dimanche 23 janvier 2011

La panne

Tous les manuels du genre "L'organisation pour les nuls" ou "Simplifiez-vous la vie" sont unanimes sur ce point: si vous n'avez pas utilisé quelque chose depuis 2 ans, vous devriez vous en débarrasser.

A priori, le conseil peut paraître judicieux pour éviter de se laisser envahir par les fringues passées de mode ou devenues trop petites, les jouets d'enfants alors que vos rejetons mesurent désormais 1,85m pièce, ou les robots ménagers dont seul un pilote de l'aéronavale parviendrait à déchiffrer le mode d'emploi.

C'est sans compter l'ironie-du-sort-cette-truie.

Il y a quelques années, j'ai ainsi fini par jeter à regret les centaines de cartes postales accumulées au fil de deux décennies et demie en me disant qu'à l'ère du courrier électronique, je n'aurais plus JAMAIS l'occasion de les envoyer à personne.

Six mois plus tard, je découvrais Postcrossing.

Autre exemple? Pendant mon grand tri de l'automne dernier, j'ai bazardé un carton entier de bougies parfumées et/ou aux formes improbables qui me m'avaient pas servi une seule fois. Et aujourd'hui, environ une heure après la tombée de la nuit, une panne d'électricité générale a frappé mon quartier.

C'est là que je me suis rendu compte que sans électricité, je ne pouvais pas faire grand-chose. Pas d'ordinateur vu que la batterie de mon vieux HP est morte depuis longtemps; pas de lecture des "Quatre soeurs" pourtant bien plus lumineuses que le "Clash of Kings" momentanément abandonné pour cause de trop grande gloomitude; pas de galipettes sous la couette ou ailleurs vu que Chouchou est à Bruxelles; pas de lessive spéciale "pulls en cachemire" (programme laine à 30° avec un essorage modéré et surtout pas d'adoucissant, donc); pas même moyen de me préparer à dîner à la lueur d'un briquet. J'ai quoi dans mon frigo qui pourrait se manger froid? De l'hoummous, du gouda au cumin, du jambon rose radioactif... Mais pas d'autre pain que des baguettes surgelées à finir de cuire au four. Bon, rabattons-nous sur un Mars glacé en attendant que le courant revienne.

Il me restait une barre - une seule! - de batterie dans mon portable. J'ai appelé mes parents et leur ai relaté ma mésaventure. "Quand j'étais gamin, au milieu des années 50, des coupures d'électricité, on en avait pratiquement tous les jours, a affirmé mon père. Mais on était bien équipés: on avait des lampes à pétrole et des tas de bougies."

La dernière lampe à pétrole de la famille ayant dû être mise au rebut avant ma naissance, j'ai donc passé une demi-heure à observer mon quartier plongé dans le noir en essayant d'imaginer ce que foutaient mes voisins. Qui, si ça se trouve, étaient eux-mêmes debout derrière leur fenêtre en train de ronchonner et de se dire "On ne va quand même pas aller se coucher à 19h!".

Puis le courant est revenu, et ma Livebox toute neuve s'est mise à déconner à plein tube. Mais ceci est une autre histoire que je vous raconterai peut-être si je ne finis pas en prison pour Orangicide.

5 commentaires:

Les tests de Gridou a dit…

Jambon radioactif... Pétée de rire !
Sinon, je t'invite à cette lecture :
http://www.ioudgine.com/archive/2011/01/23/orange.html
Je suis dingue de cette nana, la jalousie commence même à pointer le bout de son pif ;-) Non, j'rigole...

Sparkes a dit…

De la même blogueuse mais dans un genre plus coquin (mais avec autant d'humour) :

http://blogs.lesinrocks.com/bouillondeluxure/

Les tests de Gridou a dit…

Wouhahou, merci !!!

Miss Sunalee a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=mxXlDyTD7wo

dans le même genre que l'article de Gridou, j'aime beaucoup aussi !

ARMALITE a dit…

aaaargh mais cessez de poster des liens tentants avant que j'aie fini de bosser pour la journée! ^^

(et sinon, l'expression "jambon rose radioactif" est copyright Chouchou)