lundi 10 janvier 2011

"One day"


Admirez cette couverture façon roman Harlequin moderne - ou au mieux, roman de Nick Hornby auquel l'auteur David Nicholls est souvent comparé. Parcourez la quatrième de couverture: "15th July 1988. Emma and Dexter meet on the night of their graduation. Tomorrow they must go their separate ways. So where will they be this one day next year? And the year after that? And every year that follows?". Forcément, vous vous attendez à une sorte de remake littéraire de "Quand Harry rencontre Sally", une comédie romantique drôlissime avec des dialogues qui font mouche.

Vous ne pourriez pas être davantage à côté de la plaque.

C'est vrai que les deux personnages principaux de "One Day" se rencontrent à la fac et vont passer vingt ans à être de simples amis. Non qu'il n'y ait pas d'attirance entre eux, mais celle-ci se manifeste toujours à contretemps, quand l'un(e) est disponible et l'autre pas. Le lecteur les retrouve tous les 15 juillet, à la date anniversaire de leur rencontre, pour un point sur la façon dont leur vie et leur relation ont évolué depuis l'année précédente. C'est souvent surprenant bien que non dénué de logique. Tandis qu'Emma s'essaye au théâtre et s'ennuie à travailler comme serveuse dans un resto mexicain avant de devenir prof d'anglais, Dexter voyage à travers le monde avec l'insouciance que lui confère l'argent de ses parents, puis profite de son physique de jeune premier pour devenir animateur de télévision. La première s'enlise dans une relation avec un homme qu'elle n'aime pas, puis une liaison avec son chef marié; le second tombe dans le piège des coups d'un soir, de la drogue et de l'alcool. Au fil des chapitres, ils perdent leurs illusions de jeunesse et leur foi en l'avenir. Et quand ils se mettent enfin ensemble, une tragédie totalement inattendue ne tarde pas à les séparer.

J'ai aimé la construction de ce livre, le principe consistant à retrouver les deux héros chaque année à la même date: ça permet de couvrir une longue période de temps sans devenir ennuyeux parce que trop long. Petit inconvénient, le passage d'un 15 juillet à l'autre manque parfois de fluidité, mais cette cassure contribue aussi à maintenir l'intérêt du lecteur en éveil. Et j'ai adoré la fin-qui-n'en-est-pas-une, le fait que l'auteur continue à raconter trois 15 juillet après la tragédie qui sépare ses personnages en les entremêlant à des scènes inédites jusque là du tout premier 15 juillet qu'ils ont passé ensemble, juste après leur remise de diplôme. Ainsi, on referme quand même le livre sur une note optimiste, à un moment où leur histoire ne fait que commencer et où ils savent qu'ils se reverront. Pour autant, je vous avoue que malgré toutes ses qualités, "One day" m'a solidement déprimée. Je ne le recommanderais pas à quelqu'un qui broie du noir ou se demande ce qu'il a fait de ses plus belles années.

Ce livre n'a pas encore été traduit en français mais je veux bien me dévouer pour y remédier; par contre, une adaptation cinématographique est en cours avec Anna Hathaway et Jim Sturgess dans les rôles principaux.

5 commentaires:

Miss Sunalee a dit…

ça me tente... mais je viens de faire une commande chez amazon...

funambuline a dit…

Rhâ il faut que j'arrête de lire ton blog (et celui de Miss Sunalee aussi d'ailleurs), ma PAL souffre... j'aime ce genre de "contrainte" narrative que s'impose un auteur, je ne vais pas résister longtemps.

ARMALITE a dit…

Fun: Oui moi aussi, c'est le côté "concept" qui m'a attirée dans celui-là! Mais il est vraiment, vraiment déprimant.

ARMALITE a dit…

(Et c'est rigolo, parce que l'idée du "concept", pour moi, n'est pas une contrainte mais au contraire une aide à l'écriture parce qu'elle te fournit une sorte de cadre bien défini que tu n'as "plus qu'à" remplir au lieu de te demander comment construire ton roman sur la longueur.)

Moi a dit…

Moi j'attends la sortie du film.
J'aime bien AnnE Hathaway ;)
Ils ont tourné l'été dernier à Paris et en Bretagne