, comme dans une chanson de Thomas Dutronc. Et on change.

Depuis quelques mois, je me rends compte que je ne suis plus du tout attirée par le même type de gens. Ceux que j'admire aujourd'hui, ceux qui me donnent envie de les fréquenter et de devenir comme eux, ce sont les gens positifs et bienveillants. Des gens comme mon amie de longue date Christine, que je n'ai jamais entendu se plaindre une seule fois même dans les circonstances les plus difficiles et qui est toujours disponible pour ses amis. Des gens comme Elsie Flannigan dont je suis le blog depuis des années, qui choisit systématiquement de se focaliser sur le bon côté des choses et à qui son attitude prête une force créative stupéfiante. Des gens comme Claudia, ma prof de méditation tellement à l'écoute des autres, prête à partager son savoir avec eux et à leur communiquer un peu de sa sérénité. Des gens comme Jennifer, l'Irlandaise immigrée aux Pays-Bas que j'ai rencontrée durant le workshop de visualisation en novembre dernier, et qui irradiait une énergie positive impressionnante. Des gens comme Minnie Valentine qui mérite bien son nom de scène parce que c'est un vrai petit coeur - une fille profondément gentille, déconnante et sexy à la fois. Je réalise à peine qu'avoir des qualités de coeur n'exclut pas d'avoir aussi un cerveau et de l'humour. Et j'aimerais bien revenir du côté lumineux de la Force, s'il n'est pas trop tard pour moi.

11 commentaires:

La Princesse a dit…

"Je n'étais pas sciemment cruelle: juste incapable de résister à un bon mot."

On parle de moi ?

Mais comme toi, j'espère qu'on peut avoir de vraies qualités de coeur, un cerveau en état de marche, et un humour absolument foireux la plupart du temps...

ARMALITE a dit…

Ca doit être un truc de connasses de Françaises expatriées ^^

Ladypops a dit…

J'ai toujours annoncé ma gentillesse comme un défaut... comme dit le proverbe, "trop bon, trop con".

Je ne prenais pas pour compliment le fait qu'on m'annonce comme quelqu'un d'attentionné. Moi, je voulais être méchante et saignante, avoir le sens de la répartie et briller par ce fait...

A force de mettre mon optimisme de côté, je l'ai perdu sur le bord d'une route et je ne le retrouve plus...

Maintenant, il me manque...

la princesse a dit…

Mon sens de la répartie, malheureusement, il s'est construit parce qu'en tant que "vraie gentille" j'en ai pris plein la figure. Alors, je suis devenue nettement plus cinglante et saignante. Je cherche une voie médiane depuis quelques années... :D

Ness a dit…

Pour rebondir sur les commentaires, je suis justement en pleine réflexion à propos de certaines de mes connaissances plus ou moins proches qui pensent justement trop souvent que les gens gentils sont des carpettes, et qui du coup manquent de générosité vu que ça a tellement l'air d'être le pire défaut de la terre dans leur monde de winner...Et bizarrement, ce qui me dérange le plus n'est pas leur manque de générosité mais leur manque de subtilité dans les rapports humains, ne pas pouvoir entrevoir qu'entre le "trop bon trop con" et le "moi d'abord", il y a toute une palette de couleur, dont celle de la générosité qui ne fait pas de toi une crétine... En gros, ras le bol d'être caricaturée par cette vision basique quand on essaye personnellement de construire un équilibre en dehors de caricatures déjà bien tentantes, entre cynisme et bienveillance...

funambuline a dit…

Le côté lumineux de la Force Rose ???

(rhô, et voilà qu'il faut que je fasse de l'humour bébête sur un post qui parle de bienveillance, nulle que je suis)

ARMALITE a dit…

Fun: Tant que c'est pas bête ET méchant ;-)

Ness: tu es la seule qui n'a pas répondu à mon mail concernant l'aprèm troc de dimanche, l'as)-tu bien reçu?

noisette a dit…

J'aime beaucoup beaucoup beaucoup ton titre de post...

ARMALITE a dit…

C'est la traduction littérale d'une expression anglophone.

Mélanie a dit…

Ça rejoint certaines réflexions que j'ai pu me faire récemment sur le sujet. Mais je crois que plutôt qu'une question de qualités ou de défauts, je commence à voir ça comme une question d'équilibre, de rôles nécessaires pour une dynamique d'ensemble, quelque chose comme ça. Mais je ne me sens pas trop de développer publiquement.

Et sinon, qu'un léopard puisse changer ses taches, pour avoir vécu récemment une expérience qui m'a fait le même genre d'effet que ce que tu racontais il y a quelques mois sur George-Arthur and co, je commence à en être persuadée.

ARMALITE a dit…

Mélanie: si tu as envie de développer "en privé", tu as mon mail ;-)