vendredi 14 janvier 2011

Friday morning

10h approchent doucement, je devrais peut-être me lever. D'autant qu'il me semble avoir entendu des coups frappés à la porte de l'appartement. Mais je dois me tromper. La seule personne qui passe parfois ici en journée, c'est le monsieur polonais qui fait le ménage, et il vient toujours l'après-midi. Profitons donc plutôt de quelques minutes de rabe sous la couette...

Bruit de clés qui tournent dans la serrure. Euh... C'est pas Chouchou qui rentre déjà, quand même? Ou alors, j'ai dormi beaucoup plus tard que ce que je croyais...

Ah non, c'est la proprio accompagné d'un ouvrier qui vient refaire les joints des fenêtres. Devant ma tête hirsute et mal réveillée, elle balbutie qu'elle avait mis un mot dans la boîte pour prévenir de son passage et demander qu'on fixe un autre rendez-vous si ça dérangeait à cette date-là. Je n'ai rien vu. Peut-être son message a-t-il été jeté en même temps que les habituelles publicités pour marabouts. Bref. Puisqu'elle est là, je la fais entrer. Autant expédier ça tout de suite.

Honteuzéconfuse, la proprio s'éclipse quelques minutes pendant que l'ouvrier attaque son travail. Elle revient avec une carte de voeux de sa société immobilière et... une bouteille de champagne. "Je sais que c'est un peu tard", s'excuse-t-elle. Je lui assure qu'il n'y a pas de date pour boire du champagne et que celui-ci ne se gaspillera pas.

Restée seule avec l'ouvrier, je me prépare une tasse de thé, allume mon portable et commence mon surf habituel. En s'approchant de la fenêtre de la cuisine, l'ouvrier avise la planche en cours de réalisation que Chouchou a abandonnée devant son ordinateur. "Vous dessinez?" me demande-t-il. "Pas moi, mon compagnon". Il me raconte alors comment, à l'âge de seize ans, son meilleur ami et lui avaient réalisé une bédé sur des feuilles de papier à petits carreaux et avaient été la montrer chez Dupuis. La personne qui les avait reçus était intéressée mais leur avait demandé de recommencer sur de grandes feuilles blanches à dessin. Hélas, un an plus tard, son ami avait "perdu la vie", et le projet n'avait jamais vu le jour. L'ouvrier avait dû se mettre à travailler peu de temps après et avait cessé de dessiner faute de temps et d'énergie. Aujourd'hui, sa fille de quinze ans a repris le flambeau, et il lui donne des conseils pour s'améliorer.

C'était une façon inattendue mais pas désagréable de commencer ce vendredi. J'ai aimé la douceur résignée de ce monsieur, et je suis sûre que j'aimerais tout autant boire le champagne offert par la propriétaire à la première occasion!

1 commentaire:

Ness a dit…

ça a du bon, parfois, de travailler chez soi...
Par ici, la matinée est un peu dure, j'essaye de pondre une conclusion. Mais (coïncidence) j'attends le proprio et un ouvrier pour cet aprèm'...Qui sait, ils auront peut-être une histoire inattendue à raconter? :-)