vendredi 22 octobre 2010

La faute à la pleine lune

Parmi les mesures que j'ai décidé de prendre pour juguler mon anxiété rampante, il y a "pratiquer la méditation". J'ai déjà essayé les médicaments et la thérapie; ni les uns ni l'autre ne me conviennent. Le problème, c'est que j'ai besoin d'être guidée sur un chemin qui n'est pas vraiment naturel pour moi, et que même si Claudia du Serendip Spa est merveilleuse, à 60€ la session privée, j'allais vite me retrouver obligée de vendre ma collection de chaussures aux enchères.

Puis j'ai découvert que depuis la rentrée, Claudia organisait des séances de méditation de groupe tous les vendredi de 18h à 18h30, et que la participation ne se montait qu'à 10€ par personne (voire 9 en payant 10 séances à l'avance). J'ai pratiquement fourré ma Visa de force entre les mains de la réceptionniste en la suppliant de me vendre un abonnement et de m'inscrire à TOUTES les séances jusqu'au mois de juin prochain.

Lorsque nous sommes arrivées dans la salle tout à l'heure - oui, nous n'étions que des femmes -, Claudia nous a fait asseoir sur nos petits coussins; puis elle nous a demandé comment nous allions et ce que chacune de nous recherchait. Elle nous a également prévenues que c'était la pleine lune aujourd'hui et que c'était normal de se sentir plus émotif que d'habitude.

Séance classique: on se met en tailleur; on positionne ses mains sur les genoux ou sous le hara; on ferme les yeux; on se concentre sur sa respiration; on s'imagine enveloppée d'un cocon de lumière; à chaque inspiration, on accueille ce que l'univers a à donner; à chaque expiration, on le laisse filer. Et là, je ne sais pas trop ce qui m'a pris. L'idée que l'univers soit bienveillant et qu'il y ait de bonnes choses à y prendre me paraissait totalement incongrue, presque risible. Depuis cet été, j'ai si fort l'impression d'être attaquée de tous les côtés et de perdre pied peu à peu... Des larmes se sont mises à couler sur mes joues.

J'ai essayé de pleurer en silence pour ne pas me faire remarquer, mais mon nez ne voulant pas être en reste s'est mis à ruisseler lui aussi. Après avoir constaté la totale absence de propriétés absorbantes du dos de mes mains, je me suis résolue à me lever discrètement et à filer m'essuyer au vestiaire.

J'ai eu beaucoup de mal à terminer la séance, me sentant complètement déconnectée de la sérénité qui émanait de Claudia. Mais je suis quand même restée jusqu'au bout. Et en sortant, je me sentais mieux. J'ai réalisé que je voulais tellement me montrer solide que je n'avais pratiquement pas pleuré depuis l'annonce du cancer de mon père. J'imagine que ça m'a un peu nettoyée de l'intérieur. Une chose est sûre: j'y retournerai vendredi prochain.

...Après tout, la pleine lune, c'est une seule fois par mois, non?

3 commentaires:

Zaheenah a dit…

Oooooooooh!En effet ça devait être un mal nécessaire...on a tous besoin d'exterioriser de temps en temps, et là pour vous, je pense que cela s'imposait!!!
Bonne journée et bon week end!

Miss Sunalee a dit…

Moi qui suis une grande "pleureuse", j'en connais bien les vertus thérapeutiques...

Les tests de Gridou a dit…

Moi je dis que pleurer, c'est une chose saine quand on a des émotions à évacuer =)
C'est la manière dont mon corps a toujours fonctionné et si j'ai eu du mal à l'accepter durant des d'années, je vis très bien avec maintenant, avec ou sans pleine lune ;-)